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« La mort de Aaron Swartz ne changera rien »
Le suicide du développeur n'émeut pas la procureur, qui n'en est pas à son premier mort

Le , par Gordon Fowler

68PARTAGES

5  0 
Mise à jour du 23/01/13

Le suicide du jeune Aaron Swartz la semaine dernière a suscité émotion, colère, incompréhension. Et espoir.

L’espoir de voir la neutralité du Net, le libre accès à la connaissance et les lois sur l’IT se retrouver au centre des débats aux Etats-Unis. L'espoir que la mort de l’hacktiviste, provoquée par des menaces de peines de prison de plusieurs dizaines d’années pour avoir téléchargé a priori illégalement des publications universitaires du MIT et du site JSTOR – n’ait pas servi à rien.

Un espoir important dans une époque où même le discours de Martin Luther King est copyrighté par Sony, pour le compte des descendants du pasteur.

Mais un espoir qui, à en croire Carmen Ortiz, la procureur qui avait demandé des peines très lourdes contre Aaron Swartz, risque d’être vite déçu.

Carmen Ortiz, qui se verrait bien Gouverneur du Massachussetts, avait déjà défendu son action dans un communiqué de presse, sorti quelques heures après la mort du jeune développeur.

Elle y présentait ses condoléances à la famille – qui la considère personnellement responsable de la disparition de leur enfant - mais concluait sa missive, froidement, par ces deux phrases : « en tant que procureurs fédéraux, notre mission est également de protéger l’usage des ordinateurs et d’Internet en faisant appliquer la loi aussi justement et raisonnablement que possible. Nous nous efforçons de faire de notre mieux pour remplir cette mission au quotidien ».

Et la Dame de Fer de Boston persiste et signe. Dans la presse locale, sa porte-parole assure en effet aujourd’hui que la mort du jeune homme ne changera rien. « Nous pensons que cette affaire a été menée de manière raisonnable. Si nous devions la refaire, nous ne changerions rien », déclare-t-elle au Herald.

Le quotidien qui rappelle que la procureur s’est en revanche dite « très contrariée » (« terribly upset ») que la famille de Aaron Swartz mette ainsi en cause son bureau et ses méthodes de travail.

Son mari, Thomas J. Dolan, Business Development Executive chez IBM, s’était également permis de critiquer l’éloge funèbre de la famille de Aaron Swartz en tweetant. « Il est vraiment incroyable qu’ils (NDR : la famille) reprochent à d’autres la mort de leur fils jusque dans sa nécrologie », avait-il lâché sur le réseau social. L'époux de la procureur Ortiz a depuis fermé son compte.

La tragédie de Aaron Swartz rappelle celle d’un autre hacker talentueux : Jonathan James.

Jonathan James a lui aussi mis fin à ses jours. Il était connu pour avoir réussi à pénétrer dans les systèmes de la NASA et du Département de la Défense américain au début des années 2000. Visé par une procédure judiciaire (totalement indépendante de ses exploits de jeunesse), il s’est tiré une balle dans la tête en 2008 après avoir clamé son innocence et sa détresse face à une justice dans laquelle il n’avait plus aucune confiance.

Son accusatrice s’appelait Carmen Ortiz.

Source : Boston Herald

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Avatar de Gordon Fowler
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 24/01/2013 à 16:11
Citation Envoyé par Jon Shannow Voir le message
ceux qui pensent que A. Swartz s'est suicidé parce qu'une peine de 6 mois de prisons
Juste pour info, et sans prendre part au débat : il était sous la menace d'une peine de 30 ans de prison.

Aux Etats-Unis c'est d'ailleurs l'énormité de la peine encourue (et dont personne ne sait - même les experts en Droit - si elle aurait abouti à 6 mois, 7 ans ou 20 ans d'emprisonnement) qui est au centre du débat. "Énormité" par rapport à la gravité de l'acte commis (je rappelle que des professeurs du MIT s'étaient même opposés aux poursuites).

Quant à sa fragilité psychologique, elle est effectivement reconnue. Et d'après ses amis, elle aurait été renforcée par la peur des sévices sexuels qui - pensait-il - l'attendaient en prison.

Cordialement à tous,
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Avatar de laerne
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/01/2013 à 21:09
Citation Envoyé par souviron34 Voir le message
Quand on voit la floppée de points négatifs obtenus par tous ceux n'étant pas d'accord ou pondérant les élans de certains, on se demande bien comment ces soi-disants défenseurs de la Liberté sont dans le fond.... La Liberté oui, à condition que tu dises et penses comme moi..

Etrange conception de la Liberté..
J'ajouterais que l'infobulle des pouces rouge indinque :

Voter contre ce message (inutile, faux, pas d'accord...)
Même si je trouve qu'on devrait plutôt en effet « downer » seulement les messages qui ne font pas avancer le débat, tu ne peux pas accuser les gens d'utiliser les système de vote selon les conseils du système de vote lui-même…
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Avatar de Thorna
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 23/01/2013 à 18:03
Le problème n'est pas la justice américaine, mais le fait que les mandats soient électifs. Élire un procureur, qui voudrait bien être réélu, puis pourquoi pas devenir gouverneur, ça l'oblige à jouer à l'homme politique, et donc à plaire. S'il faut pourfendre le méchant hacker, allons-y donc !
D'un autre côté, ce n'est pas parce que certains accusés se suicident qu'il faut arrêter tout le fonctionnement de la justice !
7  0 
Avatar de Traroth2
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 23/01/2013 à 16:37
Citation Envoyé par Jon Shannow Voir le message
Et la réponse est non, bien évidemment. Et ce pour la simple raison qu'il n'est pas maîtrisé (dans le sens qu'il n'a pas de maître), il n'est pas régulé, il n'est pas vérifié et pas surveillé. A partir de là, on a un outils qui serait formidable, mais qui est essentiellement une décharge publique. Alors, certes on trouve des bijoux, des œuvres d'art, mais aussi et surtout du grand n'importe quoi. Et comme 90% des gens ont tendance à prendre pour argent comptant ce qu'il trouve sur le net, ils ont toutes les chances de croire des inepties. (Un peu comme ceux qui croient que l'information est relayée par les journaux télévisés).
Bon, déjà, les "évidemment", ça commence à aller, hein...

Ensuite, je ne vois pas pourquoi il serait nécessaire qu'Internet soit fliqué pour être une moyen de communication et de diffusion du savoir fiable. Ton seul argument est le classique raisonnement infantilisant "comme 90% des gens ont tendance à prendre pour argent comptant ce qu'il trouve sur le net, ils ont toutes les chances de croire des inepties" ! Dans le monde réel, là où vivent les vrais être humains, je ne connais personne qui accorde la même valeur à ce qu'il trouve sur le site du MIT et sur 4chan. On appelle ça "exercer son discernement".
8  2 
Avatar de Franck Dernoncourt
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 25/01/2013 à 0:25
Je pense qu'il est temps de remettre en question l'appellation "club des professionnels de l'informatique".
7  1 
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 24/01/2013 à 9:09
Citation Envoyé par Jon Shannow Voir le message
Que ceux qui pensent que A. Swartz s'est suicidé parce qu'une peine de 6 mois de prisons pour avoir commis un délit est trop dur à admettre, réfléchisse au fait de Florence Cassez vient de sortir de prison après 7 ans dans les geôles mexicaines, alors qu'elle avait été condamnée à 96 ans, puis 60 ans en appel , pour un délit qu'elle n'avait pas commis, et essentiellement pour des raisons purement politique.
Quand je pense qu'elle ne s'est pas suicidée... Ça doit être super la prison mexicaine... (me demande pourquoi elle y est pas restée... )
Vu la manière dont l'enquête a été menée, impossible de savoir si elle était coupable ou innocente(même si ça aurait du suffire à la libérer immédiatement faute d'enquête viable). Même même si elle est coupable : 10-12 ans, donc 7 effectifs, ça ne parait pas scandaleux.

Ce qui est scandaleux, effectivement, c'est que toute l'enquête aie été remplaçée par une campagne électorale de gens souhaitant se faire réélire. Tiens, ça me rappelle une autre affaire dont nous parlions dans ce thread.....
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Avatar de grafikm_fr
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 25/01/2013 à 10:45
Citation Envoyé par Traroth2 Voir le message
Mais un hacker, alors là, même si les victimes retirent leur plainte, la procureur continue à poursuivre mordicus !
Parce que c'est du pénal, et au pénal, le fait de retirer la plainte ne stoppe pas l'instruction contrairement au civil.
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Avatar de curium
Membre actif https://www.developpez.com
Le 27/01/2013 à 9:39
Traduction de ce message de Franck Dernoncourt :

(toute correction par message privé est appréciée)

merci à fcharton pour ses corrections


## Armée d'Aaron

(Remarques de Carl Malamud au mémorial d'Aaron Swartz à « Internet Archive » le 24 janvier 2013)

Ne pensez pas un instant que le travail d'Aaron sur JSTOR était un acte hasardeux d'un hacker isolé, un gros téléchargement un peu fou, fait sur un coup de tête.

JSTOR faisait depuis longtemps l'objet de sévères critiques sur le net. Larry Lessig a désigné JSTOR comme une offense morale dans un discours et je suppose que je dois avouer qu'il me citait. Nous n'étions pas les seuls à souffler sur ces flammes.

Séquestrer le savoir derrière des murs payants -- rendant les journaux scientifiques disponibles seulement pour quelques gamins suffisamment chanceux pour être dans des universités huppées et faisant payer 20$ par article pour 99% d'entre nous -- était une plaie purulente. Cela a choqué beaucoup de gens.

Beaucoup de gens ayant écrit ces articles ont été embarrassés que leur travail soit devenu une marge de profit de quelques-uns, d'un club privé du savoir.

Beaucoup d'entre nous ont aidé à souffler sur ces flammes. Beaucoup d'entre nous se sentent coupables aujourd'hui d'avoir soufflé sur ces flammes.

Mais JSTOR était juste une bataille parmi de nombreuses autres. Ils ont essayé de faire passer Aaron pour une sorte de hacker solitaire, un jeune terroriste qui a cédé à une folie meurtrière d'IP qui a causé 92 millions de dollars de dommages.

Aaron n'était pas un loup solitaire, il faisait partie d'une armée, et j'ai eu l’honneur de servir avec lui pendant une décennie. Vous avez entendu beaucoup de choses à propos de sa vie remarquable, mais cette nuit je veux mettre l'accent sur une seule d'entre elles.

Aaron faisait partie d'une armée de citoyens qui pensent que la démocratie fonctionne seulement quand les citoyens sont informés, quand nous connaissons nos droits -- et nos obligations. Une armée qui pense que nous devons rendre la justice et le savoir disponibles pour tous -- pas uniquement à ceux bien nés ou à ceux qui ont attrapé les rênes du pouvoir -- afin que nous puissions nous gouverner nous-mêmes avec plus de discernement.

Il faisait partie d'une armée de citoyens qui rejettent les rois et les généraux et croient au consensus majoritaire et au code qui fonctionne.

Nous avons travaillé ensemble sur une douzaine de bases de données gouvernementales. Quand nous travaillions sur quelque chose, les décisions que nous prenions étaient mûrement réfléchies. Notre travail prenait souvent des mois, quelquefois des années, quelquefois des décennies, et Aaron Swartz n'a pas eu l'occasion de faire un service sur plusieurs décennies.

Nous nous sommes intéressés et avons tâtonné avec la base de données de Copyright des États-Unis pendant longtemps, un système si vieux qu'il fonctionnait toujours avec WAIS. Le gouvernement avait -- croyez-le ou non -- protégé par copyright la base de données de copyright. Mettre sous copyright une base de données décrite précisément dans la constitution des États-Unis est quelque chose que je n'arrive pas à concevoir, mais nous savions que nous jouions avec le feu en violant ses conditions d'utilisation, donc nous étions prudents.

Nous nous sommes emparés de ces données et elles ont été utilisées pour approvisionner l'« Open Library » ici à l'« Internet Archive » et elles ont été utilisées pour approvisionner « Google Books ». Et, nous avons reçu une lettre de l'Office du Copyright renonçant au copyright sur cette base de données de copyright. Mais avant que nous fassions cela, nous avons dû parler à beaucoup de juristes et faire attention au gouvernement qui faisait pression sur nous pour téléchargement massif, malveillant et prémédité.

Il n'y avait pas d'acte d'agression aléatoire. Nous travaillions sur des bases de données pour les rendre meilleures, pour améliorer le fonctionnement de notre démocratie, pour aider notre gouvernement. *Nous n'étions pas des criminels.

Quand nous avons mis à disposition 20 millions de pages de documents provenant de la cour fédérale des États-Unis, en les extirpant du mur de paiement PACER de 8 centimes par page, nous avons trouvé que ces documents publics étaient infestés de violations de la vie privée : des noms d'enfants mineurs, des noms d'informateurs, des dossiers médicaux, des dossiers de santé mentale, des comptes financiers, des dizaines de milliers de numéros de sécurité sociale.

Nous étions des dénonciateurs[1] et nous avons envoyé nos résultats aux Juges en Chef de 31 cours fédérales et ces juges ont été choqués et consternés et ils ont corrigé ces documents et ils ont crié sur les juristes qui les ont écrit et la Conférence Judiciaire des États-Unis changea ses règles de protection de la vie privée.

Mais savez-vous ce que les bureaucrates travaillant dans le service administratif des tribunaux des États-Unis firent ? Pour eux, nous n'étions pas des citoyens qui ont rendu des données publiques meilleures, nous étions des voleurs qui ont pris 1,6 millions de dollars leur appartenant.

Donc ils ont appelé de FBI, ils ont dit qu'ils avaient été hackés par des criminels, par un gang organisé qui mettait en danger leurs 120 millions de dollars de revenus annuels issu de leur vente de documents gouvernementaux publics.

Le FBI s'est installé à l'extérieur de la maison d'Aaron. Ils l'ont appelé par téléphone[2] et ont essayé de le duper pour qu'il accepte une entrevue sans son avocat. Le FBI installa deux agents armés[3] dans une salle d’interrogatoire avec moi pour aller dans le fond de cette conspiration présumée.

Mais nous n'étions pas des criminels, nous étions seulement des citoyens.

Nous n'avions rien fait de mal. Ils n'ont rien trouvé d'anormal. Nous avions fait notre devoir en tant que citoyens et l'investigation du gouvernement n'a montré aucune preuve de considération pour cela à part un gaspillage de beaucoup de temps et d'argent.

Si vous voulez obtenir un effet dissuasif, asseyez quelqu'un avec deux agents fédéraux qui ont tendance à exagérer, pendant un moment, et voyez avec quelle rapidité son sang se glace.

Il y a des gens qui font face au danger tous les jours pour nous protéger -- les officiers de police et les pompiers et les travailleurs dans les services de secours -- et je suis reconnaissant et stupéfait du travail qu'ils accomplissent. Mais le travail que des gens comme Aaron et moi ont fait, lancer des DVD et exécuter des scripts shell sur des données publiques, ne devrait pas être une profession dangereuse.

Nous n'étions pas des criminels, mais il y a eu des crimes qui ont été commis, des crimes à l'encontre de l'idée de ce qu'est la justice.

Quand l'avocat des États-Unis dit à Aaron qu'il devait plaider coupable pour 13 crimes pour tentative de diffusion du savoir avant même qu'elle envisage un arrangement, c'était un abus de pouvoir, un usage abusif du système judiciaire, un crime contre la justice.

Et l'avocat des États-Unis n'a pas agi seul. Elle fait partie d'une bande déterminée à protéger la propriété et pas les gens. Dans tous les États-Unis, ceux qui n'ont pas d'argent n'ont pas accès à la justice et font face à ces abus de pouvoir tous les jours.

C'était un crime contre la connaissance quand une société à but non lucratif comme JSTOR, chargée de faire avancer la connaissance, a transformé un téléchargement qui n'a causé aucun mal ni aucun dégât en un procès fédéral de 92 millions de dollars.

Et le monopole de JSTOR sur le savoir n'est pas un cas isolé. Dans tous les États-Unis, des sociétés ont dressé leurs barrières dans les domaines de l'éducation : des universités à but lucratif qui volent nos vétérans, des organismes de standardisation à but non lucratif qui rationnent les codes de sécurité public tout en payant des salaires de plusieurs millions de dollars, et des conglomérats multinationaux qui mesurent la valeur d'articles scientifiques et de données légales par les marges brutes qu'ils peuvent en tirer.

Dans l'affaire JSTOR, la posture excessivement agressive des procureurs du ministère de l'Intérieur et des fonctionnaires de police était-elle une vengeance parce qu'ils ont été embarrassés que -- selon leur point de vue du moins -- nous sommes d'une certaine manière partis avec quelque chose dans l'incident du PACER ? La poursuite judiciaire impitoyable de JSTOR était-elle la revanche de bureaucrates embarrassés parce qu'ils ont eu l'air idiots dans le New York Times, parce que le Sénat des États-Unis les a sévèrement réprimandé ?

Nous ne connaîtrons probablement jamais la réponse à cette question, mais il semble de manière assez certaine qu'ils aient détruit la vie d'un jeune homme en faisant un abus de pouvoir mesquin. *Cela ne relevait pas du domaine criminel, Aaron n'était pas un criminel.

Si vous pensez posséder quelque chose et je pense que cette chose est publique, je suis plus que content de vous rencontrer dans un tribunal et -- si vous avez raison -- j'accepterai d'être puni si je vous ai causé du tort. Mais quand nous mettons des représentants de la loi armés sur le dos de citoyens qui tentent d’accroître l'accès au savoir, nous avons transgressé le principe de la loi, nous avons profané le temple de la justice.

Aaron Swartz n'était pas un criminel, c'était un citoyen, et c'était un courageux soldat dans une guerre qui continue aujourd'hui, une guerre dans laquelle des profiteurs corrompus et vénaux essayent de voler et réserver et affamer notre domaine public pour leurs propres gains privés.

Quand des gens essayent de restreindre l'accès à la loi, ou lorsqu'ils essayent d'accumuler les péages sur les routes du savoir, ou lorsqu'ils refusent l'éducation à ceux qui n'en n'ont pas les moyens, ces gens sont ceux qui devraient affronter le regard sévère d'un procureur public scandalisé.

Ce que le ministère de l'Intérieur à infligé à Aaron pour avoir tenté de rendre notre monde meilleur est la même chose que ce qu'ils peuvent vous infliger. Notre armée n'est pas un loup solitaire, c'est des milliers de citoyens -- beaucoup d'entre vous dans cette salle -- qui se battent pour la justice et la connaissance.

Je dis que nous sommes une armée, et j'utilise ce mot avec discernement parce que nous faisons face à des gens qui veulent nous emprisonner pour avoir téléchargé une base de données pour l'examiner de plus près, nous faisons face à des gens qui croient qu'ils peuvent nous dicter ce que nous pouvons lire et ce que nous pouvons dire.

Mais quand je vois notre armée, je vois une armée qui crée plutôt qu'une armée qui détruit. *Je vois l'armée de Mahatma Gandhi marchant en paix vers la mer pour faire du sel pour les gens. Je vois l'armée de Martin Luther King marchant en paix mais avec détermination vers Washington pour réclamer leurs droits parce que le changement n'arrive pas sur les roues de l'inévitabilité, il vient grâce à une lutte permanente.

Quand je vois notre armée, je vois une armée qui crée de nouvelles perspectives pour les pauvres, une armée qui rend notre société plus juste et plus équitable, une armée qui rend le savoir universel.

Quand je vois notre armée, je vois des gens qui ont créé Wikipédia et l'« Internet Archive », des gens qui ont programmé GNU et Apache et BIND et LINUX. Je vois des gens qui ont créé l'EFF et Creative Commons. Je vois les gens qui ont créé notre Internet comme un cadeau à notre monde.

Quand je vois notre armée, je vois Aaron Swartz et mon cœur est brisé. Nous avons vraiment perdu l'un de nos meilleurs anges.

Je souhaiterais que nous puissions changer le passé, mais nous ne le pouvons pas. Mais, nous pouvons changer le future, et nous le devons.

Nous devons le faire pour Aaron, nous devons le faire pour nous-même, nous devons le faire pour faire de notre monde un endroit meilleur, un endroit plus humain, un endroit où la justice fonctionne et où l'accès au savoir est un droit de l'homme.

## Notes de bas de page

[1]: <https://public.resource.org/uscourts.gov/>
[2]: <https://public.resource.org/aaron/pub/msg00693.html>
[3]: <https://public.resource.org/aaron/pub/msg00707.html>

Traduction de ce message de Franck Dernoncourt :

Les juristes familiers avec cette affaire m'ont dit qu'il était anticipé que l'inculpation de l'État continuerait sans faire de découverte, avec Swartz dûment sermonné et ensuite rendu à la société civile pour continuer son travail de pionnier de manière moins contestable légalement. La tragédie est intervenue quand le bureau d'Ortiz s'est emparé de l'affaire pour envoyer « un message ».

Avant, les autorités fédérales réagissaient plus comme les autorités étatiques le font toujours. Tim Wu écrit dans le The New Yorker (« Comment le Système Légal a recalé Aaron Swartz — et Nous », 14 janvier) que nous pouvons comparer Swartz « à deux autres génies excentriques, Steve Jobs et Steve Wozniak ».

Dans les années 1970, Wu écrit que Jobs et Wozniak « ont hacké le système téléphonique d'AT&T pour passer des appels longue distance gratuitement, et ont réellement vendu le dispositif illégal (boîtes bleues) pour faire de l'argent ».

Quand Jobs et Wozniak ont été fatigués de faire des appels téléphoniques gratuits, ils ont construit un ordinateur, et le reste appartient à l'histoire.

« Les plus doués agissent presque toujours sur le fil du rasoir », conclut Wu.

Mais avec le ministère de l'Intérieur incapable de différencier les vrais criminels des gamins brillants excessivement zélés, nous sommes en train d'incarcérer, peut-être même de tuer, notre avenir national. Le problème devrait être mis au grand jour en avertissant le parlement, les médias et le public que le ministère de l'Intérieur et les cours fédérales, à Boston et ailleurs, sont hors de contrôle.
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Avatar de Atem18
Membre averti https://www.developpez.com
Le 23/01/2013 à 13:14
La justice américaine me donne envie de vomir.
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Avatar de GPPro
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 24/01/2013 à 9:04
Citation Envoyé par Jon Shannow Voir le message
Que ceux qui pensent que A. Swartz s'est suicidé parce qu'une peine de 6 mois de prisons pour avoir commis un délit est trop dur à admettre, réfléchisse au fait de Florence Cassez vient de sortir de prison après 7 ans dans les geôles mexicaines, alors qu'elle avait été condamnée à 96 ans, puis 60 ans en appel , pour un délit qu'elle n'avait pas commis, et essentiellement pour des raisons purement politique.
Quand je pense qu'elle ne s'est pas suicidée... Ça doit être super la prison mexicaine... (me demande pourquoi elle y est pas restée... )
Tu crois vraiment ce que tu dis là ? Ce n'est pas beaucoup mieux que les défenseurs de Swartz...
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