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41 chercheurs américains vont s'installer en France à la suite d'une campagne très médiatisée visant à attirer les talents
Quand la politique de Trump fait ce que l'Europe n'a jamais réussi seule

Le , par Stéphane le calme

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7  0 
La politique scientifique de Donald Trump est en train de produire un effet inattendu : transformer l'Europe — et la France en tête — en nouvelle terre promise pour les chercheurs américains. Quarante-six scientifiques viennent de se voir attribuer des financements dans le cadre du programme « Choose France for Science », dont 41 en provenance directe des États-Unis. Derrière l'effet d'annonce, une recomposition profonde et durable du paysage mondial de la recherche est peut-être en train de s'amorcer.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, la communauté scientifique américaine vit sous pression. Les coupes budgétaires ont frappé des institutions aussi emblématiques que l'Université Columbia, qui a vu des centaines de millions de dollars de financements gelés ou supprimés. La NASA a procédé à des licenciements massifs, comme en témoigne le cas de Kartik Sheth, astrophysicien renvoyé de son poste d'associate chief scientist, qui a depuis accepté une position de trois ans à l'Université Aix-Marseille grâce au programme français.

Plus symbolique encore, l'administration a engagé un mouvement de mise sous tutelle politique des universités. Harvard, Brown, Columbia, MIT : les plus grands noms de la recherche académique mondiale ont été directement ciblés par des enquêtes fédérales, des retraits de subventions, ou contraints à des négociations humiliantes. Columbia a finalement dû débourser 200 millions de dollars pour régler des accusations liées à un manque de lutte contre l'antisémitisme sur son campus afin de récupérer une partie de ses financements — une forme de chantage institutionnel inédite dans l'histoire de la recherche américaine.

Les domaines touchés ne se limitent pas à un champ académique précis : climatologie, santé publique, sciences sociales, astrophysique, biologie — tous ont été frappés. Le changement climatique, qualifié de « plus grande arnaque jamais menée contre le monde » par Trump lui-même devant l'ONU, concentre une hostilité idéologique particulièrement vive. Résultat : selon une enquête de Nature auprès de plus de 1 600 scientifiques américains, 75,3 % déclarent envisager de quitter les États-Unis. Chez les doctorants, ce chiffre atteint 80 %.

Choose France for Science : la riposte de Macron

La France n'a pas attendu pour réagir. En mars, Aix-Marseille Université a lancé le programme « Safe Place for Science » destiné à offrir l'asile scientifique aux chercheurs américains. Dès avril 2025, Emmanuel Macron lançait officiellement la plateforme « Choose France for Science », doublée quelques semaines plus tard d'une initiative élargie à l'échelle européenne, « Choose Europe for Science », présentée en grande pompe à la Sorbonne aux côtés d'Ursula von der Leyen. L'Union européenne a débloqué près de 900 millions d'euros en soutien à la recherche dans ce cadre.

La mécanique française est claire et volontariste : financer le recrutement de chercheurs étrangers, prioritairement américains, sur des enveloppes individuelles d'environ un million d'euros sur trois ans — couvrant salaire, équipe, et intégration logistique. Philippe Baptiste, alors ministre chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avait posé les termes avec franchise : un chercheur de haut niveau avec sa petite équipe coûte environ ce million d'euros sur trois ans. Multipliez par les « centaines » de recrues visées, et vous obtenez une ambition chiffrée considérable.

Les résultats commencent à se matérialiser. En février 2026, le ministère a annoncé l'attribution de fonds à 46 scientifiques, dont 41 en provenance directe des États-Unis. Parmi eux : Zhongkai Tao, mathématicien spécialiste des structures ondulatoires, désormais installé à l'IHES à Paris. Mais aussi Matthias Preindl, ingénieur en conversion d'énergie et électrification des transports, recruté par CentraleSupélec. Ou encore Alka Patel, historienne de l'art et de l'architecture, passée de l'Université de Californie Irvine à Aix-Marseille. Avec 12 recrues à son actif, Aix-Marseille Université s'est imposée comme le principal pôle d'accueil, portée par son propre programme « Safe Place for Science » doté de 15 millions d'euros.

Au total, près de la moitié des lauréats rejoignent des établissements en Île-de-France. Paris reste, dans l'imaginaire des chercheurs du monde entier, une métropole scientifique de premier plan — l'IHES, l'INRIA, le CEA, Saclay — autant de noms qui résonnent dans les laboratoires de Berkeley ou de Columbia.


Zhongkai Tao, mathématicien spécialiste des structures ondulatoires, désormais installé à l'IHES à Paris

La géographie d'un exode scientifique

Ce mouvement ne se limite pas à la France. Toute l'Europe s'est mise en ordre de marche, avec des niveaux d'urgence et de moyens variables. Les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suède ont mobilisé des fonds spéciaux. L'Université de Barcelone a signalé une hausse significative des candidatures américaines. En Occitanie, la Région a investi plus de deux millions d'euros pour accueillir une quinzaine de chercheurs américains à Toulouse et Montpellier dès octobre 2025 — dont cinq chercheuses spécialisées en écologie,...
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Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 12:28
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Une vitrine de quoi ?
Rats, crack, déchets ?

La réalité ce n'est pas "Emilie in Paris" d'ailleurs les touristes qui y sont allés ont bien constaté le décalage entre l'image de Paris diffusé et le Paris réel...
C'est vrai qu'ils sont mieux lotis aux états unis.
Et en particulier à Memphis avec leur taux de criminalité à plus de 70%.

C'est vrai qu'il y a très peu de rats à NYC.
C'est vrai qu'il n'y aucun problème de drogues aux USA. Le DEA ne sert à rien en réalité.
Pour avoir visité San Francisco, je peux te garantir qu'ils sont loin devant Paris en terme de déchets qui trainent dans le rue.
5  0 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 9:08
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
La réalité ce n'est pas "Emilie in Paris" d'ailleurs les touristes qui y sont allés ont bien constaté le décalage entre l'image de Paris diffusé et le Paris réel...
Tiens, en parlant de touristes, c'est ce que les USA aimeraient revoir dans leur pays, mais que Trump a fait fuir.
3  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 14:19
Citation Envoyé par popo Voir le message
alors on a moins l'impression d'être entourés de déchets.
D'après les images de San Francisco que j'ai vu, je trouve qu'on doit vite avoir la sensation d'être entouré de déchet. (là il y a une figure de style caché dans la phrase)



=====
Bref, c'est génial 40 chercheurs US veulent travailler en France, c'est formidable, incroyable, youpie. Ça fait vraiment une différence.
Si ça continue comme ça il n'y aura bientôt plus personne de diplômés aux USA, ils auront tous fui.
2  0 
Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 11/02/2026 à 19:10
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Non.

Ça ne peut fonctionner chez les personnes qui ont vraiment très envie de quitter les USA et qui s'en foutent de baisser drastiquement leur niveau de vie.
En ordre de grandeur ils vont gagner dans les 2000€ net/mois en France. C'est ridicule par rapport à ce qu'ils gagnaient aux USA.
Certes il existe peut-être l'argument "vous ne paierez pas vos chimiothérapies quand vous vous ferez soigner vos cancers en France".

Les 41 chercheurs US risquent de ne pas supporter de vivre à la Française (pauvre), ce sera déjà beau si ils arrivent à supporter ça jusqu'à la fin du mandat de Trump.
Non, c'est quand même plus de 2k€ qu'ils vont gagner ...
Mais je suis totalement d'accord sur le fond, Paris est une vitrine, mais ils vont voir l'arrière boutique, cela risque un peu de les décevoir.
J'ajoute que la fiscalité, les administrations, les libertés et niveau de vie ne sont plus attrayant du tout.
2  1 
Avatar de DevTroglodyte
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 8:59
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
J'ajoute que la fiscalité, les administrations, les libertés et niveau de vie ne sont plus attrayant du tout.
C'est bien parce que la fiscalité (cachée derrière des abonnements obligatoires), l'administration fédérale, les libertés et le niveau de vie font peur à voir aux USA qu'ils se cassent...
1  0 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 13:10
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
San Francisco n'est pas représentatif de l'ensemble. Effectivement ça craint encore plus qu'à Paris là-bas...
T'es déjà allé là-bas, ou est-ce que c'est comme pour la Russie, t'en parles, mais tu ne sais pas de quoi tu parles ?

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Mais au moins les salaires sont plus élevés, donc tu peux supporter plus de choses. Même en comptant le prix de la mutuelle qui est beaucoup plus élevé qu'en France, t'as quand même un meilleur niveau de vie.
Oui, enfin, faut aussi prévoir son chômage, ses vacances, sa retraite, ... au final, pas sûr que tu gagnes beaucoup plus qu'en France, si on ramène à l'heure.
1  0 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 11:43
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Il y a une histoire de "fuite de cerveaux".
Le problème américain, c'est que les "cerveaux" qui arrivent d'Europe, ne peuvent pas devenir président des USA? Résultat, ils se retrouvent avec un Président qui a une fuite au cerveau, c'est con...
0  0 
Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 14:10
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
San Francisco n'est pas représentatif de l'ensemble.
Le problème n'est pas qu'à San Francisco.
D'une manière générale, aux USA les rues sont plus larges, alors on a moins l'impression d'être entourés de déchets.
Mais ils sont bien là.
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 16:44
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
D'après les images de San Francisco que j'ai vu
Oui, donc, c'est bien ça. Comme d'habitude, tu parles sans rien savoir...
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/02/2026 à 15:46
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
La France peut-elle vraiment être attractive pour des chercheurs en IA ou en bioinformatique, alors que les salaires dans ces domaines sont structurellement inférieurs à ce que proposent les Big Tech américaines — même dans un contexte de coupes budgétaires ?
Non.

Ça ne peut fonctionner chez les personnes qui ont vraiment très envie de quitter les USA et qui s'en foutent de baisser drastiquement leur niveau de vie.
En ordre de grandeur ils vont gagner dans les 2000€ net/mois en France. C'est ridicule par rapport à ce qu'ils gagnaient aux USA.
Certes il existe peut-être l'argument "vous ne paierez pas vos chimiothérapies quand vous vous ferez soigner vos cancers en France".

Les 41 chercheurs US risquent de ne pas supporter de vivre à la Française (pauvre), ce sera déjà beau si ils arrivent à supporter ça jusqu'à la fin du mandat de Trump.
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