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Elon Musk qualifiait la lune de « distraction » malgré les remarques des scientifiques : un an plus tard, SpaceX en fait sa priorité absolue et son PDG reporte Mars d'au moins sept ans

Le , par Stéphane le calme

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13  0 
En annonçant dimanche 9 février 2026 que SpaceX pivote vers la Lune, Elon Musk a officialisé ce que beaucoup suspectaient depuis des mois : la conquête de Mars, projet fondateur de toute son épopée spatiale, est reléguée au second plan. Derrière cette volte-face s'accumulent les retards techniques, les impératifs financiers d'un IPO colossal et la pression croissante d'un concurrent nommé Jeff Bezos.

Il y a tout juste treize mois, en janvier 2025, Elon Musk martelait que la Lune était « une distraction » et que SpaceX irait « directement vers Mars ». Le ton était sans appel, la trajectoire gravée dans le marbre. Puis, trois minutes après le coup d'envoi du Super Bowl, le 9 février 2026 à 18h33 heure de l'Est, un simple post sur X a tout fait basculer.

« SpaceX a déjà orienté son attention vers la construction d'une ville auto-croissante sur la Lune », écrit Musk, précisant que « la priorité absolue est d'assurer l'avenir de la civilisation, et la Lune est plus rapide. » La raison avancée est d'ordre mécanique : il n'est possible de voyager vers Mars que lorsque les planètes s'alignent tous les 26 mois, avec un temps de trajet de six mois, alors qu'un lancement vers la Lune est possible tous les dix jours pour un voyage de deux jours seulement. Cette cadence d'itération incomparablement plus rapide est présentée comme l'argument central du pivot.

Pour autant, Musk se défend d'abandonner Mars. Il affirme que SpaceX reste engagée à bâtir une cité martienne et entamera cette démarche dans cinq à sept ans environ.Mais dans la bouche d'un homme dont les délais ont systématiquement glissé de plusieurs années, cette promesse est accueillie avec un scepticisme bien rodé.

Voici son message en entier :

« Pour ceux qui l'ignorent, SpaceX se concentre désormais sur la construction d'une ville autonome sur la Lune, un objectif potentiellement atteignable en moins de 10 ans, contre plus de 20 ans pour Mars. La mission de SpaceX demeure inchangée : étendre la conscience et la vie, telles que nous les connaissons, aux étoiles.

« Il n'est possible de voyager vers Mars que lorsque les planètes sont alignées, tous les 26 mois (soit un voyage de six mois), alors que nous pouvons lancer un avion vers la Lune tous les 10 jours (soit un voyage de deux jours). Cela signifie que nous pouvons progresser beaucoup plus rapidement dans la construction d'une ville lunaire que d'une ville martienne.

« Cela dit, SpaceX s'efforcera également de construire une ville sur Mars et devrait commencer ce travail d'ici 5 à 7 ans. Cependant, la priorité absolue est d'assurer l'avenir de la civilisation, et la Lune est plus accessible. »


Un bilan de promesses non tenues

Pour comprendre l'ampleur du revirement, il faut revenir sur la longue liste des échéances ratées. En 2016, Musk affirmait que des passagers pourraient décoller vers Mars dès 2024. Avant cela, en 2011, il avait confié au Wall Street Journal que les astronautes de SpaceX atteindraient la planète rouge dans « dix ans au mieux, quinze à vingt ans au pire ».

La liste continue. En 2020, le PDG de SpaceX se disait « très confiant » que la société atterrirait des humains sur Mars d'ici 2026. Puis en mai 2025, nouvelle mise à jour : Musk indiquait que SpaceX visait la fenêtre de lancement Mars de 2026-2027, estimant à 50 % les chances d'être prêt à temps. Si cette fenêtre était manquée, la suivante n'ouvrirait qu'en 2028, soit un glissement de deux ans supplémentaires.

Début 2026, confronté à la réalité d'une mission martienne qu'il promettait encore pour cette année, Musk a finalement remis la Lune dans le jeu. En janvier 2025, Musk qualifiait la Lune de « distraction » sur X. Un an plus tard, dans un podcast avec Peter Diamandis publié début janvier 2026, c'est une mission martienne en 2026 qu'il désignait lui-même comme « une distraction » — le même terme, retourné contre son propre projet. Les commentaires de Musk, formulés lors d'une conversation avec l'entrepreneur Peter Diamandis enregistrée fin décembre et publiée au début de cette année, soulignent la complexité de l'exploration spatiale et la nécessité de se concentrer sur les progrès technologiques clés.


Les vrais obstacles : technique, réglementation et physique orbitale

Derrière la rhétorique soigneusement construite sur la vitesse d'itération, les contraintes concrètes sont bien identifiées par les analystes.

Le principal défi reste le ravitaillement...
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/02/2026 à 16:38
Musk peut aussi bien retardé son pas sur Mars de 70 ans!

En l'état actuel des connaissances, on peut envoyer sur Mars un robot mais les technologies pour garder en bonne santé pendant le voyage et ensuite sur Mars un être humain sont à inventer... Et ce n'est pas Musk qui va changer cette réalité même avec ses milliards!
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Avatar de Eric80
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 10/02/2026 à 16:34
un peu en filigrane dans l'article mais le point clef est bien celui là:
SpaceX est en concurrence avec Blue Origin de Jeff Bezos pour livrer un atterrisseur lunaire dans le cadre de la mission Artemis 3 de la NASA
la NASA a son lanceur (SLS) et vaisseau spatial (Orion) pour retourner sur la Lune, mais pas encore le module pour alunir. Il était prévu que cela soit une variante du StarShip de SpaceX qui fasse le boulot: https://en.wikipedia.org/wiki/Starship_HLS
Mais celui ci a du retard, qui va probablement aussi causer du retard à toute la mission.
Du coup, la NASA a ré ouvert le contrat pour l atterrisseur lunaire:
https://www.reuters.com/science/us-s...ys-2025-10-20/

Et en effet, l alternative pourrait venir de chez Blue Origin.
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Avatar de popo
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 11/02/2026 à 9:37
Arrêter de blâmer Elon Musk, pour une fois ce n'est pas sa faute.
Il a vu Matt Damon planter des patates sur Mars et survivre un bon moment.
En fait, c'est Ridley Scott le responsable.
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Avatar de Eric80
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 10/02/2026 à 16:43
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
Musk peut aussi bien retardé son pas sur Mars de 70 ans!

En l'état actuel des connaissances, on peut envoyer sur Mars un robot mais les technologies pour garder en bonne santé pendant le voyage et ensuite sur Mars un être humain sont à inventer... Et ce n'est pas Musk qui va changer cette réalité même avec ses milliards!
oui, il y a de fortes chances que les 1ers volontaires à marcher sur Mars y aillent avec un "one way ticket", ou un cancer assuré au retour causé par les radiations lors des qques pas sur Mars. Et sans compter les conflits possibles dans un voyage de plusieurs années (~3 ans pour l'aller/retour sur la planète voisine).
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Avatar de mith06
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 10/02/2026 à 16:58
C'est surprenant que les entreprises d'aujourd'hui galèrent à faire un truc qui a été fait en 1969.
Les niveaux de risques acceptés par la NASA de l'époque ne le sont plus du tout les même aujourd'hui.

Apollo 1 -> 3 morts
Apollo 11 -> plusieurs erreurs de surcharge de l'ordinateur de bord ont faillit faire avorter l'alunissage
Apollo 12 -> la foudre frappe la fusée -> plus télémétrie pendant la poussée du premier étage
Apollo 13 -> voir l'excellent de film de 1995
Apollo 14 -> difficultés à s'arrimer au LEM. Juste avant la descente vers la Lune un hack (légendaire) doit être implémenté pour contourner un problème sur le bouton d'annulation de mission
Apollo 15 -> un des parachutes ne c'est pas ouvert.
Apollo 16 -> le système d'orientation du moteur est tombé en panne -> c'est le système en back-up qui a pris le relais. Si le backup avait lâché ils étaient mort.
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Avatar de Uther
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 11/02/2026 à 16:51
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
C'est surprenant que les entreprises d'aujourd'hui galèrent à faire un truc qui a été fait en 1969.
On pourrait croire que des progrès ont été fait en 57 ans...
C'est surtout une question de moyens, si les Etats-Unis mettaient des moyen comparable a ceux de l'époque, ils y seraient déjà revenu depuis longtemps. Le but c'est d'y revenir en dépensant beaucoup moins qu'à l'époque, d'où des choix discutables (SLS qui recycle une partie du programme navette, Starship HLS, ...) qui compliquent les choses. Le programme Chinois qui a une approche plus traditionnelle avance plutôt bien.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Les entreprises accélèrent clairement la colonisation spatiale.
Les entreprises sont plus efficace, avec moins de temps et moins d'argent elles font mieux que la NASA.
Rien n'est moins sûr. Pour ce qui va le plus loin actuellement (et on en est encore très loin de la colonisation):

  • La NASA est la seule organisation a avoir envoyé des gens au delà de l'orbite terrestre. Ça devrait aussi être les prochains à le refaire avec Artemis 2 prévu pour très bientôt.
  • Le programme spatial chinois qui semble le mieux placé pour être les prochains à marcher sur la lune est étatique.
  • Le programme Starship de Space X fait rêver, mais il est encore très loin d'être prêt pour l'orbite basse terrestre, alors la version lunaire qui doit être ravitaillée près d'une dizaine de fois en vol, puis se poser sur la lune et repartir, on en est encore loin. C'est un gros soucis dans le calendrier pour le retour des USA sur la lune, au point que la NASA est en train de chercher des alternatives.
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/02/2026 à 9:52
Citation Envoyé par popo Voir le message
Arrêter de blâmer Elon Musk, pour une fois ce n'est pas sa faute.
Il a vu Matt Damon planter des patates sur Mars et survivre un bon moment.
En fait, c'est Ridley Scott le responsable.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/02/2026 à 16:15
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
« SpaceX a déjà orienté son attention vers la construction d'une ville auto-croissante sur la Lune », écrit Musk, précisant que « la priorité absolue est d'assurer l'avenir de la civilisation, et la Lune est plus rapide. »
Ce n'est pas en allant chercher des ressources sur des astéroïdes qu'ont pourra assurer l'avenir de l'humanité.
L'humanité finira par disparaître et ce n'est pas grave. Quand les humains auront disparus la terre pourra guérir.

Il sera toujours impossible de déplacer beaucoup d'individus sur une autre planète (et ce ne serait pas souhaitable de toute façon).

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Le pivot lunaire n'est pas seulement une décision stratégique autonome : il est largement dicté par des engagements contractuels. SpaceX est en concurrence avec Blue Origin de Jeff Bezos pour livrer un atterrisseur lunaire dans le cadre de la mission Artemis 3 de la NASA, qui sera la première à faire atterrir des astronautes sur la surface de la Lune depuis plus de 50 ans.
C'est surprenant que les entreprises d'aujourd'hui galèrent à faire un truc qui a été fait en 1969.
On pourrait croire que des progrès ont été fait en 57 ans...

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Blue Origin de Bezos est désormais présentée comme pouvant devancer SpaceX sur la Lune. Pensez-vous que la concurrence privée accélère ou complexifie la colonisation spatiale, notamment pour les standards d'infrastructure et d'interopérabilité ?
Les entreprises accélèrent clairement la colonisation spatiale.
Les entreprises sont plus efficace, avec moins de temps et moins d'argent elles font mieux que la NASA.
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