Depuis quelques années, l’Europe assiste à une recrudescence inquiétante d’actes de sabotage visant des infrastructures critiques telles que les câbles sous-marins, les pipelines, les installations énergétiques, et les systèmes de communication. Si les incidents sont souvent attribués à des causes inconnues ou des accidents, une analyse plus approfondie révèle une tendance préoccupante, poussant certains responsables occidentaux à affirmer que la Russie pourrait être derrière cette vague de sabotage. Selon une carte récente publiée par l'Associated Press (AP), cette campagne d'attaques semble s'étendre sur plusieurs pays européens, ce qui soulève des questions sur les intentions de la Russie et les implications pour la sécurité du continent.Les récentes déclarations des responsables occidentaux pointent un acteur bien précis : la Russie. En effet, plusieurs incidents de sabotage ont été observés dans des pays européens stratégiques, avec des dommages à des infrastructures essentielles pour la stabilité économique et géopolitique du continent. Les autorités ont mis en lumière des attaques ciblées contre des pipelines, des lignes électriques, des câbles sous-marins, et même des sites énergétiques clés, comme les raffineries de pétrole et les plateformes gazières en mer du Nord. Ils affirment que la campagne de perturbation est une extension de la guerre du président russe Vladimir Poutine, destinée à semer la division dans les sociétés européennes et à saper le soutien à l'Ukraine.
Une carte publiée par l’AP illustre bien l’étendue de cette campagne, en mettant en évidence les pays touchés, les zones où les sabotages ont eu lieu, et les types d’infrastructures visées. Selon cette carte, les attaques se concentrent principalement dans des régions proches des frontières de la Russie, mais elles s’étendent également dans des pays considérés comme des alliés de l'OTAN et de l'UE, augmentant ainsi la complexité et les implications de ces actes.
Les responsables occidentaux, notamment en Europe et en Amérique du Nord, ont noté que ces actes de sabotage pourraient s'inscrire dans une stratégie plus large visant à déstabiliser les nations de l'OTAN et à perturber les chaînes d'approvisionnement en énergie et en données, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes entre la Russie et l'Occident. Le sabotage d'infrastructures critiques pourrait en effet avoir des conséquences économiques et diplomatiques dévastatrices, augmentant les coûts pour les pays européens et compliquant leur capacité à se défendre contre d'autres formes de guerre hybride ou de cyberattaques.
« L'Associated Press a recensé 59 incidents au cours desquels des gouvernements européens, des procureurs, des services de renseignement ou d'autres responsables occidentaux ont accusé la Russie, des groupes liés à la Russie ou son allié le Belarus d'avoir mené des cyberattaques, diffusé de la propagande, planifié des meurtres ou commis des actes de vandalisme, d'incendie criminel, de sabotage ou d'espionnage depuis le 24 février 2022, date de l'invasion de l'Ukraine.
« Les incidents vont du bourrage de tuyaux d'échappement de voitures avec de la mousse expansive en Allemagne à un complot visant à placer des explosifs dans des avions-cargos. Ils comprennent l'incendie de magasins et d'un musée, le piratage informatique ciblant des politiciens et des infrastructures critiques, et l'espionnage par un réseau condamné au Royaume-Uni. Richard Moore, le chef du service britannique de renseignement extérieur, a parlé en novembre d'une "campagne stupéfiante et imprudente" ».
Les responsables occidentaux ont accusé la Russie et ses mandataires d'avoir organisé des dizaines d'attaques et d'autres incidents en Europe depuis l'invasion de l'Ukraine. L'Associated Press a passé en revue des centaines d'incidents et les a reportés sur la carte lorsque les responsables occidentaux ont établi un lien clair avec la Russie, les groupes pro-russes ou l'allié biélorusse. Le Kremlin a démenti ces allégations
Une campagne de sabotage sous prétexte de guerre hybride
La notion de « guerre hybride » a été évoquée par de nombreux experts pour décrire les tactiques russes dans les conflits modernes. Cette forme de guerre combine des actions militaires classiques avec des opérations clandestines, des cyberattaques, et des actes de sabotage pour affaiblir un adversaire sans recourir à une confrontation directe. Les attaques contre des infrastructures critiques sont une composante essentielle de cette approche, car elles perturbent les sociétés sans avoir à déployer des troupes sur le terrain.
Dans le cas présent, la Russie pourrait viser à affaiblir les capacités énergétiques de l’Europe, notamment en attaquant les pipelines qui acheminent le gaz russe vers l'Europe, ou en perturbant les câbles sous-marins qui assurent les communications numériques entre les continents. Ces actions permettent à la Russie de prendre l'initiative dans un conflit indirect, tout en niant toute responsabilité officielle. L'objectif est de créer de l'incertitude et de l’instabilité dans les pays européens, tout en exploitant les vulnérabilités de ces nations.
De plus, la Russie aurait tout intérêt à attaquer des infrastructures...
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