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« Ma bibliothèque est anéantie » : Ce que signifie posséder des films et des émissions de télévision à l'ère des services de diffusion en continu
Qui jettent les copies physiques aux oubliettes

Le , par Patrick Ruiz

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Quels sont vos droits sur les films numériques, les émissions de télévision et la musique que vous achetez en ligne ? C'est la question que se posent les clients de Telstra TV Box Office après l’annonce de la société qu'elle fermerait le service de streaming en juin. Les clients ont été informés que s'ils ne passaient pas à un autre service, Fetch, ils ne pourraient plus accéder aux films et aux émissions de télévision qu'ils avaient achetés. Ces plaintes sont similaires à celles d’utilisateurs dans la filière des jeux vidéo. C’est d’ailleurs la raison du lancement d’une pétition par des citoyens et résidents canadiens.

Certains utilisateurs rapportent que Telstra leur demande de payer 200 dollars pour Fetch afin de conserver l'accès à ce qu'ils disaient être des achats d'une valeur de 2500 dollars. Vicky Russel a ensuite indiqué que Telstra l'avait contactée et lui avait offert un boîtier Fetch gratuit, ce qui, selon elle, constituait une solution raisonnable.

Des plaintes qui interviennent à l’ère des abonnements aux services en ligne qui ont tué les copies physiques

À l'époque des VHS, des DVD et des Blu-ray, lorsqu'une personne achetait un film dans un magasin, il lui appartenait tant qu'il était lisible. Et même à l'ère numérique, avant la diffusion en continu, les gens pouvaient - et peuvent encore généralement - acheter des fichiers de films, d'émissions de télévision et de musique. À l'exception des verrous de gestion des droits numériques placés par certaines entreprises sur ces fichiers, vous pouviez généralement continuer à les lire tant que vous disposiez d'un lecteur capable de les lire. Aujourd'hui, à l'ère du streaming, la propriété est largement soumise aux conditions générales que les gens ne lisent souvent pas.

De telles dispositions sont assez courantes dans les entreprises technologiques. Les clients peuvent louer ou acheter des films par l'intermédiaire d'Amazon Prime, et les conditions d'utilisation de l'entreprise stipulent que le contenu « restera généralement disponible pour le téléchargement ou la lecture en continu ... mais peut devenir indisponible ... Amazon ne sera pas responsable envers vous. »
L'application iTunes d'Apple, qui permet aux utilisateurs de télécharger les fichiers qu'ils ont achetés, contient une clause similaire et indique que, même s'il est peu probable que le contenu devienne indisponible, les utilisateurs doivent « s'assurer de pouvoir continuer à profiter du contenu » en téléchargeant tous les achats sur un appareil et en effectuant des sauvegardes.
En mars, le développeur de jeux Ubisoft a scandalisé les fans du jeu de course en ligne The Crew, vieux de dix ans, en fermant l'accès aux clients qui avaient payé pour le jeu. Ubisoft a justifié sa décision en affirmant qu'elle lui permettrait de concentrer ses ressources sur des titres plus récents ou plus populaires.

C’est la raison pour laquelle des gamers ont lancé une pétition pour pour demander qu'un jeu vidéo qui requiert une connexion aux serveurs d'un éditeur reste fonctionnel en fin de vie
L’initiative est celle des citoyens et résidents permanents du Canada qui portent la question devant leur Parlement afin d'obtenir une loi stipulant que, lorsque le support côté serveur d'un logiciel est interrompu, les entreprises doivent le laisser dans un état fonctionnel et supprimer les connexions obligatoires à des serveurs -- des services qui n'existent plus.

La pétition va même plus loin en demandant au gouvernement d'adopter une loi interdisant aux éditeurs de forcer les utilisateurs à renoncer à leurs droits au travers des conditions d’utilisation de leur service.

Le lancement de la pétition fait suite à un certain nombre de constats :

  • un nombre croissant d'entreprises exigent une connexion Internet constante directement à l'éditeur pour que leurs jeux vidéo soient jouables ;
  • lorsque les entreprises mettent fin au support de ces jeux, elles rendent souvent toutes les copies achetées injouables, une pratique qui n'est pas courante avec les jeux traditionnels ;
  • les entreprises peuvent mettre en œuvre l'obsolescence planifiée en retenant des composants essentiels et en empêchant ainsi les consommateurs de réparer leurs copies de jeux ;
  • cette pratique prive les consommateurs de leurs droits de propriété fondamentaux tout en empêchant les efforts de restauration et de préservation de leurs jeux ;
  • cette situation n'est pas clairement couverte par le droit existant et, en tant que telle, les agences de protection des consommateurs ne sont pas équipées pour traiter ce problème.


Et vous ?

Quelles sont les dispositions don’t vous vous entourez à l’ère de la domination des abonnements aux services en lignes pour vous prémunir de déconvenues comme celles que rapportent ces utilisateurs à propos de Telstra TV Box Office ?
Quel commentaire faites-vous de cette initiative des citoyens et résidents permanents canadiens ?
Que pensez-vous de cette mode des abonnements qui va en s’imposant dans l’univers de la technologie ?

Voir aussi :

Postmortem de Soul of Mask, un jeu de lilington, membre de Developpez.com, disponible sur Steam
Computex 2018 : AMD présente ses GPU VEGA Radeon Instinct gravés en 7 nm pour l'IA et officialise sa RX VEGA 56 Nano pour les PC de jeux
PS4 vs Xbox One : Sony a vendu deux fois plus de consoles que Microsoft, selon les chiffres d'Electronic Arts
Nintendo Switch : on en sait plus sur « Fusée Gelée », la faille qui permet de lancer Linux sur la console de jeu

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Avatar de 23JFK
Membre expert https://www.developpez.com
Le 14/05/2024 à 23:43
Ça ne concerne pas que les jeux. Il y a des logiciels (exemple: de traitement vidéo et/ou image) qui requiert une connexion réseau à chaque lancement du programme pour vérifier la licence.
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Avatar de Prox_13
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 15/05/2024 à 11:47
Il faudrait forcer les entreprises à ouvrir leur code source en cas d'abandon d'un logiciel populaire (ou jeu).
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Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 15/05/2024 à 20:04
Je suis pas d'accord. C'est une atteinte au droit à la propriété. Mais je considère que l’obligation de connexion à un serveur pour utiliser un produit qu'on a acheté est un vice caché.

Mais je pense que juridiquement ils sont dans leur droit, et ça doit faire parti des conditions d’utilisation que tu accepte (souvent sans les lire lors de l'achat, personne ne les lie et ils le savent).
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