Tapez JPEX dans votre barre de recherche et dans le meilleur des cas vous ne verrez pas apparaître les termes cryptomonnaie et scandale en même temps. À date, qui dit JPEX parle à minima de 2000 utilisateurs de la plateforme crypto dépossédés d’un montant total en investissement d’une valeur estimée à 182 millions de dollars. Le scandale JPEX compte parmi les plus grosses (sinon la plus grosse) arnaque à Hong Kong. Le tableau n’est pas nouveau dans la sphère des monnaies cryptographiques. En cela, il ravive le débat sur la question de savoir si les cryptomonnaies sont des escroqueries ou le socle d’une révolution monétaire susceptible de mettre les banques centrales hors course. À mi-parcours du mois de septembre, la Securities and Futures Commission (SFC) a mis en garde les consommateurs contre le service de change de cryptomonnaies JPEX. Motif : la plateforme opérait à Hong Kong sans disposer d'une licence en bonne et due forme. Y faisant suite, les participants à l'événement cryptographique Token 2049 ont constaté que JPEX a abandonné le stand loué pour la circonstance. La plateforme a ensuite augmenté ses frais de retrait jusqu'à 999 dollars et a limité les retraits à 1000 dollars. C’est là une liste de faits annonciateurs d’une fermeture désormais effective du service de change. JPEX signe ainsi ce que de nombreux médias qualifient comme l’une des plus grosses (sinon la plus grosse) arnaque à Hong Kong pour ce qui est de l’univers des cryptomonnaies.
Dans la filière crypto des arguments dans le genre « nous avons oublié un mot de passe » sont souvent mis en avant par les responsables des plateformes pour justifier leur effondrement
Cela s’est vu avec Prime Trsut. C’est une société crypto fintech créée pour offrir à d’autres startups des plans de retraite en cryptomonnaie, des interfaces KYC, à assurer la liquidité et une foule d'autres services. L’entreprise a procédé à une déclaration de faillite dans laquelle elle déclare « la perte » du mot de passe d’un portefeuille physique contenant 38,9 millions de dollars comme l’un des motifs de sa situation. En sus, il ressort de la déclaration de faillite que Prime Trust a investi dans TerraUSD et a subi des pertes de 6 millions de dollars sur les fonds des clients en plus des 2 millions de dollars US de la société elle-même.
C’est le type de tableau qui n’est pas sans faire penser au roi du bitcoin brésilien qui a affirmé en 2019 que sa société avait été piratée et avait perdu plus de 7000 bitcoins. Ce dernier aurait ensuite demandé et obtenu auprès des autorités brésiliennes un redressement judiciaire afin de réorganiser ses finances. Mais une enquête de trois ans, menée sur lui et son entreprise par les autorités policières, allègue que Oliveira et son groupe se sont engagés dans des escroqueries et des détournements de fonds.
Grosso modo, le schéma qui semble s’être imposé comme la norme dans la filière de la cryptomonnaie est que l’entreprise démarre, tourne pendant un moment et tourne à l’escroquerie. Et c’est ce qui ravive le débat sur la question de savoir si la cryptomonnaie est une escroquerie ou plutôt le socle d’une révolution monétaire amorcée.
Le développeur Stephen Diehl dresse une liste de raisons techniques pour lesquelles la cryptomonnaie est une escroquerie
Bitcoin et « preuve de travail »
Stephen Diehl commence par s'attaquer au fonctionnement du Bitcoin, la première et la plus célèbre des cryptomonnaies. Il explique que le Bitcoin repose sur un mécanisme appelé « preuve de travail », qui consiste à faire résoudre des énigmes mathématiques complexes à des ordinateurs appelés « mineurs », afin de valider les transactions et de créer de nouveaux bitcoins. Ce processus consomme énormément d’énergie électrique, ce qui pose un problème écologique majeur. Selon Stephen Diehl, le Bitcoin consomme plus d’énergie que la Belgique ou l’Argentine, et produit autant de gaz à effet de serre qu’un million de vols transatlantiques.
Ce problème environnemental est indéniable et largement documenté. Plusieurs études ont estimé la consommation énergétique du Bitcoin et son impact sur le réchauffement climatique. Par exemple, selon le Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index, le Bitcoin consommait environ 121 térawattheures (TWh) d’électricité par an au 24 avril 2023, soit plus que la Norvège ou les Pays-Bas. Selon le site Digiconomist , le Bitcoin produisait environ 59 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an au 24 avril 2023, soit plus que la Suisse ou la Grèce.
Sécurité et confidentialité du Bitcoin
Puis, Stephen Diehl parle de la sécurité et la confidentialité du Bitcoin. Il affirme que le Bitcoin n’offre pas de réelle sécurité ni de confidentialité, contrairement à ce que prétendent ses partisans. Il explique que le Bitcoin est vulnérable aux attaques informatiques, aux vols, aux pertes et aux fraudes. Il donne plusieurs exemples de cas où des utilisateurs ont perdu leurs bitcoins ou se sont fait pirater leurs comptes. Il souligne également que le Bitcoin n’est pas anonyme, mais pseudonyme, c’est-à-dire que les transactions sont associées à des adresses alphanumériques qui peuvent être tracées et liées à des identités réelles. Il cite le cas de Ross Ulbricht, le fondateur du site Silk Road, un marché noir en ligne qui utilisait le Bitcoin comme moyen de paiement, et qui a été arrêté par le FBI grâce à l’analyse de la blockchain.
Ce problème de sécurité et de confidentialité est également réel et documenté. Plusieurs incidents ont émaillé l’histoire du Bitcoin, impliquant des pertes, des vols ou des piratages de bitcoins. Par exemple, en 2014, la plateforme d’échange Mt. Gox a fait faillite après avoir perdu 850 000 bitcoins, soit environ 6 % de l’offre totale à l’époque. En 2016, la plateforme d’échange Bitfinex a été victime d’un piratage qui a entraîné le vol de 120 000 bitcoins, soit environ 72 millions de dollars à l’époque. En 2019, la plateforme d’échange QuadrigaCX a déclaré avoir perdu l’accès à 190 millions de dollars de cryptomonnaies après la mort soudaine de son fondateur et seul détenteur des clefs privées. Par ailleurs, plusieurs études ont montré que le Bitcoin n’est pas aussi anonyme qu’on le croit, et qu’il est possible de déduire l’identité des utilisateurs à partir de l’analyse des transactions et des métadonnées associées. Par exemple, selon une étude de l’université de Princeton , il est possible de relier les adresses Bitcoin aux adresses IP des utilisateurs avec une précision de 11 % à 60 %.
Bitcoin : valeur et régulation
Ensuite Stephen Diehl s'intéresse à la valeur et la régulation du Bitcoin. Il affirme que le Bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque ni de régulation, ce qui en fait un actif spéculatif et volatile. Il explique que le prix du Bitcoin est déterminé par l’offre et la demande, sans aucun rapport avec les coûts de production ou les bénéfices futurs. Il souligne que le Bitcoin est soumis à des fluctuations importantes et imprévisibles, qui peuvent être influencées par des facteurs externes ou internes, tels que les annonces des autorités, les rumeurs, les manipulations ou les événements aléatoires. Il donne plusieurs exemples de cas où le prix du Bitcoin a connu des variations importantes en peu de temps. Il conclut que le Bitcoin n’est pas une monnaie, mais un jeu de hasard.
Ce problème de valeur et de régulation est aussi pertinent et controversé. Plusieurs experts et observateurs se sont interrogés sur la nature et la valeur du Bitcoin, en le comparant à d’autres actifs financiers ou à d’autres monnaies. Certains ont défendu l’idée que le Bitcoin est une forme d’or numérique, qui offre une réserve de valeur durable et limitée face à l’inflation et à la dévaluation des monnaies fiduciaires. D’autres ont soutenu que le Bitcoin est une bulle spéculative, qui repose sur une illusion collective et qui finira par éclater. Le prix du Bitcoin a effectivement connu des variations importantes depuis sa...
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