Donald Trump est autorisé à rejoindre Twitter, a annoncé Elon Musk. Musk a justifié cette décision en se basant sur les résultats de son propre sondage Twitter personnel. Le compte @realDonaldTrump et ses tweets sont à nouveau entièrement visibles, quelques jours seulement après que Trump a confirmé qu'il se présenterait à nouveau à la présidence en 2024. Donald Trump a déclaré samedi qu'il n'avait aucun intérêt à revenir sur Twitter alors même qu'une faible majorité a voté en faveur de la réintégration de l'ancien président américain, qui a été banni du service de médias sociaux pour incitation à la violence, dans un sondage organisé par le nouveau propriétaire Elon Musk.Pendant son séjour à la Maison-Blanche, Donald Trump s'est servi de Twitter pour communiquer de manière plus fréquente que son prédécesseur Barack Obama l'a fait. Entre tweets agressifs, comiques et décisions politiques, le président avait pris l'habitude de tout annoncer sur sa page Twitter. Et même si certains de ses messages n'étaient parfois pas totalement en accord avec les politiques de la plateforme, le président bénéficiait d'une certaine immunité pour s'exprimer librement. En effet, durant sa présidence, Trump a été un tweeter notoirement provocateur.
Trump a flirté avec les interdictions et les suspensions à plusieurs reprises jusqu'à son retrait effectif de la plateforme. Par exemple, en mai 2020, Twitter a caché un des tweets de Trump, car il violait l'une de leurs règles de longue date interdisant la glorification de la violence. Après les manifestations de masse qui ont eu lieu aux États-Unis à la suite du meurtre de George Floyd, le président a menacé « d'envoyer la Garde nationale » et a ajouté un avertissement selon lequel « lorsque les pillages commencent, les tirs commencent ».
Pour un compte normal, cela entraînerait une suspension, mais Twitter a fait une exception. Une des justifications de Twitter pour garder le tweet de Trump et le cacher, plutôt que de le suspendre entièrement, était que le président américain était un individu « digne d'intérêt », pour lequel ils font des exceptions. Une personne « digne d'intérêt » est considérée comme un fonctionnaire élu ayant plus de 250 000 partisans. Mais le géant des médias sociaux a déclaré à l'époque qu'après le départ de Trump en janvier, il perdrait cette distinction.
Trump a redéfini la politique en utilisant Twitter pour contourner les canaux officiels et les médias traditionnels. Ainsi, à la suite de l'élection présidentielle du 3 novembre 2020, Trump s'est donc également servi du média pour contester les résultats. De la proclamation des résultats jusqu'à son départ de la Maison-Blanche, Trump n'a jamais reconnu sa défaite à l'élection présidentielle. Il a longuement déclaré que le suffrage avait été volé et invitait ses partisans via Twitter à protester contre la supposée manipulation dont ils ont été victimes.
La contestation de Donald Trump et de ses partisans a conduit à l'émeute du Capitole du 6 janvier 2021, et même si l'implication directe de l'ancien président n'était pas encore prouvée, Twitter a jugé que ces messages étaient assez incitatifs pour pousser ses supporters à prendre d'assaut le Capitole. Résultat, Trump a été retiré de la plateforme le 8 janvier 2021. La veille, Facebook avait fait de même. Les responsables de Twitter ont jugé que les posts de Trump pendant les émeutes du Capitole le 6 janvier ont incité à la violence, ce qui constitue une violation des conditions de service de la plateforme.
Vient alors Elon Musk qui réactive son compte, évoquant le « vote populaire »
Peu de temps après avoir pris le contrôle du réseau social, Elon Musk a déclaré qu'il ne rétablirait aucun compte suspendu définitivement tant que la société n'aurait pas mis en place et convoqué un conseil de modération de contenu avec « des points de vue très divers ». Après trois semaines à la tête de Twitter, Elon Musk n’a toujours pas mis en place ce fameux conseil éthique. D'ailleurs, il prend les décisions importantes lui-même, directement ou sous couverture.
Une illustration de la dernière stratégie a eu lieu vendredi, lorsqu'il a décidé d'interroger ses propres abonnés sur Twitter : « Réintégration de l'ancien président Trump », a-t-il tweeté, à côté d'un sondage avec des boutons pour choisir « Oui » ou « Non ». Elon Musk a d'ailleurs influencé le vote, en laissant entendre que la gauche avait créé des robots pour cliquer massivement sur « Non ».
Rappelons que le milliardaire a tenté de se retirer de l'accord de rachat de Twitter en affirmant que jusqu'à 20% des comptes Twitter étaient faux, et il a un jour suggéré que les bots étaient responsables des résultats de son sondage controversé sur la Russie et l'Ukraine.
À la suite de ce sondage, le « Oui » l'a emporté par une mince marge de 52 à 48. Par la suite, il a écrit « Vox Populi, Vox Dei » (littéralement « la voix du peuple est la voix de Dieu »). Quelques minutes après le message d'Elon Musk, le compte de Donald Trump était de nouveau visible, le dernier tweet datant du 8 janvier 2021.
Plus de 134 millions de personnes ont vu le sondage, selon Musk, bien qu'il n'y ait eu qu'un peu plus de 15 millions de réponses. Cela suggérerait qu'environ 11% de ceux qui...
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