Le réseau mobile 5G a été mis en service dans certains pays du monde et suscite des interrogations quant aux risques que cette nouvelle technologie présente pour la santé. Au Canada, le gouvernement fédéral interdit à la société chinoise Huawei Technologies de participer au réseau sans fil 5G du Canada.La 5G est la cinquième génération de la technologie cellulaire. Elle est conçue pour augmenter la vitesse, réduire la latence et améliorer la flexibilité des services sans fil. La technologie 5G a une vitesse de pointe théorique de 20 Gbps, alors que la vitesse de pointe de 4G n’est que de 1 Gbps. La 5G a récemment fait la une des journaux, pour des raisons tant positives que négatives. Des questions ont été posées sur sa faisabilité et certains fournisseurs d'infrastructure de réseau ont été soumis à un examen minutieux en raison de fausses rumeurs de confiance et de sécurité.
La technologie 5G offre aux Canadiens des connexions téléphoniques et Internet plus rapides et fournit une vaste capacité de données dans un contexte de croissance des innovations et d'augmentation de la demande. Le réseau de nouvelles générations aura un impact transformateur sur les entreprises et la société, une fois que les bons cas d'utilisation seront identifiés A Singapour, par exemple, une étude de ce type a pour objectif d'utiliser la 5G pour transformer les ports du pays en entités intelligentes et connectées.
La technologie qui soutient le réseau a été repensée par rapport aux générations précédentes. La 5G s'appuie sur de multiples antennes pour déplacer les signaux et les faire rebondir rapidement d'un endroit à l'autre. Les utilisateurs de téléphones ne remarqueront pas l'augmentation de la vitesse s'ils passent un appel, surfent sur l'internet ou utilisent une application en ligne, car la différence est d'environ 100 millisecondes, mais cette différence est perceptible à plus grande échelle. Les antennes sont également plus petites et peuvent être placées dans un plus grand nombre d'endroits, comme des immeubles ou des lampadaires. Rogers Communications Inc, la société mère de Bell Canada, BCE Inc, et Telus Corp. ont étendu leurs réseaux 5G au cours des dernières années, en commençant par les grandes villes.
Dans un rapport sur l'année 2020, GMSA Intelligence, l'organe de recherche d'un groupe qui représente les opérateurs mobiles du monde entier, a estimé que la 5G apporterait 150 milliards de dollars supplémentaires à l'économie canadienne jusqu'en 2040. En d'autres termes, elle a estimé que la 5G stimulerait le même niveau d'activité économique annuelle que le secteur aérospatial. Le gouvernement fédéral a estimé qu'en 2019, l'industrie aérospatiale a contribué pour plus de 20,3 milliards de dollars au produit intérieur brut du pays et a soutenu 1600 000 emplois.
Pourquoi Huawei fait-elle l'objet d'une interdiction au Canada ?
Selon les médias canadiens et américains, les préoccupations relatives à la protection de la vie privée sont le principal moteur de l'interdiction. Les conservateurs ont poussé le gouvernement canadien à prendre cette mesure pour empêcher Huawei de construire l'infrastructure 5G du Canada, arguant que cela permettrait à la Chine d'espionner les Canadiens. Huawei et le gouvernement chinois auraient vigoureusement nié ces accusations, affirmant que l'entreprise ne représente aucune menace pour la sécurité.
Trois des partenaires du Canada dans l'alliance de partage de renseignements Five Eyes : les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie ont déjà pris des mesures décisives pour freiner l'utilisation de l'équipement Huawei dans les réseaux 5G respectifs de leurs pays. La Nouvelle-Zélande a rejeté l'offre d'une société de télécommunications d'utiliser la technologie 5G de Huawei, en invoquant des raisons de sécurité nationale, mais a déclaré en 2020 qu'elle n'interdirait pas purement et simplement un fournisseur.
Aux États-Unis, la Commission fédérale des communications (FCC) a annoncé l'année dernière qu'elle allait mettre en place un programme de 1,9 milliard de dollars pour rembourser les opérateurs de télécommunications américains, essentiellement ruraux, pour le retrait des équipements de réseau fabriqués par des sociétés chinoises considérées comme des menaces pour la sécurité nationale, telles que Huawei et ZTE
La FCC a désigné Huawei et ZTE comme des menaces pour la sécurité nationale des réseaux de communication - une déclaration qui a empêché les entreprises américaines de puiser dans un fonds gouvernemental de 8,3 milliards de dollars pour acheter des équipements à ces sociétés. En décembre, la FCC a adopté des règles exigeant des opérateurs disposant d'équipements ZTE ou Huawei qu'ils "arrachent et remplacent" ces équipements.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a ordonné que les équipements Huawei soient complètement purgés du réseau 5G de la Grande-Bretagne d'ici 2027, s'attirant ainsi des foudres de la Chine en signalant que le plus grand fabricant d'équipements de télécommunications au monde n'est plus le bienvenu en Occident. Selon certains analystes, ce délai de sept ans fera le bonheur des opérateurs de télécommunications tels que BT, Vodafone et Three, qui craignaient d'être contraints de dépenser des milliards de livres sterling pour arracher les équipements Huawei beaucoup plus rapidement. Mais il retardera le déploiement de la 5G dans le pays.
Les États-Unis auraient poussé Johnson à revenir sur sa décision de janvier d'accorder à Huawei un rôle limité dans la 5G, tandis que Londres a été consterné par une répression à Hong Kong et l'impression que la Chine n'a pas dit toute la vérité sur le nouveau coronavirus. Le Conseil national de sécurité britannique (NSC), présidé par Johnson, a décidé d'interdire l'achat de composants 5G à partir de la fin de cette année et d'ordonner le retrait de tous les équipements Huawei existants du réseau 5G d'ici 2027.
En France, les restrictions visant l'équipementier chinois Huawei se concrétisent avec l’annonce de Bouygues Telecom du retrait de 3 000 antennes de téléphonie mobile Huawei dans l'Hexagone d’ici 2028, pour des raisons de sécurité du futur réseau 5G précise l'opérateur, et sur demande du gouvernement français. Bouygues Telecom estime le délai de huit ans raisonnable mais négocie une compensation financière avec l’État.
« Nous n’aurons plus aucune antenne Huawei dans les zones très denses » du territoire français d’ici 2028, a indiqué Olivier Roussat, le président de Bouygues Telecom. Cela implique de démonter en huit ans 3 000 antennes, sur...
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