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Près de 60 entreprises, dont un groupe du CAC 40, demandent réparation après l'incendie d'OVH Cloud.
Les procédures sont désormais entamées

Le , par Stéphane le calme

55PARTAGES

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Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie s’est déclaré dans l’un des datacenters de la société OVH cloud. Plusieurs entreprises ont été victimes de cet incendie et de nombreux sites internet ont à déplorer une perte irréversible de leurs données. Que les pertes de données n’aient été que temporaires ou définitives, cet incendie a porté, dans tous les cas, un préjudice économique à plusieurs milliers de sociétés.

La CNIL a procédé à la publication d’une note sur son site qui rappelle les règles du RGPD aux propriétaires des sites web affectés par les incidents OVH. S'ils ont perdu des données personnelles, il faut le signaler à l'autorité :

« Suite à l’incendie du 10 mars 2021 ayant eu lieu dans un centre de données d’OVH à Strasbourg, la CNIL rappelle les obligations en matière de notification de violation en cas d’indisponibilité ou de destruction de données personnelles. La destruction de données personnelles (temporaire ou définitive), y compris accidentelle, constitue une violation de données au sens du RGPD. À ce titre, les responsables de traitement qui hébergeaient des données personnelles au sein des infrastructures touchées doivent documenter la violation (les faits, ses effets et les mesures prises pour y remédier) dans un registre tenu en interne. Les sous-traitants doivent informer leurs clients de l'incident afin que ces derniers puissent remplir leurs propres obligations, dont celle de documentation dans le registre des violations tenu en interne par chacun d’entre eux. »

Le cabinet d'avocats parisien Ziegler & Associés a pour sa part amorcé un recours collectif contre OVHcloud. Pour le cabinet, si un accord à l'amiable n'est pas trouvé en termes de préjudice et d'indemnisation, l'affaire prendrait le chemin du tribunal de commerce.

Il faut dire que le 16 mars 2021, le PDG d’OVH avait annoncé que les clients bénéficieraient de trois mois gratuits en cas de coupure de service et d'une gratuité de six mois en cas de perte de données.

À cette même date, le fondateur de la société a également reconnu que beaucoup de clients n’avaient pas compris l’offre d’OVH en matière d’hébergement des données et de la nécessité de souscrire à une offre de sauvegarde complémentaire. Octave Klaba a alors annoncé une modification de la politique d’OVH afin d’accroître la sécurité des données et permettre une option de sauvegarde de données à tous les clients, sans aucun surcoût.

Cette annonce est cruciale car, certains clients n’avaient pas souscrit à l’offre de sauvegarde supplémentaire avant la survenance de l’incendie. Et cela peut avoir un impact sur l’indemnisation future de leurs pertes.

Ainsi, comment les clients dont le préjudice économique est lourd pourront-ils engager la responsabilité d’OVH s’ils sont contraints de ne jamais retrouver leurs données ? Autrement dit, pourront-il obtenir une indemnisation pour les pertes subies ?

La nature juridique des relations établies entre OVH, prestataire de service, et ses clients est contractuelle. Par conséquent, les stipulations contractuelles présentes au sein des conditions générales du fournisseur règlent la question de la responsabilité.

D’autre part, il existe deux grandes catégories de contrat chez ce type d’hébergeurs. On peut donc retrouver un contrat d’hébergement simple qui ne sera pas assorti de services associés ; on peut également retrouver un contrat d’hébergement avec des services ajoutés comme la possibilité de sauvegarde, de mise en place de plan de continuité ou de reprise d’activité etc.

C’est-à-dire que d’un contrat à l’autre, en fonction des options choisies par le client et des clauses rédigées entre les parties, le régime de responsabilité n’est pas le même pour OVH. À titre d’exemple, suivant la disponibilité choisie, OVHCloud dispose entre 9h (99,9%) et jusqu’à 36 jours (90%) pour rétablir les services.

Par conséquent, pour espérer intenter une action en indemnisation, la première question à se poser est de savoir quel type de contrat votre entreprise a conclu avec OVH ?

Ce contrat stipule-t-il l’obligation pour OVH de sauvegarder les données partagées ? À défaut, le client ne pourra engager la responsabilité de l’hébergeur au titre de la perte de données.

Si la sauvegarde de données était comprise dans le contrat, alors il est possible de rechercher la responsabilité d’OVH, car cette dernière aurait dès lors commis une faute contractuelle.

Début novembre, les sept entreprises que le cabinet a fédéré ont été rejoint par 13 entreprises supplémentaires. Cette fois-ci, elles sont 56 et les procédures sont désormais entamées.


Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

Maître Dakos, avocat chez Ziegler & Associés, travaille sur ce dossier: « Dans ces 56 entreprises, on a une majorité de PME et de TPE, on a aussi quelques grands groupes industriels basés à l’international. On a aussi un groupe du CAC 40 et une administration. On va démontrer dans notre recours qu'OVH aurait pu prendre des mesures, des dispositifs: extincteur automatique, des dispositifs de préventions ».

Les indemnités demandées s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon l’avocat. « Les préjudices subis par les entreprises s’échelonnent entre 10 000 euros et 1,9 million d’euros et au total on est sur des sommes considérables de plusieurs millions, voire dizaines de millions d’euros » poursuit l'avocat.

Dans cette affaire, OVH se dédouane de toute « faute » et invoque un cas de « force majeure ». OVHcloud avait consenti a des « gestes commerciaux » au lendemain du sinistre.

Le cabinet d'avocats assure de son côté à OVH l'absence de système d'extinction dans le bâtiment et que les « sauvegardes back-up étaient sur le même serveur que les originales ». Les avocats estiment également que la clause « limitative de responsabilité » ne tient pas et veulent que soient pris en compte « les dommages indirects » subis par les entreprises clientes.

Source : Ziegler & Associés

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Avatar de Steinvikel
Membre expert https://www.developpez.com
Le 11/01/2022 à 9:42
...un contrat d'hébergement devrait systématiquement contenir une clause d'intégrité de la data qu'il héberge, et pas juste l'accès au service, à la machine.
Viendra alors la granularité en fonction des besoins : intégrité absolue, quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ...et l'option "sans garantie d'intégrité" pour bénéficier d'une ristourne.

Les clients payaient pour accéder à un terrain vague où entreposer de la donnée, et pensaient avoir souscrit à un château-fort (ou ont prix conscience qu'ils le devraient).
La faute à une législation trop souple permettant au marketing de magnifier son produit par un discours exagéré, volontairement flou par parties ? (dont le vendeur ne fait que tirer partie)
...ou bien la faute au client, ne lisant pas toutes les clauses et ne prenant pas le temps de d'anticiper en se projetant dans de multiples et fastidieux scénario, les analyser, etc. ...ne cherchant pas à comprendre ce qu'il ne comprend pas ? >> c'est important ? pourquoi, quels sont les enjeux concrets ?
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Avatar de wikimaginot
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 13/01/2022 à 9:08
Bonjour

Sans me positionner sur la responsabilité éventuelle de l'hébergeur puisque celui ci n'a failli que si il n'a pas rempli ses engagements se pose à mon sens la question de la responsabilité des autres intervenants.

A l'exception du site composé de trois pages html, toute application web suppose aujourd'hui des développeurs et des webmasters qui ont tous bien sur les compétences nécessaires en matière de sécurité informatique et de conservation des données.

Que les clauses d'OVH soient en grands ou en petits caractères, il me parait clair que pour les petites sociétés c'est à ces intervenants placés entre le client final qui a lui tout à fait le droit d'être une bille dans ce domaine et l'hébergeur qui ne fournit qu'une partie du service que revient l'obligation de conseil.
Pour ce qui est des grandes entreprises, elles sont souvent dotées en interne de services informatiques qui normalement devraient disposer de ces compétences ou font appel à des experts du domaine.

Quel que soit le cas de figure, c'est à ces personnes fournissant un service et dotés de l'expérience que revient l'obligation de conseil.

Qui sauterait d'un avion pour les 'sensations' sans avoir prévu le parachute ? Pas moi en tout cas et il est clair que la responsabilité de la politique de sauvegarde des données et de continuité de l'activité est bel et bien du coté du client, client qui bien souvent la délégue à un prestataire à qui échoit alors d'avoir une vision d'ensemble du domaine dans lequel il exerce.

Nonobstant toute faute de la part de l'hébergeur, gageons qu'il ne sera pas le seul sur le ban des accusés dans cette affaire qui s'avèrera probablement un bon calcul pour le cabinet juridique qui a initié cette procédure.

Pascal, néophyte et néanmoins (parfois) responsable
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Avatar de Encoreunpompier
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 11:36
Bonjour,

Je fais partie des 56 de la procédure collective. Nous avions la sauvegarde interne déportée à Roubais, mais sans possibilité d'y accéder avant trois jours après l'incendie, et une sauvegarde supplémentaire individuelle pour chaque compte de nos clients à partir desquelles nous avons pu travailler.

Il nous a fallu 15 jours pour remettre tous nos sites en ligne, ceci en travaillant de tôt le matin à très tard le soir, parfois le matin. Ce que nous reprochons à OVH, c'est le flou dans lequel ils nous ont laissé immédiatement après l'incendie. Nous avons repris dans l'urgence un serveur en Allemagne (les seuls disponibles) et avons commencé à remonter le serveur sans réponse à nos tickets, en dehors des réponses génériques accessibles à tout le monde.

Au final, OVH nous a "généreusement" proposé une remise de 480 euros sous forme d'avoir… Pardonnez-moi, mais l'intervention d'un administrateur serveur pendant 10 jours (les autres 5 jours sont pour ma pomme) y compris le week-end, a coûté à l'entreprise plus de 10 000 euros.

Comment invoquer les cas de force majeure quand on voit la légèreté des systèmes de sécurité mis en place ?

Pour répondre à l'analogie du terrain vague évoquée plus haut dans les échanges, oui, nous avons entreprosé nos "caisses" sur le terrain vague d'OVH et nous avions prévus les sauvegardes. Mais ce qu'il s'est passé, c'est qu'on a apprit que le terrain vague brulait sans savoir si nos caisses étaient réellement concernées, si une remise en route serait possible, et sans qu'on puisse accéder au terrain vague pour avoir une idée de l'ampleur des dégâts, même si on a assez vite compris quand on a vu les premières photos sortir. En fait, on a beau se poser la question dans les sens sur ce que nous avons fait de mal pour mériter ça, et la seule réponse est : avoir fait confiance à OVH. Est-ce donc à nous d'assumer le surcoût de la remise en route de nos services ?

Le juge répondra.
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Avatar de zapnico
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 11:54
Savez vous combien de type de sauvegarde il existe ?
Connaissez vous le cout des sauvegardes en fonction de ces différents type de sauvegarde ?

[Edit modération] suppression citation entrainant une ambiguïté .
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Avatar de Encoreunpompier
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 12:04
Citation Envoyé par zapnico Voir le message
Savez vous combien de type de sauvegarde il existe ?
Connaissez vous le cout des sauvegardes en fonction de ces différents type de sauvegarde ?
Pourquoi me posez-vous cette question ? j'ai clairement indiqué que pour nous, le problème n'était pas lié aux sauvegardes que nous avions faites.
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Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 12:46
Je fais partie des 56 de la procédure collective. Nous avions la sauvegarde interne déportée à Roubais, mais sans possibilité d'y accéder avant trois jours après l'incendie, et une sauvegarde supplémentaire individuelle pour chaque compte de nos clients à partir desquelles nous avons pu travailler.
Dans ton malheur, tu as eu pu récupérer tes données, et tu as eu le bon sens d'avoir des sauvegardes individuelles complémentaires. Dans la soixantaine pleignants, combien n'ont pas pu récupérer les données ?

Il nous a fallu 15 jours pour remettre tous nos sites en ligne, ceci en travaillant de tôt le matin à très tard le soir, parfois le matin. Ce que nous reprochons à OVH, c'est le flou dans lequel ils nous ont laissé immédiatement après l'incendie
Pas surprenant, ils étaient sous l'eau, mais pas normal non plus.

Ce qui te serais "reprochable" (je met bien entre guillemet), c'est de ne pas avoir une redondance sur un autre DC de ta/tes machines en prod, et de ne pas avoir un PRA. C'est là-dessus qu'OVH va faire sa défense je pense.
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Avatar de Encoreunpompier
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 15:00
Citation Envoyé par chrtophe Voir le message
Dans ton malheur, tu as eu pu récupérer tes données, et tu as eu le bon sens d'avoir des sauvegardes individuelles complémentaires. Dans la soixantaine pleignants, combien n'ont pas pu récupérer les données ?

Alors on ne se connait pas entre les 56. Seul le cabinet d'avocat sait qui sont les 56.

Ce qui te serais "reprochable" (je met bien entre guillemet), c'est de ne pas avoir une redondance sur un autre DC de ta/tes machines en prod, et de ne pas avoir un PRA. C'est là-dessus qu'OVH va faire sa défense je pense.
En même temps, quand tu prends soin de limiter ton activité à des petites entreprises et des associations pour, justement, ne pas devoir monter au niveau évoqué ça sera difficilement tenable. OVH a une obligation de moyen, c'est à elle de sécuriser ses installations, sinon, au final, on va devoir chacun construire son propre data center…

Citation Envoyé par chrtophe Voir le message
Dans ton malheur, tu as eu pu récupérer tes données, et tu as eu le bon sens d'avoir des sauvegardes individuelles complémentaires. Dans la soixantaine pleignants, combien n'ont pas pu récupérer les données ?

On ne sait pas qui sont les autres entreprises. Notre seule interlocuteur, c'est le cabinet d'avocats.
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Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 15:57
OVH a une obligation de moyen
Je ne sais pas si c'est le cas, mais il vaudrait mieux pour les plaignants qu'il aient une obligation de résultat.
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Avatar de NoSmoking
Modérateur https://www.developpez.com
Le 14/01/2022 à 16:56
Bonjour,
Citation Envoyé par Encoreunpompier
Pourquoi me posez-vous cette question ?
le message de zapnico était plus d'ordre général mais ambigu du fait de la reprise de citation.

J'en profite pour un petit rappel :

ll est inutile de citer une réponse pour y répondre, il existe un bouton répondre à la discussion.

Il existe un bouton répondre à la discussion, ce bouton est disponible en haut et en bas de la discussion, à gauche.


Merci de l'utiliser pour vos réponses sans citations.

Rappel : Aide sur l'utilisation des boutons.
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Avatar de infozoide
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 16/01/2022 à 19:30
Entièrement d'accord avec wikimaginot : d'abord, il existe effectivement de nombreuses solutions de sauvegarde gratuites ou payantes.
Cependant, il n'est pas rare qu'aucune des solutions de sauvegarde disponibles sur le marché n'apporte réellement entière satisfaction.
En fait, tout dépend des objectifs recherchés en termes de PRA, PCA, RPO, RTO,...
Or c'est là le rôle primordial d'un bon prestataire professionnel, surtout quand on ne dispose pas des moyens d'une grande entreprise.
Mon avis ?... c'est le prestataire informatique qui est supposé responsable qui doit prendre véritablement le temps de vérifier le processus intégral d'une complète remise en service d'un dispositif d'environnement informatique
car celui-ci est toujours susceptible de disparaitre à n'importe quel moment, notamment si un sinistre majeur survient un jour sans prévenir... on connait la robustesse des équipements électriques et électroniques... mais leur fragilité aussi !
Sans aller jusqu'à la probabilité d'une chute de météorite, la plupart des gens savent que de nombreux imprévus sont toujours possibles à tout moment... et à moins d'avoir le cerveau d'un dinosaure antédiluvien, on sait que les risques de sinistre, ça existe partout... et encore plus là où l'électricité est mise en jeu... à commencer par le domaine informatique où rien n'est jamais inéluctable... même dans les environnements des fournisseurs de moyens les plus sécurisés.

Une telle vérification préalable, c'est le seul vrai moyen de vérifier les délais réels de récupération, que ce soit en mode PRA ou PCA des dispositifs de production.
On se rend alors vite compte de l'importance de renforcer la plupart des logiciels de sauvegarde qui peuvent être retenus au départ avec des outils complémentaires adéquats, souvent adaptés sur mesure.
Négliger cette étape essentielle démontre juste l'incompétence de la plupart des prestataires qui préconisent OVH sans prendre toutes les précautions nécessaires.

Me concernant, je renforce systématiquement la sécurité de l'ensemble des serveurs que j'ai été conduit à mettre en production jusqu'ici, y compris -et surtout- chez OVH comme chez tous les opérateurs cloud.
D'ailleurs, si un client refuse la mise en place d'un dispositif apte à garantir la sécurité absolue de sa production, je ne peux pas accepter de laisser passer une telle négligence, ce qui ne manque pas de créer parfois des frictions.
Ainsi, pas plus tard qu'avant-hier, conseillé par un confrère indélicat, le responsable d'une société m'a littéralement hurlé dans les oreilles au téléphone simplement parce que je refusais de dégrader la sécurité mise en place... ça ne m'a pas amusé, mais je suis néanmoins resté totalement inflexible, au risque de définitivement perdre notre relation commerciale.
J'agis exactement au même titre qu'un garagiste ne laisserait pas partir un véhicule automobile dénué de freins. Simple question de sécurité pour tout le monde. Mais aussi de responsabilité. Je ne suis pas juriste, mais j'en viens à me demander si aujourd'hui un fabriquant de véhicules ou de pièces détachées pourrait se faire attaquer en justice, dès lors qu'un client ne respecterait pas les conditions d'entretien, de sécurité et de maintenance pourtant stipulées noir sur blanc par le fournisseur.

Au passage, je confirme que valider un processus complet de restauration sur une infrastructure de secours distincte, cela procure une absolue certitude de prémunir l'ensemble de mes clients contre tout sinistre majeur, tel qu'une attaque de type Ransomware, ou tout autre type d'accident majeur imprévisible, lié par exemple aux risques permanents d'inondations, incendies, vols, pannes matérielles ou destructions, qu'elles soient intentionnelles ou non.

Par définition, le rôle d'un prestataire de service digne de ce nom et dont c'est le métier se doit à mon sens de mettre en place un dispositif protégeant ses clients contre tout type d'imprévu.
Dans le cas contraire, en cas de refus de suivre les règles d'usage, c'est le rôle du prestataire de service d'informer clairement ses clients des risques encourus.

En ce qui me concerne, l'administration informatique n'était absolument pas mon travail au départ, mais ça fait plus de 20 ans que j'exerce maintenant le métier de prestataire informatique et de conseil, précisément à cause du trop grand manque de déontologie inadmissible qui règne dans ce métier où les clients sont souvent confondus avec des cobayes.
Ma seule certitude, c'est que jusqu'ici aucune infrastructure informatique de mes clients n'a jamais été impactée par la moindre attaque de type Ransomware, certainement du fait des quelques outils complémentaires de sécurité efficaces que j'ai aussi toujours pris la précaution d'installer sur leurs systèmes (outils qui sont eux aussi réglés sur mesure... car ma confiance dans les solutions mirage miracle à tout faire du marché est devenue inexistante très relative de fort longue date).

D'expérience, au fil des années, avec mes clients, hormis les Ransomwares contre lesquels on dispose de longue date de la solution absolue la plus efficace possible, on a régulièrement dû faire face à absolument toutes les autres formes possibles de risques et de sinistres et on les a jusqu'ici toutes surmontées dans des délais très courts, de seulement quelques heures dans le pire des cas... y compris chez OVH, qui s'est toujours avéré être un des opérateurs les plus exemplaires et très professionnel.

Je précise que je n'ai aucune action chez OVH et je n'ai aussi absolument pas pour habitude de mettre tous mes œufs dans le même panier. J'utilise les services d'autres fournisseurs de moyens plus adaptés sur certains plans. Mais OVH reste un acteur incontournable du marché de l'hébergement... à condition bien entendu de se pencher sur les forces et les faiblesses des outils proposés à la location. C'est un opérateur de services professionnels qui ne s'adresse pas à des novices.

Comme tout fournisseur de service, OVH a certaines qualités et n'est certainement pas exempt de défauts, notamment sur les infrastructures à très faible coût. Je suis sincèrement désolé pour les victimes du désastre de l'incendie de Strasbourg, mais vouloir tirer sur OVH comme le font tous les déçus de leur infrastructure perdue du fait d'un manque de sécurisation approfondi de leur part, ça ne sert à mon sens strictement à rien. C'est un peu comme vouloir tirer sur l'ambulance, quand on veut commencer par aller sauter du haut d'un toit sans avoir vérifié la présence d'un filet de protection... et surtout sans avoir pris la précaution de mesurer sa solidité ainsi que la qualité de sécurité qu'on peut en attendre.

Par ailleurs, j'estime qu'il n'est absolument pas admissible que de supposés professionnels du secteur de l'informatique prennent la liberté de négliger la lecture des conditions de service d'un fournisseur, pour ensuite vouloir se retourner contre ce fournisseur, reportant leurs propres négligences sur l'autre. Même si c'est certainement très fructueux à l'arrivée pour un Cabinet d'avocats qui intente une action en justice, cela me semble un peu facile, sinon mesquin, de vouloir ne rejeter la responsabilité que sur OVH, qui annonce clairement la couleur au départ, sur des documents particulièrement aisés à lire avant toute souscription de service.

J'ajoute qu'au demeurant, les conditions de service m'ont toujours semblé particulièrement claires à chaque souscription chez OVH, notamment celles concernant les sauvegardes, et ce modèle n'est pas fréquent chez les autres opérateurs. Ce cas est même plutôt rare dans le paysage français : OVH fait réellement figure exception, ce qui mérite d'être souligné.

Bref, je trouve un peu moyen de s'acharner à critiquer ainsi un opérateur victime d'un sinistre majeur, au titre que durant les dernières décennies il n'a pas su missionner à chaque instant de multiples équipes d'employés équipés d'extincteurs à poudre, présents en permanence 24/7 dans chaque salle et devant toutes les baies réseau, toujours prêts à intervenir dans la seconde pour éteindre le moindre début de sinistre... à mon humble avis, les coûts mensuels d'abonnement aux infrastructures OVH s'en seraient immédiatement ressentis.

En aparté concernant les incendies, quand la cathédrale Notre-Dame-de-Paris a flambé, je m'abstiendrai de tout commentaire sur l'absence de véritable vérification de la signalisation de l'emplacement exact des dispositifs de sécurité par les supposés professionnels de la sécurité. Première négligence inadmissible. Mais ce qui m'interpelle encore plus, c'est que personne ne semble ensuite s'être particulièrement insurgé d'avoir découvert après coup la trace de mégots de cigarettes dans la cathédrale. Ces cigarettes ont pourtant aussitôt été mises hors de cause. J'adore ces certitudes d'experts. Pour ma part, j'ai déjà vu des mégots jetés par des fumeurs dans des corbeilles métalliques en intérieur, y compris dans des endroits où il est strictement interdit de fumer. Les fumeurs pensent toujours que leurs cigarettes sont éteintes. C'est un fait acquis. Sauf qu'après un temps qui n'aura pas été loin de dépasser une bonne heure, il s'est avéré qu'un tel mégot a réussi a enflammer des morceaux de papier jetés dans la même poubelle, enflammant à leur tour des matières plastiques... le tout provoquant au final un véritable début d'incendie d'un bâtiment entier pourtant en béton, contrairement à la cathédrale. Cela aurait pu se terminer en désastre si l'incendie n'avait été éteint à temps. Mais le plus fort dans l'histoire, c'est que le fumeur qui a jeté son mégot devant moi reste encore persuadé à ce jour qu'il n'est aucunement responsable de l'incendie qu'il a lui-même provoqué. La perception comme les certitudes de chacun jouent un terriblement grand rôle dans la vie. Surtout quand elles commencent par de l'ignorance volontaire. C'est probablement pour de sombres questions d'assurance, mais j'ai appris plus tard que le coupable désigné aura été notre amie la fée électricité. Incroyable.

Pour en revenir à cet incendie chez OVH, c'est un gros coup dur pour eux... là, le problème semble réellement d'origine électrique... et l'incendie a posé de toute évidence un coup encore beaucoup plus dur pour certains de leurs clients... mais concernant les coût et délais de reprise, à de rares exceptions possibles, il est clair que la faute incombe en priorité à l'incompétence des prestataires qui ont opté pour des choix de sauvegarde manifestement insuffisants... ou peut-être occulté certains aspects essentiels, faute de compréhension des risques liés aux environnements cloud. Pire, dans certains cas, il est possible que le désastre rencontré soit dû à l'âpreté des donneurs d'ordre, s'ils n'ont pas daigné investir les quelques centaines d'euros qui les auraient complètement prémunis de toute perte de données... et leur aurait permis de reprendre un cours normal de leurs opérations en moins de quelques heures, dans le pire des cas.
C'est triste à dire, et je ne vais certainement pas me faire de nouveaux copains, mais pour reprendre le fameux dicton on n'a que ce qu'on mérite.
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