Washington a accusé l'entreprise israélienne de logiciels espions NSO Group de fournir des technologies pour "cibler malicieusement" des militants, des journalistes et d'autres personnalités influentes du monde. Pour cette raison, les États-Unis ont décidé de mettre le groupe sur liste noire. Outre NSO Group, trois autres sociétés ont également été placées sur liste noire, notamment la société israélienne Candiru, la société russe Positive Technologies et la société Computer Security Initiative Consultancy basée à Singapour. Elles se seraient livrées à des "activités contraires à la sécurité nationale ou aux intérêts de politique étrangère des États-Unis".L'administration Biden ferme le marché américain à NSO Group
NSO Group a toujours été critiqué en raison des technologies de surveillance qu'il propose à ses clients. Cependant, les choses se sont envenimées cette année lorsque Forbidden Stories, un consortium de médias basé à Paris, a révélé que le logiciel de piratage téléphonique Pegasus développé par NSO Group a été utilisé pour cibler potentiellement des milliers de personnes dans le monde entier, dont des journalistes et le président français Emmanuel Macron. Un groupe de médias du monde entier ont ensuite publié un nombre important d'articles détaillant de présumés abus du logiciel espion Pegasus de NSO Group dans plusieurs pays.
Les enquêtes et les expertises médico-légales ont révélé que Pegasus est fréquemment installé par le biais d'exploits "zéro-clic", tels que ceux envoyés par SMS, qui ne nécessitent aucune interaction de la part des victimes. Pegasus peut débrider ("jailbreaker" ou "rooter"
Les articles s'appuient sur une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone qui a fait l'objet d'une fuite et qui serait constituée de personnes présentant un intérêt pour les clients de l'entreprise. Les médias, avec l'aide de Forbidden Stories et d'Amnesty International, ont passé au peigne fin cette liste de numéros de téléphone. Le laboratoire de sécurité d'Amnesty International a par la suite analysé au moins 37 smartphones figurant sur la liste, et aurait trouvé des preuves qu'ils ont été soit piratés, soit ciblés par le logiciel Pegasus. Ainsi, plusieurs enquêtes ont été ouvertes de part et d'autre dans le monde pour tenter d'éclaircir la situation.
Mercredi, l'enquête américaine a abouti à un bannissement de NSO Group. Le gouvernement américain a mis NSO Group sur liste noire, déclarant que la société "a développé et fourni des logiciels espions à des gouvernements étrangers qui ont ensuite utilisé ces dispositifs pour cibler de manière malveillante des fonctionnaires, des journalistes, des hommes d'affaires, des militants, des universitaires et des employés d'ambassades". NSO Group a déclaré dans un communiqué être "consterné par cette décision", étant donné que ses technologies soutiennent les intérêts et les politiques de sécurité nationale des États-Unis en prévenant le terrorisme et la criminalité.
La société a déclaré qu'elle va plaider pour que cette décision soit annulée. « Nous sommes impatients de présenter l'ensemble des informations concernant la manière dont nous disposons des programmes de conformité et de respect des droits de l'homme les plus rigoureux au monde, basés [sur] les valeurs américaines que nous partageons profondément, qui ont déjà abouti à de multiples résiliations de contacts avec des agences gouvernementales qui utilisaient nos outils à mauvais escient », a déclaré le groupe. Selon Eitay Mack, un avocat israélien, le fait d'être sur la liste noire des exportations américaines pourrait signifier qu'ils "sont finis".
Eitay Mack est un avocat israélien spécialisé dans les droits de l'homme qui a fait campagne pendant des années pour que le gouvernement israélien révoque la licence d'exportation de NSO, sans grand succès. Mack n'est pas la seule personne qui se réjouit de cette décision. « NSO a essayé pendant des années d'être du "bon côté", de prétendre que ses activités sont irréprochables. Cette désignation par le département du commerce nous...[/sur]
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