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Google déclare à la Cour de justice de l'UE qu'il est de loin la première requête de recherche sur Bing
Dans le cadre de l'appel de l'amende de 4,34 milliards d'euros qu'il a écopée en 2018

Le , par Bill Fassinou

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Google a utilisé un argument inattendu pour expliquer au Tribunal de l'Union européenne à Luxembourg qu'il n'a pas imposé ses applications telles que Search et Chrome aux consommateurs, mais qu'ils se dirigent vers elles de leur propre chef. Le géant de Mountain View a déclaré devant la Cour qu'il dispose de preuves montrant que la requête de recherche la plus courante sur Bing est, de loin, "Google". L'entreprise tente de montrer que la forte utilisation de son moteur de recherche, qui détient 92 % de part de marché sur le plan mondial, est une question d'habitude et de préférence. Bing a une part de marché de seulement 2,48 %.

Google est au milieu de l'une de ses nombreuses batailles avec les régulateurs antitrust de l'UE. Cette fois, il espère annuler l'amende record de 4,34 milliards de dollars que la Commission européenne lui a infligée en 2018. La société a écopé de cette amende pour avoir, selon la Commission, injustement poussé le moteur de recherche Google sur les smartphones alimentés par le système d'exploitation Android. L'argument de l'appel de l'entreprise est que le regroupement de la recherche n'est pas la raison pour laquelle elle domine le marché de la recherche : "la recherche serait tellement bonne avec Google que les utilisateurs sont enivrés".



Cette semaine, l'avocat d'Alphabet - la société mère de Google - Alfonso Lamadrid a déclaré à la Cour : « Les gens utilisent Google parce qu'ils le choisissent, et non parce qu'ils y sont forcés. La part de marché de Google dans la recherche générale est cohérente avec les enquêtes auprès des consommateurs qui montrent que 95 % des utilisateurs préfèrent Google aux moteurs de recherche rivaux ». L'audience se tient depuis le lundi devant la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) à Luxembourg, et devrait prendre fin aujourd'hui. La société espère que la décision de la Commission sera annulée dans son intégralité.

Pour ce faire, elle devrait apporter des arguments plus solides que celle de l'accusation, et Google en a donné quelques-uns auxquels l'on ne s’y attendait pas. Lamadrid ne s'est pas contenté de dire que la domination du moteur de recherche Google est intrinsèquement liée au choix de l'utilisateur, il a également lâché une information insolite sur le deuxième moteur de recherche, Bing de Microsoft. « Nous avons présenté des preuves montrant que la requête de recherche la plus courante sur Bing est, de loin, "Google" », a-t-il déclaré. Il a tenté de montrer que c'est plutôt les concurrents de Google qui essaient d'enfermer les utilisateurs.

En effet, à l'échelle mondiale, StatCounter estime la part de marché du moteur de recherche de Google à 92 %, alors que Bing arrive très loin derrière avec 2,48 %. Bing est le moteur de recherche par défaut de la plupart des produits Microsoft, comme le nouveau navigateur Edge et le système d'exploitation Windows, ce qui fait que beaucoup de gens y aboutissent par la voie de la moindre résistance. Bien qu'il s'agisse du moteur de recherche par défaut, Google affirme que les internautes ne peuvent pas quitter Bing assez rapidement et qu'ils effectuent une recherche de navigation vers "Google" pour s'affranchir de l'écosystème de Microsoft.

L'argument de Google selon lequel les valeurs par défaut n'ont pas d'importance va à l'encontre des autres activités de l'entreprise. En fait, Google verse chaque année plusieurs de milliards de dollars à Apple pour rester le moteur de recherche par défaut sur iOS, ce qui est extrêmement généreux si les recherches par défaut n'ont pas d'importance. Selon les estimations actuelles, les paiements de Google à Apple s'élèvent à 15 milliards de dollars par an. La Commission considère que ces types de contrats entre Google et les fabricants de smartphones lui ont permis de creuser l'écart entre ses concurrents et lui.

En 2018, Margrethe Vestager, alors commissaire européenne à la concurrence, a déclaré que Google avait obligé les fabricants d'Android à préinstaller son application de recherche (Google Search) et son navigateur Web Chrome - et avait payé certains d'entre eux pour que ce soit la seule application préinstallée - ce qui signifie que seulement 1 % des personnes ont téléchargé une autre application de recherche. « Les contrats entre Google et les fabricants de téléphones Android font partie d'une stratégie globale que l'entreprise a commencé à mettre en œuvre en 2011 pour empêcher l'essor de moteurs de recherche rivaux », a-t-elle déclaré.

« La société s'est lancée sur cette voie pour s'assurer que son principal moteur de profits, Google Search, resterait au premier plan », a-t-elle allégué. Bien sûr, Google a toujours nié ces accusations et le PDG Sundar Pichai a déclaré sur son blogue personnel à l'époque qu'Android "a créé plus de choix pour tout le monde, et pas moins". Mais ce n'est pas ainsi que les plaignants voient les choses. « Google a perçu l'avènement du mobile comme une menace pour son monopole de recherche et s'est engagé dans diverses actions anticoncurrentielles pour prendre le contrôle de la recherche mobile, également », a déclaré Thomas Vinje, un avocat de Clifford Chance.

Par ailleurs, cette confrontation entre Google et la Commission à la CJCE intervient quelques semaines avant que le même tribunal ne se prononce sur la première décision de Vestager concernant Google, qui a vu la société condamnée à une amende de 2,42 milliards d'euros pour avoir favorisé son propre service de comparaison d'achats par rapport à ses rivaux. En juin de cette année, Vestager a lancé une autre enquête majeure sur les services publicitaires de Google. Si le géant de Mountain View ne parvient pas à faire annuler la décision, le paysage des smartphones pourrait s'en trouver complètement remanié.

En sus, d'autres contestations visant Google aux États-Unis représentent un risque bien plus important pour la société et pourraient conduire à son démantèlement en plusieurs petites entreprises. Il faut noter que les plaintes de l'UE contre le géant de la recherche ont été les premières d'une cascade d'enquêtes de concurrence sur les grandes entreprises technologiques dans le monde. L'année dernière, Google a fait l'objet de trois nouvelles enquêtes aux États-Unis. Parmi elles, une action en justice intentée par le ministère de la Justice à Washington est largement similaire à l'affaire Android de l'UE.

Pour finir, Apple s'intéresse également de près aux procédures judiciaires relatives à Android puisque les amendes et les injonctions auxquelles le fabricant de l'iPhone pourrait être confronté pour son propre système d'exploitation iOS et son App Store dépendent de la manière dont l'UE a découpé les marchés dans l'affaire Google. La Commission a constaté que Google contrôlait plus de 95 % du marché des "systèmes d'exploitation mobiles intelligents disponibles sous licence". Mais cette définition du marché exclut Apple, car iOS ne peut faire l'objet d'une licence.

Ainsi, Apple pourrait être considéré comme un monopoleur à part entière sur son propre marché. Cela s'explique en partie par le fait que les utilisateurs ne passent pas facilement d'un écosystème Apple à un écosystème Google. Si l'affaire Android porte essentiellement sur le comportement passé de Google, elle pourrait également avoir une incidence sur les développements futurs.

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Avatar de agripp
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 31/10/2022 à 15:31
Délicat ces réglementations à géométrie variable...
Le gros devront s'y conformer, le petits y échapperont. Je ne suis pas persuadé que le législateur agisse dans l'intérêt du consommateur. Je ne suis pas convaincu non plus que des règlements contraignants pour les entreprises numériques soient favorables à la "liberté de l'internaute". Je ne mets évidemment pas en cause la bonne foi des politiques, mais cela me fait penser à ce que Campanella faisait remarquer à propos du procès de Galilée : "on juge un mathématicien et ses propositions, mais parmi les juges il n'y a pas un seul mathématicien".
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Avatar de Arya Nawel
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 31/10/2022 à 16:44
J'aime voir l'UE sévir contre les grandes entreprises technologiques et appliquer des normes minimales en matière de transparence et d'interopérabilité des données. Cela dit, j'espère vraiment que cela n'aura pas d'effets secondaires désagréables comme les boutons de consentement du RGPD qui franchement sont la chose la plus ennuyeuse a venir sur internet depuis les popup et les media en lecture automatique
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Avatar de Terra11
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 08/11/2022 à 13:00
Le DMA c'est une chose, mais le vrai danger vient du DSA.

Une loi n'est ni bonne ni mauvaise en essence, mais son interprétation et son application peuvent l'être.

Le DSA se propose, entre autres, de lutter contre la "désinformation".
Que rangez-vous sous cette dénomination, et surtout que pensez-vous que l'UE considérera comme de la désinformation ?
Combien de nos commentaires à cet article ou à d'autres rentreraient dans cette définition, je me demande ?

On voit aisément le champ des possibles qu'une formulation aussi vague peut laisser.
Ce qui est certain, c'est que nos droits (en particulier celui d'expression) vont en prendre un grand coup.
C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles ce projet a été débouté par le conseil constitutionnel lorsque le gouvernement français a tenté de passer chez nous (projet de loi AVIA).

Vous pouvez vous faire votre propre opinion sur le sujet en lisant les avis de la police et des manifestants :
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Avatar de vertex.3F
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 24/07/2022 à 23:03
cet article me fait penser à nouveau à un vieux sujet où l'équilibre de la concurrence n'est pas vraiment atteint :

la vente liée PC et OS
https://www.nextinpact.com/article/2...-liee-pc-et-os
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Avatar de HaryRoseAndMac
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/11/2022 à 1:00
Citation Envoyé par Arya Nawel Voir le message
J'aime voir l'UE sévir contre les grandes entreprises technologiques et appliquer des normes minimales en matière de transparence et d'interopérabilité des données. Cela dit, j'espère vraiment que cela n'aura pas d'effets secondaires désagréables comme les boutons de consentement du RGPD qui franchement sont la chose la plus ennuyeuse a venir sur internet depuis les popup et les media en lecture automatique
A la base, la RGPD n'a pas été créée pour se retrouver une put** de bannière qui te spam sur le site, mais une simple convention à rajouter sur l'une des pages du site.
Mais comme toujours, ça a été mal compris et donc mal interprété par ceux qui dirige l'Europe.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 30/07/2022 à 20:37
Il serait bien que la vente liée soit impactée. Depuis le temps.
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Avatar de WolBot
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 31/10/2022 à 16:02
Citation Envoyé par HaryRoseAndMac Voir le message

L'Europe actuellement fait l'inverse de ce qu'il faut faire, elle est faible avec les forts et fort avec les faibles.
Il faut déjà mettre des frontières claires et nets autour de l'Europe afin de créer un microcosme et arrêter une immigration totalement subies qui ne fait que plomber un peu plus chaque jour chaque peuples Européens.

Et à partir de là, nous pourrons commencer à les ouvrir des nouveaux via un système saint et sécuritaire permettant filtrer le "bon grain de l'ivresse", car oui, traverser la l'océan entier pour aller dans un autre pays, ne justifie pas mériter y aller, quand ceux qui y vont sont des terroristes en puissance et il va bien falloir l'accepter.

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Avatar de Andy Oka
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 31/10/2022 à 16:40
Enfin quelque chose pour que Google n'ait qu'une seule application de chat.
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Avatar de pierre-y
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 15/09/2022 à 11:31
C'est vrai que google va retenir la leçon avec 4 milliard d'amende. A se demander pourquoi il la contexte d'ailleurs, il fallait utiliser le budget avocat surement.
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Avatar de HaryRoseAndMac
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 31/10/2022 à 10:28
Wow ... dangereux !

Ceux qui comme moi se sont embêter à lire les textes UE, là on est dans une forme de "PATRIOT Act", version UE.

Je n'aime pas du tout la tournure que ça prends, l'Europe était un très beau projet initialement : rassembler les peuples du nord du Caucase, sous le même étendard.
Là ça prends un virage à 180° et ça se sert de cet étendard pour mettre en place un système de surveillance de masse européen.

Qui existait déjà sous chaque pays, de manière plus ou moins officielle, mais là, nous sommes à un autre niveau.
Et ça, sous le couvert paradoxal de très bon texte dans le cadre du DMA : pouvoir télécharger des applications ailleurs que sur les googles stores, ...

Mettre des chaines et des laisses aux gens moi je n'y crois pas !
Je ne crois pas non plus à un monde ou il faut une liberté totale sinon ça sera la loi du plus fort, mais nous pouvons trouver quelque chose de plus intelligent que de passer d'un extrême à l'autre.

La liberté ne doit pas se négocier.

L'Europe actuellement fait l'inverse de ce qu'il faut faire, elle est faible avec les forts et fort avec les faibles.
Il faut déjà mettre des frontières claires et nets autour de l'Europe afin de créer un microcosme et arrêter une immigration totalement subies qui ne fait que plomber un peu plus chaque jour chaque peuples Européens.

Et à partir de là, nous pourrons commencer à les ouvrir des nouveaux via un système saint et sécuritaire permettant filtrer le "bon grain de l'ivresse", car oui, traverser la l'océan entier pour aller dans un autre pays, ne justifie pas mériter y aller, quand ceux qui y vont sont des terroristes en puissance et il va bien falloir l'accepter.
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