En visite au bureau du directeur du renseignement national mardi, le président Joe Biden a prévenu que si les États-Unis se retrouvaient dans une véritable guerre armée avec une grande puissance, cela pourrait bien être le résultat d'une cyberattaque importante contre le pays. Ces déclarations interviennent alors que les tensions avec la Chine et la Russie montent en raison d'une série de cyberattaques perpétrées contre des infrastructures critiques et gouvernementales américaines. Biden estime que les cyberattaques causent davantage de dommages, désignant la Chine et la Russie comme la plus grande menace pour la sécurité nationale des États-Unis.Le prochain grand conflit armé pourrait partir d'une violation cybernétique
Les États-Unis pourraient-ils déclarer la guerre à la Chine et à la Russie sous prétexte de cyberattaques ? Le président Joe Biden a répondu par l'affirmative mardi lors d'une conférence de presse à l'Office of the Director of National Intelligence (ODNI). « Si nous nous retrouvons dans une guerre, une véritable fusillade avec une grande puissance, ce sera à la suite d'une violation cybernétique de grande conséquence et les capacités augmentent de façon exponentielle », a-t-il déclaré. D'après lui, les cyberattaques, notamment les attaques par ransomware, sont capables de causer des dommages et des perturbations dans le monde réel.
En effet, la cybersécurité est devenue l'une des principales priorités de l'administration Biden après une série d'attaques très médiatisées contre des entités telles que la société de gestion de réseau SolarWinds, la société Colonial Pipeline qui gère un système d'oléoduc provenant de Houston, la société de transformation de la viande JBS et la société de logiciels Kaseya, qui ont eu des répercussions sur les États-Unis bien au-delà des entreprises piratées. Ces attaques ont lieu entre automne 2020 et juillet 2021, et certaines d'entre elles ont affecté l'approvisionnement en carburant et en nourriture dans certaines régions du pays.
Biden n'a pas précisé comment les États-Unis mesurent une violation "de grande conséquence". Mais ses remarques interviennent après qu'il a communiqué à son homologue russe Vladimir Poutine une liste d'infrastructures critiques que les États-Unis considèrent comme inaccessibles aux acteurs étatiques lors du sommet du 16 juin à Genève entre les deux. Ainsi, les déclarations de Biden hier pourraient constituer un rappel sur le fait que ces infrastructures sont intouchables et les attaquer serait synonyme d'une déclaration de guerre aux États-Unis. Le sénateur Angus King (I-ME) s'est fait l'écho des déclarations de Biden.
« Je pense que cela signifie qu'il comprend qu'une cyberattaque peut être facilement aussi destructrice, si ce n'est plus, que le largage d'un missile ou d'une bombe et que cela pourrait constituer une violation très grave du droit international et du droit de la guerre, selon la nature de l'attaque. Je ne pense pas qu'il y ait de doute que s'il y a une future guerre armée, elle commencera par la cybernétique », a déclaré le sénateur Angus King, qui est membre de la commission du renseignement du Sénat et coprésident du Cyberspace Solarium Commission mandatée par le Congrès.
« Ce ne sera pas nécessairement l'événement déclencheur, mais ce sera ce que l'adversaire fera pour tenter initialement de nous aveugler ; ou qui que ce soit entre qui la guerre a lieu. C'est la cybernétique qui sera la première étape de toute guerre armée à l'avenir », a-t-il ajouté. D'un autre côté, le représentant Jim Langevin (D-RI), coprésident du Congressional Cybersecurity Caucus, estime que l'analyse de Biden est juste et a prévenu qu'une brèche pourrait conduire à un conflit armé. « Le président a raison, et quiconque ne pense pas qu'une cyberviolation pourrait conduire à un conflit armé vit dans une réalité alternative », a-t-il déclaré.
« Rien qu'au cours des cinq dernières années, les hackers d'État russes et chinois ont causé des milliards de dollars de dommages à notre économie, et en ce moment même, ils sondent nos infrastructures critiques », a ajouté Langevin. Toutefois, depuis la sortie de la liste de Biden, le pays a travaillé à renforcer sa cybersécurité. Il a aussi sanctionné des individus qu'il considère comme liés à des attaques. Le pays en a inculpé certains, puis a accusé différentes entités gouvernementales étrangères, telles que l'agence de contre-espionnage de la...
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