Le moteur de recherche français Qwant chercherait à récolter 8 millions d'euros auprès du géant chinois des télécommunications Huawei afin de rester à flots. Le PDG de Qwant, Jean-Claude Ghinozzi, aurait demandé à ses actionnaires le 18 mai d'accepter un financement de 8 millions d'euros via des obligations convertibles de Hubble, le fonds de capital-risque du géant chinois basé à Hong Kong.Fondé en 2011 et lancé le 16 février 2013 en version bêta, puis lancé en version définitive le 4 juillet 2013, le moteur de recherche Qwant, dont l'ambition est d'assurer la confidentialité et la sécurité des données de ses utilisateurs, a connu une rapide ascension dans l'Hexagone. Adoubé par des membres du gouvernement français, Qwant fut soutenue en 2018 par le ministre des Armées à cette date. Florence Parly avait déclaré que Qwant sera le moteur de recherche par défaut sur tous les ordinateurs du département dont elle a la charge. « Parce qu’il faut montrer l’exemple. Parce que nous partageons des valeurs communes. Parce qu’il ne partage pas nos données. Parce que c’est une entreprise française, Qwant sera le moteur de recherche par défaut sur tous les ordinateurs du ministère des armées », avait-elle déclaré sur son compte Twitter.
Également qualifié de « nouveau Google français en marche » par Emmanuel Macron en 2015, alors ministre de l'Économie, il fut également soutenu par l'actuel ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. En 2018, ce dernier voyait en Qwant « une réponse à tous ceux qui pensent que la France, l'Europe, ne sont pas en mesure de développer des entreprises digitales du même niveau de ce qui se fait aux États-Unis ou en Chine ». Or, les finances de Qwant ralentissent la croissance du moteur de recherche tricolore, et la solution pourrait bien venir d'une firme de l'Empire du Milieu : Huawei. En passant par sa branche capital-risque dénommée Hubble, celle-ci pourrait prêter la somme de 8 millions d'euros à Qwant, sous la forme d'obligations convertibles en actions.
Avec comme objectif ultime de concurrencer le géant de la recherche Google, depuis son lancement, Qwant a toujours promis qu'il ne trace pas ses utilisateurs et ne vend pas leurs données personnelles pour garantir leur vie privée. Il se veut neutre dans l'affichage des résultats. « Il faut s’attaquer à Google sur son côté le plus sombre, celui de la collecte et de la commercialisation des données personnelles des utilisateurs ». La confidentialité et la vie privée étant devenues les denrées les plus rares sur Internet aujourd’hui, l’on pouvait espérer que cela marche pour que Qwant prenne son envol quelques années après son lancement.
À sa création en 2013, l’entreprise n’a pas cessé de répéter qu’elle utilisait son propre algorithme de tri, mais ses premiers utilisateurs ont vite fait de remarquer qu’il ne s’agissait pas du tout d’une nouveauté. En effet, ces derniers ont souligné le fait qu’il existait une similitude remarquable par rapport à l’affichage et le tri des résultats de recherches entre le moteur de recherche français et le moteur de recherche de Microsoft Bing.
Rappelons que le moteur de recherche Bing créé par Microsoft permet à n’importe qui de créer un « métamoteur », c’est-à-dire un moteur de recherche qui s’appuie sur sa technologie moyennant un coût d’utilisation à chaque requête. C’est ainsi que fonctionne DuckDuckGo, un autre métamoteur qui rajoute comme Qwant une surcouche logicielle pour protéger la vie privée des internautes, mais se fonde en fait sur les résultats de Yahoo, Yandex, Yelp et Bing.
En 2019, les pertes ont commencé à se multiplier pour l’entreprise qui n’arrivait pas à atteindre ses objectifs. Selon les chiffres rapportés par ces derniers, l’entreprise n’affichait plus qu’un maigre chiffre d’affaires. En 2018 par exemple, son activité n’aura généré que 5 millions d’euros, ce qui n'est pas mieux qu’un an auparavant (3 millions). Début 2018, Qwant affirmait au Figaro vouloir atteindre un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros. Ce nombre a rapidement été revu à 10 millions pour finalement atterrir à 5 millions. Il apparaît qu’actuellement, l’entreprise s’enfonce dans le rouge, avec 11,2 millions d’euros de pertes en 2018 après 10 millions en 2017 et 4,7 millions en 2016.
Même si chacun s’accorde sur la nécessité de disposer d’un outil de souveraineté numérique français ou plus largement à l’échelle européenne, il faut signaler que depuis qu’elle existe (9 ans), la startup française peine à réaliser un chiffre d’affaires au-delà des 5 millions d’euros. Les pertes se multiplient pour l’entreprise qui jamais n’a réussi à atteindre les objectifs fixés. Trois années ont suffi à...
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