IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le bitcoin a désormais cours légal au Salvador, le projet de loi a été approuvé par le Congrès du pays
Qui devient ainsi le premier à l'approuver comme monnaie légale

Le , par Bill Fassinou

89PARTAGES

12  0 
modification du 9 juin 2021
Le projet de loi du président Nayib Bukele du Salvador afin de donner cours légal au bitcoin dans son pays a en effet été approuvé ce 9 juin par le Congrès du pays. Par 62 voix sur 84, le Salvador devient le premier pays a approuvé une loi donnant cours légal au bitcoin. « La présente loi a pour objet la régularisation du bitcoin comme monnaie à cours légal, sans restriction avec pouvoir libératoire, illimité dans toute transaction », peut-on lire dans le premier article du texte qui n’a désormais besoin que d’être ratifié par le chef de l’État à l’origine du projet.
Le bitcoin pourrait bientôt avoir cours légal au Salvador. Dans une courte vidéo diffusée à la conférence Bitcoin 2021, une conférence considérée comme le plus grand événement bitcoin de la planète, le président salvadorien Nayib Bukele a annoncé qu'il se prépare à envoyer un projet de loi au Congrès qui fera du bitcoin une monnaie légale dans le pays. Si ce projet de loi passe, le pays deviendra le premier pays ayant adopté le bitcoin comme une monnaie légale. Le Salvador serait déjà en pourparlers avec la société de portefeuille numérique Strike pour construire la nouvelle infrastructure financière moderne du pays.

Le bitcoin en passe de devenir une monnaie légale au Salvador

Le bitcoin pourrait-il permettre à certains pays de surmonter les difficultés économiques auxquelles ils font face ? Pourrait-il devenir un jour la monnaie du commerce international ? Il s'agit d'interrogations actuellement activement discutées dans plusieurs communautés d'experts en économie dans le monde. Mais en attendant que des études approfondies apportent des réponses plus précises, d'autres pays l'utilisent et d'autres l'ont interdit. Comme dans beaucoup de pays, le bitcoin est utilisé au Salvador, mais le pays veut maintenant passer à la vitesse supérieure en légalisant la cryptomonnaie. Il s'agit d'une première mondiale.



Le Salvador cherche en effet à introduire une législation qui en fera la première nation souveraine au monde à adopter le bitcoin comme monnaie légale, aux côtés du dollar américain. « La semaine prochaine, j'enverrai au Congrès un projet de loi qui fera du bitcoin une monnaie légale », a déclaré Bukele dans la vidéo diffusée à la conférence Bitcoin. Selon les analystes, Bukele, un populiste de droite de 39 ans qui a accédé au pouvoir en 2019, dispose d'une forte majorité de 56 sièges sur 84 depuis une victoire écrasante aux élections législatives de mars dernier. Cela signifie que l'adoption du projet de loi est probable.

Bukele a vanté le potentiel de la monnaie numérique à permettre aux Salvadoriens les plus défavorisés d'accéder à un système financier légal, à aider les Salvadoriens vivant à l'étranger à envoyer facilement de l'argent chez eux et à permettre la création d'emplois. « À court terme, cela va générer des emplois et aider à fournir une inclusion financière à des milliers de personnes en dehors de l'économie formelle », a déclaré Bukele dans sa vidéo. Selon certaines sources, le Salvador est un pays ayant une économie essentiellement monétaire, où environ 70 % de la population n'a ni compte bancaire ni carte de crédit.

Les transferts de fonds, c'est-à-dire l'argent envoyé par les migrants dans leur pays, représenteraient plus de 20 % du produit intérieur brut du Salvador. Les services en place factureraient 10 % ou plus de frais pour ces transferts internationaux, qui peuvent parfois prendre plusieurs jours pour arriver et qui nécessitent parfois un enlèvement physique. L'adoption du bitcoin comme une monnaie légale résoudrait ces problèmes. Le bitcoin n'est pas adossé à un actif et ne bénéficie pas de la confiance et du soutien d'un gouvernement quelconque. Sa valeur provient, en partie, du fait qu'il est numériquement rare.

En fait, il n'y aura jamais que 21 millions de bitcoins en circulation. Alors que les détails sont encore à venir sur la façon dont le déploiement fonctionnera, le Salvador a déjà réuni une équipe de leaders du bitcoin pour aider à construire un nouvel écosystème financier avec le bitcoin comme couche de base. La société de portefeuille numérique Strike devrait faire des propositions au Salvador sur un tel écosystème dans les prochains mois. « Plus de 70 % de la population active du Salvador n'a pas un compte bancaire. Ils ne sont pas dans le système financier », a déclaré Jack Mallers, fondateur et PDG de Strike.

« Ils m'ont demandé d'aider à écrire un plan et qu'ils considéraient le bitcoin comme une monnaie de classe mondiale et que nous devions mettre en place un plan afin d'aider ces gens ». Sur Twitter, Bukele a qualifié la promotion de l'inclusion financière d'"impératif moral" et le bitcoin devrait la permettre. « L'adoption d'une monnaie nativement numérique comme monnaie légale offre au Salvador le réseau de paiements ouvert le plus sûr, le plus efficace et le plus intégré au monde », a déclaré Mallers. Ce dernier a ajouté que cette décision « sera considérée comme le coup de feu entendu dans le monde entier pour le bitcoin ».

Le bitcoin pourrait-il faire l'affaire comme une monnaie légale ?

Le président salvadorien est persuadé que donner un cours légal au bitcoin résoudra de nombreux problèmes économiques et sociaux dans le pays. « Cela améliorera la vie et l'avenir de millions de personnes », a déclaré Bukele. Selon ces dires, en utilisant Bitcoin, le montant reçu par plus d'un million de familles à faibles revenus augmentera de l'équivalent de milliards de dollars chaque année. Ce n'est pas la première fois que le Salvador se lance dans le bitcoin. En mars, Strike y a lancé son application de paiement mobile, qui est rapidement devenue l'application la plus téléchargée du pays.



Si Bukele est enthousiaste face à son projet, certains se préoccupent de facteurs comme la volatilité du bitcoin et les bouleversements qu'il peut induire dans le système financier actuel. En effet, bien que les banques centrales du monde entier aient réagi au bitcoin avec fascination, elles ont d'abord hésité à adopter les cryptomonnaies en raison de leur extrême volatilité. Le bitcoin, par exemple, a perdu plus de la moitié de sa valeur au début de l'année, après avoir atteint un niveau record de plus de 60 000 dollars. D'autres cryptomonnaies, plus rarement échangées, sont encore plus volatiles, montant et descendant comme des bascules.

Cela se passe souvent sur la base de spéculations ou de tweets de mèmes du PDG de Tesla, Elon Musk. Ses commentaires influent grandement sur la valeur de ces monnaies. Cependant, la montée en popularité des cryptomonnaies a conduit la Réserve fédérale américaine à s'intéresser de près aux limites du dollar traditionnel, notamment en ce qui concerne les paiements et les transferts d'argent qui peuvent prendre plusieurs jours. Les transactions en bitcoin se font presque instantanément. Les cryptomonnaies ne nécessitent pas non plus un compte bancaire. Elles sont détenues dans des portefeuilles numériques.

Cela pourrait aider les personnes des communautés les plus pauvres – comme beaucoup au Salvador, mais aussi dans les communautés minoritaires dans les pays du monde entier – à avoir un meilleur accès à leurs finances. Lael Brainard, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine, a plaidé le mois dernier en faveur d'une monnaie numérique sécurisée, soutenue par la banque centrale, qui pourrait créer un système de paiement plus efficace et étendre les services financiers aux Américains qui ont été mal desservis par les banques traditionnelles. La Chine teste déjà une telle monnaie.

En mai, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a annoncé que la banque centrale publierait cet été un document exposant la réflexion du conseil sur les avantages et les risques associés à un dollar américain numérique. Bien que les cryptomonnaies comme le bitcoin soient numériques, une monnaie numérique de banque centrale serait fondamentalement différente des cryptomonnaies actuelles, car elle serait toujours contrôlée par une banque centrale plutôt que par un réseau informatique décentralisé. Si la volatilité peut parfois être un avantage, la consommation d'énergie pose toujours problème.

La consommation d'énergie du bitcoin reste un grand défi

La valeur du bitcoin a toujours été volatile. Sur une période de trois mois, d'octobre 2017 à janvier 2018, par exemple, la volatilité du prix du bitcoin a atteint près de 8 %. C'est plus du double de la volatilité du bitcoin au cours de la période de 30 jours se terminant le 15 janvier 2020. Cependant, selon les analystes, l'utilisation du bitcoin en tant que monnaie pour les pays en développement qui connaissent actuellement une forte inflation est intéressante si l'on considère la volatilité du bitcoin dans ces économies par rapport à la volatilité du bitcoin en USD (actuellement la monnaie du commerce international).



En raison de cela, certaines économistes considèrent le bitcoin comme une réserve sûre ou une valeur refuge. Mais qu'est-ce qu'une valeur refuge ? Bien qu'il existe différentes définitions, le consensus parmi les experts semble être qu'une valeur refuge est un objet de valeur qui a tendance à monter ou du moins à rester constant en valeur alors que d'autres actifs et leurs marchés respectifs sont en baisse. Depuis son lancement, le bitcoin a été défini comme une valeur refuge, divers analystes et publications tentant de le faire en se basant uniquement sur les données du marché.

Si cela fonctionne bien pour les actifs et les matières premières ayant une véritable longévité sur le marché, pour le bitcoin, une autre voie est idéale. Des rapports ont révélé dernièrement que l'Iran s'en servait pour contourner les embargos sur son économie. Mais d'autres experts sont contre cette idée. Selon eux, le bitcoin est plus volatil, moins liquide et plus coûteux à négocier (en matière de temps et de frais) que d'autres actifs (y compris l'or, la valeur refuge traditionnelle), même dans des conditions de marché normales. Jusqu'à ce que le marché arrive à maturité, il serait alors risqué de considérer le bitcoin comme une valeur refuge.

En sus de ces préoccupations, il y a la question de la consommation énergétique du bitcoin qui ne cesse de croître chaque année. Actuellement, le bitcoin consommerait plus d'énergie électrique que l'Argentine. C’est l’une des conclusions d’une analyse du Centre pour la finance alternative de l’université de Cambridge publiée en février dernier. Elle fait suite à une autre estimation de la consommation d’énergie du réseau support de la célèbre cryptomonnaie à hauteur de 1 % de celle du monde entier. Ainsi, des experts du climat préviennent qu'une adoption plus large du bitcoin peut conduire à un chaos énergétique.

Pour l'instant, l'initiative du Salvador est un cas isolé. Si l'utilisation du bitcoin est autorisée dans plusieurs pays du monde, aucun d'entre eux n'a encore pris l'initiative de légaliser la monnaie. En 2017, le ministère français de l'Économie a ajouté le bitcoin comme un moyen de paiement alternatif et le mois dernier, des produits indexés au bitcoin ont été introduits à la bourse de Paris. Cependant, le gouvernement n'a pour l'instant affiché aucune intention de légaliser la cryptomonnaie. Certains pays prennent le temps d'analyser tous les paramètres de l'utilisation de la monnaie numérique.

Par exemple, le bitcoin est devenu la devise couramment utilisée par cybercriminels, notamment les groupes de ransomwares, et il est également utilisé pour financer le crime organisé. Certains pays craignent en effet de rendre légale une monnaie qui risque non seulement de bouleverser le système financier existant, mais favorisera également les criminels.

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de l'initiative du Salvador ?
Pensez-vous que le bitcoin est une réserve sûre comparativement au dollar ?
Selon vous, les avantages cités par le Salvador sont-ils suffisants pour légaliser le bitcoin ?
Si le projet de loi du Salvador est adopté, pensez-vous que cela puisse avoir un effet domino dans le reste du monde ?

Voir aussi

Le bitcoin consomme plus d'énergie électrique par an que l'Argentine tout entière, suggère une analyse de l'université de Cambridge : peut-il faire oublier cette tare en s'imposant comme monnaie ?

Le ministère de l'Économie ajoute le bitcoin comme un moyen de payement alternatif : s'agit-il du début d'une reconnaissance officielle en France ?

Le bitcoin pourrait soit devenir la devise préférée pour le commerce international, soit faire face à une "implosion spéculative", selon Citi

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !