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Huawei pourrait avoir écouté 6,5 millions de clients de l'opérateur télécom néerlandais KPN à son insu,
L'équipementier chinois se retrouve au cœur d'un nouveau scandale d'espionnage

Le , par Bill Fassinou

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Après les allégations sur une possible écoute des utilisateurs de l'opérateur de télécommunication Vodafone orchestrée par Huawei, un autre rapport allègue à nouveau que le chinois aurait surveillé les appels de 6,5 millions utilisateurs de l'opérateur néerlandais KPN à son insu. Les allégations proviendraient d'un rapport réalisé par le cabinet de conseil Capgemini en 2010 à la demande de KPN. Huawei, qui serait devenu un équipementier de KPN un an plus tôt, a été régulièrement cité dans des affaires de surveillance de masse et d'espionnage lors de la dernière décennie.

Les équipements réseau de Huawei seraient-ils trafiqués ?

Inscrit sur une liste noire par les États-Unis et retiré par plusieurs pays de l'UE de leur programme de déploiement de la 5G, Huawei a perdu la confiance de plusieurs gouvernements au cours de ces dernières années. L'entreprise chinoise a essuyé de nombreux scandales de surveillance et d'espionnage, un grand nombre de rapports alléguant qu'elle fournirait du matériel équipé de portes dérobées lui donnant un accès privilégié aux réseaux de ses clients. La dernière en date est les accusations d'un rapport accusant Huawei de pouvoir surveiller tous les appels passés par les clients de l'opérateur mobile néerlandais KPN.



Le rapport, qui serait confidentiel, a été consulté exclusivement par le journal néerlandais De Volkskrant et n'a pas été rendu public. Réalisé par Capgemini en 2010, il avait pour but d'évaluer les risques liés à l'utilisation de l'infrastructure Huawei. Le rapport a fait état de préoccupations spécifiques selon lesquelles le personnel de Huawei aux Pays-Bas et en Chine a eu accès à des parties du réseau de KPN essentielles pour la sécurité – y compris les données d'appel de millions de citoyens néerlandais. Il ajoute qu'en raison d'un manque d'enregistrements, KPN n'a pas été en mesure d'établir à quelle fréquence cela s'est produit.

Ainsi, il allègue que Huawei aurait pu surveiller les appels des 6,5 millions d'utilisateurs du fournisseur sans que l'entreprise néerlandaise ne le sache. Selon certaines conclusions du rapport, ces révélations plongent davantage Huawei dans le gouffre, mais entachent aussi la réputation de KPN, vis-à-vis duquel les clients pourraient commencer par se montrer méfiants. « Ses conclusions mettent la pérennité de KPN Mobile en grave danger, car les utilisateurs pourraient perdre confiance [...] s'ils apprennent que le gouvernement chinois peut surveiller les numéros de téléphone mobile de KPN », serait l'une des conclusions du rapport.

KPN aurait continué à attribuer plusieurs contrats pour des parties de ses réseaux centraux 3G et 4G à Huawei malgré le rapport de Capgemini, qu'il n'a jamais rendu public. KPN aurait essentiellement accordé à Huawei des "droits d'administrateur" sur son réseau mobile en sous-traitant des travaux à l'entreprise chinoise. Toutefois, le fournisseur néerlandais et Huawei auraient tous deux nié toute irrégularité, bien que dans les années qui ont suivi le rapport de 2010, Huawei ait été de plus en plus considéré comme un fournisseur à haut risque pour les entreprises de télécommunications, notamment par le Centre national de cybersécurité du Royaume-Uni.

Malgré un fort lobbying américain, et l'annonce d'interdictions dans des pays comme le Royaume-Uni – à partir de septembre 2021 – et la Suède, les pays européens sont divisés sur leur attitude à l'égard de Huawei, qui a nié à plusieurs reprises l'espionnage pour l'État chinois. L'Europe reste cependant un champ de bataille clé pour l'entreprise : l'année dernière, elle a annoncé avoir obtenu 91 contrats commerciaux 5G, dont 47 en Europe.

Des problèmes de sécurité liés à l'externalisation

Huawei est l'un des trois principaux fournisseurs d'équipements radio dans le monde, avec Ericsson et Nokia. Ces géants de la technologie fournissent les stations de base et les équipements qui acheminent les signaux de téléphonie mobile. Les opérateurs télécoms paient de plus en plus ces entreprises non seulement pour acheter les équipements, mais aussi pour qu...
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Avatar de marc.collin
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 17/05/2021 à 14:36
ce fait que cité ce que snowden a dévoilé et qu'on entend pu trop parler...

les documents fournis par Edward Snowden et publiés par The Intercept en décembre 2014, ont révélé l'existence du programme secret AuroraGold, qui depuis 2010 au moins permet à la NSA d'exercer une surveillance mondiale des réseaux de téléphonie mobile. Pour y parvenir, des centaines d'opérateurs et d'organisations comme la GSM Association ont été espionnés par la NSA, dans le but de trouver des failles de sécurité à exploiter dans les systèmes de communication mobile, et d'en introduire secrètement de nouvelles si nécessaire.

L'objectif de ce programme est d'étendre la surveillance et les capacités d'espionnage de la NSA sur le maximum de territoires, y compris ceux des États-Unis et de pays qui lui sont étroitement liés, comme le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Allemagne et la France. Une carte classée Top Secret montre qu'en juin 2012, la « couverture réseau » de la NSA englobait quasiment tous les pays de chacun des continents. À cette même époque, la NSA indiquait avoir réussi à pénétrer 701 réseaux sur un total estimé à 985, soit 71 % des réseaux de téléphonie mobile en service dans le monde14.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Surveillance_globale#Espionnage_des_r%C3%A9seaux_de_t%C3%A9l%C3%A9phonie_mobile
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Avatar de manu007
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 20/05/2021 à 20:09
Trump n'avait pas si tort...
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Avatar de pierre.E
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 21/05/2021 à 17:29
va falloir revenir aux pigeons voyageurs pour être tranquille
ça tombe bien y en a un qui n’arrête pas de se poser sur ma fenêtre
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Avatar de TotoParis
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 18/05/2021 à 17:47