Aux États-Unis, le NTSB (National Transportation Safety Board) a mis en garde Tesla contre ses déclarations grandioses ainsi que sa publicité à la limite "mensongère" concernant sa technologie de conduite autonome « Full Self Driving ». L'agence accuse le constructeur automobile de se servir de ses clients pour tester une technologie encore en version bêta sur la voie publique. En outre, elle attaque également son agence sœur, la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), pour sa réglementation permissive des systèmes d'aide à la conduite. Le NTSB réclame une réglementation plus stricte en la matière.Le NTSB et la NHTSA semblent diviser sur la question de la réglementation
La prochaine grande révolution dans l'industrie automobile sera sans doute la voiture autonome de niveau 5. Mais, actuellement, les constructeurs automobiles travaillent encore pour atteindre l'autonomie partielle ou l'autonomie de niveau 2. Tesla, dont le pilote automatique est au même niveau, a toutefois tendance à faire un battage médiatique autour de sa technologie. Par exemple, l'été dernier, le PDG Elon Musk a déclaré que les voitures Tesla entièrement autonomes étaient très proches. Avant cela, en janvier 2019, il a déclaré que ses voitures devraient rouler sans aucune assistance humaine avant la fin de l'année.
Tout cela semble prêter à confusion, tant pour les clients de l'entreprise que pour les régulateurs, et le NTSB veut désormais que cela cesse. Ainsi, dans une lettre adressée à la NHTSA en février, le NTSB a émis quelques commentaires critiques sur la façon dont elle réglementait l'industrie et a pointé du doigt Tesla sur son comportement et sa communication. Le NTSB réclame des exigences fédérales plus strictes pour la conception et l'utilisation des systèmes de conduite autonome sur les routes publiques. Dans la lettre, le chef du NTSB, Robert Sumwalt, a cité Tesla 16 fois pour demander des changements radicaux.
« Tesla a récemment publié une version bêta de son système Autopilot de niveau 2, décrit comme ayant une capacité complète de conduite autonome. En publiant ce système, Tesla teste sur les routes publiques une technologie AV (automated vehicle, ndlr) hautement automatisée, mais avec des exigences limitées en matière de surveillance ou de rapports », a écrit Sumwalt. « L'approche non interventionniste de la NHTSA en matière de surveillance des tests AV présente un danger potentiel pour les automobilistes et les autres usagers de la route », a-t-il ajouté.
Si le NTSB et la NHTSA sont tous deux des organismes de surveillance de la sécurité des véhicules au sein du gouvernement américain, leurs rôles sont distincts. La NHTSA est le principal organisme de réglementation de la sécurité routière : chaque voiture et chaque camion léger doivent se conformer aux règles qu'elle a établies. Le NTSB est une agence distincte qui se contente de mener des enquêtes de sécurité. Lorsqu'un accident de la route très médiatisé se produit, les enquêteurs du NTSB se rendent sur place pour déterminer ce qui s'est passé et les mesures à prendre pour éviter que cela ne se reproduise.
Il s'occupe aussi des accidents d'avion et de train, ce qui lui permet d'appliquer les leçons d'un mode de transport à d'autres. En outre, il fait des recommandations de sécurité aux régulateurs et à l'industrie automobile. Le NTSB a déjà enquêté sur les accidents mortels impliquant l'Autopilot de Tesla à Mountain View, en Californie, en mars 2018 et à Del Ray Beach, en Floride, en mars 2019. En raison des données recueillies en enquêtant sur ces accidents, l'agence est donc bien placée pour parler de Tesla. Ses conclusions semblent alarmantes, c'est pourquoi, dans sa lettre à la NHTSA, elle a pris Tesla comme exemple de ce qui ne doit pas être toléré.
Par ailleurs, une répression fédérale pourrait entraver la capacité de Tesla à tester ses systèmes d'autoconduite intégrale comme elle le fait aujourd'hui, en utilisant les clients et les routes publiques comme pilotes d'essai et terrains d'expérimentation. La lettre estime que, par le passé, la NHTSA a hésité à réglementer les systèmes de conduite autonome de Tesla, GM (General Motors), Volvo, Zoox d'Amazon, Waymo d'Alphabet, etc. La NHTSA craindrait de nuire à l'innovation dans le secteur.
L'administrateur adjoint de l'agence, James Owens, a déclaré qu'il ne voulait pas "bloquer l'innovation" avec une réglementation prématurée. Au lieu de cela, l'agence a laissé la tâche principalement aux États.
Les contradictions de Tesla autour de son système de conduite autonome
Aujourd'hui, Tesla vend un logiciel haut de gamme pour 10 000 dollars et le commercialise sous le nom de "Full Self Driving" (FSD). L'entreprise a déclaré qu'elle allait bientôt proposer le FSD sous forme d'abonnement pour ceux qui le souhaitent, mais qui ne veulent pas payer le prix initial....
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