Les services 5G sont opérationnels depuis 2019 dans des pays comme la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni, bien que ces services ne soient que lentement mis en œuvre. En 2019, l'une des préoccupations à ce sujet était de savoir si la technologie est dangereuse pour la santé. Avec le coronavirus, la question est vite revenue sur la table en 2020, alimentée par des rumeurs.Deux idées de base étaient véhiculées sur la façon dont les signaux 5G sont liés au coronavirus. La première, bien qu'elle ne repose sur aucune preuve et aucun mécanisme, la 5G peut supprimer d'une manière ou d'une autre le système immunitaire, augmentant la fréquence ou la gravité des infections. La seconde, complètement déconnectée de la réalité, est que les signaux de radiofréquence des services cellulaires produisent d'une manière ou d'une autre le virus lui-même.
De son côté, en 2019, Bruxelles a marqué un temps d'arrêt sur le développement de la 5G à cause des effets de radiation jugés trop dangereux pour la population. La Belgique a d'abord cherché à s’assurer que cette technologie n’impactera pas plus négativement sur la santé de ces citoyens que les précédents réseaux ne le font déjà. Le ministre de l’Environnement du pays a expliqué que la Belgique applique des normes de radiation très stricte et qu’à l’heure actuelle, la 5G ne les respecte pas du tout. « Je ne peux pas accepter une telle technologie si les normes de radiation, qui doivent protéger les citoyens, ne sont pas respectées. Les Bruxellois ne sont pas des cobayes dont la santé peut être vendue à profit. Nous ne pouvons rien laisser au doute », a déclaré la ministre de l'Environnement, Céline Fremault.
En France des élus ont demandé un moratoire
En septembre 2020, ans une pétition adressée au Premier ministre Jean Castex, c'est une soixantaine d'élus parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon (député des Bouches-du-Rhône (FI)), Manon Aubry (députée européenne (FI)) ou Michèle Rubirola (maire de Marseille) qui ont exhorté le gouvernement à décider d'un moratoire sur le déploiement de la 5G. Ils demandent à ce que se tienne un « débat démocratique décentralisé » :
« Le gouvernement a identifié la 5G comme un enjeu stratégique pour la France dans sa feuille de route et a décidé que les fréquences seraient attribuées aux opérateurs téléphoniques dès septembre 2020. Cette décision intervient sans étude d’impact climatique et environnemental ni aucune consultation publique préalable. Pourtant l’utilité réelle de la 5G est loin d'être aussi évidente que ne le prétendent les opérateurs de téléphonie mobile ou le Gouvernement. Malgré les alertes de nombreux citoyennes et citoyens, associations, élus, les attributions de fréquences sont prévues dans les semaines qui viennent sans qu’aucun véritable débat n’ait jamais eu lieu, le gouvernement justifiant sa précipitation au nom d’un prétendu retard français. Pourtant, des questions environnementales, sanitaires et démocratiques sont posées.
« L’impact environnemental induit par les usages numériques ne cesse d'augmenter, et, avec l'explosion des usages, les gains attendus par la faussement nommée “dématérialisation” ne sont pas démontrés. Les industriels s’accordent sur la promesse de multiplication par 1000 des données échangées sur les réseaux dans les prochaines décennies. La technologie 5G est conçue pour permettre des débits dix fois supérieurs à la 4G sur les smartphones, mais son déploiement en France aboutira à un “effet rebond” par la hausse de la consommation de données et d’usage des télécommunications, synonyme d’une très forte consommation d’énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs. Par ailleurs, le déploiement de la 5G va exponentiellement accélérer l’exploitation de ressources naturelles non renouvelable, la pollution due à l’extraction des métaux rares, et la génération de quantité de déchet pas ou peu recyclable. À l’heure actuelle, un très faible nombre de téléphones mobiles en circulation et en vente sont compatibles avec la 5G. Le déploiement de ce réseau mobile va donc impliquer un renouvellement d’une large part du matériel, augmentant encore l’empreinte écologique et le poids des déchets, et cela pour tenter de bénéficier d’une nouveauté technologique dont l’utilité reste à démontrer. Une étude d’impact environnemental préalable sur la 5G est donc nécessaire avant d’envisager son déploiement.
« L'histoire récente nous a largement démontré qu'une vigilance citoyenne est toujours nécessaire en matière de santé publique. Dans son rapport d’octobre 2019 sur la 5G, l’ANSES affirme d’ailleurs avoir “mis en évidence un manque important, voire une absence de données, relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels” de cette technologie. L'étude est actuellement en cours, il nous semble indispensable d’attendre ses conclusions avant de déployer la 5G dans nos villes et dans nos campagnes. Ce temps d’analyse redonne à l’État son rôle souverain sur les questions sanitaires au regard de l’intérêt collectif plutôt que d'intérêts économiques industriels.
« Les émissions d’ondes de la 5G s'additionnent à celles des technologies antérieures, 4G, 3G et 2G, ce qui aboutira à une hausse du niveau d’exposition de la...
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