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« La révolution numérique ne pourra être intelligente sans inclusion : sans plus de femmes à des postes techniques et de direction dans la Tech. », d'après le rapport de l'UNESCO
Sur la science

Le , par Patrick Ruiz

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Ce n’est plus un secret que les femmes sont sous-représentées dans les STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques). La situation est appelée à empirer avec la survenue de la pandémie de coronavirus considérée comme l’un des accélérateurs de l’intégration de « l’industrie 4.0 » faite d’intelligence artificielle, de robotique, de nanotechnologies, etc. Qu’est-ce qui justifie cet état de choses ? Pourquoi est-il important que l'on ait plus de femmes à des postes techniques et de direction dans ces filières ? Le dernier rapport de l’UNESCO sur la science se penche sur ces questions.

« Les femmes ne doivent pas rater le coche des emplois de demain. Les Nations Unies prévoient que, pour chaque emploi créé par l’industrie 4.0, les femmes perdront cinq emplois, contre trois pour les hommes », indique le rapport.

Cette situation ne serait qu’une conséquence logique du tableau qui prévaut à date et sur lequel le rapport revient sur plusieurs axes :

  • Les femmes sont minoritaires dans le domaine de l’industrie 4.0 : Les femmes sont souvent minoritaires sur le marché du travail du numérique. Dans l’UE, par exemple, plus de la moitié des hommes qui décrochent un diplôme dans les technologies de l’information trouvent un emploi dans le numérique, contre un quart pour les femmes. Cela semble encore plus préjudiciable au vu de la forte pénurie de personnel doté des compétences nécessaires pour faire avancer l’industrie 4.0. Comble de l’ironie, les domaines les plus importants de la quatrième révolution industrielle sont ceux-là mêmes où les femmes restent sous-représentées dans la plupart des pays, à savoir les technologies de l’information, l’informatique, la physique, les mathématiques et l’ingénierie.
  • Les femmes sont minoritaires dans la filière de l’intelligence artificielle : seuls 22 % des professionnels de l’intelligence artificielle sont des femmes (Forum économique mondial, 2018a). Cet écart est observable dans l’ensemble des 20 premiers pays qui concentrent le plus d’employés dans l’IA (voir figure 3.2) et transparaît de manière flagrante en Allemagne, en Argentine, au Brésil, au Mexique et en Pologne, où moins de 18 % de la population active féminine possède des compétences en intelligence artificielle.

  • Les femmes peinent à accéder au capital-risque : Les femmes ont plus de mal que les hommes à obtenir un capital-risque pour leur start-up technologique (Forum économique mondial, 2016). Les entreprises fondées par des femmes recevaient seulement 2,3 % d’investissement en capital-risque, selon l’édition 2020 du Women in Tech Report (Rapport sur les femmes dans la technologie) publié par le site TrustRadius, qui a interrogé 700 entreprises technologiques du monde entier. Ce document indiquait également que les femmes étaient deux fois plus nombreuses (58 %) que les hommes (31 %) à s’inquiéter de l’écart entre les hommes et les femmes dans le financement par capital-risque. Moins de 15 % des entreprises fondées depuis 2017 dans l’UE l’ont été par des femmes (ESM, 2016). Un rapport de 2018, intitulé State of European Tech (situation du secteur technologique en Europe), montre que l’écart entre les hommes et les femmes est encore plus prononcé dans les start-ups européennes financées par capital-risque, où, en 2018, les femmes ne représentaient que 6 % des PDG et 2 % des directeurs techniques. Cet écart saute également aux yeux dans le secteur du capital-risque, où seulement 13 % des décisionnaires sont des femmes (Atomico, 2019). En outre, seul un petit nombre de femmes bénéficient de ces dépenses d’investissement : en 2018, 93 % de l’ensemble des fonds mobilisés par des entreprises européennes financées par capital-risque ont été versés à des équipes exclusivement masculines.

  • Très peu de femmes étudient les domaines de l’industrie 4.0 : globalement, dans la plupart des pays, les femmes sont toujours surreprésentées dans les certains diplômes : arts et sciences humaines, journalisme et information, sciences sociales ainsi que santé et protection sociale. Dans les faits, le pourcentage de femmes diplômées en informatique a baissé aux États-Unis : selon la Fondation nationale pour la science, ce chiffre s’élevait à 37 % en 1984, au moment où les ordinateurs personnels gagnaient en popularité, mais a depuis chuté pour atteindre 18 % (AAUW, 2018). C’est pour cette raison que la Grande École du Numérique a annoncé son souhait de former à minima 40 % de femmes au sein de ses propres cursus d’ici à la fin 2021 pour apporter réponse aux stéréotypes de genre dans le secteur du numérique.


En résumé : « Les femmes demeurent minoritaires dans les disciplines suivantes : technologie de l’information numérique, informatique, physique, mathématiques et ingénierie, soit autant de disciplines centrales de la quatrième révolution industrielle et porteuses des métiers de demain. Cette sous-représentation des femmes est d’autant plus problématique que l’on déplore une pénurie de compétences dans bon nombre de ces domaines, notamment dans le secteur de l’IA. Cette tendance pourrait compromettre les progrès accomplis en matière de parité, à moins que des efforts considérables ne soient déployés au niveau des gouvernements, des universités et des entreprises pour non seulement attirer des filles et des femmes vers ces filières, mais surtout les y retenir.Les femmes sont plus nombreuses à quitter les secteurs technologiques que les hommes. Interrogées sur les raisons de leur départ, elles invoquent principalement les conditions de travail, la difficulté d’accéder à des postes créatifs et des carrières qui piétinent. Cette situation est à mettre en parallèle avec la sous-représentation des femmes dans les équipes dirigeantes et techniques des entreprises, même si les mentalités commencent à évoluer dans le secteur privé, à mesure que les études mettent en évidence les effets positifs de la diversité de la main-d’œuvre sur la confiance des investisseurs et l’augmentation des marges bénéficiaires, tant au sein des grandes entreprises que des start-ups. Une étude réalisée en 2019 par la Silicon Valley Bank auprès de start-ups spécialisées dans la technologie et la santé au Canada, en Chine, au Royaume-Uni et aux États-Unis a révélé que dans près de la moitié d’entre elles (46 %), aucune femme n’occupait un poste de direction. Même lorsque des femmes parviennent à diriger des start-ups spécialisées dans le secteur technologique, elles peinent à obtenir un capital-risque ainsi que d’autres formes de soutien financier. Selon une enquête mondiale réalisée en 2020 auprès de 700 entreprises par Trustradius, seulement 2,3 % du capital-risque est capté par les start-ups dirigées par des femmes. Dans le monde universitaire, les femmes ont tendance à recevoir moins de financements, en dépit d’une productivité égale à celle des hommes. Chaque année paraissent autant d’articles signés par des femmes que par des hommes, mais ces articles ont moins de chance de figurer dans des revues prestigieuses et leurs autrices sont moins susceptibles d’être citées en tant que premier ou dernier auteur. Les articles rédigés par des femmes sont moins souvent cités et ces dernières passent à l’as lors de l’attribution d’une promotion. »

Le dernier rapport de l’UNESCO sur la science fait suite à des études qui soulignent que cet état de choses n’est pas la résultante d’un manque de compétences des femmes : les femmes sont égales aux hommes en matière de compétences dans des domaines comme celui de l’informatique. Le rapport semble cependant omettre un facteur de taille à savoir celui de l’arrimage à l’horloge biologique.

Karen Morenz – étudiante au doctorat en chimie de l’université de Toronto – cite la nécessité de trouver un équilibre entre responsabilités professionnelles et familiales comme argument mis en avant par ces femmes. D’après des statistiques 2018 rapportées par l’universitaire, les départs interviennent dans l’intervalle 30-35 ans ; les concernées entament à peine leur carrière universitaire nanties de leur doctorat, mais « l’horloge biologique » sonne déjà avec acuité. En effet, c’est dans cet intervalle que l’on se met à noter une baisse importante de la fertilité de la femme. C’est aussi celle où les risques liés aux grossesses commencent à devenir plus importants. Chez les hommes, note-t-elle, l’on relève que la baisse de fertilité frappe à la porte autour de 45 ans.

« À ce stade, je dois m'assurer de ce que vous êtes au fait des notions de base en matière de biologie de la reproduction féminine. Selon Wikipédia, à l'âge de 25 ans, le risque de concevoir un bébé avec des anomalies chromosomiques (y compris le syndrome de Down) est de 1 sur environ 1400. À 35 ans, ce risque est plus que quadruplé, soit 1 sur 340. À 30 ans, l'on a encore 75 % de chances d’accoucher dans de bonnes conditions dans l’année qui suit , mais à 35 ans, ce taux chute à 66 % et à 40 ans, il est tombé à 44 %. Entre-temps, 87 à 94 % des femmes signalent au moins un problème de santé immédiatement après la naissance, et 1,5 % des mères ont un problème de santé grave, tandis que 31 % ont des problèmes de santé persistants à long terme à la suite de la grossesse. De plus, les femmes de plus de 35 ans sont plus concernées par les risques de complications du type accouchement prématuré, hypertension, prééclampsie superposée, prééclampsie grave. En raison de ces facteurs, les grossesses chez les femmes de plus de 35 ans sont connues sous le nom de " grossesses gériatriques " en raison du risque considérablement accru de complications. Ce délai serré pour les naissances est souvent appelé " l'horloge biologique ". Si les femmes veulent une famille, elles doivent en principe commencer avant 35 ans. Cela ne veut pas dire qu'il est impossible d'avoir un enfant plus tard, mais c'est plus risqué », indique-t-elle.

La publication de Karen Morenz fait suite à celle de James Damore. En 2017, l’ex-Googler a publié un mémo pour expliquer les inégalités salariales, entre autres, dans la filière technologique. Comme Karen Morenz ce dernier s’était refusé de les mettre sur le compte d’une discrimination basée sur le sexe, mais les avait expliquées par des « différences biologiques. »

« On se demande toujours pourquoi on ne trouve pas de femmes à des postes de responsabilité, mais on ne demande jamais pourquoi on y trouve autant d’hommes », avait-il lancé. D’après ce dernier, c’est également parce que « ces postes nécessitent souvent de longues et stressantes heures de travail qui peuvent ne pas valoir le coup si vous voulez mener une vie équilibrée et gratifiante. » Il avait également estimé que les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir facilement des programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, plus enclines « aux sentiments et l'esthétique plutôt que vers les idées ». Ce détail justifierait le fait que ces dernières optent en général pour des carrières « dans le social ou l'artistique » comme le souligne le dernier rapport de l’UNESCO sur la science.

Source : rapport (PDF)

Et vous ?

Qu’est-ce qui explique la sous-représentation de la gent féminine dans les filières en lien aux sciences et aux technologies ?
D'un point de vue professionnel, comment les trouvez-vous en général aux postes de développeurs et IT Pro ?
Pensez-vous que l’augmentation des quotas de femmes formées aux métiers du numérique puisse apporter réponse à ce problème de sous-représentation des femmes dans le secteur ?
Est-il possible que l’on arrive un jour à une parité parfaite hommes-femmes dans la filière technologique ?

Voir aussi :

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