L'année 2020 a été une année de fortes tourmentes pour le fabricant de l'iPhone. Apple a fait l'objet de nombreuses enquêtes pour comportements anticoncurrentiels, abus de position dominante et préservation de monopole. Outre les pressions du DoJ et de certains procureurs généraux, mais aussi de certains concurrents qui pèsent sur lui, Jay Freeman, créateur de Cydia, vient de poursuivre Apple, alléguant qu'il a utilisé des moyens anticoncurrentiels pour presque détruire Cydia, ouvrant la voie à l'App Store, qui a le monopole de la distribution de logiciels sur iOS, le système d'exploitation mobile d'Apple.Apple met à dos, les régulateurs, les développeurs et certains concurrents
Cydia est une alternative non officielle à l'App Store d'Apple développée par Jay Ryan Freeman pour les appareils "jailbreakés", dont les iPhone, iPad et iPod touch. Autrement dit, Cydia, plus connue sous le nom de Saurik, est un projet open source qui donne accès à des applications non certifiées par Apple. Ce programme est obtenu grâce au jailbreak de l'appareil. Cydia n'est pas disponible sur l'App Store d'Apple ni sur un site Web : il est installé sur votre appareil à l'aide d'un outil de "jailbreaking", tel que Pangu ou TaiG. En outre, Cydia domine le marché des installateurs pour iPhone débridé (jailbreaké).
Cydia a été lancé en 2007, avant même qu'Apple ne crée sa propre version. En plus d'être un magasin d'application pour iOS non autorisé par Apple, Cydia est l'un des plus anciens ennemis d'Apple et la plainte qu'il a déposée le jeudi contre le fabricant de l'iPhone est une nième tentative visant à forcer Apple à autoriser des alternatives à l'App Store et à freiner le pouvoir du géant de la technologie. La plainte allègue qu'Apple a utilisé des moyens anticoncurrentiels pour presque détruire Cydia, ouvrant la voie à l'App Store, qui, selon les avocats de Cydia, a le monopole de la distribution de logiciels sur iOS, le système d'exploitation mobile d'Apple.
Jay Ryan Freeman, créateur de Cydia
« Si Apple n'avait pas acquis et maintenu de manière anticoncurrentielle un monopole illégal sur la distribution des applications iOS, les utilisateurs d'aujourd'hui pourraient en fait choisir comment et où localiser et obtenir les applications iOS, et les développeurs pourraient utiliser le distributeur d'applications iOS de leur choix », allègue le procès. L'action a été déposée devant un tribunal fédéral en Californie du Nord et Cydia est représentée par "Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan". La poursuite de Cydia n'est pas un cas isolé.
En effet, Apple fait face à une avalanche de poursuites et d'examens minutieux de la part des législateurs et des régulateurs du monde entier pour la façon dont il utilise prétendument son pouvoir pour maintenir sa position dominante sur son App Store. Epic Games, le fabricant de la franchise "Fortnite", a poursuivi Apple en août pour comportement prétendument monopolistique. La situation a conduit Epic Games, Spotify, Netflix, Kindle, Match Group, Deezer, etc., et Tile à se réunir au sein d'un groupe industriel appelé "Coalition for App Fairness" pour lutter contre le monopole d'Apple.
En outre, Apple fait l'objet d'enquêtes en Europe, sous l'impulsion du service de streaming musical Spotify et d'autres concurrents, pour comportement prétendument anticoncurrentiel. Et aux États-Unis, les législateurs ont réprimandé Apple et ses pairs dans un rapport sur le pouvoir des grandes entreprises de la Silicon Valley. Le porte-parole d'Apple, Fred Sainz, a déclaré que l'entreprise allait examiner le procès et a nié que l'entreprise soit un monopole. Il dit qu'elle est confrontée à la concurrence du système d'exploitation Android de Google, qui est utilisé par des fabricants de téléphones concurrents comme Samsung et Google lui-même.
De même, Apple affirme qu'elle doit contrôler étroitement la façon dont les logiciels sont installés sur l'iPhone pour protéger ses clients contre le téléchargement par inadvertance de virus et d'autres menaces à la sécurité et contre l'installation d'applications qui envahissent la vie privée de ses clients. De nombreuses personnes continuent toutefois de lutter pour l'arrivée d'une alternative à l'App Store sur iOS. Par exemple, en juillet, Pavel Durov, cofondateur de Telegram, a milité en faveur d'une loi pour contraindre Apple à permettre aux utilisateurs iOS de télécharger des applications via d'autres magasins que l'App Store.
Apple utilise-t-il son App Store pour copier les meilleures idées ?
L'App Store a été un énorme succès pour Apple, générant près de 15 milliards de dollars de recettes chaque année, selon les estimations des analystes. Bien que cette somme ne représente qu'une petite partie des quelque 275 milliards de dollars de recettes totales de la société, elle est devenue un important tremplin pour l'activité de services en forte croissance de la société, qui pourrait l'aider à faire face au ralentissement de la croissance des ventes d'iPhone. Apple prélève généralement sur sa plateforme une commission de 30 % des revenus réalisés par les développeurs d'applications.
Le succès de l'App Store est dû en partie à la façon dont il contrôle les logiciels sur les iPhone et les iPad. Contrairement aux ordinateurs Mac d'Apple, qui permettent aux clients d'installer des logiciels de différentes manières (via l'App Store sur Mac, d'autres magasins concurrents et directement depuis des sites Web), les logiciels de l'iPhone interdisent toutes les méthodes de distribution de logiciels sauf une : l'App Store d'Apple. Apple doit approuver chaque application disponible pour l'iPhone, et les développeurs de logiciels doivent respecter une longue liste de règles définissant exactement ce qu'une application iOS peut et ne peut pas faire.
Cependant, il n'en a pas toujours...
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