Slack a eu un mauvais parcours depuis son introduction en bourse l'année dernière, six ans après sa création en 2013. Mais les choses pourraient s'arranger si la société venait à être effectivement rachetée par Salesforce, car le prix de son action a fait un bond de près de 38 % à la clôture mercredi, après que le Wall Street Journal (WSJ) a annoncé que la société a été approchée par Salesforce en vue d'un rachat. Toutefois, les investisseurs semblaient peu impressionnés par cette acquisition, car l'action de Salesforce a chuté d'environ 3,5 % à la suite de l'annonce et 5 % à la clôture.Salesforce pourrait sauver Slack face à la concurrence agressive de Microsoft Teams
Slack, détenue par Slack Technologies Limited, est un service de communication et de collaboration d’entreprise qui permet la messagerie individuelle, ainsi que les discussions de groupe et les salles plus structurées où les utilisateurs peuvent se joindre ou être invités à chatter. Il fournit de nombreuses fonctionnalités qui lui ont permis d’être populaire auprès de plusieurs clients gratuits et il compte plus de trois millions de clients payants. Le service Slack se décline plusieurs versions : la version gratuite permet aux utilisateurs de rechercher un nombre limité de messages.
Les versions payantes, tarifées par utilisateur, offrent une recherche illimitée, des appels de groupe et certains avantages en matière de sécurité. Enfin, les grandes entreprises, les ministères ou d'autres organisations peuvent opter pour une version d'entreprise dédiée, qui est conçue pour regrouper plusieurs espaces de travail Slack. Cependant, avec l'introduction de Teams par Microsoft en 2017, Slack a subi le feu de Microsoft au cours des derniers trimestres, alors que le géant du logiciel basé à Redmond a versé des ressources dans son service concurrent Teams.
Teams remet en effet en question l'outil de chat de Slack et les fonctionnalités vidéo de Zoom et a connu une énorme croissance de sa clientèle au cours des derniers trimestres. En juillet dernier, Slack a même porté plainte contre Microsoft auprès de Bruxelles pour pratiques anticoncurrentielles, l'accusant d'avoir illégalement lié son produit Teams à sa suite Office pour éliminer ses concurrents. Avant ça, en mai, le PDG de Slack, Stewart Butterfield, a accusé Microsoft d'user de pratiques malsaines : « Microsoft a peut-être la préoccupation malsaine de chercher à nous tuer, et Teams est le véhicule pour le faire ».
Ainsi, les analystes estiment que trouver à Slack un siège social parmi les plus grands acteurs technologiques pourrait garantir que Microsoft n'écrase pas Slack sous la majeure partie de son léviathan de vente de logiciels d'entreprise. De même, Salesforce, parfois allié de Microsoft, ne verrait pas un inconvénient à ajouter Slack, qui connaît une croissance plus rapide dernièrement, à ses propres revenus logiciels en expansion. À ce stade, la question se résume au prix. Les investisseurs de Slack ne voudront pas vendre à un prix inférieur à une bonne prime sur le prix par action avant l'introduction en bourse, qui semble maintenant plutôt dépassé.
La transaction ne serait pas uniquement profitable à Slack, qui semble n'avoir plus de cartes à jouer pour faire face à l'agressivité de Microsoft Teams, elle devrait l'être également pour le géant des logiciels SaaS, Salesforce. « Ce serait un changement de cap pour Benioff & Co. qui pourrait renforcer son moteur de collaboration et l'empreinte de ses produits, alors que les dépenses liées au cloud computing s'accroissent dans toute l'entreprise », a déclaré Dan Ives de Wedbush Securities, une société privée de services financiers et d'investissement, basée à Los Angeles, à CNBC, en référence au PDG de Salesforce, Marc Benioff.
Quels avantages Salesforce pourrait-il tirer de l'acquisition de Slack ?
En effet, Salesforce, le leader mondial des outils de relation client, s'est lancé dans une série d'acquisitions, profitant de l'augmentation de sa capitalisation boursière ces dernières années pour racheter des entreprises en pleine croissance. Elle a acquis MuleSoft, une société de logiciels basée à San Francisco qui fournit des logiciels d'intégration pour connecter des applications, des données et des appareils, pour 6,5 milliards de dollars en 2018. Cela représentait la plus grosse opération jamais réalisée par la société à l'époque, pour aider à connecter les...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
