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Les actionnaires d'Alphabet règlent les procès pour harcèlement sexuel chez Google
Intentés contre la société il y a deux ans

Le , par Bill Fassinou

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Alphabet, la société mère de Google, a réglé cette semaine une série de poursuites contre les actionnaires concernant sa gestion des plaintes pour harcèlement sexuel, que la société traînait depuis 2018. Alphabet est désormais d’accord pour une plus grande surveillance de son conseil d'administration dans les futurs cas d'inconduite sexuelle et il s'engage à dépenser 310 millions de dollars au cours des dix prochaines années dans les programmes pour la diversité en entreprise. Le règlement a été déposé vendredi devant la Cour suprême de Californie.

En 2018, plusieurs rapports ont révélé que Google avait licencié plusieurs employés depuis 2016, y compris des hauts cadres de la société, pour des raisons de harcèlement sexuel. Certains parmi eux avaient reçu de grosses sommes d’argent à la suite de leur renvoi, ce qui a provoqué une réaction de milliers d’employés qui avaient décidé de délaisser leurs postes pour manifester contre cet agissement. Par exemple, la société aurait approuvé un plan de sortie de 90 millions de dollars pour Andy Rubin, un haut cadre vedette, après qu’il ait été accusé plusieurs fois de harcèlement sexuel.

Parmi les différentes demandes des manifestants, on distingue : l’arrêt immédiat de l’arbitrage forcé qui imposait aux employés de régler en privé plutôt que devant les tribunaux, les affaires de harcèlement, les voies de fait et la discrimination. Sundar Pichai, PDG de Google, a répondu quelques jours plus tard avec une lettre dans laquelle l'entreprise annonçait qu’elle allait modifier sa politique sur l’arbitrage, mais seulement dans les cas de harcèlement et d'agression. D’autres employés d’autres entreprises ont aussi poussé leurs employeurs à faire de même.


Deux ans après ces faits, Alphabet a réglé cette semaine une partie de ces plaintes. Selon un rapport du New York Times, l’entreprise a regroupé cinq poursuites en Californie en un seul dans le cadre de l’accord. L'une d’elles, intentée par James Martin, actionnaire du groupe Alphabet, estime que les membres du conseil d'administration de la société avaient laissé proliférer des comportements illégaux, ignoré leurs obligations fiduciaires et qu'ils étaient devenus des vecteurs de harcèlement et de discrimination sexuels. Alphabet a déposé le règlement devant la Cour suprême de Californie dans lequel il a pris une série de résolution.

En premier, le groupe s’est dit d’avis pour une plus grande surveillance de son conseil d'administration dans les futures plaintes d'inconduite sexuelle. Il a déclaré en second lieu qu’il s'engage à dépenser 310 millions de dollars au cours des dix prochaines années dans les programmes pour la diversité en entreprise. En troisième point, plus important, Alphabet a aussi déclaré que les employés ne seraient plus obligés de régler leurs différends avec le groupe par l’intermédiaire d'un arbitrage privé. Ce point répond à l’une des demandes majeures émises par les employés il y a deux ans.

Selon, Julie Goldsmith Reiser, associée chez Cohen Milstein Sellers & Toll, l'une des sociétés représentant les actionnaires du groupe, la promesse de 310 millions de dollars est significatif, car le géant de la technologie payait directement l'argent alors qu’il était destiné à résoudre l'un des problèmes fondamentaux de la société. « Le règlement modifie fondamentalement les politiques d'Alphabet sur le lieu de travail », a déclaré Julie Reiser. « On a l'impression d'avoir donné à la société les outils nécessaires pour devenir un meilleur lieu de travail », a-t-elle ajouté.

Dans un quatrième engagement, l’entreprise a déclaré qu'il limiterait les restrictions de confidentialité lors du règlement des cas de harcèlement et de discrimination et qu'elle interdirait les relations sur le lieu de travail entre les cadres et les subordonnés. Si les plaintes déposées en Californie semblent avoir été résolues à travers cet accord, il reste toutefois d’autres procès en attente dans d’autres États, y compris un procès devant la Cour fédérale et un autre dans le Delaware. En effet, les affaires fédérales sont en suspens en attendant l'issue des procès en Californie.

Par contre, l'affaire au Delaware fait l'objet d'une médiation. Ces nouvelles règles viennent assainir un peu plus les politiques d’Alphabet, notamment de Google. Le groupe a subi un changement de garde important au cours des dernières années. Larry Page et Sergey Brin, qui ont fondé Google il y a plus de deux décennies, ont quitté leur rôle au quotidien fin 2019. Ils ont maintenu leur place au conseil d’administration d’Alphabet et Pichai assure désormais la fonction de PDG d’Alphabet et de la filiale Google. D’autres ont également quitté l’entreprise en 2019 et dans le courant de cette année.

David Drummond, un avocat de l’entreprise de longue date qui a conservé son emploi même après que les détails d'une relation extraconjugale qu'il avait eue avec une femme qui travaillait pour lui aient été rendus publics, a quitté Alphabet cette année. Eric Schmidt, l'ancien PDG de Google, qui participait à des événements de la société avec des femmes qu'il voyait dans des relations extraconjugales, a quitté le conseil d'administration en 2019. Toujours dans le cadre de l’accord, Alphabet a accepté de former un conseil consultatif axé sur la diversité, l'égalité et l'inclusion.

Le nouveau conseil sera composé de quatre cadres, dont Sundar Pichai et trois experts extérieurs, dont Nancy Gertner, juge fédérale à la retraite. Il se penchera sur un large éventail de préoccupations, dont l'embauche et le maintien en poste, la rémunération, et la façon dont Alphabet répond aux plaintes des employés et enquête sur celui-ci. Enfin, il a été aussi décidé que les employés de Google faisant l'objet d'une enquête fondée sur des allégations d'inconduite sexuelle, de harcèlement sexuel ou de représailles ne recevront pas d'indemnité de licenciement ou d'autres compensations lorsqu'ils quittent l’entreprise.

C'est déjà le cas pour les employés licenciés pour mauvaise conduite. La nouvelle politique estime que, même si un employé n'est pas licencié, son indemnité de départ sera aussi en fonction de son comportement.

Source : Google

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