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Le service UK d'insolvabilité interdit à l'ancien PDG de Cambridge Analytica Alexander Nix
D'exercer les fonctions de directeur d'entreprise pendant sept ans pour comportement contraire à l'éthique

Le , par Stéphane le calme

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C’est en mars 2018 que le scandale a fait la une de la presse : le quotidien américain New York Times et britannique The Guardian ont publié des informations relatives à une campagne de manipulation orchestrée par l’entreprise Cambridge Analytica, une société spécialisée dans l’analyse de données (data mining). La source, un lanceur d’alerte canadien répondant au nom de Christopher Wylie, a été employé au sein de cette entreprise qui était à ce moment-là suspectée d’avoir exploité les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook à leur insu.

C’était le début d’une série de scandales qui ont éclaboussé Facebook. Le public a par exemple appris que la société Cambridge Analytica s’est servi des données personnelles d’utilisateur Facebook afin de faire du profilage sur 87 millions de personnes pour influencer le vote à la présidentielle américaine en faveur de Trump mais aussi des millions d’autres personnes pour inciter des Britanniques à voter « Oui » pour le Brexit.

Le PDG de Cambridge Analytica suspendu après un reportage en caméra cachée

D’ailleurs, dans une série de réunions filmées en caméra cachée, qui ont été diffusées sur Channel 4 News, Alexander Nix, qui était le patron de Cambridge Analytica, a confirmé le rôle joué par la société dans l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Ces réunions ont été filmées dans des hôtels londoniens pendant quatre mois, entre novembre 2017 et janvier 2018, par un journaliste infiltré de Channel 4 News qui s'est fait passer pour un client aisé cherchant à faire élire des candidats au Sri Lanka. En dehors d’Alexander Nix, elles ont impliqué Mark Turnbull, Managing Director Political Global pour le compte de Cambridge Analytica, et le Dr Alex Tayler, data scientist en chef de l'entreprise.

Dans une troisième partie, les cadres supérieurs de Cambridge Analytica ont parlé de :
  • l'ampleur de leur travail pivot dans la victoire électorale de Trump ;
  • comment ils évitent les enquêtes du Congrès sur leurs clients étrangers ;
  • la configuration d'organisations proxy pour diffuser des messages introuvables sur les médias sociaux ;
  • l’utilisation d'un système de messagerie secret où les messages s'autodétruisent et ne laissent aucune trace ;
  • la participation de Cambridge Analytica à la campagne d'attaques « Defeat Crooked Hilary ».

La société a affirmé que son travail avec les données et la recherche ont permis à Trump de gagner avec une marge étroite de « 40 000 voix » dans trois États assurant la victoire dans le système des collèges électoraux, malgré la perte du vote populaire de plus de 3 millions de voix.


Suite à la publication de la série de vidéos, le comité de direction de Cambridge Analytica a annoncé la suspension de son patron Alexander Nix « dans l’attente d’une enquête complète et indépendante ». Par ailleurs, l’entreprise a précisé que « De l'avis de la Commission, les récents commentaires de Nix, secrètement enregistrés par Channel 4 et d'autres allégations, ne représentent pas les valeurs ou les opérations de l'entreprise et sa suspension reflète le sérieux avec lequel nous considérons cette violation. »

Adieu Cambridge Analytica ! Bonjour à Emerdata Limited

Plus tard, en 2018 Cambridge Analytica a déclaré dans un communiqué qu’elle a déposé des demandes d'ouverture de procédures d'insolvabilité au Royaume-Uni. La Société a également annoncé qu’elle mettait immédiatement fin à toutes ses activités : « Au cours des derniers mois, Cambridge Analytica a fait l'objet de nombreuses accusations infondées et, malgré les efforts de la Société pour corriger le dossier, a été vilipendée pour des activités non seulement légales, mais largement acceptées comme une composante standard de la publicité en ligne dans les domaines politique et commercial » , a regretté l’entreprise.

Cambridge Analytica s’est donc mis en liquidation dans un contexte où elle était sous le coup d’enquêtes au Royaume-Uni (Brexit), aux États-Unis (campagne présidentielle de Trump), en Australie et également en Israël (utilisations frauduleuses de données personnelles).

Pourtant, même si Cambridge Analytica a déclaré cesser ses activités aux États-Unis et au Royaume-Uni, les têtes pensantes du groupe ont tenté de s’organiser pour reprendre ses activités sous une bannière différente.

En mai 2018, Companies House, le registraire officiel des entreprises et des organismes du Royaume-Uni, a répertorié une société active appelée Emerdata Limited, dont le siège social est situé dans les mêmes bureaux que SCL (la société mère de Cambridge Analytica) et gérée par la même direction que Cambridge Analytica. Même si à ce moment son champ d’action n'était pas décrit avec exactitude, elle était présentée comme étant une organisation de « traitement de données, d'hébergement et d'activités connexes ».

Les documents ont montré qu’Alexander Nix, l’ancien patron de Cambridge Analytica, a été démis de ses fonctions de directeur d’Emerdata le 28 mars 2018, soit une semaine après avoir été suspendu chez Cambridge Analytica et deux mois après avoir été nommé directeur d’Emerdata.

Dans le cadre de cette affaire, Facebook a accepté de payer une amende record de 5 milliards de dollars (3,9 milliards de livres sterling) aux États-Unis, ainsi qu'une amende de 500 000 livres - la plus élevée possible - au bureau du commissaire britannique à l'information.


La décision du service d'insolvabilité quant à Alexander Nix

Alexander Nix s'est vu interdire d'exercer les fonctions de directeur d'entreprise pendant sept ans pour comportement « potentiellement contraire à l'éthique » lié à sa position au centre de ce scandale mondial.

Le service d'insolvabilité a déclaré que Nix avait permis aux entreprises d'offrir des services potentiellement contraires à l'éthique, y compris « des pots-de-vin, des campagnes de désengagement des électeurs, l'obtention d'informations pour discréditer les opposants politiques et la diffusion anonyme d'informations dans des campagnes politiques ».

Alexander Nix n'a pas contesté le fait qu'il avait poussé ou permis à SCL Elections Ltd ou à des sociétés associées de se commercialiser comme offrant des services potentiellement contraires à l'éthique à des clients potentiels, un comportement « démontrant un manque de probité commerciale » selon le service d’insolvabilité. Aussi, le service a déclaré « qu'à compter du 5 octobre 2020, Alexander Nix a interdiction sur une durée de sept ans d'agir en tant qu'administrateur ou de s'impliquer directement ou indirectement, sans l'autorisation du tribunal, dans la promotion, la formation ou la gestion d'une société ».

« À la suite d'une enquête approfondie, nos conclusions étaient claires que SCL Elections avait offert à plusieurs reprises des services politiques louches à des clients potentiels pendant un certain nombre d'années », a déclaré l'enquêteur en chef du service d'insolvabilité, Mark Bruce.

« Les dirigeants d'entreprise doivent agir avec une probité commerciale et cela signifie agir honnêtement et correctement. Les actions d'Alexander Nix ne répondaient pas à la norme appropriée pour un directeur de société et sa disqualification de la gestion de sociétés à responsabilité limitée pendant une durée significative est justifiée dans l'intérêt public ».

Source : Service britannique d'insolvabilité

Et vous ?

Que pensez-vous de cette décision ? Privé pendant sept ans d'exercer à la tête d'une société suite au Scandale Cambridge Analytica est-ce suffisant, trop, ou pas assez selon vous ?
La décision étant prise en Angleterre, cela signifie-t-il qu'il peut être PDG dans une société hors des frontières britanniques ?

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Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 04/10/2020 à 17:16
Bonjour,

Que pensez-vous de cette décision ?
Être éjecté de la fonction de PDG d'une entreprise en UK c'est bien par rapport à ce qui a été commis. De plusieurs pays anglophones se serait mieux aussi. Si Biden passe , je ne serais pas étonné qu'un procès lui soit collé aux fesses ...

Privé pendant sept ans d'exercer à la tête d'une société suite au Scandale Cambridge Analytica est-ce suffisant, trop, ou pas assez selon vous ?
C'est nettement insuffisant . A quand une interdiction d’exercer aux USA ? A pardon ... me dit on dans l'oreillette que l'oncle SAM laisse certains selon des affinités ... Même quand il y a trempette dans de la magouille.

La décision étant prise en Angleterre, cela signifie-t-il qu'il peut être PDG dans une société hors des frontières britanniques ?
Oui il y a toujours possibilité de truander ... Quitte à passer par une Holding et via des montages financiers ... La on aura beau essayer de le coincer , créer et killer une entreprise est un jeu d'enfant au Royaumes Unis ... La justice arrivera a chaque fois trop tard pour tenter de mettre une interdiction et sanctionner.
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