Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

L'UE s'apprête à lancer un marché de données à caractère personnel au sein duquel les citoyens seront payés pour partager
Dans le cadre d'un changement radical de stratégie de gouvernance

Le , par Patrick Ruiz

304PARTAGES

13  0 
Pendant des décennies, l'UE a codifié les protections des données personnelles et s'est battue contre ce qu'elle considérait comme une exploitation commerciale des informations privées, positionnant ainsi ses réglementations en modèle par rapport aux politiques de protection de la vie privée des États-Unis. La donne pourrait changer avec la nouvelle stratégie européenne de gouvernance des données issue de la Commission de l’UE. Au travers de cette dernière, l’Europe se positionne en acteur pour faciliter l’utilisation et la monétisation des données personnelles de ses citoyens.

Dévoilée en février 2020, la stratégie décrit les mesures et les investissements qui seront déployés au cours des cinq prochaines années. De façon spécifique, il s’agit de créer un marché paneuropéen des données à caractère personnel qui repose sur un espace sécurisé de confiance pour le partage des données ou Data Trust. De façon ramassée, il s’agit d’ un pool paneuropéen d'informations personnelles et non personnelles qui devrait devenir un guichet unique pour les entreprises et les gouvernements cherchant à accéder aux informations des citoyens. Le projet mobilise un budget de 7 millions d’euros et devrait être finalisé d’ici 2022.

Les entreprises technologiques mondiales ne seront pas autorisées à stocker ou à déplacer les données des Européens. Elles seront plutôt contraintes d'y accéder par l'intermédiaire de cet espace sécurisé de confiance pour le partage des données. Le projet prévoit que les citoyens percevront des dividendes numériques. Pas de définition claire de cette notion pour le moment, mais il est possible d'anticiper sur ceci qu'il s'agit (entre autres) de paiements en monnaie fiduciaire ou non de la part des entreprises qui utiliseront les données personnelles des citoyens de l'UE.



Pour les citoyens, cela signifie que leurs données seront conservées dans des serveurs publics et gérées par ce qui se veut être des tiers de confiance. La Commission européenne voit en ces derniers un moyen d'aider les entreprises et les gouvernements européens à réutiliser et à valoriser les énormes quantités de données produites dans toute la région et d'aider les citoyens européens à tirer profit de leurs informations. Toutefois, la documentation relative au projet ne précise pas comment les personnes seront indemnisées.

Le nouveau projet de l'UE s'inspire du système numérique autrichien qui garde la trace des informations produites par et sur ses citoyens en leur attribuant des identifiants uniques et en stockant les données dans des dépôts publics. IBM et Mastercard s’appuient sur une approche similaire pour gérer les informations financières de leurs clients européens en Irlande. Les autorités du Royaume-Uni et celles du Canada y ont eu recours pour stimuler la croissance de l’intelligence artificielle dans leurs pays respectifs.

L’usage d’ espaces sécurisés de confiance pour le partage des données soulève néanmoins des interrogations et même des craintes. En effet, le risque que des tiers exercent une mainmise sur les données des citoyens de l’UE existe. À titre d’illustration, le gouvernement du Canada a, en octobre 2019, rejeté une proposition d'Alphabet/Sidewalk Labs visant à créer un système dans le genre pour le projet de ville intelligente de Toronto. Motif :Sidewalk Labs l’avait conçu de manière à garantir le contrôle de l'entreprise sur les données des citoyens.

En fait, l’un des griefs les plus importants qu’on puisse porter à l’endroit de tels projets est celui de la centralisation importante des données entre les mains d’une entité. Sur ce seul axe, le tableau ne serait pas différent de l’actuel sur lequel on voit les grandes enseignes US (Google, Amazon, Facebook, Apple…) mobiliser une part importante des informations d’utilisateurs du monde entier. En droite ligne avec ce dernier, un détail supplémentaire en lien avec ces développements attire l’attention : l’inscription à un service offert par un des GAFA n’est pas obligatoire ; à contrario, la participation au marché de données à caractère personnel pourrait bien être obligatoire pour les citoyens de l’Union européenne.

Grosso modo, l’initiative s’inscrit dans les préparatifs de l’UE à imprimer sa marque dans une société data-agile où les applications de l’intelligence artificielle ne cessent de voir le jour. Le projet est vu comme un moyen d’attirer les grandes multinationales qui s’appuient sur les données pour les besoins de montage de leurs services à s’encrer sur l’Europe et non plus sur les USA.

Sources : UE 1, 2, 3

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ?
Comment accueillez-vous la perspective d'être payé pour partager vos données personnelles ?

Voir aussi :

Des données personnelles de 106 millions de clients volées à l'institution bancaire Capital One, la hackeuse présumée responsable a été appréhendée
Des millions de données médicales dont des images de radiologie ou de mammographies ont été mises en ligne sans mesures de protection élémentaires et sont accessibles à tous
Des données personnelles appartenant aux abonnés du site Internet du Figaro étaient exposées sur un serveur Elasticsearch, la base de données concernée contenait environ 7,4 milliards de fichiers

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Alfrodull
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 9:54
Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Au travers de cette dernière, l’Europe se positionne en acteur pour faciliter l’utilisation et la monétisation des données personnelles de ses citoyens.
La prochaine fois, est-ce qu'on pourrait directement passer de 2019 à 2021 ? Elle commence à être fatigante cette année...
6  0 
Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 11:18
Citation Envoyé par Alfrodull Voir le message
La prochaine fois, est-ce qu'on pourrait directement passer de 2019 à 2021 ? Elle commence à être fatigante cette année...
Ou comment capituler sans conditions en rase campagne!

Incapable d'assurer la protection des données et de faire face aux GAFAM, l'Union Européenne laisse les pleins pouvoirs aux GAFAM avec l'excuse du "les gens sont libres de vendre leur données... Il n'y a plus vol, il y a vente!"

Incapable de contrer les trafiquants de drogue, on a déjà droit depuis longtemps au discours "dépénalisons les drogues pour supprimer le trafic"...

A quoi sert cette UE à part offrir des postes grassement rémunérés aux politicards en perte de vitesse dans leur pays? Petit bonjour au socialiste Pierre Moscovici ou à la LR Rachida Dati... Et il y en a d'autres!!!
5  0 
Avatar de Bardotj
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 13:09
L’exemple des drogues est mal choisi on sait que la légalisation fait baisser la consommation et surtout rend la dite consommation plus sur.

Par contre eux ils feraient bien d’arrêter de consommer.
5  1 
Avatar de strato35
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 14:07
Citation Envoyé par Alfrodull Voir le message
La prochaine fois, est-ce qu'on pourrait directement passer de 2019 à 2021 ? Elle commence à être fatigante cette année...
2019 a été une hécatombe des célébrités (Doris day, Chirac, Lagarfeld, Bénichou et j'en passe) on disait déjà que c'était une année de merde. 2020, c'est pire, hécatombe planétaire accompagnée d'une partie de jumanji mondiale.

Dévoilée en février 2020, la stratégie décrit les mesures et les investissements qui seront déployés au cours des cinq prochaines années
Et visiblement c'est pas 2021 ou les prochaines années qui vont changer les choses, je dirais même que ce sera pire... (récession, crises économiques, guerres commerciales/maritimes etc..)

On peut passer directement à la fin du monde plutôt ?
2  0 
Avatar de dolu02
Membre actif https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 11:11
un détail supplémentaire en lien avec ces développements attire l’attention : l’inscription à un service offert par un des GAFA n’est pas obligatoire ; à contrario, la participation au marché de données à caractère personnel pourrait bien être obligatoire pour les citoyens de l’Union européenne.
Si je comprends bien ils veuelent aller encore plus loin que les GAFA? Intéressant...

On fait le RGPD et 2 ans plus tard on te met la carotte...
1  0 
Avatar de pierre-y
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 15:18
Ca va être la foire au abus vut qu'il y aura forcement des organismes qui vontavoir des autorisations pour y accéder et qu'on se saura au final pas trop a qui ells vont vraiment les vendres. Avec la macronies ca va être encore une foire aux pipos pour te faire avaler la pilule.
1  0 
Avatar de Acheumeuneu
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 15/08/2020 à 8:14
L’usage d’ espaces sécurisés de confiance pour le partage des données... Quand on commence à employer ce genre d'appellation plusieurs fois dans un texte, j'ai les poils qui se dressent comme les chats, je ne sais pas pourquoi... Je serai curieux de savoir si le sujet arrivera jusqu'au grand média... Quoi ? Non !.. Je m'disais... l'indépendance journalistique... Ha ! On me signale plusieurs fous rires derrière les écrans...
1  0 
Avatar de Xinsura
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 14:59
Personnellement, l'Union Européen, s'il ne veut pas perdre la course à la révolution industrielle 4.0, il n'a pas trop le choix que d'exploiter les données, les habitudes, interractions, etc.. d'un très grand nombre de citoyens. Surtout lorsqu'on voit comment la Chine, l'Inde et les États-Unis en font. Par contre, ce qui me dérangerait le plus, c'est qu'on soit contraint à le faire, en cas contraire, je ne vois pas réellement de souci. Car, si une personne est d'accord pour accorder le droit de surveillance et d'analyse de ses données contre rémunérations ou sans, je ne vois pas pourquoi je devrais être contre.

Je ne pense pas que je changerais quoique ce soit dans mes habitudes de bloquer les traqueurs, utiliser les services tiers qui sniffent mes données et tout autre chose qui se rapproche ; je trouve que la gratuité de beaucoup de service n'est pas réellement équitable face aux gains que les géants en font avec les données récoltées.
0  0 
Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 14/08/2020 à 20:33
Bonsoir ,

Que pensez-vous de cette initiative ?
L'Europe se plante monumentalement .

Des entreprises et institutions comme :

> collectivités et administrations publiques de tous les niveaux (province Belge, canton suisse, région français, communauté espagnole, lander allemand , état européen, bref tous les échellons ... ), pour partager des données comme des infos sur les cartes grises, le cadastre, des données démographiques , des données genre les iris , les "nuts" européens (INSEE, INSERM, institut espagnole de la statistique, institut belge des stats ... )
> les entreprises postales
> les opérateurs de transports (TC, train, avions, ferry, société d'autoroute, opérateur de parking ... )
> les opérateurs public de logements (bailleurs sociaux publique comme privé)
> les services de l'emploi (pole emploi, le forem , l'onem, agence d'interim ...)
> les organismes de prestation social (CAF et équivalent en Europe )
> les caisses de retraites publiques et privées
> les organismes de prévoyances santés privés et mutuelles
> les sécurités sociale (mutualité chretienne belge, MSA et CPAM en France, INPS en Italie ... )
> les services du fics
> les assureurs
> les banques
> entreprises de services financiers divers (crédit, épargne salarial, boursicotage, trading, action ...)
> les opérateurs de solutions de paiement (master card, paypal , google pay , western union ... )
> les opérateurs télécoms et FAI
> les gestionnaires / fournisseurs / producteurs de réseau et d'energie et d'eau + gaz + electricité

vont s'empresser de s’engouffrer dans la brèche ...

On va avoir une sorte d'hypermarché de la donnée ... Se sera vachement bien, pour une entreprise d'essayer d'en racheter une autre et de "juger" du fichier client de son concurrent ... Genre un opérateur télécoms suédois veut racheter un opérateur télécoms suisse . Il pourra analyser la "qualité" de la clientèle ... Toto = clientèle haut de gamme on achéte, Titi la filiale = bas de fichier on n’achète pas ou on brade ...

On pourra aussi savoir plus de truc sur vous ... Genre vous avez une résidence secondaire en Espagne , vous êtes chez Iberdrola pour le gaz de votre résidence secondaire ... Par simple achat de fichier, tient on a Mr X qui est italien et propriétaire d'un résidence secondaire en Espagne , bah un concurrent Belge qui exerce en Espagne pourra faire sa pub à l'échelle européenne avec un courrier en Italien , c'est con mais vu comme .

Comment accueillez-vous la perspective d'être payé pour partager vos données personnelles ?
Une fois que les secteurs statégiques vont adhérer en masse, je vois bien les GAFAM faire de l'achat de masse de donnée ... Même les chinois ! Genre Alibaba, Joom ou Wish

En europe c'est les sociétés de marketing qui vont se lecher les babbinnes . Experian and co ...

Pour l'histoire d’être payé , je vois bien un genre de programme marketing qui fera un flop ... le truc qui envoie moulte sms / mail / appel ... Le truc attrape à balou quoi
0  0