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L'Europe est le terrain d'une guerre entre les entreprises technologiques qui veulent pister les utilisateurs en quarantaine
Et les défenseurs de la vie privée

Le , par Stéphane le calme

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D'Helsinki à Madrid, des applications sont en cours de développement pour que les gens signalent leurs symptômes aux médecins et aux chercheurs; l’objectif est de pouvoir tracer et modéliser la propagation du coronavirus et de veiller à ce que les personnes en quarantaine restent à la maison.

Mais l’évolution est plutôt mitigée ; la coordination est insuffisante et les défenseurs de la vie privée ont vite fait de rappeler qu’il existe un compromis entre les avantages pour la santé publique et la surveillance numérique que le Règlement général sur la protection des données (RGPD) cherche à empêcher.

Prenez la Pologne par exemple : le gouvernement vient de lancer une application pour smartphone, appelée Home Quarantine, pour les citoyens rentrant de l'étranger qui doivent depuis le 15 mars rester en confinement sur une période de deux semaines.

Pour s'inscrire, ils téléchargent des informations personnelles et une photo. Ils reçoivent par la suite des rappels par SMS et doivent répondre dans les 20 minutes en téléchargeant un nouveau selfie. La reconnaissance faciale et la localisation interviennent à ce niveau pour vérifier qu’il s’agit bien de l’individu et qu’il se trouve à l'adresse enregistrée comme étant son domicile.

Kamil Pokora, un chef de produit qui est rentré à Gdansk après des vacances en Thaïlande, s’est également servi de Home Quarantine, dont l’utilisation est volontaire, mais a constaté que l’application ne fonctionne pas correctement. « Il y a beaucoup d'erreurs », a déclaré Pokora, 37 ans. « Je me vois toujours invité à effectuer des tâches qui ne sont même pas incluses dans l'application. Ce n'est pas convivial ».

Le Bureau polonais de la protection des données personnelles, chargé de l'application du RGPD, a déclaré qu'il n'avait pas été consulté sur Home Quarantine. Le porte-parole Adam Sanocki a déclaré qu'il surveillerait le déploiement et, s'il découvrait des irrégularités, qu'il prendrait des mesures pour garantir la protection des données personnelles.

Interrogé sur les critiques, le ministère polonais du numérique a déclaré qu'il surveillait constamment le système et l'améliorait si nécessaire, aidé par les commentaires des utilisateurs.

Le ministre de l'Intérieur Mariusz Kaminski a déclaré mercredi que le gouvernement envisageait de rendre Home Quarantine obligatoire pour toutes les personnes en quarantaine.


L’exemple asiatique est-il le meilleur ?

Home Quarantine copie l'approche proactive adoptée en Asie. Après les bracelets de quarantaine à Hong Kong, les autorités taïwanaises ont décidé de mettre en place une « barrière électronique » destinée à surveiller les déplacements des personnes en quarantaine.

Taïwan a décidé de déployer une vaste «clôture électronique» basée sur le smartphone, afin de suivre les déplacements des personnes qui sont en quarantaine. Les autorités s’assurent ainsi que les personnes restent chez elles.

« L'objectif est d'empêcher les gens de sortir et de propager l’infection », explique à Reuters Jyan Hong-wei, chef du département de la cybersécurité de Taiwan. Il travaille directement avec les opérateurs de télécommunications locaux afin de lutter contre le virus.

Le système alerte la police si les personnes en quarantaine à domicile s'éloignent de leur adresse ou éteignent leur téléphone. En cas de déclenchement d’une alerte, les autorités contactent la personne ou lui rendent visite dans les 15 minutes suivantes. Les fonctionnaires appellent également deux fois par jour pour s'assurer que les gens n'évitent pas le suivi en laissant leur téléphone à la maison.

Taïwan, qui a l'un des taux d’infection au coronavirus les plus bas d'Asie, exige déjà que les personnes arrivées de l'étranger téléchargent un questionnaire et signalent l'aéroport d'où elles viennent, leurs antécédents de voyage de 14 jours et leurs symptômes de santé.

Les personnes jugées à faible risque reçoivent un SMS leur disant qu'elles sont libres de se déplacer. Les personnes considérées comme présentant un risque doivent être confinées pendant 14 jours, leur conformité étant contrôlée à l'aide des données de localisation de leurs smartphones.

Dans le cadre du RGPD, le consentement au traitement des données personnelles sensibles doit être donné librement et il existe de nombreuses contraintes à son utilisation. Par exemple, il ne doit pas être stocké indéfiniment ou utilisé à une autre fin.

L'expert basé à Berlin sur la confidentialité, Frederike Kaltheuner, chercheur en politique technologique à la Fondation Mozilla, a déclaré qu'il fallait des preuves claires que les solutions technologiques valaient des compromis en matière de confidentialité: «En d'autres termes: nous devons avoir la preuve que ces outils sont réellement efficaces ».

Une « loi d'espionnage »

En Finlande, le journal national Helsingin Sanomat et le développeur de logiciels Futurice sont sur le point de lancer un service Web et mobile permettant aux gens de signaler leurs symptômes respiratoires.

Les seules informations personnelles que les gens rapportent sont leur âge et leur code postal, des informations qui, selon les contributeurs de l'application, aideront à cartographier la propagation de la pandémie. Le gouvernement, bien que favorable, n'a pas encore officiellement soutenu l'initiative.

Ailleurs, les gouvernements se précipitent pour adopter des lois d'urgence afin de permettre l'utilisation des données individuelles des smartphones pour retrouver les contacts et imposer des quarantaines - même s'ils n'ont pas encore obtenu la technologie pour le faire.

La Slovaquie a proposé cette semaine une législation temporaire qui permettrait de suivre les mouvements individuels pendant la durée de la pandémie.

Cela représente une énorme violation des droits de l'homme et des libertés, a déclaré la ministre de la Justice Maria Kolikova au Parlement, ajoutant cependant qu'elle pensait que le droit à la vie était absolu.

L'ancien Premier ministre Robert Fico a qualifié la loi de «loi d'espionnage».

Une proposition du ministre allemand de la Santé Jens Spahn d'autoriser le pistage individuel des smartphones sans ordonnance judiciaire a été bloquée par les sociaux-démocrates (SPD), partenaire junior de la coalition de la chancelière Angela Merkel.

«Ce serait une intrusion de grande ampleur dans les droits civiques», a déclaré la ministre de la Justice Christine Lambrecht du SPD.

Le virologue allemand Christian Drosten a déclaré que l'utilisation de données de localisation individuelles pour la recherche des contacts, comme en Corée du Sud, devrait encore être appuyée par des équipes de santé bien équipées capables d'interroger un grand nombre de victimes de coronavirus et de retrouver des personnes qui auraient pu être exposées à eux.

L'Allemagne n'a pas ces ressources, et donc « pour moi, la question de savoir si nous pouvons en tirer des leçons est un peu futile », a déclaré Drosten, directeur de l'Institut de virologie de l'hôpital Charite de Berlin à Berlin, dans un podcast pour la radio NDR.

Source : Reuters

Et vous ?

Les applications visant à suivre les personnes en quarantaine doivent-elles être utilisées sur la base du volontariat ou devraient-elles être obligatoires ?

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Avatar de Cpt Anderson
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 24/06/2020 à 8:41
Il y a au moins une chose qui reste certaine en ce bas monde : la France est nulle en terme d'anticipation mais reste championne du monde pour ce qui est des dépenses inutiles.
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Avatar de pierre-y
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/06/2020 à 13:28
je ne sais pas pourquoi, je revois macron en train de piailler qu'il n'y a jamais eu de pénuris de masque et que donc les policiers, le personnels hospitalier, la population et les pompier n'en portaient juste pas ou alors des périmés car ça les amusaient de choper le virus. Et apres des affirmations a la con comme ça, il y en a encore pour croire que la macronie ne va pas les entuber.
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Avatar de axel584
Membre actif https://www.developpez.com
Le 24/06/2020 à 9:57
Tous les sites et les réseaux sociaux ont expliqués pendant plusieurs semaines que l'application était liberticide, intrusive etc. Il ne faut pas s'étonner que peu de personnes l'utilisent...

Alors que d'après moi, elle l'est beaucoup moins que d'autres applications, mais que les précautions présentées donnaient effectivement une impression d'atteintes aux libertés (à force de dire que ce n'est pas géolocalisé, c'est du bluetooth, les données sont anonymisées etc. les gens se méfient de toutes ces précautions présentées...)
A côté de ça, on a des applis comme Facebook qui nous géolocalise ("machin n'est pas très loin, faites lui coucou"... "Attention, un attentat à eu lieu à côté de chez vous, dites aux gens que vous allez bien"...) et cela semble moins poser de problème éthique...
Je rappelle juste que pour les entreprises, si c'est gratuit, c'est vous le produit...

Et pour nos gouvernements, nous sommes une majorité à les avoir choisi... (oui, on aurait pu mieux choisir, mais c'est un autre débat)
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Avatar de pierre-y
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 26/08/2020 à 16:03
A si il y a eu les résultats voulu. La boite du bon copain qui a eu ça en charge c'est fait un max de blé dessus et si je ne me plante a même surfacturé les serveurs.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/04/2020 à 6:46
Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Edward Snowden est également de cet avis et déclare qu’à « ;mesure que l’autoritarisme se répand, que les lois d’urgence se multiplient, que nous sacrifions nos droits, nous sacrifions également notre capacité à arrêter le glissement dans un monde moins libéral et moins libre ;».
Ouais c'est fort possible qu'après la crise du SARS-CoV-2 les peuples soient moins libre.
Les gouvernements ont besoin de devenir plus autoritaire pour survivre, parce que vu la violence de la crise économique qui arrive, ça pourrait finir en révolution. Donc il faut de quoi pouvoir faire taire n'importe quel individu.
Les prochaines années ne vont pas être géniales... Le niveau de vie des peuples va probablement chuter.
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Avatar de Pierre Fauconnier
Responsable Office & Excel https://www.developpez.com
Le 13/05/2020 à 17:52
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
[...]
En général, les utilisateurs qui téléchargent ces applications peuvent choisir volontairement d'enregistrer les détails de leurs symptômes lorsqu'ils commencent à se sentir mal. L'application garde une trace des personnes qui ont été en contact étroit grâce à des signaux Bluetooth qui transmettent une identification anonyme. Si une personne signale ultérieurement qu'elle est positive au coronavirus, elle enverra un message aux personnes qui ont été en contact étroit avec elle, et qu’elle aurait pu infecter, en se basant sur leurs identifiants anonymes.[...]
Si une techno peut se baser sur un identifiant "anonyme" pour m'avertir que j'ai été en contact avec une personne infectée, c'est que mon identifiant "anonyme" n'est pas si anonyme que ça... ils peuvent se les garder, leurs applications. Perso, dès que je me déplace, le bluetooth est coupé.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 21/07/2020 à 10:22
Et je trouve ce genre d'article sur le COVID bien plus pertinent que ces soi-disant applis de suivi :

https://theconversation.com/covid-19...afrique-139943

les Africains ont l'expérience d'Ebola. Les asiatiques ont l'expérience de la grippe aviaire (et quelques autres). et on continue à ignorer leurs retours d'expérience. Pas étonnant qu'on en prenne plein la tronche. L'article est sans doute angéliste par bien des aspects, mais il point une faille réelle de l'occident : son complexe de supériorité.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 03/04/2020 à 18:13
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Et vous, pensez-vous que la crise actuelle justifie-t-elle ces mesures ?
Absolument pas.

Des pandémies, ça n'a rien de nouveau. Si on a pu faire sans jusque là, y'a pas de raison que ça change. Le problème est que les décisions successives qui ont été prises pendant les dernières décennies ont largement fragilisé notre résilience à ce niveau. Que ce soit notre système de santé à bout de souffle à cause des coupe budgétaires qui font passer les valeurs sociales après les valeurs économiques, ou les décisions qui ont délégué à d'autres que l'état des responsabilités qui auraient dû rester dans son giron et qui ne nous permettent plus maintenant de prendre les initiatives nécessaires chez nous sans devoir demander la permission à des gens qui ont d'autres priorités. Les fruits de ces décisions nous montrent aujourd'hui que le, jadis, "meilleur système de santé du monde" est désormais incapable de s'occuper d'une grosse grippe par lui-même, et cela donne du grain à moudre à ces même décideurs incompétents qui affirment maintenant vouloir boucher les trous en mettant en place des moyens de suivi de la population.

La logique du "je prends des mauvaises décisions, et quand tout explose, je le justifie parce qu'on n'aurait pas encore pris assez de mauvaises décisions", ça ne me convainc pas.
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Avatar de gros_rougeot
Membre actif https://www.developpez.com
Le 21/04/2020 à 9:33
Cette application ne va pas échapper à la malédiction des logiciels commandés par l'état :
- un cahier des charges ubuesque (différents services auront rédigé des spécifications contradictoires et se tireront dans les pattes),
- elle arrivera trop tard,
- elle sera tellement de buguée qu'elle dégoutera les fameux volontaires,
- elle coutera 10 fois le prix normal (parce que l'état a de hautes exigences de qualité),
- les serveurs seront sous dimensionnés,
- elle sera lancée en grande pompe devant les caméra par des ministres tout souriants,
- elle va planter dès le premier jour rien qu'avec les journalistes qui voudront l'utiliser,
- (à compléter).
La bureaucratie étatique est incapable de respecter les délais, les couts et les performances. C'est congénital.
Elle n'est toujours pas capable de faire fabriquer assez de tests covid, ni d'organiser l'utilisation de ces même tests. Alors faire développer une appli smartphones en 3 semaines.
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Avatar de strato35
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 27/05/2020 à 8:38
Citation Envoyé par 23JFK Voir le message
presque deux mois pour un JEditorPane html et deux JButton. Ils ont recruté le haut du panier.
L'interface est basique, mais en fond il y a aussi toute la gestion du bluethooth, la synchro avec l'api, le développement de l'api, toute la gestion de la sécu, l'anonymat et compagnie, sans compter les tests et les difficultés rencontrées avec Google et Apple sur la manière de faire, d'autant que la France a dit qu'elle n'utiliserais pas l'api proposée par le système de manière décentralisé.
Si on ajoute à ça la conception et la validation du protocole ROBERT, les accords avec Microsoft sur l'hébergement, et faire fonctionner le tout sur les terminaux Apple qui est le plus réfractaire à la technique employée, 2 mois ça semble pas si long.
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