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L'actuel PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, démissionne
Suite aux catastrophes liées au système anti-décrochage MCAS cette année

Le , par Stéphane le calme

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23  0 
Depuis mars, les avions Boeing 737 Max sont cloués au sol dans le monde entier à cause du crash du 737 Max de la compagnie indonésienne Lion Air survenu le 29 octobre 2018 et de celui de la compagnie Ethiopian Airlines survenu le 10 mars 2019 et qui ont fait un total de 346 morts. Dans les deux cas, le logiciel du 737 Max avait été pointé du doigt. Au-delà des pertes financières occasionnées par l’interdiction de vol de ces appareils, le constructeur américain joue également sa réputation dans cette affaire qui pourrait faire remettre en cause la sécurité des aéronefs sortant des usines de la firme. Pour sortir de cette tournante dans laquelle Boeing est plongée depuis des mois, les dirigeants de l’entreprise n’ont de cesse d’enchaîner les réunions, communiqués de presse et solutions techniques pour regagner la confiance des régulateurs pour à nouveau avoir l’autorisation de faire décoller ses Boeing 737 Max.

Après avoir manqué de convaincre les régulateurs provenant de divers pays du monde entier lors de la réunion organisée en mai dernier, Boeing a proposé des mises à jour pour améliorer le système de commandes de vol du 737 Max. Conçu spécialement pour le MAX, aux moteurs plus lourds que ceux de la génération précédente de 737, le système anti-décrochage MCAS était censé empêcher l'avion de partir en piqué, notamment en cas de perte de vitesse. Le système s'est activé automatiquement dans les deux catastrophes après avoir reçu des informations erronées indiquant que l'avion était en décrochage. Les pilotes ne connaissaient pas l'existence de ce système puisqu'il n'était pas dans les manuels de vol.

Après avoir sorti un correctif pour MCAS qui a été incriminé dans les deux accidents, d’autres problèmes ont fait surface, ce qui a contribué à rallonger le temps d’interdiction de vol de l’appareil. En outre, même les tests réalisés avec le correctif du système MCAS qui a été déployé se sont montrés très décevants. À ces problèmes, il faut ajouter également que l’organisme européen de réglementation de l’aviation a dressé une liste détaillée de cinq exigences majeures auxquelles l’avionneur américain doit répondre avant de permettre la remise en service du 737 Max, a rapporté Bloomberg en citant des personnes au courant de l’affaire.

C'est dans ce contexte que le patron exécutif de Boeing, Dennis Muilenburg, en difficulté depuis des mois en raison de la crise du 737 MAX, a démissionné. Les fonctions de Muilenburg avaient déjà été réduites en octobre. Celui-ci avait en effet perdu son titre de président du conseil d’administration au profit de David Calhoun, un directeur indépendant.


L'actuel PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, démissionne, avec prise d'effet immédiate

L'avionneur américain a accepté sa démission, estimant qu’un changement à la direction est indispensable pour restaurer la confiance dans le groupe, car elle s'efforce de rétablir les relations avec les autorités de réglementation, les clients et toutes les autres parties prenantes.

Dans un communiqué, Boeing précise que le directeur financier de l'entreprise, Greg Smith, exercera les fonctions de DG par intérim, durant cette brève période de transition. Il sera ensuite remplacé par David L. Calhoun, actuel président, à compter du 13 janvier prochain, date à laquelle ce dernier cumulera les postes de président et directeur général. De plus, Lawrence W. Kellner, membre du conseil, deviendra immédiatement président non exécutif du conseil.

L'avionneur assure que, sous la nouvelle direction de la société, Boeing fonctionnera avec un engagement renouvelé de transparence totale, y compris une communication efficace et proactive avec la FAA, d'autres régulateurs mondiaux et ses clients.

« Au nom de l'ensemble du conseil d'administration, je suis heureuse que Dave ait accepté de diriger Boeing à ce stade critique », a déclaré Kellner. Elle a ajouté*: « Dave possède une expérience approfondie de l'industrie et un historique avéré de leadership solide, et il reconnaît les défis auxquels nous devons faire face. Le Conseil d'administration et moi-même sommes impatients de travailler avec lui et le reste de l'équipe Boeing pour faire en sorte qu'aujourd'hui marque une nouvelle voie à suivre pour notre entreprise ».

Calhoun a déclaré : « Je crois fermement en l'avenir de Boeing et du 737 MAX. Je suis honoré de diriger cette grande entreprise et les 150 000 employés dévoués qui travaillent dur pour créer l'avenir de l'aviation ».

La décision de l'avionneur semble avoir été accueillie favorablement par les marchés financiers : en début de séance, l'action Boeing prenait plus de 3,5 %, à un peu plus de 335 dollars. En mars dernier, peu avant la catastrophe d'Ethiopian Airlines, la valeur de l'action tournait autour de 430 dollars, soit une perte d'environ 20 % en un peu moins de 10 mois.


Pour Calhoun, la première épreuve sera de conclure le scandale du 737 Max, une tâche qui s'annonce complexe. Le groupe a annoncé la semaine dernière la suspension, dès le mois prochain, de la production de son appareil vedette. Une décision qui fait écho aux dernières annonces de la FAA, qui a prévenu que le modèle ne serait probablement pas autorisé à voler à nouveau avant le premier trimestre 2020. Jusqu’ici, Boeing espérait obtenir le feu vert plus tôt, avant la fin de l’année 2019.

Jusqu’à présent, Dennis Muilenburg s’était refusé à démissionner, affirmant qu’il était de son devoir de surmonter la crise. Mais neuf mois après l’interdiction de vol, les autorités de sécurité aérienne n’ont toujours pas donné leur feu vert à la remise en service de l’appareil. La semaine dernière, le groupe a dû se résigner à arrêter la production du MAX à partir de janvier, faute de savoir quand les livraisons pourraient reprendre.

Source : Boeing

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Avatar de Edrixal
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 14:34
Citation Envoyé par MRSizok Voir le message
Qu'il faut leur lâcher les basquettes. Boeing exerce depuis des années. Que si vraiment cette avion était si pourri et que les employées étaient si certain d'eux. Pourquoi ils ont rien fait?
Saleté d'employé ! Ils aurait pu faire un effort et court-circuité la hiérarchie et déposer une plainte au commissariat du coin quand même !
Peut être tout simplement qu'aucun employé n'avais toute les cartes en main pour pouvoir prendre une décision et ou apporter les preuves nécessaire. De plus quel est le poids d'un employé face à une multinationale, multimilliardaire ? Sans compte que c'est la boite qui leur verse un salaire et qu'ils doivent avoir signé des clauses de confidentialité de tous coter.

Non franchement, qu'attendent les employés ?
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Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 10/01/2020 à 17:16
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
« cet avion est conçu par des clowns qui, à leur tour, sont supervisés par des singes »
Euh... Je ne voudrais pas la ramener mais ça ne s'applique pas forcément qu'aux avions...

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Avatar de eldran64
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 07/02/2020 à 9:07
Ça me rappel des projets que j'ai pu faire et pour lesquels on ne me laissait pas le temps de faire de vrais tests.

Bref, ça craint de voir encore une faille de sécu en plus. Ca donne vraiment l'impression que c'était des tombeaux volant.
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Avatar de pierre-y
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 19/01/2020 à 13:14
Il serait surtout emps d'arrêter les frais. Quand un avion a autant de soucis, il faut revoir la copies et arrêter de faire voler ce genre d'appareil.
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Avatar de AndMax
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 24/12/2019 à 11:47
Citation Envoyé par labiloute Voir le message
Quelqu'un en sait il plus, sur ces correctifs du MCAS ?
Le MCAS est déjà une correction pour un problème aérodynamique: le fait de mettre des moteurs plus gros sur le 737 MAX sans faire un train d’atterrissage beaucoup plus haut a conduit le constructeur à mettre les moteurs plus en avant, ce qui change le comportement naturel de l'avion par rapport au 737 NG ou aux modèles précédents. Par exemple lorsque le pilote demande plus de puissance aux moteurs, ça fait lever le nez de l'avion, le centre de poussée ayant été déplacé. Comportement différent = nouvelle certification requise pour les pilotes (ce qui n'est pas très "vendeur" pour les compagnies aériennes), ou alors, comme l'a fait Boeing, ajout d'une surcouche logicielle pour tenter de redonner au 737 MAX le comportement en vol du 737 NG. L'ennui, c'est qu'ajouter de la complexité sur un logiciel n'ira pas dans le sens de le sécurité, et que le logiciel n'est pas seul, il a besoin de capteurs et de sondes qui présentent aussi des risques.

Bref, je ne connais pas les détails sur les correctifs de la correction, mais je crois que c'est plus la conception initiale et la politique de l'entreprise en matière de documentation, information, essais et certifications qui "déçoivent" (le mot est faible), et qu'un patch logiciel ne pourra pas résoudre tout cela.
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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 10/01/2020 à 18:11
Leur arrogance coûte cher en vie humaine. Sinon, les messages trahissent une belle ambiance dans l'entreprise. En comparaison, Google passe pour un saint.

Boeing 737 MAX : le sous-traitant Spirit AeroSystems licencie près de 16 % de ses salariés
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Avatar de Altau
Membre averti https://www.developpez.com
Le 14/01/2020 à 15:11
Citation Envoyé par el_slapper Voir le message
... au lieu de chercher à résoudre les problèmes, elle veut des coupables, et taper dessus plutôt que de se poser des questions sur les vraies causes des soucis...
Tout le monde, dont Boeing, connaît les questions et les réponses : c'est la valeur de l'action de Boeing mise à mal par le défaut de concurrence face à Airbus qui les a conduit à lancer ce projet 737MAX à la va-vite et à subvertir la FAA. De plus en plus, le poids des actionnaires, le profit sont la B-A BA de la gestion au détriment de tout le reste. Mais c'est vrai qu'ils auraient pu un peu mieux réfléchir aux conséquences possibles de ce comportement qui finit, un jour ou l'autre, par faire boomerang. La recherche du profit maximal privé est la plaie de nos sociétés.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 13/01/2020 à 10:54
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
(.../...)Dans un communiqué de presse publiée par la compagnie jeudi, la compagnie a qualifié de « complètement inacceptables » les messages de ses employés. « Ces communications contiennent un langage provocateur et, dans certains cas, soulèvent des questions sur les interactions de Boeing avec la FAA dans le cadre du processus de qualification des simulateurs », a dit Boeing. « Ces communications ne reflètent pas la société que nous sommes et devons être, et elles sont tout à fait inacceptables. Cela dit, nous restons confiants dans le processus réglementaire de qualification de ces simulateurs », a-t-il ajouté.(.../...)
Ces gens là disaient la vérité, mais ils l'ont fait de manière non polie, alors c'est inacceptable..... on voit là le genre de réaction typique de toute structure toxique : au lieu de chercher à résoudre les problèmes, elle veut des coupables, et taper dessus plutôt que de se poser des questions sur les vraies causes des soucis.

Autre exemple : la hiérarchie Iranienne qui a promis de "punir les coupables" après le tir qui a dézingué un Boeing(un 737NG, donc un vrai avion) par erreur : aucune remise en question sur le matériel utilisé ou la formation de l'opérateur(les systèmes de DCA étaient-ils à jour sur l'identification des cibles? Si oui, l'opérateur était-il correctement formé? Si oui, sa hiérarchie a-t-elle paniqué et ordonné un tir contre toute évidence?)

Dans les deux cas, le grand chef cherche juste à se couvrir, et en aucun cas à régler les problèmes qu'il est payé(et bien payé) pour résoudre. C'est ça qui transparaît dans ces écrits. Ces mecs là ne savent que gueuler et accuser les autres. En aucun cas ils ne savent prendre des mesures pour améliorer ce qui se passe en interne. C'est le message (involontaire) sous-jacent des communications des uns et des autres
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Avatar de Edrixal
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 15:46
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Qu'est-ce que les employés de Boeing auraient pu faire exactement ?
À part se faire virer, je ne vois pas ce qu'il y avait à gagner...
Ce faire virer aurait été le cadet de leur soucis je pense. Boeing aurait balancer toutes l'artillerie judiciaire pour enterre au plus vite le scandale. Ce qui aurait complétement gâcher la vie de la personne qui aurait tenter d'élever la voix (Dette, prison, etc...). A moins que ce dernier ne soit une sorte de Snowden, et encore, pas sur que Snowden soit ultra heureux de sa situation actuelle.
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Avatar de SimonDecoline
Membre expert https://www.developpez.com
Le 19/01/2020 à 11:49
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ouais c'est jouable, l'avion est vraiment testé cette fois ci. Donc quand il passera les tests ce sera bon.
Le problème avec les logiciels c'est que parfois en corrigeant un problème on en créer d'autres (test de non régression).

Maintenant tous les pilotes du monde connaissent les problèmes et savent comment réagir. Donc dans le pire des cas ils devraient être capable d'éviter le crash (comme des pilotes l'ont déjà fait).
Rassure-moi : tu n'es pas développeur dans l'aéronautique, j'espère ?
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