Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Cryptomonnaie : la Banque de France prévoit d'expérimenter un euro numérique dès 2020
En réponse à l'initiative Libra de Facebook

Le , par Stéphane le calme

99PARTAGES

21  0 
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé ce mercredi que l'institution allait expérimenter dès l'année prochaine une Monnaie Digitale de Banque Centrale (MDBC). C'est une première en Europe. « Nous entendons commencer des expérimentations rapidement et lancer un appel à projets (pour des acteurs du secteur privé) d'ici à la fin du premier trimestre 2020 », a-t-il expliqué lors d'une conférence de l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). Le projet sera réservé aux institutions financières.

L'expérimentation française participera « à l'étude d'un éventuel e-euro » porté par l'Eurosystème, un sujet déjà évoqué lundi devant le Parlement européen par la nouvelle présidente de la banque centrale européenne, Christine Lagarde, a développé Villeroy de Galhau.

Il a noté tout d’abord les grandes tendances qui caractérisent le marché des paiements en Europe. La numérisation croissante des paiements scripturaux (qui a pour corollaire une diminution significative de la demande d’espèces dans certains pays, de la Suède à la Chine) a été favorisée par la montée en puissance d’acteurs non bancaires. « Et il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, le "centre de gravité" des paiements se déplace vers ces nouveaux acteurs, notamment les BigTechs. Ce basculement constitue à la fois un défi pour le modèle économique des banques et un enjeu de souveraineté pour l’Europe, dès lors que les infrastructures, le savoir-faire et la technologie qui les sous-tendent seraient pour l’essentiel détenus par des entreprises non européennes ».

L’émergence parallèle d’une nouvelle génération de cryptoactifs amplifie ces ruptures. Ainsi, aux premiers cryptoactifs spéculatifs tels que les bitcoins (très volatils, sans réel sous-jacent économique et peut-être sans grande perspective selon le gouverneur), a succédé une seconde génération d’actifs, fondés sur la même technologie blockchain prometteuse, mais assortis désormais de mécanismes destinés à stabiliser leur valeur, les stablecoins. Ces stablecoins, grâce aux effets de réseau, pourraient apporter une solution concrète en matière de paiements transfrontaliers qui sont encore trop chers et trop lents.

Pour le gouverneur, « il est bien sûr exclu, pour nous, banquiers centraux et superviseurs, de subir ce changement. Nous devons assumer pleinement l’exercice de notre double objectif – garantir la confiance / soutenir l’innovation – qui est inscrit dans l’ADN même de notre institution ». L'initiative de la Banque de France vise à renforcer l'efficacité et la productivité du système financier, tout en favorisant la confiance dans la monnaie. Elle « permettrait de disposer d'un puissant levier d'affirmation de notre souveraineté face aux initiatives privées du type Libra », selon le gouverneur, qui a souligné le « déclic » constitué par l'annonce en juin du projet de Facebook. Outre Facebook, la banque américaine JPMorgan a également annoncé en février le prochain lancement du JPM Coin, adossé au dollar et réservé aux investisseurs institutionnels.


Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, très opposé au futur Libra, avait appelé de ses vœux en septembre à la création d'une monnaie numérique publique. Il avait également souligné l'importance de ne pas être distancé par d'autres pays comme la Chine, qui avancent très vite sur leur projet de cryptomonnaie nationale.

Un appel qui rejoint celui de Villeroy de Galhau : « Je vois un intérêt certain à avancer rapidement sur l'émission au moins d'une MDBC de gros [NDLR : destinée aux paiements entre acteurs du secteur financier] afin d'être le premier émetteur au niveau international et tirer ainsi les bénéfices réservés à une MDBC de référence ».

Il a partagé ses réflexions sur trois dimensions : les finalités, les externalités et les modalités possibles d’une telle monnaie numérique de Banque centrale.

Finalités possibles

« Je vois, à ce stade, trois finalités différentes – mais non exclusives les unes des autres – à la digitalisation de la monnaie de banque centrale. La première tient à la volonté, dans les pays comme la Suède où l’utilisation des espèces est en fort déclin, de garantir l’accès des citoyens à la monnaie de banque centrale. Disposer d’une MDBC permettrait alors de préserver la confiance dans le système financier qui résulte en partie de la possibilité d’échanger ses avoirs contre de la monnaie légale. Le deuxième argument porte sur les gains d’efficacité, la réduction des coûts d’intermédiation et la robustesse potentiellement générés par la « tokénisation » de la monnaie centrale notamment dans les activités de règlement et de post-marché (objectif également visé par le projet JPM Coin de la banque JP Morgan). Enfin, troisième finalité – la plus importante pour les autorités politiques, y compris en France et en Europe – la mise en place d’une MDBC nous permettrait de disposer d’un puissant levier d’affirmation de notre souveraineté face aux initiatives privées du type Libra. C’est d’ailleurs l’une des préoccupations mises en avant par la Banque centrale chinoise dans son projet de Digital Currency Electronic Payment (DCEP) ».

Dans un tel contexte, quelle forme donner au MDBC ? En la matière, les attentes du grand public diffèrent sensiblement de celles des institutions financières. Deux usages différents de MDBC pourraient donc à terme se côtoyer, l’un destiné aux paiements entre acteurs du secteur financier (monnaie dite de « gros ») utilisant la blockchain et toutes ses possibilités, notamment la disponibilité de « smart contracts», l’autre destiné au public (monnaie dite de «détail »), plus simple et mieux à même de traiter des opérations de masse. À cet égard, le gouverneur estime que les institutions financières disposent d’un niveau de maturité numérique plus élevé que les particuliers puisqu’elles accèdent déjà à la monnaie centrale sous forme numérique grâce à leurs comptes à la banque centrale.

Externalités possibles

« L’émission d’une MDBC peut générer des externalités positives significatives en accroissant la productivité du secteur financier et au-delà de l’économie, et en soutenant la confiance dans la monnaie et le système financier. Mais parallèlement, il nous faut absolument étudier les externalités potentiellement négatives qu’une MDBC pourrait avoir sur la liquidité, la rentabilité et l’intermédiation bancaires. Les risques associés aux conversions importantes et/ou soudaines de dépôts bancaires vers la monnaie centrale devront, à ce titre, être strictement étudiés ».

Modalités possibles

« La troisième dimension tient aux modalités de diffusion de la MDBC, notamment "de détail", qui devront faire l’objet d’une vigilance particulière. Je pense à la question de son statut légal – qui n’est pas indispensable, mais probable – ; aux conditions de sa détention – sous forme de comptes plutôt que de jetons – ; et, enfin, à la possibilité d’y accéder pour les non-résidents, ce qui favoriserait incontestablement son internationalisation. Par ailleurs, grâce à un savoir-faire éprouvé en matière d’instruments de paiement, de connaissance de la clientèle et de suivi des transactions, les intermédiaires financiers pourront jouer un rôle de vigie aux avant-postes de la distribution de la MDBC. Une réflexion parallèle devra nécessairement être engagée pour définir les possibilités d’anonymat lorsque la MDBC circule "de personne à personne". Des seuils sur les montants de transactions anonymes, comme cela se fait déjà en France pour les paiements en monnaie électronique ou en cash, pourraient être instaurés dans ce but ».

Source : discours du gouverneur de la Banque de France

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ?

Voir aussi :

Taxe GAFA : l'Union européenne « agira d'une seule voix » face aux menaces américaines d'imposer des droits punitifs allant jusqu'à 100 % sur les produits français
La Chine exclut l'extraction du bitcoin de la liste des activités restreintes, alors qu'elle est en train de développer sa propre cryptomonnaie, selon un rapport
La cryptomonnaie Libra de Facebook serait architecturalement instable selon Stephen Diehl, un ingénieur en logiciel
Le Bitcoin maintient le cap après que la Chine ait exprimé son soutien à la blockchain, la cryptomonnaie ayant enregistré un bond de 24 % entre vendredi et samedi

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de
https://www.developpez.com
Le 06/12/2019 à 9:08
Citation Envoyé par matthius Voir le message
Maastricht impose de passer par les banques privées. Je n'aurai pas voté pour ce truc si j'avais su ça.
Rassure toi, ça n'aurait rien changé. En france on a voté en majorité contre et sarko s'est assit dessus.
Dans d'autres pays ils ont fait revoter encore et encore jusqu'à ce que les gens votent pour.
Dans les pays ou ça ne serait jamais passé on ne les a pas fait voter
9  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 21:39
Que pensez-vous de cette initiative ?
Bah, les banques préparent la fin des billets de banque depuis un p'tit moment déjà et l'argument de l'anonymat est clairement bidon.

Plus de billet de banque = la dernière liberté qui s'envole
De toute façon, au point ou on en est
9  1 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 21:53
Citation Envoyé par chrotrophe Voir le message
Tout bon économiste sais que ça n'arrange personne d'avoir une population avec un faible revenu
Pas convaincu du tout, regarde comment les gens fonctionne, moins ils gagnent et plus ils dépensent.
Plus ils gagnent et plus ils font attention à ce qu'ils possèdent et mettent un maximum de coté. Ils font tous ça, le smicard sait qu'il n'a pas beaucoup et qu'il ne peut pas mettre de coté et forcé d'acheter de la qualité médiocre qu'il faut remplacer régulièrement.

Un truc sur lequel tout le monde est d'accord c'est que celui qui a peut partage bien plus facilement que celui qui a beaucoup et préfère accumuler. Il y a aussi le sentiment de frustration, celui qui a peu, dès qu'il a un peu plus sous forme de prime par exemple, il ira dépenser son argent pour se faire plaisir.

Les pauvres se sentent "vivre" quand ils dépensent, les riches n'aiment pas voir leur compte en banque se vider.
Le riche n'achète pas ou peu de nutella, le pauvre va se jeter dessus si c'est en promo quitte à en acheter 10x plus qu'à la normal au point d'avoir dépensé plus d'argent qu'à l'habitude et comme il en a plus il en mangera aussi plus que la normal.

Un bon exemple sur Youtube, regarde studio danielle. Tu vois que cette femme en a chié toute sa vie, son comportement le montre dans pas mal de vidéo. Tu verra aussi que son pote lui fait remarqué qu'elle a de plus en plus de mal à dépenser de l'argent alors qu'elle gagne beaucoup plus depuis qu'elle fait des vidéos que lorsqu'elle travaillait.

C'est un comportement que tu retrouves régulièrement. Chez les jeunes ça claque facilement parce qu'ils sont facilement influençable, n'ont rien et n'ont plus à demander la permission, à prendre en compte.

Je vois aussi bien plus de smicard acheter de l'iPhone à crédit que de "riche", ça compense la frustation et le rassure sur "moi aussi je peux en avoir un".

Consommer est bon pour le capitalisme. A ce moment là pourquoi ne pas donner plus pour que les gens consomme encore plus ? c'est p'tet qu'il y a un équilibre à maintenir. Ca fait déjà bien longtemps que l'argent tient du bit informatique que sa valeur OR qui n'a plus cour.
8  1 
Avatar de matthius
Inactif https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 23:43
Maastricht impose de passer par les banques privées. Je n'aurai pas voté pour ce truc si j'avais su ça.
3  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 22:01
Citation Envoyé par Stérilux Voir le message
Bah, les banques préparent la fin des billets de banque depuis un p'tit moment déjà et l'argument de l'anonymat est clairement bidon.

Plus de billet de banque = la dernière liberté qui s'envole
De toute façon, au point ou on en est
C'est vrai que j'ai pas pensé à ce truc pourtant évident...
tu as totalement raison !
3  1 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 21:37
Je préfère avoir ma monnaie stockée en numérique via un état qui en assure la stabilité derrière plutôt que la volatilité des gens qui joignent et quitte cette monnaie et lui donne une valeur instable avec spéculation qui ne repose sur rien d'autre que le bon vouloir des fortunés pour rejoindre ou non ces crypto...

En d'autres termes, ça me semble être une bonne initiative.

Déjà, parce-que ça exclue la notion de dette (qui est juste du grand n'importe quoi au niveau de la France avec une augmentation de 2665 euros par secondes!) vu que la monnaie est rattaché à ceux qui en font partie et non le passif de celui qui crée la monnaie.

Ensuite, parce-que nous y sommes, nous avons besoin ou que nous soyons dans le monde, d'avoir une monnaie commune exemptée des charges et de la variabilité standard des monnaies de chaque pays.

maintenant, il reste à régler véritablement le problème de la dette de la France qui fait qu'un Français sur un SMIC de 1201 euros aurait normalement sans cette dette totalement injustifiée et injustifiable un smic de 2300 euros.

Tout bon économiste sais que ça n'arrange personne d'avoir une population avec un faible revenu car ce revenu une fois arrivé à l'état par les diverses taxes n'est pas suffisant pour en faire des choses solides.

qu'ils arrêté déjà d'émettre de la dette à l'étranger afin de ramener les capitaux ici afin que la spéculation sur la crypto de la banque de France puisse servir à racheter la dette.
Car actuellement, la dette augmente aussi en grande partie car elle est détenu par des étranger qui on donc un droit via la possession des créances.
Ils achètes de la dette, on l'utilise et on les rembourses, sauf que les intérêts continue de grimper.

La stratégie est franchement mal pensé et ça me fait halluciner qu'en 2019 rien de sérieux ne soit poser sur la table pour arrêter d'appauvrir les Français avec une dette qui n'est pas de leur responsabilité.
4  3 
Avatar de 23JFK
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 23:36
Ce gouvernement passe son temps à casser les c*lles des citoyens Français pour (soit disant) sauver la planète et ces "pro" ne trouvent rien de plus intelligent que de mettre en oeuvre la techno des cryptomonnaires qui est la plus polluante de toutes les activités de la high-tec... Des génies !
4  3 
Avatar de eldran64
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/12/2019 à 11:26
Citation Envoyé par 23JFK Voir le message
Ce gouvernement passe son temps à casser les c*lles des citoyens Français pour (soit disant) sauver la planète et ces "pro" ne trouvent rien de plus intelligent que de mettre en oeuvre la techno des cryptomonnaires qui est la plus polluante de toutes les activités de la high-tec... Des génies !
Techniquement ce n'est pas les cryptomonnaies qui sont polluantes mais l'activité de minage. Où on utilise de l'énergie pour miner des éléments virtuels.
2  1