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Si vous êtes si intelligent, pourquoi n'êtes-vous pas riche ?
Une nouvelle étude suggère que les personnes qui réussissent le mieux ne sont pas les plus talentueuses, mais les plus chanceuses

Le , par Christian Olivier

652PARTAGES

38  1 
La répartition des richesses suit un modèle bien connu, parfois appelé règle du 80:20 : 80 % de la richesse appartient à 20 % de la population. Un rapport publié l’an dernier illustre d’ailleurs bien ce phénomène qui semble toucher toutes les formes d’organisations sociales : il a établi que seulement huit hommes sur la planète disposaient d’une richesse totale équivalente à celle des 3,8 milliards de personnes les plus pauvres du monde. La répartition de la richesse en fonction des exigences de la loi du pouvoir est controversée en raison des questions qu’elle soulève au sujet de l’équité et du mérite. Pourquoi si peu de gens auraient-ils autant de richesses ;?

Talent vs chance : le rôle du hasard dans le succès et l’échec

La réponse classique est que nous vivons dans une méritocratie où les gens sont récompensés pour leur talent, leur intelligence, leurs efforts, etc. Et avec le temps, beaucoup de gens ont commencé à penser que c’est ce mécanisme apparent d’attribution de la richesse qui est institué.

Cependant, il y a un problème avec cette conception : alors que la répartition des richesses suit une loi du pouvoir, la répartition des compétences humaines suit généralement une distribution normale symétrique par rapport à une valeur moyenne. Par exemple, l’intelligence (mesurée par les tests de QI) ou l’effort (mesuré en heures travaillées), suivent ce modèle. Le QI moyen est de 100, mais qui a déjà entendu parler d’une personne avec un QI de 1000 ;? De la même manière, certaines personnes travaillent plus d’heures que la moyenne et d’autres moins, mais personne ne travaille un milliard de fois plus d’heures que les autres.

Et pourtant, dès lors qu’il s’agit de récompenser cet effort, vous vous rendrez compte que certaines personnes sont des milliards de fois plus riches que d’autres. Quels facteurs, au final, déterminent comment les individus deviennent riches ;? Se pourrait-il que certains ces facteurs jouent un rôle plus important que ce à quoi on pourrait s’attendre ;? Comment ces facteurs, quels qu’ils soient, peuvent être exploités pour rendre le monde meilleur et plus juste ;?


Un nouveau modèle informatique de création de richesse montre que les personnes qui réussissent le mieux dans la vie ne sont pas les plus talentueuses, mais les plus chanceuses. Il a été mis au point par Alessandro Pluchino et quelques de ses collègues à l’université de Catane en Italie. Ces derniers l’ont présenté comme un modèle informatique du talent humain et de la façon dont les gens utilisent ce talent pour exploiter les opportunités de la vie. Il a notamment permis aux chercheurs d’étudier le rôle du hasard dans ce processus.

Comment fonctionne ce modèle informatique

Leurs simulations qui tentent de reproduire aussi fidèlement que possible la répartition de la richesse dans le monde réel montrent que les personnes les plus riches ne sont pas les plus talentueuses (bien qu’elles doivent avoir un certain niveau de talent) mais simplement les plus chanceuses. Leur travail pourrait avoir d’importantes répercussions sur la façon dont les sociétés optimisent le rendement de leurs investissements dans tous les domaines, des affaires à la science.

Le modèle de Pluchino se compose de N individus, chacun avec un certain niveau de talent (aptitude, compétence, intelligence, etc.). Ce talent se répartit normalement autour d’un certain niveau moyen, avec un certain écart-type. Certains individus sont donc plus talentueux que la moyenne et d’autres le sont moins, mais personne n’est plus talentueux que quiconque. On peut observer le même type de distribution pour diverses habiletés humaines ou des caractéristiques comme la taille ou le poids : certaines personnes sont plus grandes ou plus petites que la moyenne, mais personne n’a la taille d’une fourmi ou d’un gratte-ciel, car nous sommes tous assez semblables.

Le modèle informatique de Pluchino permet de suivre chaque individu tout au long de sa vie active de 40 ans. Pendant ce temps, les individus vivent des événements heureux qu’ils peuvent exploiter pour augmenter leur richesse s’ils sont suffisamment talentueux. Toutefois, ils traversent aussi des épisodes malheureux qui sont susceptibles de réduire leur richesse. Ces événements se produisent au hasard. À la fin des 40 ans, Pluchino et ses collaborateurs classent les individus en fonction de leur richesse et étudient les caractéristiques de ceux qui réussissent le mieux. Ils calculent également la répartition de la richesse. Ils répètent ensuite la simulation plusieurs fois pour vérifier la robustesse du résultat.

Les résultats de la recherche

Lorsque l’équipe classe les individus en fonction de leur richesse, la répartition est exactement la même que dans les sociétés du monde réel. « ;La règle “80-20” est respectée, puisque 80 % de la population ne possède que 20 % du capital total, tandis que les 20 % restants détiennent 80 % du même capital ;», rapportent les chercheurs. Ils ajoutent que « ;le succès maximum ne coïncide jamais avec le talent maximum, et vice-versa ;». Dans ce cas, si ce n’est pas le talent, quel autre facteur est à l’origine de cette répartition asymétrique de la richesse ;?

Les simulations des chercheurs ont clairement montré que le facteur décisif n’est que la chance, en classant les individus en fonction du nombre d’événements chanceux et malchanceux qu’ils ont vécus au cours de leurs 40 ans de carrière : « ;les personnes qui réussissent le mieux sont aussi celles qui ont le plus de chance ;» et « ;celles qui réussissent le moins sont aussi les plus malchanceuses ;».

Quelles pourraient être les conséquences de cette étude pour la société ;? Quels secteurs pourraient bénéficier des découvertes faites dans ce domaine ;? Quelle stratégie faudrait-il mettre en place pour tirer pleinement parti du rôle que joue la chance dans le succès ;?

Signalons au passage que le Conseil européen de la recherche a récemment injecté 1,7 million de dollars US dans un programme visant à étudier le rôle de la chance dans les découvertes scientifiques et à déterminer comment l’exploiter pour améliorer les maximiser le rendement des investissements.

Source : Étude (PDF)

Et vous ?

Que pensez-vous des données présentées par cette étude ?
À votre avis, quel facteur détermine le plus comment les individus deviennent riches ?

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Avatar de sergio_is_back
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 14:49
Citation Envoyé par nikau6 Voir le message
La méritocratie est un mythe.
...
Le mérite n'existe pas. Ça n'est qu'une illusion qui sert à flatter les egos de ceux qui réussissent vraiment.
Vaste débat...
Mais si la "méritocratie" n'existe pas rien n’empêche cependant d'essayer de se sortir les doigts du cul ne serait-ce que pour avoir un meilleur salaire, un travail plus intéressant... Et puis chacun juge la réussite à sa façon pour ma part ça n'a jamais été l'argent qui m'a guidé mais la soif d'apprendre, de progresser et de faire des choses que les autres ne font pas et de travailler avec des gens enrichissants et sur des projets que l'on ne voit ailleurs...
13  0 
Avatar de pboulanger
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 14:12
La chance intervient certainement mais n'est pas la seule raison: une capacité à s’asseoir sur les règles ou les lois n'y est pas étranger. Bill Gates a écrasé la concurrence par des procédés dont certains ont été déclarés illégaux. Steve Jobs était un dictateur... Trump je crois que cela ne sert à rien d'en parler... Facebook a été inventé par une personne qui a été lésée par Zuckenberg... Les méthodes de Google sont dans les viseurs des législateurs de nombreux pays...
14  2 
Avatar de sergio_is_back
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 15:58
Citation Envoyé par SoyouzH2 Voir le message

Tout ça pour dire : Oui c'est de la pure chance, l'école Française ne réduit en rien les inégalités.
Rien. 0. C'est du bullshit et Anyway les gars comme moi toute façon t'en croisera pas dans tes futurs postes d'ingénieurs, de directeur TI, vue qu'ont est 3 péons sur 100.
C'est fou comme beaucoup semble désillusionnés. Vous vous attendiez à quoi en sortant des études ? A être les rois du pétrole ?

J'ai commencé comme emballeur puis conducteur de Fenwick, puis j'ai assemblé des essuies-glace en horaire de nuit (travail ô combien palpitant), etc...
Ma frangine qui est professeur a commencé par faire des frites chez McDo...
Mon frère qui travaille chez LVMH a commencé comme boy à tout faire chez un artisan électricien...

Je pense que la société, l'éducation nationale, les médias ne préparent pas correctement à la vie d'adulte. On en est à faire miroiter un "revenu universel" c'est OK mais qui c'est qui va payer ? Et puis ça va pas aider, à mon avis, à encourager les gens à se prendre en main et à se dépasser...

Après la chance c'est chose par nature versatile, faut aussi savoir la saisir quand elle passe (si elle passe ce qui n'est jamais un phénomène acquis)
8  0 
Avatar de nikau6
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 14:31
La méritocratie est un mythe.
Qui est responsable d'avoir un QI élevé ou bas ? Qui est responsable de son caractère ou de sa personnalité ? Qui est responsable du milieu dans lequel il a grandit ? Qui est responsable d'avoir du talent ou de ne pas en avoir ? Et puis il faut ajouter le paramètre chance qui a aussi son importance.
En gros, qui est responsable d’être ce qu'il est ??
Réponse : Personne !!
Le mérite n'existe pas. Ça n'est qu'une illusion qui sert à flatter les egos de ceux qui réussissent vraiment.
11  4 
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 17:39
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
(.../...)C'est pour cela que la vision fataliste est très préjudiciable, on bride les personnes, plutôt que de les encourager.(.../...)
C'est tout le paradoxe.

Un jour, en ces lieux, alors que les mélenchonnistes accusaient l'état de l'assassinat de Rémi Fraisse et que je protestais(pour moi, tout au plus un homicide par imprudence), un posteur(dont j'ai oublié le nom) plus futé que les autres m'a fait remarquer que "les gauchistes ignoraient tout de l'echelon individuel, ils ne connaissent que le système - dans ce système de pensée, le terme assassinat est justifié". Ce qui se tient, mais ce n'est pas mon propos. Mon propos est de constater que les droitistes, inversement, ne connaissent que l'échelon individuel, et ignorent tout des effets pourtant massifs du système.

Plus généralement, ce genre de sujet ne peut se comprendre que si on le regarde à plusieurs échelles simultanément. l’Échelle de tes contradicteurs, c'est l'échelle statistique, sans pitié, qui démontre que globalement, le déterminisme social est réellement un boulet pour qui n'est pas bien né. Ton échelle à toi, tout aussi intéressante, c'est celle de l'individu, libre d'outrepasser le déterminisme statistique. D'ailleurs, statistiquement, il y a des exceptions. Toute la difficulté, et tu le soulignes bien, c'est de mesurer le déterminisme statistique(pour mieux le combattre) sans démotiver les gens qui en sont victimes.

De même que dire "peu d'enfants d'ouvriers deviennent centraliens"(ce qui est vrai) n'empêche pas certains de faire ce parcours(mon père l'a fait). Ce sont deux réalités qui ne sont contradictoires que si on ne mesure pas la différence d'échelle entre les deux. Il ne suffit pas de dire "il existe des exceptions" pour effacer la discrimination. A niveau équivalent, un fils de cadre sera toujours favorisé par rapport à un fils d'ouvrier. Celui-ci devra être largement meilleur pour compenser. Et on peut dire pareil (a des degrés variables, en plus, histoire de rendre l'ensemble encore plus piégeux) des autre discriminés, femmes, noirs..... Tout ceci doit être pris en compte. Et tout ceci est juste de la probabilité, un lancer de dés heureux(ou malheureux), et on a un individu exceptionnel qui échappe au déterminisme.
7  0 
Avatar de L33tige
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 14:38
Citation Envoyé par nikau6 Voir le message
La méritocratie est un mythe.
Qui est responsable d'avoir un QI élevé ou bas ? Qui est responsable de son caractère ou de sa personnalité ? Qui est responsable du milieu dans lequel il a grandit ?
En gros, qui est responsable d’être ce qu'il est ??
Reponse : Personne !!
Le mérite n'existe pas. Ça n'est qu'une illusion qui flatte les egos de ceux qui deviennent riche.
Et même pire, le mérite, c'est surtout un oasis qui permet à la masse de continuer à marcher dans une direction avec une infime chance d'y arriver.

C'est un peu la pierre angulaire du capitalisme "espérer", s'il n'y à plus d'espoir ou de rêve de réussite, tout le monde arrêterais de se lever pour travailler...
7  2 
Avatar de sergio_is_back
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 15:13
Citation Envoyé par nikau6 Voir le message
Et d’où te vient cette soif d'apprendre et de progresser que d'autres n'ont pas ? D'un nombre incalculable de paramètres dont tu n'es aucunement responsable.
Je n'ai jamais être responsable d’événements et/ou de faits sur lesquels je n'ai aucun contrôle comme :

  • mes origines
  • ma naissance
  • le milieu dont je suis originaire
  • l'éducation que mes parents m'ont prodigué
  • mon taille
  • ma couleur de peau
  • la taille de mon sexe
  • la couleur de mes yeux
  • mon année de naissance
  • etc...


Je dis juste que certains veulent faire quelque chose de leur vie et d'autres pas toujours...
Je ne dis pas (par contre) que lorsque l'on veut on peut comme c'est souvent... On occulte beaucoup de choses derrière cette phrase toute faîte...
Mais que lorsque l'on veut, c'est un peu plus facile... Mais ça ne garanti rien non plus... C'est ce que j'explique à mon fils (le plus grand), que dans la vie rien n'est acquis, il faut sans cesse se remettre à l’œuvre... Et que l'on a rien sans rien...

Après tout dépend où l'on place le curseur de la "réussite"... à 2000€/mois ou 1 000 000€/mois
Chacun voit midi à sa porte... mais aujourd'hui le mot "réussite" est synonyme de "millionnaire", tout le reste semble occulté y compris la satisfaction personnelle dans le travail...
6  1 
Avatar de sebastiano
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 15:42
Dire que la méritocratie n'existe pas, c'est bien un argument de développeur (vive le binaire ).

Je ne dis pas que la méritocratie existe et est force de valeur, loin de là, c'est plus nuancé, et on est quand même guidés par des choix et on oriente notre vie dans les limites de ce qu'on peut et sait faire.

Je vais pas étaler ma vie, mais moi je pars de zéro, sans aucun diplôme, d'une famille de prolos comme diraient les bourgeois, premier taff ouvrier magasin, deuxième taff manutentionnaire de nuit, aucun apport pour financer quoi que ce soit, des difficultés pour être à l'aise en public etc. ça m'a pas empêché de me sortir les doigts du cul, d'apprendre, de changer de région, de vie et d'aller choper un taff qui me permet d'avoir un salaire qui, soi-disant, est supérieur à celui de 84% de la population française. Et maintenant je touche au bonheur avec une femme, des enfants, sur le point d'être propriétaire dans un lieu huppé, c'est tout ce que j'attendais de la vie.

Maintenant certains vont me sortir l'argument sociétal : t'es né en France, t'es blanc, l'état est ton parachute, t'as pas subi de discrimination etc. et je répondrai juste que c'est une question de point de vue, car du mien, celui qui a fait un bac+5 en étant aidé par ses parents est un privilégié.

On blablate plus qu'on agit et ça c'est un problème qui se retrouve partout, notamment à l'école où on déporte de plus en plus d'échecs des gamins sur les professeurs. Je me demande si on ne va pas droit dans le mur.
5  0 
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 22/10/2019 à 19:24
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Le problème est que vous (la gauche) surestimez grandement les effets du "système", et ne cherchez pas à en comprendre les mécanismes.
C'est extraordinaire : je commence par dire que la gauche raconte des conneries par aveuglément méthodologique(sujet avec lequel on peut être d'accord ou non, et je présuppose que les gauchistes, enfin les vrais, ne seront pas d'accord avec moi), et tu m'associes à la gauche. Je ne suis certes pas de droite non plus, mais ce simple tour de passe-passe pour me mettre dans le même panier que les autres démontre bien que tu n'est pas là pour comprendre, mais pour appliquer aveuglément tes propres grilles de lecture.

Alors comme je suis gentil, je vais quand même répondre à tes autres points, mais le simple fait que tu me mettes dans le même panier que les mélenchonnistes(puissent-ils crever de faim au Venezuela ou sous les bombes en Syrie) me fait douter de ta capacité de compréhension des problèmes non-binaires.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
C'est d'ailleurs un gros problème de certains courants pseudo-scientifiques sociologiques, ils mettent en évidence des statistiques, et s'arrêtent là, ne recherchent pas ce qu'il y a derrière ce phénomène, qui reste pour eux "magique", et constitue donc une injustice.
Ca dépend.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Justement, non, les statistiques ne disent absolument pas cela.
Les statistiques mettent en évidence une différence, elles ne disent rien de plus.
Les statistiques viennent rarement seules. Généralement, il y a des études sérieuses derriere. Pas toujours, je te le concède. Mais toi tu pars du postulat inverse : pour toi, rien n'est vrai, donc rien n'est vrai. Pas très scientifique non plus.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
C'est exactement la même chose pour les inégalités de salaires basés sur les statistiques de salaires de l'INSEE.
Dire que cela prouve un sexisme est une incompréhension profonde des modèles utilisés et du sens qu'ils ont.(.../...)
ca nécéssite en effet pas mal d'analyse. De mémoire, la différence (au niveau des genres)se divise en 3 grands pans

  1. le temps de travail
  2. le type de métier effectué
  3. la négociation salariale


Et les trois peuvent être interprétés dans les deux sens. On peut parfaitement, à la lumière de ces éléments, conclure "ces grognasses n'ont qu'à faire plus d'heures, choisir mieux leur métier, et mieux négocier leur salaire". On peut aussi constater qu'un métier qui se masculinise voit la paye moyenne augmenter(et vice versa), que le temps partiel est plus souvent subi que choisi, et que les attentes sociales vis-à-vis des une et des unes font que les unes seront moins encouragées à aller négocier au couteau de cuisine avec leur employeur.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Ici, c'est pareil. Premièrement, c'est une corrélation, pas une causalité. Notamment, on sait que la culture familiale, indépendamment de sa situation socio-économique, influence ces phénomènes de "déterminisme" social. En effet, dans les familles d'origine asiatique, ce "déterminisme" n'existe pas.
Bien évidemment. Le gamin de l'âge de mon fils(20 mois) que je vois dans le tram scotché à Dragon Ball Z sur une tablette part évidemment avec un handicap par rapport à mon fils qui n'a que de l'écrit papier à se mettre sous la main. N'en reste pas moins que c'est une réelle injustice : il part avec un handicap. Que des schémas culturels soient un bénéfice ou un frein, c'est une évidence(ton exemple asiatique le rappelle). Ils n'en sont pas moins réels, et constituent de réels freins.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Ensuite, les statistiques ne disent absolument pas si cela constitue ou non un frein. En effet, elles ne disent absolument pas combien, cherchent, veulent, devenir cadre. Notamment, certaines personnes sont très heureuses d'effectuer un travail manuel, et je ne vois pas de quel droit tu jugerais que cela vaudrait moins qu'un autre métier. D'autres personnes veulent reprendre l'activité familiale dans laquelle ils ont grandis (e.g. coiffure, restaurant, artisan, vendeurs, …), et grand bien leur fasse si cela leur plaît.
Noooon, bien sur, le fils d'ouvrier prolétaire et non-éduqué se complait dans la misère. Tu est ridicule. Ce n'est pas qu'il ne veut pas devenir carde, c'est qu'il n'a même pas les codes culturels pour l'imaginer. C'est ça, le déterminisme social. Ce n'est pas vrai chez tous, mais c'est quand même très répandu.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
C'est la même chose pour un certain nombre de phénomène qui influencent les performances. Si on ne regarde que les statistiques, c'est bizarre, c'est une injustice. Si on va plus loin, on voit que cela peut s'expliquer très bêtement et de manière beaucoup moins "choquante". Par exemple, la menace du stéréotype ne s'applique qu'à certains individus, dans des proportions différentes, cela n'a rien de magique contrairement à ce que veut nous faire croire certains courants de la sociologie. Une fois qu'on creuse et qu'on cherche à comprendre ces phénomènes, on se rend compte qu'il n'y a finalement pas de quoi casser 3 pattes à un canard.
Ben parfois, si. Je sais bien que parfois ils poussent le bouchon un peu loin(ce que je dénonçais au début de mon message précédent, d'ailleurs), mais toi, tu ne te gènes pas non plus.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 28/10/2019 à 15:19
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
(.../...)Et enfin parce qu'on parle d'une richesse relative, alors que la richesse absolue est aussi à prendre en compte. Notamment, même si les inégalités peuvent se creuser par endroit, les pauvres sont de moins en moins pauvres. De manière économique, il me semble qu'il avait été démontré que pour devenir encore plus riches, les riches ont besoin de rendre les pauvres moins pauvres. En effet, si tu as une entreprise, tu as besoin de clients pour augmenter ton CA, donc que tes clients aient de l'argent à dépenser.
Tu as raison sur le principe(le vieux Ford avait fait fortune sur le principe "faire les produits le moins cher possibles, de la meilleure qualité possible, en payant les travailleurs le plus cher possible", et il avait passé la crise de 29 sans trop de casse, lui), mais ce n'est pas ça qui se passe en vrai. tu n'as qu'à voir qu'une augmentation dérisoire sur le prix du pétrole(France) ou du métro(Chili) suffit pour provoquer un soulèvement massif. Dit autrement, ce qui se passe, c'est que les pauvres n'ont plus de marge de progression visible. Voire même, ils régressent, tandis que les classes moyennes supérieures(nous) progressent juste assez pour ne pas être solidaires.

Et les riches actuels contournent ce problème en allant chercher la clientèle ailleurs : les classes populaires et moyennes des pays émergents, elles, progressent en quantité(fortement) et en pouvoir d'achat(faiblement), et compensent la perte de clientèle en occident.

On peut même dire que c'est juste et bon, que c'est juste la décolonisation qui continue, et qu'un prolétaire Français n'a pas à gagner plus qu'un prolétaire indien. Mais on peut aussi comprendre le prolétaire Français - ou Chilien - qui en a marre de voir sa situation empirer(car oui, elle empire, la France ou le Chili ne sont plus des pays émergents, même si c'est plus récent pour le Chili) pendant que les riches, eux, s'enrichissent bel et bien.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
La manière dont on réparti la richesse produite, est un sujet intéressant. D'un côté, il est du droit de tous de pouvoir accumuler de la richesse et de pouvoir jouir de celle héritée par sa famille. De l'autre, il ne faut pas que cette accumulation se fasse au prix d'abus sur la répartition de la richesse produite, i.e. il ne faut pas que les employés d'une entreprise soient payés au lance-pierre, ils doivent toucher juste rétribution de leur travail.
Et ce n'est pas ce qui se passe.

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Aussi, on est limité par les mathématiques. Si une entreprise a 600 000 employés (e.g. Amazon en 2018), on peut e.g. reprocher le patron de gagner 1 000 000$ annuellement quand les employés sont payés au lance pierre, dire que c'est indécent. Par contre, il est complètement ridicule de vouloir que le patron baisse son salaire afin d'augmenter le salaire de ses employés de 2$ de l'heure. 1 000 000$, cela ne fait que 0,0009$ par heure et par employés, et en super-brut.
Le patron d'Amazon, il gagne quelques milliards par an. Mettons qu'il mette 600 millions de coté, ça fait 1 000 par salarié à la fin de l'année. Pour les bas salaires(le gros des salariés d'Amazon sont des magasiniers au SMIC ou l'équivalent local, ou guère mieux), c'est énorme. Même en super brut. Et comme aurait dit le vieux Ford, ils auraient plus de pognon à dépenser sur Amazon. Et il lui reste 90% de son superbrut annuel, au patron.

Tes calculs sont justes, hein, et tes théories aussi. C'est juste que les patrons modernes préfèrent ratisser les classes populaires, spécialement occidentales(mais le jour ou ils pourront le faire avec les autres, ils ne se gaineront pas, quitte à scier la branche sur laquelle ils sont assis).
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