Uber enregistre une perte de 5,2 milliards de dollars et son taux de croissance le plus faible jamais enregistré
Au 2T19

Le , par Bill Fassinou

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Uber Technologies Inc. a annoncé ce jeudi les résultats de son deuxième trimestre de 2019. L’entreprise a annoncé qu’au deuxième trimestre de 2019, le chiffre d'affaires net ajusté a augmenté de 26 % par rapport à l'année précédente, à taux de change constant, abstraction faite de la prime au conducteur, qui représente une part importante par rapport au premier trimestre. Mais selon le journal américain The New York Times (NYT), les records trimestriels annoncés par Uber pour le compte du deuxième trimestre de cette année sont extrêmement douteux et ne reflètent en rien la panique interne de l’entreprise.

Uber annonce une augmentation de sa trésorerie

D’après les résultats annoncés par Uber Technologies Inc., la trésorerie et les équivalents de trésorerie du 2T19, y compris la trésorerie affectée, ont augmenté pour atteindre 13,7 milliards USD contre 7,7 milliards USD pour le premier trimestre 2019. Uber a aussi annoncé avoir reçu un total d’un milliard de dollars à la clôture de l'investissement de Toyota, DENSO et SoftBank dans Uber ATG en juillet 2019. Selon Dara Khosrowshahi, PDG d’Uber, la stratégie d'Uber continue de produire de bons résultats, avec des voyages en hausse de 35 % et des réservations brutes en hausse de 37 % en monnaie constante, par rapport au deuxième trimestre de l'année dernière.

« Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires net ajusté a augmenté de 26 % par rapport à l'année précédente, à taux de change constant, abstraction faite de notre prime au conducteur, qui est en augmentation par rapport au premier trimestre. L’EBITDA (le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement - en anglais, earnings before interest, taxes, depreciation, and amortization - ajusté) s’est également amélioré de manière significative par rapport au 1T19, grâce à une amélioration séquentielle de 337 millions de dollars de la contribution de la plate-forme principale », a déclaré le directeur financier, Nelson Chai.


Certaines analyses indiquent que les résultats du 2T19 de l’entreprise sont loin d’être satisfaisants

Seulement, selon une analyse du New York Times et d’autres propos rapportés par le journal, les résultats du deuxième trimestre de 2019 de l’entreprise sont loin d’être satisfaisants. D’après ces informations, Uber aurait concédé au 2T19 la plus importante perte de son histoire, dépassant les 5 milliards de dollars, et la croissance de ses revenus la plus lente de tous les temps. Le double coup dur a immédiatement suscité de nouvelles interrogations sur les perspectives de la société. De plus, ce n’est pas la première fois que l’entreprise concède une perte aussi importante.

En effet, les pertes trimestrielles et annuelles sont comme entrées dans les habitudes d’Uber. En 2017, Uber aurait enregistré des pertes colossales s’élevant à 4,5 milliards de dollars représentant environ le double des pertes enregistrées en 2016 par la société dont le montant s’élevait à 2,8 milliards de dollars, soit près de 2 milliards de dollars de plus. La majeure partie des revenus d’Uber servirait à payer ses chauffeurs. Par ailleurs, en fin du mois de juillet 2018, Uber a annoncé avoir décidé d’arrêter le développement de son programme de camions autonomes afin de recentrer ses efforts de conduite autonome sur les voitures seulement.

Dans un rapport de Bloomberg datant du 15 août 2018, le PDG d’Uber Technologies Inc., Dara Khosrowshahi, mettrait la croissance au-dessus du profit, cependant, bien que le service de voiture autonome ait atteint une échelle mondiale, les revenus croissent difficilement. Pour cette fois-ci, Uber a déclaré avoir perdu 5,2 milliards de dollars, la plus grande perte depuis la publication de données financières limitées en 2017. Une majorité de ces pertes, environ 3,9 milliards de dollars, était due à la rémunération à base d'actions qu’Uber avait payée à ses employés après son introduction en bourse.

Selon le NYT, en excluant cette dépense ponctuelle, Uber a perdu 1,3 milliard de dollars, soit près de deux fois les 878 millions de dollars qu’il avait perdus à la même période un an plus tôt. Sur cette même base et en excluant les autres coûts, la société a déclaré s'attendre à une perte de 3 à 3,2 milliards de dollars cette année. « Nous pensons que 2019 sera notre année d'investissement maximale », a déclaré Dara Khosrowshahi dans une interview, soulignant qu'il prévoyait une réduction des pertes au cours des deux prochaines années. « Nous voulons nous assurer que le type de croissance que nous avons est une croissance saine ».

À en croire ce que rapporte le New York Times, cette nouvelle perte jette encore plus le discrédit sur Uber. Une situation qui aurait fait chuter le coût de ses actions. Selon le média, l'entreprise, dont la croissance a déjà connu une croissance fulgurante en bouleversant les transports traditionnels et en convoyant des marchés dans le monde entier, devrait être évaluée à environ 120 milliards de dollars à son introduction en bourse cette année. Mais Uber serait tombé bien au-dessous de son prix d'offre de 45 $ le premier jour de négociation et n'a que brièvement dépassé ce cours de bourse depuis.

Son PDG, Dara Khosrowshahi, a été critiqué pour la façon dont Uber est devenu public et a été interrogé sur la manière dont il entend relancer la croissance. « Ce que nous recherchons, c’est la preuve que la société peut accélérer la croissance de son chiffre d’affaires après les derniers trimestres », a déclaré Tom White, vice-président directeur de la société financière DA Davidson. Pour sa part, Dara Khosrowshahi s’efforce de réduire les coûts et la gestion des équipes. En juin, il a évincé deux hauts dirigeants : le directeur de l’exploitation et le directeur du marketing. Mais ce n’est pas tout.

Selon le quotidien américain, le mois dernier, Dara Khosrowshahi a déjà licencié un tiers de son personnel de marketing, soit environ 400 personnes, ce qui, selon lui, était nécessaire lors d'un appel des résultats pour accélérer le processus décisionnel de l'équipe. Trois membres du conseil ont également démissionné depuis l'introduction en bourse d'Uber. « C'est un Uber différent », a-t-il déclaré dans l'interview. « Depuis l'introduction en bourse, je passe plus de temps en interne avec nos employés. Ce sur quoi j'insiste, c'est une excellente chose », a-t-il déclaré pendant son allocution.

Il a indiqué que l'environnement concurrentiel, qui s'est dégradé au second semestre de 2018, s'améliore progressivement maintenant. Mais il faut aussi noter qu’Uber n’est pas la seule entreprise dans son domaine à souffrir de pertes continuelles. Lyft, un des concurrents directs d’Uber, a également signalé une série de pertes profondes. Selon le NYT, le groupe a annoncé cette semaine une perte de 644,2 millions de dollars au deuxième trimestre, mais a ajouté qu'il s'attendait à une réduction de ce montant. Quelques mois auparavant, Lyft avait également enregistré une perte particulièrement importante liée aux paiements de rémunération à base d’actions à ses employés.

Selon le New York Times, comme beaucoup de nouvelles entreprises technologiques, Uber et Lyft ont recruté des employés avec des options d'achat d'actions susceptibles de rendre les travailleurs riches lorsque les entreprises seront entrées en bourse. Les coûts de cette pratique se sont maintenant matérialisés. Ceci étant, Uber a, de son côté, déclaré qu'il prévoyait dépenser entre 450 et 500 millions de dollars en rémunération à base d'actions au troisième trimestre. Le statut d’emploi des chauffeurs attitrés serait un problème pour Uber, qui les classe comme entrepreneurs indépendants, affirmant que le travail est flexible.

D’après les informations rapportées par le quotidien américain, la catégorisation signifie également qu’Uber n’a pas besoin de fournir aux chauffeurs des avantages à temps plein. Pourtant, les régulateurs new-yorkais ont fixé un salaire minimum pour les chauffeurs de taxi et les législateurs de la Californie envisagent un projet de loi qui pourrait reclasser les chauffeurs en tant qu'employés. Mais cette décision des autorités américaines n'a pas plu au PDG d’Uber.

Il a aussi déclaré qu'une augmentation des salaires des conducteurs était répercutée sur les passagers, ce qui rend le service inabordable pour les passagers à faible revenu. En Californie, Uber négocie avec les législateurs sur le projet de loi proposé. « Nous pensons qu'il peut y avoir un scénario gagnant-gagnant ici », a-t-il déclaré.

Source : Uber, The New York Times

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Avatar de Nita65
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 11/08/2019 à 11:08
C'est dur d'avoir un avis sans connaître les détails de la gestion financière et humaine de l'entreprise... mais c'est sûr qu'entre l'arrivée de la voiture autonome (c'est pas pour demain, mais sûrement pour après-demain), l'incertitude juridique autour du statut des chauffeurs, et la montée en puissance des modèles de partage (dont la voiture partagée), ce ne doit pas être évident de trouver des investisseurs. Le service est voué à disparaître sous, disons, 20 ans, et sa rentabilité est soumise à beaucoup d'aléas...
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