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Les fermes à clics, une forme de fraude au clic, sont en plein essor en Chine
Et se développent très rapidement dans les zones urbaines

Le , par Bill Fassinou

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L’e-réputation est un concept qui se développe de plus en plus sur Internet ces dernières années. Avoir une bonne image et des milliers de critiques positives vous permet d’avoir une grande influence sur les gens. Aujourd’hui par exemple, les développeurs d’applications informatiques, en particulier d’applications pour smartphones, tiennent de plus en plus compte de l’image qu’ils véhiculent sur Internet et les magasins d’applications et sont prêts à user de tous les moyens pour être mis en haut de la liste. Ils nourrissent ainsi l’industrie des fermes à clics qui ne cesse de grandir. De quoi s’agit-il exactement ?

L’e-réputation regroupe les notes et les commentaires, positifs ou négatifs, attribués par les internautes sur les sites et les réseaux sociaux à l’endroit des marques, des entreprises et de particuliers pour leurs produits et services. Ces éléments constituent en effet la notoriété de ces produits et marques. Dans le cas des développeurs, pour être sûrs d’avoir toujours de bonnes appréciations sur le Web et les différents magasins d’applications, l’App Store et le Google Play Store, ils exploitent un moyen radical et illégal : ils font appel aux fermes à clics. En Chine, le pays qui héberge le plus grand marché de smartphones au monde avec environ plus de 800 millions d'utilisateurs, les fermes à clics se développent très rapidement dans les zones urbaines.

Ces fermes à clics sont de véritables usines à notoriété. Elles peuvent être composées de centaines, voire des milliers, de smartphones et de cartes SIM gérées par ordinateurs, permettant de doper le nombre de followers de n’importe quel compte sur un réseau social par exemple. Plus encore, elles permettent aussi d’améliorer les notes d’une application sur des plateformes d’hébergements d’applications comme le Google Play Store ou l’App Store. Elles peuvent également servir à créer du trafic artificiellement sur certains sites ou vers certains produits afin que ceux-ci remontent dans les moteurs de recherche ou les applications dédiées. L’on estime qu’il s’agit là d’une forme de concurrence déloyale contre laquelle la justice a encore du mal à faire face.


Selon ce qu’a rapporté le South China Morning Post en février 2018, « le secteur des fausses vues est grandement répandu dans le pays » et selon le groupe CCTV, « 90 % des vues générées par de nombreuses émissions populaires sur des sites de vidéo sont fausses ». Ainsi, les développeurs d'applications achètent le service pour accroître la visibilité de leurs produits afin de gagner une part plus importante du marché de la publicité en ligne qui s’élève à environ 50 milliards de dollars en Chine. Les fermes à clics hébergent un nombre important d'iPhone et de téléphones Android sur les étagères. Ces derniers sont branchés et programmés pour rechercher, cliquer et télécharger une application donnée encore et encore.

L'objectif principal de cela est de manipuler le système de classement des applications de l'App Store ou du Google Play Store, ainsi que les résultats de recherche. Les fermes à clics peuvent être gérées grâce à des systèmes automatisés ou grâces à des personnes embauchées et peu rémunérées pour effectuer des clics sur des produits en ligne et laisser des commentaires positifs. En effet, au début, les fermes à clics utilisaient un processus automatisé de piratage dans la pratique habituelle d'optimisation de l'App Store ou du Google Play Store, qui oblige les développeurs à utiliser certains mots clés dans les descriptions et à attirer les utilisateurs en tant que produit utile. Ils sont programmés pour promouvoir les applications en imitant un utilisateur réel.

Pour faire cela, ils recherchent certains mots clés, cliquent sur l'application, la téléchargent et des fois, ils écrivent des critiques positives. Les fermes à clics sont considérées comme illégales en Chine et ont toujours été sous le risque d'être détectées et bloquées par des magasins d'applications comme l’App Store. Néanmoins, l’on estime que de nombreuses fermes à clics ont été repérées dans les rues de Shenzhen, la métropole du sud de la Chine, connue pour être une plaque tournante de l'électronique. Google et Apple ont essayé de contrecarrer ces agissements en apportant des changements au sein de leurs magasins d’applications, mais les promoteurs de fermes à clics ont vite fait de trouver d’autres issues pour continuer leur business.


Pour les exploitants des fermes à clics, il s'agit d'une bataille constante avec l'algorithme évolutif d'Apple ou de Google. Un exploitant de fermes à clics aurait déclaré dans une annonce en ligne avoir mis à jour son programme après qu'Apple ait mis fin à ces comportements et accordé plus de poids aux téléchargements réels en 2016. Il est apparu une seconde forme de l’industrie des fermes à clics qui fait appel au crowdsourcing (approvisionnement par la foule), une pratique qui consiste à faire participer des consommateurs ou le grand public à la création d'un produit ou à la réalisation d'un service. Ainsi, un grand groupe de travailleurs peu rémunérés sont embauchés afin de cliquer sur des liens de publicité payants dans les sites Web du fraudeur (propriétaire de la ferme à clics ou exploitant de clic) dans le but de générer des revenus de publicité pour le fraudeur.

Les travailleurs cliquent sur un lien, surfent sur le site cible durant une certaine période et si possible souscrivent à l'infolettre du site avant de cliquer sur un autre lien. Pour plusieurs de ces travailleurs, cliquer sur des annonces chaque jour augmente leurs revenus et offre une alternative à d’autres types de travaux. Ce trafic simulé est difficile à détecter par un filtre automatique étant donné que le comportement du visiteur est exactement le même que celui d’un visiteur légitime. Par exemple, avec l'aide d'applications de messagerie répandues en Chine, WeChat et QQ, des personnes peuvent se réunir dans des discussions de groupe pour revendiquer leur tâche qui consiste à télécharger, à installer et à consulter une application, ceci contre une rémunération.

Le coût est généralement plus élevé que celui des fermes à clics, mais cela ressemblera davantage à du trafic organique et moins susceptible d'être bloqué par les magasins d'applications. Malgré les risques, l'achat de services auprès de fermes à clics est toujours considéré comme un moyen efficace et relativement rentable de promouvoir une application sur une courte période. Les applications de jeu, par exemple, sont des clients importants des fermes de clics, car les utilisateurs sont plus susceptibles de parcourir les meilleurs classements et d'essayer de nouveaux jeux. Certaines applications payantes peuvent également générer de l’argent rapidement en attirant plus de téléchargements.

Pour finir, notons que les enquêtes ont également révélé que le problème ne se limite pas seulement aux développeurs d’applications. D’autres personnes d’autres domaines en font également usage. Les hommes politiques, les promoteurs de livres, et certaines entreprises et marques font aussi usage des fermes à clics. Ces fermes à clics peuvent être également utilisées pour divulguer à grande échelle les fakes news sur Internet et ainsi augmenter la désinformation en ligne.

Source : Vidéo YouTube

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