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En Macédoine du Nord, il existe une industrie de sites Web qui publient des articles politiques trompeurs
Destinés aux lecteurs américains

Le , par Bill Fassinou

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L’internet et le Web en particulier, avec l’avènement des réseaux sociaux, regorge aujourd’hui plus que jamais de fausses informations. Les organismes comme la Commission européenne multiplient les actions pour lutter contre ce phénomène qui porte atteinte le plus souvent aux élections, mais ailleurs, dans d’autres coins du monde, certaines personnes forment des entreprises qui se spécialisent dans la production de fausses informations. En Macédoine du Nord, par exemple, il existe une petite industrie de sites Web qui publient des articles politiques trompeurs et incendiaires destinés aux lecteurs américains.

Tamara (un nom d’emprunt pour témoigner) est l’une de ses nombreuses personnes vivant en Macédoine et qui travaillent dans les entreprises de production de fausses informations. Sa routine de travail consiste à checker sa boîte mails, découvrir les nouveaux sujets du jour envoyés par Marco, son patron, et les réécrire un à un, mais cette fois en leur donnant un tout autre sens. Le travail de Tamara se résumait à produire des copies semi-plagiées d'articles publiés à l'origine dans des publications américaines d'extrême droite afin que son patron puisse les servir à des Américains sans méfiance, à des milliers de kilomètres de là.

Selon ses dires dans une interview avec la BBC, elle serait horrifiée par ce travail, mais continue quand même. Doit-on gagner sa vie par tous les moyens même s’il faut faire fi de la vérité ? Elle publie de faux contenus à longueur de journée destinés à tromper ou à influencer les lecteurs et les électeurs américains. « Je crois qu'ils (ses employeurs) ont toujours les pires articles. Comme vous pouvez le constater, je viens de taper “les attaques musulmanes” et il y a tellement d'articles sur les attaques de musulmans. À mon avis, beaucoup d'entre eux ne sont même pas vrais, ils ne font qu’inventer », a-t-elle déclaré en se rendant sur un des nombreux sites Web de ses employeurs.

En s’arrêtant une fois de plus sur un autre des sites Web, elle a expliqué que ce dernier à lui seul contenait environ 100 pages de résultats de recherche pour cette requête (“Les attaques musulmanes”). À y regarder de plus près, dit-elle, les articles contiendraient des inexactitudes criantes et des images entièrement prises de différents événements. En effet, ces patrons lui disent de tout simplement trouver des images en utilisant Google pour les joindre aux articles qu'elle aurait à publier. Selon la BBC, l'expérience de Tamara met également en évidence les limites du terme « fausses informations » et explique pourquoi la réalité de ce que ces sites publient est beaucoup plus pernicieuse.


Une grande partie de ce qu'elle a produit serait de la désinformation basée sur des événements réels, écrits de manière à provoquer la peur et la colère parmi ses lecteurs. Dans l'ensemble, les histoires ont donné une vision fausse et biaisée du monde, jouant ainsi sur les préjugés des gens. « Cette chose s'est produite, les gens étaient là, l'endroit était là. Donc, ce ne sont jamais de fausses histoires dans le sens de fabriquer chaque détail. C'était une propagande et un lavage de cerveau dans la façon de raconter l'histoire », a confié Tamara à la BBC. Ce qui pourrait être encore plus grave dans l’histoire, c’est que les sites sur lesquels Tamara publie ses articles sont très influents et très suivis sur Facebook et les autres médias sociaux.

D’après Tamara, Marco a dirigé deux sites qui comptaient plus de deux millions d'abonnés Facebook combinés. Une fois de plus, le travail de Tamara consistait à réécrire les articles américains originaux afin qu'ils ne puissent pas être détectés sous forme de texte plagié, tout en les rendant plus compacts et encore plus susceptibles d'être partagés sur les médias sociaux, générant ainsi des revenus publicitaires Google pour le site de Marco. D’ailleurs, cite la BCC, un autre propriétaire d’un autre site Web similaire basé à Veles (une ville de Macédoine) qui compte environ un million de “J’aime” sur Facebook, a été déclaré par son propriétaire capable de gagner plus de 2000 dollars par jour dans une interview accordée à CNN.

En se fiant aux informations rapportées par la BBC, les sites Web de Marco ne seraient pas les seuls de la municipalité de Vales. En 2016, une semaine seulement avant l'élection présidentielle américaine, rapporte la BBC, Buzzfeed News, une société américaine de médias Internet, aurait révélé que plus de 140 sites Web de « fausses informations » sur la politique américaine étaient exécutés dans la ville de Veles. De plus, les adolescents qui gèrent ces sites auraient, selon le journal anglais, prétendu qu’ils gagnent des milliers de dollars par mois, voire plusieurs milliers de dollars par jour avec un bon produit. Selon des analyses faites par Buzzfeed News, l’impact de ce genre de site Web ne serait pas négligeable sur la population et en particulier l’électorat.

Il est prouvé que ces pages ont eu un impact réel. Selon une analyse de Buzzfeed News, au cours des trois derniers mois de la course à la présidence des États-Unis en 2016, de faux sites ou des sites d'actualités « hyperpartisiers » ont dépassé les producteurs d'actualités traditionnels dans leur part des 20 articles les plus consultés sur Facebook. Ce qui intrigue encore plus, rapporte la BBC, c’est ce que pensent ces jeunes qui s’adonnent à de telles activités. Jusqu'à récemment, il serait largement admis que les faux sites d'informations exploités en Macédoine du Nord sont issus spontanément d'adolescents locaux capitalisant sur la ruée vers l'or numérique issue du carnaval de la course à la présidence des États-Unis en 2016. Est-il possible que Facebook et le Cambridge Analytica aient planté le décor sur la façon d’influencer les élections aujourd’hui ?

Ce qui est peut-être sûr sur la question est qu’il y a des preuves qu’il existe bel et bien aujourd’hui des industries de fabrication de fausses informations destinées à influencer l’électorat dans le monde. Selon la BBC, les sites logés dans la ville de Veles sont seulement quelques-uns parmi des millions qui alimentent la discorde et la polarisation aux États-Unis et peut-être également ailleurs dans le monde.

Source : BBC

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Avatar de mh-cbon
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 10:42
De plus, les adolescents qui gèrent ces sites auraient, selon le journal anglais, prétendu qu’ils gagnent des milliers de dollars par mois, voire plusieurs milliers de dollars par jour avec un bon produit.
C'est tellement sérieux comme news qu'on nous présente des fais prétendus comme étant une réalité.

Si l'objectif était de pousser des gens à se mettre à cette activité d’adolescents qui génèrent des MILLIERS de $$$$ / JOUR, moi je dit bravo!

crotte de nez gratuite

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