Huawei a demandé à ses employés de ne plus avoir de réunions techniques avec leurs contacts US
Et a remercié ses employés US travaillant en R&D

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Mi-mai, le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération.

L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger» et susceptible de créer un «risque de sabotage indu» des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

« Moi, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d'Amérique, constate que les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et les services de l'information et de la communication, qui stockent et communiquent de grandes quantités d'informations sensibles, facilitent l'économie numérique et soutiennent infrastructures critiques et services d’urgence essentiels, afin de mener des actions malveillantes fondées sur le numérique, y compris l’espionnage économique et industriel contre les États-Unis et leur population.

« Je conclus en outre que l’acquisition ou l’utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services de l’information et de la communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues par, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d’adversaires étrangers, accroissant la capacité des adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou les services d’information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques, constituent ainsi une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États-unis ».


Le Département du commerce dispose de 150 jours depuis la publication de ce décret pour élaborer des règles permettant d’identifier « des pays ou des personnes » en tant qu’adversaires étrangers. Il est presque certain que ces règles indexent la Chine, Huawei ou les deux.

Le décret suscitera certainement la colère de Pékin à un moment où les deux plus grandes économies du monde luttent pour résoudre une guerre commerciale qui bouleverserait les marchés. La directive intervient également alors que le ministère de la Justice demande l'extradition du Canada d'un dirigeant de Huawei accusé d'avoir violé les sanctions contre l'Iran.

Le décret-loi tant attendu de Trump invoque la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale et déclare une urgence nationale pour habiliter le gouvernement à bloquer l’achat de technologies liées à des adversaires étrangers.

Le ministère américain du Commerce prend une mesure connexe

Le ministère américain du Commerce a pris mercredi une mesure distincte, mais connexe, interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » (une décision qui interdit donc à la société d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement). L'administration a engagé une action similaire à l'encontre de ZTE, une autre entreprise de télécommunication chinoise, pour violation présumée des sanctions américaines sur l'Iran, mais Trump a renversé la décision et infligé à la société une lourde amende.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le président Donald Trump avait soutenu la décision « d'empêcher que des entités sous contrôle étranger utilisent la technologie américaine de manière potentiellement préjudiciable à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis ».

Huawei, qui affirme que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité, a déclaré qu’il était « prêt et disposé à s’engager avec le gouvernement américain et à proposer des mesures efficaces pour assurer la sécurité des produits ».

Il a déclaré que le fait d'empêcher Huawei de faire des affaires aux États-Unis « limiterait les États-Unis à des alternatives inférieures mais plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne dans le déploiement de la 5G et finissant par nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains ».

S'exprimant lors d'une audience du sous-comité du Sénat sur les crédits au Sénat américain, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a qualifié de constructives les deux journées de pourparlers de haut niveau avec des responsables chinois à Washington la semaine dernière.

« Je m'attends à ce que nous nous rendions à Beijing dans un proche avenir pour poursuivre ces discussions », a-t-il déclaré. « Il reste encore beaucoup de travail à faire ».


Huawei perd également ses liens avec la Wi-Fi Alliance et la SD Association

Les choses ne se sont pas améliorées pour l’équipementier chinois. Après le retrait de la licence Android à Huawei par Google, l’équipementier a vu s’éloigner de lui la Wi-Fi Alliance et de la SD Association, ce qui signifie que Huawei ne pourra plus utiliser les cartes microSD dans ces prochains smartphones ou autres équipements et que Huawei pourrait avoir des problèmes avec les futures normes sur les réseaux Wi-Fi. Il s’agit là d’une situation qualifiée de délicate par les experts et qui, selon Reuters, peut avoir une incidence négative sur les livraisons de la société chinoise au cours du reste de l’année.

Huawei a perdu sa licence Android en mi-mai après que Google ait annoncé qu’il mettait une pause à sa collaboration avec l’entreprise ; la firme de Mountain View restreint l'utilisation de l'écosystème Android par le constructeur chinois. L'entreprise chinoise a ainsi perdu l'accès aux mises à jour du système d'exploitation Android ; en sus, sa prochaine génération de smartphones sera sevrée d'accès aux applications et services populaires y compris le Google Play Store via lequel les utilisateurs ont accès à des applications comme Gmail.

« Huawei pourra uniquement faire usage de la version publique d'Android [celle de l'AOSP] et ne pourra pas accéder aux applications et services propriétaires de Google », avait précisé Reuters sur le sujet. ARM a fait de même pour se conformer au décret de la présidence américaine, ce qui menace la capacité du chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones. À l’heure actuelle, Huawei n’entretient plus de relations commerciales avec une longue liste d’entreprises américaines notamment Intel, Qualcomm, Xilinx, Broadcom, Qorvo, Micron Technology et Western Digital.

Cette liste s’est encore allongée ; deux organismes internationaux de normalisation, la Wi-Fi Alliance et la SD Association s’y sont ajouté fin mai. La Wi-Fi Alliance qui établit les normes de la technologie sans fil et compte parmi ses membres Apple, Qualcomm, Broadcom et Intel, a annoncé avoir “temporairement restreint” la participation de Huawei aux activités de l’alliance. D’un autre côté, Huawei a également disparu de la liste des membres de la SD Association. Comme ARM, la SD Association a annoncé qu'elle a procédé au retrait de Huawei en vue de se conformer aux ordres du département américain du Commerce.

La SD Association est une organisation à but non lucratif qui contrôle les normes des produits SD. L’organisme est connu pour avoir développé les normes de la carte SD, le format de carte mémoire le plus répandu dans les appareils portables. Cela inclut toutes les cartes SD standard et les cartes microSD de votre smartphone. Il inclut également les modèles de port qui lisent ces cartes. Si une entreprise n’est pas membre de l’Association, elle ne peut pas officiellement produire des produits conformes à ces normes.


Des conséquences potentiellement désastreuses pour Huawei

Ces deux retraits constituent un coup dur pour Huawei, a rapporté le média Nikkei Asian Review. Cette situation va empêcher Huawei de participer à l’élaboration de nouvelles normes pour ses deux technologies : le Wi-Fi et les cartes SD. Cependant, la société se dit confiante et espère que la situation aura un dénouement dans un avenir très proche. « Huawei apprécie ses relations avec tous les partenaires et associations du monde entier et comprend la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. Nous espérons que cette situation sera résolue et nous travaillons pour trouver la meilleure solution », a déclaré vendredi un porte-parole du groupe chinois.

Selon Nikkei Asian Review, il faut comprendre par là que les organismes de normalisation sont devenus de nouveaux champs de bataille mondiaux, où les acteurs de l'industrie se battent pour influencer le développement technologique en leur faveur. L'exclusion pourrait désavantager Huawei lors de l'expansion de ses activités à l'étranger. À ce titre, Reuters rapporte que selon certains groupes d’analystes, ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde d’environ un quart cette année et que le chinois risque de voir ces smartphones disparaître des marchés internationaux.

En d’autres termes, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si l'interdiction restait en vigueur, selon Fubon Research and Strategy Analytics. « Si Huawei perd définitivement l'accès à Google, le marché des smartphones en Europe occidentale pourrait disparaître l'an prochain », a déclaré Linda Sui, directrice des stratégies pour les smartphones sans fil chez Strategy Analytics. De plus, plusieurs autres experts ont déclaré qu’ils s’attendent à une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois, mais ont refusé de donner une estimation approximative en raison des incertitudes entourant l'interdiction.

En outre, Fubon Research, qui prévoyait auparavant que Huawei embarque 258 millions de smartphones en 2019, s'attend maintenant à ce que la société n'en expédie que 200 millions dans le pire des scénarios. Linda Sui prévoit que les livraisons de combinés Huawei diminueront encore de 23 % l’année prochaine, mais estime que la société pourrait survivre sur la taille du marché chinois. Néanmoins, la société pourrait toujours compter sur les marchés européens où elle n’est pas encore trop exposée aux sanctions. Selon l’IDC, la société considère l’Europe comme le marché le plus important pour ses smartphones haut de gamme. L’IDC estime qu’elle occupe environ 30 % du marché européen et a expédié 208 millions de téléphones l'année dernière, dont la moitié vers des marchés extérieurs à la Chine.


La réaction de l’entreprise chinoise

Huawei a réagi à la tension avec les Etats-Unis en ordonnant aux employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains, indique un rapport publié jeudi.

L’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen, selon le Financial Times. Cette décision est intervenue il y a deux semaines, après que le président américain Donald Trump ait signé un décret interdisant à Huawei de se substituer aux fournisseurs américains, a indiqué le rapport.

Tout s'est passé assez vite aussi, selon le FT. Un atelier s'est apparemment terminé subitement lorsque l'ordre de Trump a été annoncé, et les Américains ont été invités à quitter la propriété de Huawei.

Depuis lors, Huawei vérifie que les visiteurs étrangers ne détiennent pas de passeports américains et a demandé à tous les Américains d'éviter de discuter technologie, car elle essayait de se conformer à la réglementation, a déclaré Dang Wenshuan, architecte en stratégie de Huawei.

Source : Financial Times

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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/06/2019 à 10:09
La Chine s’apprête à publier sa liste d’entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché
Comme l’ont fait les USA avec Huawei

La Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché. C’est ce qui ressort d’une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.


M. Gao – ministre du Commerce chinois – a indiqué que ladite liste est basée sur certaines lois chinoises dont celles sur le commerce extérieur et la sécurité nationale. Le détail quant à ce qui concerne les entités et entreprises étrangères concernées fera l’objet d’une publication dans les jours à venir. On reste de même dans l’attente d’informations supplémentaires pour ce qui est des mesures que le gouvernement chinois entend prendre.

L’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe entre Américains et Chinois ?

À mi-parcours du mois de mai, le président Donald Trump a signé un décret qui établit les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis. La mesure vise à neutraliser la capacité de la Chine à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » susceptible de saboter des systèmes de communication américains ou de créer des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine. Y faisant suite, le ministère américain du Commerce a pris une mesure connexe qui interdit aux entreprises américaines de vendre des composants et des logiciels à Huawei et à 70 de ses affiliés (désormais inscrits sur la liste américaine d’entités à bannir) sans autorisation.


Depuis que ces deux décisions sont tombées, l’équipementier chinois est sevré de licence Android et de partenaires stratégiques comme la Wi-Fi Alliance et la SD Association. Huawei peut donc uniquement faire usage de la version publique d’Android (celle de l’AOSP), mais ne peut accéder aux applications et services propriétaires de Google. L’entreprise ne pourra de même s’appuyer sur les cartes microSD pour les futures générations de ses smartphones. L’on anticipe de même qu’elle aura du mal à coller aux futures normes sur les réseaux Wi-Fi. À date, la liste est bien longue avec (entre autres) le britannique ARM et l’Allemand Infineon qui ont eux aussi mis une pause à leurs collaborations respectives avec l’entreprise chinoise.

En réponse à l’étau américain Huawei a annoncé un certain nombre de mesures. L’entreprise a déjà fait savoir qu’un système d’exploitation destiné à remplacer Android est en gestation au sein de ses laboratoires. Puisqu’il s’agit désormais d’une rixe inter-états, la Chine a annoncé qu’elle va se passer de Windows comme système d’exploitation sur les postes de travail de son armée, ce, au profit d’un système d’exploitation personnalisé qui, d’après les retours initiaux, ne sera pas basé sur Linux non plus. Mais, l’escalade en termes de décision est clairement perceptible puisque Huawei vient d’ordonner à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. D’après une publication du Financial Times, l’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen. Avec l’annonce de la future publication de cette liste chinoise d’entités à bannir, des observateurs pensent que la Chine vient de se lancer sur l’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe.

Quelles conséquences ? Et pour lequel des acteurs ?

Ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde. Selon Fubon Research and Strategy Analytics, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si les USA maintiennent le status quo sur leurs récentes décisions. Une perte définitive de l’accès aux services et applications propriétaires de Google est susceptible d’entraîner la disparition de son marché en Europe occidentale. De plus, plusieurs autres experts anticipent sur une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois. En outre, Huawei ne devrait expédier que 200 millions de smartphones en 2019 contre 258 millions d’après des prévisions de Fubon Research.

Mais, il semble que dans un environnement des affaires délétère, personne ne puisse au finish être à son aise. Huawei est l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre des réseaux 5G vers lesquels les gouvernements du monde qui ont les moyens veulent aller. Bannir l’entreprise à l’échelle globale impliquerait un ralentissement conséquent du déploiement de cette technologie de réseaux sans fils – argument que certains pays d’Europe ont déjà mis sur la table.

Source : Global Times

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La Chine a-t-elle les moyens de battre les USA à son propre jeu ?

Voir aussi :

L'Europe doit se méfier de Huawei, dit un responsable technique européen, après l'arrestation d'un dirigeant de Huawei dans le cadre d'une enquête
Huawei prévoit une enveloppe de 2 milliards USD sur cinq ans pour la cybersécurité, afin de rassurer ses clients occidentaux
Huawei a été accusé d'avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d'un « mode performance » pour booster ses appareils
Les liens de Google avec Huawei vus d'un mauvais œil par des législateurs américains, qui y voient une menace pour la sécurité des États-Unis
La demande mondiale de nouveaux smartphones serait en chute libre, Huawei pourrait en profiter pour devenir le numéro 2 du marché devant Apple
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/06/2019 à 19:51
Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis
En pleine guerre commerciale avec la Chine

« Comme la nouvelle situation a surgit, il est trop tôt pour dire si nous sommes en mesure d'atteindre l'objectif », a déclaré Zhao Ming, le président de Honor, l'une des marques de téléphones intelligents de Huawei, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue vendredi soir à Shanghai, lorsqu’il répondait aux questions sur l’objectif de Huawei de dépasser Samsung Electronics et de devenir le plus grand fournisseur mondial de smartphones avant la fin 2020, selon un rapport du South China Morning Post. Selon M. Ming, Huawei Technologies serait en train de réévaluer cet objectif, après qu'un décret d’interdiction commerciale signé par le président des Etats-Unis ait affecté considérablement, non seulement, ses capacités de production de nouveaux smartphones, mais également, ses capacités de distribution à l’internationale, a rapporté le quotidien de Hong Kong.

En effet, le 15 mai dernier, le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.


L’ajout de Huawei sur la liste noire commerciale par le gouvernement américain prive l'entreprise des services et des pièces de rechange qu’elle acquérait avec des entreprises américaines, qui doivent dorénavant obtenir une autorisation gouvernementale avant la vente de tout produit et service aux entreprises originaires des « pays adversaires » des Etats-Unis.

Après l’entrée en vigueur de l’interdiction commerciale, les partenaires américains du géant chinois, dont les fabricants de puces Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom, ont dit à leurs employés de ne pas fournir Huawei jusqu'à nouvel ordre, au risque de subir les conséquences juridiques du non-respect de l’interdiction américaine. Google a également suspendu l'accès de Huawei aux futures mises à jour du système d'exploitation Android, affectant sa capacité à offrir des applications Google populaires sur ses téléphones dans l'avenir. D’autres entreprises et organisation comme ARM, Wi-Fi Alliance et SD Association ont fait de même. Le mouvement s’est même étendu hors des Etats-Unis, à certaines entreprises en Europe.

Selon Bloomberg, Huawei, qui avait prévu la détérioration de ses relations avec Google, avait développé son propre OS pour mobile et serait en train de construire une alternative au Play Store de Google afin de continuer sa production de smartphones. Mais Foxconn, le fabricant taïwanais d'appareils électroniques qui assemble des produits pour de nombreuses marques de téléphones, y compris Apple et Xiaomi, a arrêté plusieurs lignes de production pour les téléphones Huawei ces derniers jours, a rapporté le South China Morning Post.

En effet, Huawei aurait réduit ses commandes de nouveaux téléphones auprès de Foxconn, selon des personnes familières avec la question, et qui s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat. Réduction de la production temporaire ou à long terme ? Ce n’est pas encore clair. Cependant, le quotidien chinois a également rapporté que les ventes mondiales de smartphones de la société ont augmenté à 15,7 % au premier trimestre 2019, contre 10,5 % à la même période l'an dernier, selon les données du cabinet d'études Gartner. Selon les mêmes données, l’américain Apple, le troisième fournisseur mondial, et le Coréen Samsung, actuellement le plus grand fournisseur de smartphones, ont vu leur part de marché baisser respectivement à 11,9 % et 19,2 %, au cours de la même période.


Plus tôt ce mois, avant l’ajout de Huawei sur la liste BIS, la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis la Chine s’était davantage intensifiée. Le président Trump avait annoncé la fin des négociations officielles et avait augmentant de 15 % les droits de douane sur les importations chinoises d'une valeur de 200 milliards de dollars, faisant passer les tarifs de 10 à 25 %. Suite à cette augmentation, la réaction de la Chine ne s’était pas fait attendre. Le gouvernement chinois avait répondu en augmentant également les droits de douane sur 60 milliards de dollars de marchandises américaines, à compter du 1er juin.

Pour rappel, Huawei a lancé une offensive le mercredi dernier. Lors d’une sortie de l’entreprise, en lien avec la décision de l’administration Trump de l’exclure du marché américain des technologies, Huawei a demandé (dans une plainte déposée il y a peu auprès d’un tribunal US) l’annulation de l’interdiction faite aux administrations fédérales d’acheter ses équipements.

Selon un rapport publié jeudi dernier, Huawei a pris d’autres mesures à l’égard des Etats-Unis. L’entreprise a ordonné à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. L’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen, selon le Financial Times. Cette décision de Huawei est intervenue deux semaines, après que le président américain Donald Trump ait signé le décret interdisant à Huawei de se substituer aux fournisseurs américains.

Selon ce rapport de Financial Times, depuis la décision du président Trump, Huawei vérifie que les visiteurs étrangers ne détiennent pas de passeports américains et a demandé à tous les employés américains d'éviter de discuter technologie, car il essayait de se conformer à la réglementation, a déclaré Dang Wenshuan, architecte en stratégie de Huawei.

Par ailleurs, selon Global Times, un autre quotidien chinois, la Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché, d’après une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste noire chinoise comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.

Selon South China Morning Post, M. Ming a également déclaré, lors de la conférence de presse organisée le vendredi dernier pour dévoiler sa série phare Honor 20 destinée au marché chinois, que « Toutes les difficultés nous rendent plus forts, que ce soit dans la mentalité ou dans l'action ». Certes, l’entreprise chinoise subit sévèrement les conséquences de son bannissement général, mais qu’arrivera-t-il aux pays dont le plan de déploiement de la 5G reposait sur Huawei ?

Source : South China Morning Post

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L’interdiction américaine aurait déjà eu raison de Huawei sur le plan des smartphones ?

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L'IEEE interdit à Huawei l'évaluation par pairs des articles, et des scientifiques chinois démissionnent pour protester
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Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 8:45
Le problème c'est que les US ne sont aucunement en position de force face à la Chine : aussi bien en matière commercial, financière ou de possession de terres rares, les US sont à la merci de la Chine.
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Avatar de NBoulfroy
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 9:59
Et pendant temps, l'OMC qui gère ce genre de litige, fait le chien chien aux Yankees sans même se soucier de quoi que ce soit (je suis méchant mais bon, ils disent rien visiblement).

Les USA vont bien prendre cher s'ils ne donnent pas de preuve concrète et se sera bien fait : on récolte ce qu'on sème.
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Avatar de NBoulfroy
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 10:04
Comment dire ... "Le retour de bâton" est en cours pour les USA ?

Je ne prends pas parti dans cette histoire, mis à part sur le fait que sans preuve, on se taie.

Clairement, Trump fait du bluff et tente de rétablir par la force la suprématie des USA sur la scène économique mais on est pas dupe (je l'espère pour certains) : les USA sont à la rue et vivent mal leur situation en terme de part de marchés dans certains domaines (notamment les portables).
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 10:45
Citation Envoyé par Cpt Anderson Voir le message
Le problème c'est que les US ne sont aucunement en position de force face à la Chine
Ça dépend comment on regarde, parce qu'à la fin il y a l'armée et ce sont les USA qui ont la plus grosse.
Ils ne savent pas très bien s'en servir, mais c'est eux qui ont la dépense militaire la plus importante et de très très loin, depuis des lustres.
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Avatar de Coeur De Roses
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 11:44
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ça dépend comment on regarde, parce qu'à la fin il y a l'armée et ce sont les USA qui ont la plus grosse.
Ils ne savent pas très bien s'en servir, mais c'est eux qui ont la dépense militaire la plus importante et de très très loin, depuis des lustres.
"Ils ne savent pas très bien s'en servir" Tu as l'air d'en savoir plus sur leur propre management de leur l'armée, mieux qu'eux même, sans même avoir mis les pieds dans une quelconque organisation US relative à l'armée, je dois dire que je suis impressionné.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 11:58
Citation Envoyé par Coeur De Roses Voir le message
Tu as l'air d'en savoir plus sur leur propre management de leur l'armée
Ils ont démarré des guerres partout et ils ont souvent perdu, en tout cas ce n'était pas une victoire nette.
Regardez Irak, Vietnam, Afghanistan, etc.

Mais ça va ils sont au courant.
Guerre. Les Etats-Unis pourraient perdre contre la Chine ou la Russie
Selon un rapport du Congrès américain, l’armée des Etats-Unis pourrait perdre une guerre contre la Chine ou la Russie. Détails.

Les Etats-Unis font face à une crise militaire et pourraient perdre une guerre contre la Chine ou la Russie, met en garde un rapport du Congrès américain rendu public mercredi.

« La supériorité militaire des Etats-Unis --colonne vertébrale de son influence mondiale et de sa sécurité nationale-- s’est érodée à un niveau dangereux », relève le rapport de la commission parlementaire sur la stratégie de défense nationale.

« L’armée américaine pourrait subir un nombre inacceptable de victimes […] dans son prochain conflit », poursuit le texte. « Elle pourrait avoir du mal à gagner, ou peut-être perdre, une guerre contre la Chine ou la Russie ».

Là il y a un livre :
Harlan K. Ullman - Anatomy of Failure: Why America Loses Every War It Starts

On en parle ici :
Pourquoi les États-Unis ont perdu toutes les guerres qu’ils ont déclenchées depuis plus de 50 ans
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Avatar de tmcuh
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 11:58
La guerre économique qui s'est enclenché va durer des décénies probablement.

Tu as d'un coté le numéro 1 mondiale, qui permet les échanges mondiaux avec sa devise, stable , le dollar de façon simplifié et rapide.
Il est allié de beaucoup de nation forte économiquement et militairement parlant. Et comme dans tout système social, il y a un boss, il ne faut pas croire de trop aux nations unies qui vont devenir leader de tout ce système, même si il faudrait, mais comme ils sont payés par ce même "vassal" il l'ouvre pas de trop !
Il est dans une logique win/win, si tu gagne, je gagne. Il n'a aucun problème aux suprématie d'un produit pourvu que t'essai pas de lui dire comment il doit l'acheter ou de lui faire pression avec celui-ci.

De l'autre, tu as la Chine, qui n'a que comme seul religion l'argent. Son but final, reprendre la main sur les pays sur lesquels il avait une influence durant des siècles. Il essai d'appliquer des vieilles technique de colonisation, en se disant "oui mais eux l'ont fait le siècle dernier".
Il ne se soucie que de sa richesse qu'il peut engendrer et peu importe le coût. Il vole toutes les technologie du monde, paye quelques illuminés français, américains,.. pour venir enseigner de la haute technologie chez lui et après le remercie gentillement avec une médaille et un gros chèque.
Il force les sociétés qui veulent vendre sur son sol à faire des partenariats qui lui voleront tout son savoir-faire (nourriture, voiture, high tech)... pour nous le revendre après à moitié prix.
Il te prête de l'argent alors que tu sais pas payer, en disant OK si tu sais pas payé, c'est pas grave, le truc que t'as construit avec mon argent, m'appartiendra. Il se construit ainsi des ports, des autoroutes qu'il reprendra après en te faisant mirroité que c'est bien pour ton pays

Bref comme les chinois ne sont pas du tout dans une logique commercial mondiale, mais plutôt dans un modèle, je gère, je crée, je vends; celà va forcer les pays du monde a agir de même, Trump essai de les forcer à jouer le même jeu que tout le monde mais vu qu'ils sont pas enclins à écouter, il va forcer les pays à ne plus jouer avec eux.
Ceux qui croient que la guerre va se terminer avec la réussite de la Chine et la faillite des USA, se mette un peu le doigt dans l'oeil. Car la Chine est de moins en moins aimé par les pays qu'elle aide et elle se créer des ennemis de tailles : Japon, Inde qui sont à sa porte.
Ces pays vont sans doute se battre et elles aussi faire du colonialisme prospère qui coupera l'herbe des chinois.
On est pas dans un modèle guerre USA / Chine mais bien le monde dollarisé (Australie, Japon, Europe, USA, Canada, Inde..) contre la Chine.

Huawei si elle ne trouve pas de chipset pour ses appareils va droit dans le mur. Car quoi qu'on en dise, mais les USA sont encore les maitres du chipset.
Ceux qui croient que les terres rares seront le premier point de contrainte des Chinois risque de voir qu'en 2 ans de temps on va construire partout dans le monde des usines pour transformer celui-ci (pour les batteries).
Alors qu'il faut plus de 10 ans pour faire des usines de chipset valable.

Je pense que Xi xinpin n'as pas très bien joué à l'échequier, il aurait dû être plus malin et plus patient, être moins agressif et plus ouvert vers l'exterieur, amené justement les entreprises américaines, japonaise, europeene à investir dans son pays pour le rendre plus fort, alors que là il joue tout solo et c'est un peu un contre tous.

Les chinois ne sortent pas de la pauvreté parce qu'on leur achète des smartphone ou des gadget à 1€ sur Wish (qui soit dis en passant serait interdit par la répression des fraudes si ça venait de France) mais bien parce que les présidents précédent à Xi ont fait des investissements massif pour construire des villes et sortir les pauvres des campagnes. D'ailleurs on voit qu'avec Xi tout n'est plus aussi dynamique qu'avant, il a du créer des nouveaux impots et taxes pour compenser les côuts exhorbitant de sa politique. Un très fort contrôle sur la monnaie, prouve qu'on est pas si riche que ça. Alors que je sache, je peux acheter 10.000 dollar là maintenant et aller acheter une maison ... aux philippines !
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Avatar de archqt
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 13:42
ça veut dire quoi "acheter 10 000dollards maintenant et aller m'acheter une maison aux philippines" ?
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