Le développeur Blockchain est l'emploi qui connaît la croissance la plus rapide ces 4 dernières années
Selon un rapport de LinkedIn

Le , par Bill Fassinou

73PARTAGES

13  0 
La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. C’est une base de données sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. La technologie fait de plus en plus parler d'elle, et son usage ne se limite plus seulement aux crypto-monnaies. De grandes entreprises y font, en effet, appel pour résoudre certaines de leurs problématiques en matière de traçabilité. C'est le cas de sony par exemple qui a annoncé le développement d'une plateforme de gestion des droits numériques (DRM) basée sur la blockchain. La société basée à Tokyo, Minato, a déclaré en octobre que la solution DRM serait axée sur la protection du contenu numérique, y compris les manuels électroniques, la musique, les films, le contenu de réalité virtuelle et les livres électroniques.

Les grandes puissances et les grandes entreprises ne cessent d'investir dans cette technologie. La blockchain a parcouru un long chemin depuis que Satoshi Nakamoto a développé une crypto-monnaie qui permettait à des étrangers de mener des transactions financières de manière anonyme et sans recourir à des intermédiaires, tels que des banques. Le Bitcoin a émergé de l'ombre du web pour attirer l'attention de tous, surtout au cours de l'année dernière, car, sa valeur étant tombée du vertige de près de 20 000 dollars en 2017 à moins de 4000 dollars de nos jours. Les dépenses mondiales en solutions de blockchain devraient atteindre 11,7 milliards de dollars en 2022, selon les prévisions d’IDC. Le cabinet s'attend à ce que les dépenses dans ce type de solution augmentent à un rythme soutenu tout au long de la période de prévision 2017 - 2022, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 73,2 % sur cinq ans.

Les dépenses mondiales consacrées aux blockchain devraient atteindre 1,5 milliard de dollars en 2018, soit le double du montant dépensé en 2017. « L'enthousiasme pour la blockchain continue d'être universellement partagé entre les régions alors que les entreprises et les organisations continuent d'explorer l'application métier potentielle de la technologie », a déclaré Stacey Soohoo, responsable de la recherche chez IDC Customer Insights & Analysis. « Les préoccupations réglementaires et les normes de l'industrie continuent d'entraver l'adoption généralisée par les gouvernements du monde entier qui collaborent avec les entreprises pour formuler des politiques et une gouvernance. La collaboration entre les entreprises et l'interopérabilité blockchain émergent comme des aspects clés de la croissance du DLT (distributed ledger technology) ».

Les États-Unis verront les plus gros investissements de blockchain et fourniront plus de 36 % des dépenses mondiales tout au long de la période de prévision. L'Europe de l'Ouest sera la deuxième plus grande région en termes de dépenses de blockchain, suivie de la Chine et de l'Asie / Pacifique (hors Japon et Chine) (APeJC). Les neuf régions couvertes par l’étude du cabinet vont connaître une croissance phénoménale des dépenses au cours de la période de prévision 2018-2022, le Japon et le Canada arrivant en tête avec des TCAC de 108,7 % et 86,7 %, respectivement. Cependant, pour prospérer véritablement, à l’instar des débuts d’Internet et du World Wide Web, la Blockchain a besoin de développeurs dotés des compétences nécessaires pour s’appuyer sur ses fondements et réaliser son potentiel. C'est peut-être pour cette raison que le « développeur de chaînes de blocs » figure en tête du rapport sur les emplois émergents de cette année sur LinkedIn.


En effet, aux USA par exemple, le « développeur de chaînes de blocs » est le premier emploi émergent, selon les données publiées dans le rapport 2018 de « US Emerging Jobs de LinkedIn ». En utilisant les données glanées dans le graphique économique de LinkedIn, qui sert de « représentation numérique de l'économie mondiale », en analysant les compétences et les offres d'emploi de 590 millions de membres et de 30 millions d'entreprises, LinkedIn a constaté que le nombre de « développeurs de chaînes de blocs » avait été multiplié par 33 au cours des quatre dernières années (2014 - 2018), et est par conséquent, l'emploi le plus demandé aux USA. Or, dans le même rapport de l'année dernière, il ne figurait même pas dans les 20 premiers. Les entreprises qui recrutent le plus sont entre autre IBM, ConsenSys et Chainyard.

Qu'en est-il de la France ?

Rappelons qu'en mars dernier, Emmanuel Macron avait reçu plusieurs patrons de la tech (dont Facebook, Microsoft, Uber, IBM) à l'Élysée. Le président français était censé évoquer avec eux les transformations sociales liées aux technologies, lors d'un dîner à huis clos. Au total, une soixantaine de dirigeants et acteurs du domaine de la tech, venus du monde entier parmi lesquels Mark Zuckerberg (PDG de Facebook), Satya Nadella (PDG de Microsoft), Dara Khosrowshahi (PDG d’Uber) et Virginia Rometty (PDG d’IBM) y participeront. Le président français aurait profité de l’occasion pour les inciter à s’engager en faveurs des « biens communs », autrement dit les domaines de l’éducation, de la santé ou de l’emploi. C’est donc dans le cadre de ce sommet « Tech For Good » organisé par l'Élysée qu’IBM a annoncé une série d’investissements et d’initiatives en France et la création de 1800 emplois au cours des deux prochaines années dans des domaines de pointes tels que l’IA, la blockchain, le cloud computing et l’IdO.

Dans le détail, IBM a prévu d’embaucher des consultants, des architectes informatiques, des développeurs et des experts techniques, y compris des nouveaux diplômés et des professionnels expérimentés. Ces 1800 nouveaux emplois comprennent les 400 liés à l’IA annoncés par IBM lors du lancement du plan du gouvernement sur l’intelligence artificielle à l’occasion du sommet « AI for Humanity ». Avec ces nouvelles embauches, IBM prévoit de renforcer sa présence nationale en créant des pôles de compétences en région avec des partenaires locaux publics et privés, comme déjà mis en place à Lille et Strasbourg. « Nous nous engageons à développer des centres d’expertise aux côtés de nos clients, là où ils sont implantés » a déclaré Nicolas Sekkaki, Président d’IBM France. « IBM va continuer à travailler avec le gouvernement pour être sûre que la France a les compétences nécessaires pour prendre l’avantage dans cette nouvelle ère ».

Source : LinkedIn 2018 Emerging Jobs Report

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

Sony s'intéresse à l'utilisation de la blockchain dans les DRM et annonce le développement d'une plateforme de gestion des droits numériques

Les dépenses mondiales autour de la blockchain pourraient atteindre les 11,7 milliards de dollars en 2022, d'après des projections d'IDC

Sommet Tech for Good : IBM annonce la création de 1800 emplois en France dans les domaines de l'IA, la blockchain, le cloud computing et l'IdO

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !


 
Contacter le responsable de la rubrique Accueil

Partenaire : Hébergement Web