TSMC, une fonderie taïwanaise de semiconducteurs, est sur le point de détrôner Intel
Pour devenir le plus grand fabricant de puces au monde

Le , par Bill Fassinou, Chroniqueur Actualités
Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) est une importante fonderie de semiconducteurs indépendante qui fabrique notamment les puces graphiques de Nvidia et d'ATI. Elle se positionne de plus en plus comme un concurrent de taille pour Intel Corporation, le géant américain qui est souvent annoncé comme le premier fabricant mondial de semi-conducteurs. Depuis des dizaines d'années, Intel Corp. a dominé la fabrication de puces, produisant le composant le plus important dans la plupart des ordinateurs du monde. Cette course est maintenant menacée par TSMC qui reste très peu connu des Américains. Créée en 1987 pour fabriquer des puces destinées aux entreprises ne disposant pas des moyens financiers nécessaires pour construire leurs propres installations, TSMC compte désormais dans son portefeuille, des clients de taille.

La menace que TSMC représente pour Intel reflète un changement radical dans la fabrication de puces. TSMC s'est lancé dans la production en volume de puces avec son nouveau processus en 7 nm. Le nouveau processus de TSMC, le 7FF (pour FinFET 7 nm), est très attendu par l’industrie : il permet de réduire de 70 % la taille des puces (à nombre de transistors égal), la consommation électrique de soixante pour cent ou d’augmenter la fréquence de trente pour cent (ou une combinaison de ces trois axes) par rapport au plus utilisé jusqu’à présent, le 16FF+.

Jusqu’à présent, TSMC avait annoncé en mai dernier avoir dix-huit clients utilisant effectivement ce processus, une cinquantaine de produits différents devraient sortir des usines d’ici la fin de l’année, pour des applications aussi diverses que des puces mobiles, des processeurs pour serveur, équipement réseau, graphismes, cryptomonnaies ou encore intelligence artificielle.


TSMC compte de nombreux clients, notamment les géants de la technologie Apple Inc. et Qualcomm Inc., AMD et des sociétés comme Ampere Computing LLC . L'explosion des composants ainsi construits a permis à TSMC d'acquérir le savoir-faire technique nécessaire pour fabriquer les puces les plus petites, les plus efficaces et les plus puissantes en grande quantité. « C’est une situation unique depuis une cinquantaine d’années », a déclaré Renee James, ancienne numéro 2 d’Intel, à la tête de la startup Ampere qui s’intéresse au marché dominant des puces de serveur d’Intel. Selon Ampere, TSMC est bien en mesure de concurrencer Intel. Certaines personnes à Wall Street pensent que TSMC a vraiment une chance de remplacer Intel en tant que meilleur fabricant de puces sur le marché. L’année dernière par exemple, la société taïwanaise a amassé pour la première fois une valeur marchande supérieure à celle de son rival américain.

Ce qui inquiète vraiment les investisseurs d’Intel, c’est que les plus grandes entreprises technologiques veulent commencer à fabriquer elles-mêmes leurs propres puces. En octobre dernier, Apple avait annoncé qu'il allait débourser 300 millions de dollars pour acheter une partie de Dialog Semiconductor, une entreprise d'origine allemande spécialisée dans les semi-conducteurs, dont le siège social est situé à Reading au Royaume-Uni et avec laquelle l’éditeur d’iOS travaille depuis le premier iPhone.

Le fabricant anglo-allemand fournit Apple en circuits intégrés de gestion de l’énergie. Dialog Semiconductor figure en tête des fournisseurs de semi-conducteurs qui risquent d’être lâchés par Apple au profit de produits développés en interne. Depuis la parution d’une rumeur sur le développement d’un contrôleur d’alimentation au sein d’Apple, la situation de Dialog était devenue très précaire. Le fournisseur avait admis en fin d’année dernière qu’Apple avait la capacité de concevoir toute seule une telle puce, mais il assurait qu’il avait encore des contrats en cours avec ce client essentiel représentant 70 % de son chiffre d’affaires.

Amazon aussi s'est lancé dans la fabrication de puce. Bloomberg nous apprend que le géant américain du cloud a annoncé son premier processeur de serveur interne. La Graviton est fabriquée par TSMC et prend en charge une nouvelle version du service cloud d'Amazon et 40 % moins cher qu’une offre similaire optimisée par des puces Intel. Matt Garman, vice-président d'Amazon Web Services reconnaît que sans les capacités de TSMC, Amazon n'aurait pas la possibilité de faire cavalier seul. Intel a été le premier à utiliser la technologie des 14 nanomètres en 2013 et ne pourra produire les 10 nanomètres que vers la fin de 2019. TSMC quand à lui est passé de 20 nanomètres à 7 nanomètres dans le même temps.

Selon Bloomberg, « le blocage d'Intel tourne autour du rendement, le nombre de puces de qualité qui émergent de chaque cycle de production. Dans les usines qui coûtent environ 7 milliards de dollars et fonctionnent 24 heures sur 24, produisant des millions de jetons chaque mois, le moindre raté peut être désastreux sur le plan financier. Intel n'a pas encore suffisamment éliminé ces problèmes de fabrication, et l'entreprise ne passera pas à une production de 10 nanomètres tant que tout ne fonctionnera pas correctement ».

Toutefois, Bloomberg précise que TSMC n’a pas attrapé Intel tout seul. « La véritable rupture de la société a eu lieu il y a dix ans lorsque les smartphones ont commencé à remplir les poches des consommateurs. Intel a touché aux puces mobiles, mais la société américaine n’a jamais engagé ses meilleurs systèmes de production et de conception pour les puces mobiles, préférant donner la priorité à ses activités actuelles de PC et de serveurs. Lorsque les ventes de smartphones ont décollé, les fabricants de téléphones ont utilisé d'autres processeurs des entreprises telles que Qualcomm, ou ils ont conçu leur propre technologie ARM, comme c'est le cas d'Apple ».

Or, le volume des smartphones est presque six fois plus important que celui de l’industrie informatique. Cela donne à TSMC l'avantage d'une expérience de fabrication en grande quantité, ce qui revenait à Intel auparavant. Mark Li, analyste chez Sanford C a déclaré que le leadership d'Intel sur le marché des puces pour serveurs, ainsi que son pouvoir de fixation des prix, est compromis par la dure co,currence de TSMC.

Source : Bloomberg

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Avatar de tmcuh tmcuh - Membre du Club https://www.developpez.com
le 29/11/2018 à 13:23
Article très intéressant, j'avais jamais entendu parlé de cette société, je pensais que Qualcomm faisait leur puce, mais non

Maintenant c'est bon pour le monde entier d'avoir de la concurrence ça va relancer un peu les nouvelles technologies, qui stagne un peu maintenant.

 
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