Brian Acton, co-fondateur de WhatsApp qui a été vendu à Facebook pour 19 milliards de dollars il y a quatre ans, en a eu assez de son aventure avec le numéro un des réseaux sociaux. Il a quitté l'entreprise il y a un an et, plus tôt cette année, il en a surpris beaucoup en twittant "#DeleteFacebook", apportant son soutien à ce que plusieurs qualifiaient de mouvement après le scandale Cambridge Analytica. Une autre action notable a été l’investissement de 50 millions de dollars dans une fondation pour gérer le protocole de chiffrement Signal. Dans une interview accordée à Forbes, publiée mercredi, Acton a parlé des raisons qui l’ont motivé à quitter Facebook et a également dit ce qu’il pense de l’entreprise maintenant.Sous la pression de Mark Zuckerberg et de Sheryl Sandberg pour monétiser WhatsApp, il a manifesté son opposition lorsque Facebook s’est interrogé sur la pertinence du protocole de chiffrement qu’il a aidé à développer et a préparé le terrain pour diffuser des annonces ciblées et faciliter la messagerie commerciale. Acton a également quitté Facebook un an avant que ses dernières parts ne lui soient versées. « Nous étions dans une situation où je me suis dit “ok, vous voulez faire ceci, moi je ne veux pas”», a expliqué Acton. « Il serait donc préférable que nous nous séparions. Et je l'ai fait ». Une décision qui lui aura coûté 850 millions de dollars (ce que valaient les actions Facebook qu’il n’avait pas encore perçues à ce moment là).
Très vite, il souligne que Facebook « n'est pas le méchant » : « Je les considère comme de très bons hommes d'affaires ». Cependant, il a payé cher le droit de s’exprimer librement : « Dans le cadre d'un règlement proposé à la fin, [la direction de Facebook] a essayé de mettre en place un accord de non-divulgation », a expliqué Acton. « C’est en partie la raison pour laquelle j’ai eu un peu de mal à régler cette histoire avec ces gars-là ».
Toute chose a un prix, même l'idéalisme ?
Le récit d’Acton sur ce qui s’est passé avec WhatsApp laisse transparaître la perspective du fondateur d’une société qui se veut idéaliste : que se passe-t-il lorsque vous construisez quelque chose d’incroyable et que vous le vendez ensuite à quelqu'un qui a des projets bien différents pour votre « bébé » ? « En fin de compte, j'ai vendu mon entreprise », déclare Acton. « J'ai vendu la vie privée de mes utilisateurs pour faire un plus grand profit. J'ai fait un choix et un compromis. Et je vis avec ça tous les jours ».
Le jumelage Facebook-WhatsApp a été un casse-tête chinois dès le départ. Facebook possède l’un des plus grands réseaux publicitaires au monde; Koum et Acton détestaient les publicités. La valeur ajoutée de Facebook pour les annonceurs est ce qu’il sait de ses utilisateurs; Les fondateurs de WhatsApp étaient des zélotes pro-vie privée qui estimaient que leur chiffrement tant vanté avait été essentiel à leur croissance mondiale presque sans précédent.
Cette dissonance a frustré Zuckerberg. Selon Acton, Facebook a décidé de poursuivre deux manières de gagner de l’argent avec WhatsApp. Tout d’abord, en diffusant des annonces ciblées dans la nouvelle fonctionnalité Statut de WhatsApp, qui, selon Acton, brisait un contrat social avec ses utilisateurs. « La publicité ciblée est ce qui me rend malheureux », dit-il. Sa devise chez WhatsApp était « Pas de publicité, pas de jeux, pas de gadgets » - un contraste direct avec une société mère qui tire 98% de ses revenus de la publicité.
Facebook souhaitait également vendre des outils aux entreprises pour discuter avec les utilisateurs de WhatsApp. Une fois que les entreprises seraient dans le train, Facebook espérait aussi leur vendre des outils d'analyse. Le défi était le chiffrement de bout en bout étanche de WhatsApp, qui empêchait WhatsApp et Facebook de lire les messages. Même si Facebook n’avait pas l’intention de casser le chiffrement, Acton a expliqué que ses responsables ont interrogé et « enquêté » sur les moyens d’offrir aux entreprises un aperçu analytique des utilisateurs de WhatsApp dans un environnement chiffré.
Facebook veut faire plus d'argent
Les plans de Facebook n’ont pas été dévoilés clairement. Au début du mois de septembre, lorsque les législateurs américains ont demandé à Sandberg, la COO...
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