Les États-Unis durcissent les sanctions à l'encontre de Kaspersky Lab
Soupçonné d'être de connivence avec la Russie

Le , par Victor Vincent, Chroniqueur Actualités
Le gouvernement des États-Unis envisage d’appliquer des sanctions contre Kaspersky alors que la société a intenté deux procès contre lui. Soupçonnant la société russe d’être sous influence du Kremlin, Donal Trump avait introduit en décembre 2017 le retrait de l’usage de l’antivirus dans les agences fédérales dans le cadre d’un projet de loi sur les dépenses de défense. Elle fait suite à la directive de son administration en septembre qui demandait aux agences civiles de retirer le logiciel de Kaspersky Lab dans les 90 jours. L’application des sanctions définies dans le « National Defense Authorization Act » pourrait « priver  » la société de toute opération aux États-Unis et peut-être même dans les pays alliés.

Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des mesures que le pays est en train de mettre en place à l’encontre des intérêts de la Russie. « La preuve de liens étroits et de coopération entre Kaspersky Lab et le Kremlin est accablante, c'est pourquoi j'ai dirigé les efforts au Congrès pour débarrasser les systèmes fédéraux des produits de Kaspersky. Sanctionner Kaspersky Lab est une suite logique », déclare Jeanne Shaheen, auteure de la législation qui bannit l’antivirus. Le responsable de la sécurité à la maison blanche, Rob Joyce a qualifié Kaspersky, d’une preuve que l'administration Trump prend la Russie au sérieux.


Le gouvernement américain craint que le Kremlin ne puisse nuire à ses intérêts sachant que la Russie pourrait utiliser ses produits dans des opérations d'espionnage. En effet, Moscou est déjà cité dans plusieurs scandales liés à la cybersécurité, dont le scandale du Cambridge Analytica, ou encore le ransomware « NotPetya ». Certains médias rapportent que les services de renseignements américains soupçonnent que Moscou a déjà réussi à infiltrer l’administration américaine lorsque des espions ont reconfiguré la fonction de détection de logiciels malveillants de l'antivirus Kaspersky pour rechercher des documents confidentiels. Cela n'a jamais été confirmé par le gouvernement américain et la société nie toute implication dans un tel programme.

Même si de nombreux détails de l'affaire opposant le gouvernement américain à Kaspersky restent classifiés, certains responsables des États-Unis et du Royaume-Uni ont fait directement référence à la loi russe comme une racine fondamentale du problème de Kaspersky. L'analyse de la loi russe a été au cœur de la stratégie juridique du gouvernement américain dans la défense contre les poursuites en cours de Kaspersky. Dans sa réponse aux soupçons que font peser le gouvernement américain contre lui, Kaspersky Lab avait déclaré en octobre qu'il soumettrait le code source de son logiciel et les mises à jour futures pour inspection par des parties indépendantes. La société a nié à plusieurs reprises avoir des liens avec n'importe quel gouvernement et a déclaré qu'il n'aiderait pas un gouvernement pour du cyberespionnage.

En réponse aux menaces de sanction, la société russe qualifie les actions continues du gouvernement américain contre elle comme sans fondement. Selon Kaspersky, elles ont été prises sans preuve d'actes répréhensibles de la part de l'entreprise et reposent sur des sources publiques subjectives et non techniques telles que des rumeurs anonymes. Elle se réjouit des appels à déclassifier toute information crédible pouvant justifier ces sanctions. Ces événements surviennent dans un contexte assez compliqué pour la société russe. En effet, Twitter aurait pris en janvier la décision de ne plus accepter les publicités de Kaspersky Lab remettant en cause le modèle économique de l’entreprise, qui contreviendrait aux pratiques commerciales de Twitter Ads.

Source : Cyberscope

Et vous ?

Pensez-vous que Kaspersky Lab ait des liens avec le Kremlin ?

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Kaspersky : le président Donald Trump promulgue une loi interdisant l'utilisation des produits de l'éditeur, au sein du gouvernement


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Avatar de Danfre Danfre - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 25/04/2018 à 8:32
J'imagine que Kaspersky a a peu près autant de chances d'avoir des liens avec le gouvernement russe, que certains GAFA avec le gouvernement américain... (sans parler de ce qu'ils font des données personnelles de leurs utilisateurs). Eugène Kaspersky a au moins le mérite de vouloir être transparent sur le sujet.

En tout cas en attendant les preuves qu'il y a eu espionnage ou que les fuites sont dues à leurs logiciels, on peut toujours trouver d'autres raisons objectives pour l'administration Trump de taper sur Kaspersky : protectionnisme, diversion de ses propres petits ennuis avec en rapport avec la Russie.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 25/04/2018 à 9:52
Citation Envoyé par Danfre Voir le message
J'imagine que Kaspersky a a peu près autant de chances d'avoir des liens avec le gouvernement russe, que certains GAFA avec le gouvernement américain...
On a les preuves que les GAFA sont forcé de collaborer avec le gouvernement US.
Mais on ne sert rien des relations entre Kaspersky et le gouvernement Russe.

Yahoo dit avoir été forcé à livrer des données d'utilisateurs à la NSA

Et on sait qu'il y a des portes dérobées dans des logiciels US.
'Windows 8 contient une 'porte dérobée' utilisable par l'agence américaine du renseignement NSA'

Le truc c'est qu'il y a plus de gens qui utilisent Windows que de gens qui utilisent Kaspersky.
Si ça se trouve Avast et Avira espionnent.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 25/04/2018 à 11:13
Bientôt ils diront que Kaspersky était aussi derrière le virus des centrales nucléaires Stuxnet...
"Stuxnet is a malicious computer worm, first uncovered in 2010 by Kaspersky Lab."

Fabrication de fausses preuves et de soupçons.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 25/04/2018 à 11:15
Citation Envoyé par hotcryx Voir le message
Bientôt ils diront que Kaspersky était aussi derrière le virus des centrales nucléaires Stuxnet...
Non ça va, ça fait depuis 2011 qu'on sait que c'était une collaboration entre les USA et Israël :
Les Etats-Unis et Israël ont créé le virus Stuxnet
Ça attaquait l'Iran, donc on s'attendait à ce que les USA et Israël soient dans le coup.
Avatar de Tartare2240 Tartare2240 - Membre actif https://www.developpez.com
le 25/04/2018 à 11:20
L’application des sanctions définies dans le « National Defense Authorization Act » pourrait « priver » la société de toute opération aux États-Unis et peut-être même dans les pays alliés.
Attends... Quoi ??? Ils se foutent de la gueule de qui là ? On peut décider par nous-mêmes, merci ! Qu'ils aillent regarder leur propre cul avant de s'intéresser au nôtre !
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 25/04/2018 à 13:52
Des lois à sans unique.

Je n'ose pas imaginer la pression que Kaspersky Lab a actuellement sur le dos, avec les prochaines vagues de licenciements...
Retirer les USA de leur clientelle, ça va faire mal!
Peut-être aussi que l'Europe ou du moins la France pourrait suivre le mouvement.
Avatar de Fagus Fagus - Membre habitué https://www.developpez.com
le 26/04/2018 à 18:52
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
On a les preuves que les GAFA sont forcé de collaborer avec le gouvernement US.
[...]
Et on sait qu'il y a des portes dérobées dans des logiciels US.
[...]
Le truc c'est qu'il y a plus de gens qui utilisent Windows que de gens qui utilisent Kaspersky.
Si ça se trouve Avast et Avira espionnent.
Non mais en fait, partant de ce point de vue, tout logiciel ou matériel étranger est une menace théorique. Et pratique : une réponse légitime de la Russie pourrait être d'arrêter d'utiliser Windows...

Anecdote assez édifiante : il se trouve que j'utilise justement kaspersky sous windows 10, et que comme tout antivirus celui-ci détecte régulièrement mes programmes comme malicieux (à tord : alors que je sais encode quel code j'y ai mis )

L'autre jour, j'ai eu le message : Attention mon_programme_codé_par_moi.exe est malicieux, le service windows XXX essaie de l'uploader sur sur le_serveur_de_microsoft.com, faut-il bloquer cet upload ?

Il est bien évident que j'ai coché toutes les autorisations que microsoft nous propose pour protéger notre vie privée de microsoft, et modifié diverses clés de registre dans ce but...

Merci à kaspersky d'avoir protégé les serveurs de microsoft !
Avatar de Madmac Madmac - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 27/04/2018 à 1:51

Danfre

J'imagine que Kaspersky a a peu près autant de chances d'avoir des liens avec le gouvernement russe, que certains GAFA avec le gouvernement américain... (sans parler de ce qu'ils font des données personnelles de leurs utilisateurs). Eugène Kaspersky a au moins le mérite de vouloir être transparent sur le sujet.

En tout cas en attendant les preuves qu'il y a eu espionnage ou que les fuites sont dues à leurs logiciels, on peut toujours trouver d'autres raisons objectives pour l'administration Trump de taper sur Kaspersky : protectionnisme, diversion de ses propres petits ennuis avec en rapport avec la Russie.
J'ai lu quelque part que Kaspersky est un problème pour les Américains par qu'il détecte les virus utilisés par leur agences gouvernementales (NSA, CIA, FBI). J'imagine que les autre fabricants les ignorent volontairement.
Avatar de Bill Fassinou Bill Fassinou - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 15/05/2018 à 17:19
Kaspersky annonce le déplacement de ses infrastructures en Suisse
à cause des soupçons d'espionnage basés sur sa proximité avec le gouvernement russe

Depuis 2014, des soupçons d'espionnage pesaient sur la société russe de cybersécurité Kaspersky Lab. Sa crédibilité a été entachée dans l'affaire de vol d'informations sur les outils de piratage de la NSA. Des hackers du gouvernement israélien auraient découvert que le gouvernement russe se sert des produits de Kaspersky Lab pour espionner les États-Unis d’Amérique et des ordinateurs dans le monde entier à la recherche de documents top secret ou classifiés. Cette affaire a coûté cher à la grande firme russe qui a tenté en vain de laver son honneur. Car une loi interdisant l'utilisation des produits de Kaspersky Lab au sein du gouvernement américain a été promulguée par Trump le mardi 12 décembre 2017.

Depuis, Kaspersky a fait l'objet de beaucoup de méfiance. La proximité de son siège avec le gouvernement russe ne fait qu'aggraver les critiques. Dans son effort de réaffirmer son engagement dans la protection des données de ses utilisateurs afin de regagner leur confiance, Kaspersky avait annoncé en 2017 la « Global Transparency Initiative ». Par cette initiative, la société compte rassembler la communauté de la cybersécurité pour valider et vérifier la fiabilité de ses solutions.

Eugene Kaspersky, PDG de Kaspersky Lab, explique le bien-fondé de cette initiative : « La balkanisation de l’Internet ne profite à personne, sauf aux cybercriminels. Une coopération réduite entre les pays favorise l’action des cybercriminels et les partenariats publics-privés ne fonctionnent pas comme ils le devraient. L’Internet a été créé pour unir les individus et partager les connaissances. La cybersécurité n’a pas de frontière, mais les tentatives d’établissement de frontières nationales dans le cyberespace sont contre-productives et doivent être stoppées. Nous devons rétablir la confiance dans les relations entre les entreprises, les gouvernements et les citoyens. C’est pourquoi nous lançons cette initiative de transparence mondiale : nous sommes totalement ouverts et nous n’avons rien à cacher. Et je crois qu’avec ces actions, nous serons capables de surmonter la méfiance et de soutenir notre engagement à protéger les personnes dans n’importe quel pays du monde. »


La société ne veut ménager aucun effort pour blanchir sa mémoire. Elle a annoncé vouloir implanter un datacenter en Suisse pour y déplacer les données de ses clients se trouvant en Europe, en Amérique du Nord et en Asie avant la fin de l'année 2019. Toutes les données volontairement communiquées par les utilisateurs à Kaspersky Security Network (KSN), le système cloud de traitement automatique des données liées aux cybermenaces, seront stockées à Zurich. La chaîne d’assemblage de logiciels de la société sera aussi transférée. La société annonce qu'avant la fin de l'année 2018, tous ses produits seront désormais assemblés et signés numériquement en Suisse avant d'être convoyés dans le monde entier.

Le code source de tous ses logiciels et mises à jour seront mis à la disposition de tous ceux qui souhaiteront les inspecter. Un centre de transparence sera dédié à cet effet. Il sera aussi installé en Suisse et pourra ouvrir ses portes avant la fin de l'année 2018. À travers ces actions, Kaspersky Lab affiche clairement son engagement dans la protection, la confidentialité, et le respect de la vie privée de ses clients. Kaspersky s'impose dorénavant des mesures nécessaires pour la transparence et la confiance avec ses clients. Les codes source de tous ses produits feront l'objet d'inspection par un tiers qualifié. La société compte organiser le 5 juin 2018 une conférence en ligne avec les différents acteurs du monde de la cybersécurité, dans le but de rétablir la relation de confiance nécessaire pour faire aboutir les réformes engagées.

Sources : Global Transparency Initiative, kaspersky

Et vous ?

Pensez-vous que les reformes annoncées par Kaspersky vont accroître sa crédibilité ?

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Kaspersky a décidé d'attaquer l'administration Trump devant la Cour fédérale américaine suite au bannissement de ses produits
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 16/05/2018 à 8:29
Citation Envoyé par Bill Fassinou Voir le message
Pensez-vous que les reformes annoncées par Kaspersky vont accroître sa crédibilité ?
En tout cas ça devrait.
Kaspersky n'est clairement pas lié au gouvernement Russe.

Ce n'est pas parce que les GAFA collaborent avec le gouvernement US, que les entreprises Russes collaborent avec le gouvernement Russe...
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