La police de Raleigh a demandé des données de localisation Google pour identifier les suspects
Dans des affaires criminelles

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À Raleigh, en Caroline du Nord, il a été découvert que la police locale a émis des mandats de recherche afin que Google lui livre des données sur des comptes Google proches de lieux de crime dans un laps de temps donné.

Il devrait sembler évident aux utilisateurs de Google Maps que Google enregistre votre position au fil du temps. Précisons que, même si cela semble moins évident, il n’est pas nécessaire que votre GPS soit activé. En effet, Google peut utiliser d’autres moyens pour déterminer où vous êtes passé par exemple des tours de téléphonie cellulaire et des emplacements de réseaux WiFi.

En mars 2017, la police locale a essayé une approche différente pour mener certaines de ses enquêtes. Sur une image satellite, les enquêteurs ont dessiné des formes autour des scènes de crime, marquant les coordonnées sur la carte. Puis ils ont convaincu un juge du comté de Wake qu'ils avaient suffisamment de raisons pour contraindre Google à leur remettre des identifiants de compte de chaque téléphone portable qui ont pénétré le périmètre dessiné sur la carte pendant certaines périodes.

Au moins sur quatre enquêtes l'année dernière où il était question de meurtre, de violence sexuelle et même d’un possible incendie criminel au centre-ville en mars 2017, la police de Raleigh a utilisé des mandats de recherche pour exiger des comptes Google non pas de suspects spécifiques, mais de tout appareil mobile qui a été proche de la scène d'un crime, d’après WRAL News qui affirme avoir mis la main sur les dossiers judiciaires. Ces mandats s’accompagnent souvent de clauses qui empêchent l’entreprise de divulguer des informations sur les recherches pendant des mois non seulement aux suspects potentiels, mais à tous les utilisateurs qui se sont trouvés dans le périmètre.

Précisons que les comptes sont anonymisés et se limitent à de simples numéros de compte et des emplacements au fil du temps sans information permettant d’identifier un individu. Ce n’est qu’une fois que la police a filtré les informations anonymes que celles qui correspondent le mieux à leur compréhension du crime qui peuvent entraîner une demande supplémentaire d’informations de compte afin de pouvoir cette fois-là en identifier les propriétaires. Ces informations personnelles, telles que le numéro de téléphone et la date de naissance, peuvent ensuite être utilisées pour retrouver un criminel potentiel.

Les autorités de la ville et du comté disent que la pratique est une évolution naturelle des techniques d'enquête criminelles. Ils soulignent qu'en cherchant des mandats de perquisition, ils mettent soigneusement en balance les droits civils et la sécurité publique.


Les défenseurs de la vie privée, à la fois locaux et nationaux, ne sont pas unanimes à l’idée de considérer ce genre d’initiative comme une évolution dans les enquêtes criminelles. Ils notent cependant que, en demandant des mandats de perquisition, les forces de l’ordre cherchent à maintenir l’équilibre entre les droits civils et la sécurité publique.

Mais cela ne suffit pas du tout à les rendre unanimes et crée la polémique sur la façon dont les forces de l’ordre se tournent vers le cache massif de données utilisateurs de Google, en particulier sans cible claire à l'esprit. Les défenseurs des droits numériques sont préoccupés par la possibilité que ce genre de technique puisse mettre à mal des utilisateurs innocents, dont beaucoup pourraient ne pas savoir à quel point l'entreprise suit leurs moindres gestes.

« Nous partageons volontiers une grande partie de nos vies avec Google », a reconnu Jonathan Jones, un ancien procureur de Durham qui dirige l'Open Government Coalition en Caroline du Nord à l'Université Elon. « Mais est-ce que les gens comprennent qu'en partageant ces informations avec Google, ils peuvent aussi les partager avec les forces de l'ordre ? »

« Du point de vue des utilisateurs moyens de smartphones, cela n’est pas réellement surprenant dès lors que l'on a commencé à en savoir plus sur la panoplie d’informations sur nous comme nos localisations et nos activités que les sociétés comme Google possèdent », a déclaré Nathan Freed Wessler, avocat au sein du projet American Civil Liberties Union's Speech, Privacy and Technology.

C’est au tribunal de décider si la police a suffisamment de motifs avant de lui accorder un mandat. Dans ces cas, Google est simplement tenu de respecter la loi. Cependant, cette possibilité de recevoir des données de Google sur la base de preuves circonstancielles doit être vérifiée si les utilisateurs souhaitent garder leurs informations personnelles confidentielles. La Cour suprême des États-Unis a actuellement un dossier en étude relatif à cette question.

Source : Wral

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Avatar de nirgal76
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 20/03/2018 à 11:32
Ben, du moment que c'est fait à coup de mandats et pas par une backdoor, il n'y a rien de choquant, c'est même plutôt rassurant de savoir que cela se fait dans la légalité. Que google garde ces données, ben, c'est pas comme-ci on le découvrait (et je suis sûr qu'en lisant leur condition, on est censé le savoir). Tout comme un opérateur téléphonique garde trace de tous vos appels et que la police peut demander à y avoir accès.
Bref, ça ne méritait pas une info je trouve, ce sont des méthodes courantes (mis à part si c'était encore pour du bashing "vilain google qui gardent les données", auquel cas c'était encore plus inutile).
Avatar de AoCannaille
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 20/03/2018 à 17:22
Citation Envoyé par nirgal76 Voir le message
Ben, du moment que c'est fait à coup de mandats et pas par une backdoor, il n'y a rien de choquant
Je suis d'accord d'un point de vu vie privée, évidement.

Par contre, on peut questionner la confiance aveugle dans les logs Google.
Quid d'un hackeur qui fait un coup monté contre quelqu'un?

Et si ce hackeur était déjà l'Etat (qui, dans le cadre des USA à déjà accès à tout ça...)?

 
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