Un ancien Googler porte à son tour plainte contre son ancien employeur
Qui l'a renvoyé après qu'il avait critiqué le mémo de Damore

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Google a une autre poursuite liée à la diversité entre ses mains. En effet, la filiale d’Alphabet est poursuivie pour discrimination, harcèlement, représailles et congédiement injustifié par un de ces anciens ingénieurs nommé Tim Chevalier. La plainte a été déposée mercredi à la Cour supérieure du comté de San Francisco.

Chevalier assure qu’en novembre 2017, il a été renvoyé pour avoir dénoncé la note controversée de James Damore.

En août dernier, Damore affirmait que « Nous avons tous des préférences et croyances morales sur la façon dont le monde est et doit être. Avoir ses points de vue contestés peut être douloureux, nous avons donc tendance à éviter les personnes ayant des valeurs différentes et à nous associer à celles qui partagent nos valeurs ». Toutefois chez Google, disait-il, « cette autoségrégation est devenue beaucoup plus puissante au cours des dernières décennies », faisant référence à l'idéologie de l'entreprise au sujet des inégalités de genre dans le monde et dans la tech en particulier. Damore estimait que la croyance au sein de Google, c’est que « toutes les inégalités sont dues à un traitement différencié et toutes les personnes sont intrinsèquement les mêmes » et que personne n’a intérêt à aller à l’encontre de cela.

L’ancien Googler est même allé jusqu’à décrire Google comme une « chambre d'écho particulièrement intense » et les chambres d'écho, comme il l’expliquait, « se maintiennent en créant un esprit partagé et en gardant la discussion confinée dans certaines limites […] Mais, les chambres d'écho doivent également se prémunir contre la dissidence et l'opposition. » Une analogie qui lui permet d’affirmer qu’un consensus au sein de la chambre d’écho est donc maintenu en humiliant les gens qui s'opposent à l'idéologie du groupe pour les amener à se conformer ou en les excommuniant s'ils persistent à violer les tabous. Cela sert notamment à « avertir les autres que le même châtiment les attend s'ils ne se conforment pas » aux principes du groupe.

Aussi, Damore a été renvoyé pour avoir avancé des « stéréotypes sexuels préjudiciables » en août 2017 après son mémo qui a soulevé la polémique. Le licenciement de Damore est devenu un point critique pour les conservateurs et, en janvier, il a intenté un recours collectif alléguant que Google pratiquait une discrimination contre les conservateurs blancs.


James Damore

La plainte de Damore comprenait près de 100 pages de captures d'écran de communications internes chez Google qui caractérisent, selon la plainte, une hostilité généralisée contre les points de vue conservateurs.

La plainte de Chevalier quant à elle vient apporter une autre perspective au débat.

Dans une déclaration, Chevalier a affirmé que « C'est une cruelle ironie que Google ait tenté de justifier son licenciement en affirmant que mes publications sur les réseaux sociaux étaient biaisées contre mes harceleurs ». Et de continuer en assurant que « Les lois contre la discrimination visent à protéger les groupes marginalisés et sous-représentés – pas ceux qui les attaquent. »

Chevalier, qui se trouve être handicapé et transgenre, allègue que les messages, qu’il a publiés en interne, et dans lesquels il a défendu les femmes de couleur et les personnes marginalisées, ont conduit directement à son licenciement en novembre 2017. Il avait travaillé chez Google pendant un peu moins de deux ans.

Il faut préciser que les messages de Chevalier avaient été cités dans la plainte de Damore contre Google comme preuve que Google a permis aux libéraux de s'exprimer au sein de l'entreprise sans être punis. La plainte de Chevalier allègue que son licenciement est, en fait, une forme de punition.

Chevalier a régulièrement participé à ces discussions internes, peut-on lire sur la plainte, « appelant la discrimination et le harcèlement par leur nom et en demandant à ses pairs de réfléchir sur des perspectives différentes des leurs. »

Dans une déclaration envoyée par courriel, Google a tenté d’expliquer la raison du renvoi de Chevalier.

« Le débat animé constitue une partie importante de notre culture. Mais, comme dans tout lieu de travail, cela ne veut pas dire de laisser tout passer », a déclaré Gina Scigliano, une porte-parole de Google. « La grande majorité de nos employés communiquent d'une manière conforme à nos politiques. Mais quand un employé ne le fait pas, c'est quelque chose que nous devons prendre au sérieux. Nous prenons toujours nos décisions sans tenir compte des opinions politiques de l'employé. »

Dans la plainte, Chevalier avance qu’il a été réprimandé par son manager pour avoir passé trop de temps sur « l'activisme social » à cause du billet de blog qu'il a écrit et qui critiquait le mémo de Damore, le traitant de « misogyne ». Selon la plainte, Google s'est opposé à l'utilisation par Chevalier de l'expression « garçons blancs » dans son blog, car elle « pourrait être perçue comme une généralisation sur la race et le genre. »

Chevalier en est venu aux mêmes conclusions que Damore : « En vérité, la promesse de Google de permettre à ses employés de parler librement ne concerne que les personnes qui représentent le point de vue de la majorité et utilisent la rhétorique de la majorité. »

Source : plainte de Chevalier (en PJ)


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Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 22/02/2018 à 13:08
Bon, encore de la lecture en perspective. Heureusement la plainte est plus courte cette fois.

Il aurait été intéressant de replacer le licenciement par rapport à la chronologie de l'affaire du mémo.

Après il lui aurait été reproché de "passer trop de temps sur l'activisme social", doit-on comprendre par là que cet activisme prenait le pas sur ses autres activités ?

EDIT: Je viens de finir de lire la plainte.
La plainte est tellement creuse et cringy. Ironiquement, elle n'est qu'une preuve supplémentaire à annexer à la plainte de Damore.

Donc oui, il s'est apparemment fait virer car il faisait de l'activisme social au lieu de travailler...
Avatar de Paraffine Paraffine - Membre actif https://www.developpez.com
le 22/02/2018 à 17:54
Le plus rigolo dans tout cela, c'est que la majorité des postes dans les technologies de l'information ne requièrent pas un niveau scientifique délirant, loin de là.
Au sein des équipes, des "communicants" efficaces avec un gros bon sens bien pragmatique, le sens du service et du travail en équipe, peuvent se rendre autrement utiles que des "forts en technologie".

La question des aptitudes "naturelles" des unes et des autres me fait donc gentiment glousser.

Ceux qui s'offusquent de ces théories "biologiques" me paraissent dangereusement à coté de la plaque, car ils accréditent au final l'idée d'une hiérarchie des compétences, au lieu de recadrer le débat; la compétence scientifique dans les technologies de l'information, c'est le petit bout de la lorgnette.

 
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