Uber : les autorités européennes de protection des données annoncent avoir formé un groupe de travail
Pour se pencher sur le cas de la société de VTC

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Uber a déclaré que 57 millions de ses comptes ont été touchés par un piratage dont elle a été la victime en 2016. Cependant, après avoir caché cet épisode pendant un an, l’entreprise n’a toujours pas donné de détails en fonction des pays touchés. Une situation qui n’a pas été du goût de la France. Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État chargé du Numérique, a écrit à Dara Khosrowshahi, le patron d’Uber, pour demander des explications sur ce piratage.

Mais, dans une plus grande mesure, le G29, qui rassemble les gendarmes européens de la vie privée et qui est actuellement présidé par la présidente de la CNIL française Isabelle Falque-Pierrotin, s’est réuni mercredi dernier à ce sujet, afin d’envisager une coordination des enquêtes. Manque de transparence, obligations d’information et de sécurité non respectées, etc. Les régulateurs ont de quoi sanctionner.

Ce jour-là, un groupe de travail a été créé pour se pencher sur le cas Uber : « Ce groupe de travail, dirigé par l'autorité néerlandaise de protection des données, sera composé à ce stade de représentants des autorités française, italienne, espagnole, belge et allemande et coordonnera les enquêtes nationales sur cette question importante », peut-on lire sur la page dédiée.

Bien entendu, le groupe de travail a reçu l’aval de la Commission. Lors d’une conférence de presse, la commissaire à la Justice Vera Jourova a fustigé l’irresponsabilité d’Uber. « Uber a attendu plus d'un an avant d'informer le public et ses consommateurs de cette faille » accuse-t-elle, avant de souligner que le RGPD permettra de mieux répondre à ce type de «comportement. »

Pour Giovanni Buttarelli, contrôleur européen de la protection des données, les législateurs de l'UE gagneraient à créer une nouvelle autorité centralisée pour la protection des données afin de superviser les enquêtes sur les atteintes à la vie privée qui affectent plus d'un État membre :

« Je pense qu'avec Uber, nous avons démontré immédiatement en tant qu'autorités de protection des données dans quelle mesure nous considérons qu'il est essentiel de coopérer. Nous avons établi un groupe de travail et nous synchronisons toutes nos actions. Donc, les enquêtes d'un point de vue formaliste vont être effectuées à l'échelle nationale, mais la substance de tout va maintenant être synchronisée. La même chose s'est produite avec la politique de confidentialité de Google et sur d'autres questions. Ici sur Uber, cela semble plus facile, car nous n'avons à ce stade que des questions de protection des données, de sécurité et de cybersécurité avec d'autres éléments – peut-être aussi du point de vue pénal, chantage et autre chose, qui devront être vérifiés. »

Source : Europa, entretien avec Giovanni Buttarelli


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Avatar de Namica Namica - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 02/12/2017 à 7:00
Plus facile dans le cas Uber ?
Hummm...
L'europe impose des contraintes de protection de la vie privé au travers de directives : tout à fait d'accord.
Ensuite les différents pays de l'union doivent mettre cela en œuvre dans leur législations respectives avec la création des organes ad-hoc (CNIL, ...)
Ben oui, mais : les GAFAM (plus UBER) eux, sont internationaux.
  • Et chaque organe de contrôle d'un pays de l'union devrait à son niveau effectuer le contrôle et le cas échéant prononcer une sanction !!!
  • Et gérer dans chaque pays de l'union les recours et frais de justice ?
  • Avec les risques de jurisprudence différentes ?
  • Et le problème des lobbyistes GAFAM dans chaque membre de l'U.E. ?

NON
Au regard du pouvoir international des GAFAM, il ne sert à rien de disperser les efforts de protection de la vie privée dans diverses législations et organes nationaux devant de toute manière répondre à la même directive européenne. C'est une perte d'énergie et un coût.

Le groupe 29 l'a bien compris en se coordonnant pour ce problème.
Cependant, il est temps que cela soit centralisé au niveau de l'union. ce serait plus efficace.

Maintenant, faut-il laisser ce pouvoir dans le bras exécutif de l'union ?
J'en suis moins sur (et même pas du tout).
Dans le pouvoir judiciaire, oui, mais comment ?

Qu'en pensez-vous ?
Avatar de Olivier Famien Olivier Famien - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 07/12/2017 à 10:32
Le piratage des données de 57 millions de clients d’Uber aurait été commis par un hacker de 20 ans
payé 100 000 $ sous forme de prime de bug bounty pour garder le silence

Les jours se suivent et se ressemblent chez Uber. L’entreprise de mise en relation de véhicules avec chauffeurs et de particuliers connaît mois après mois de nombreux problèmes. Engagée dans plusieurs procès à travers le monde et en proie à plusieurs crises internes, l’entreprise pourrait voir son image être encore écornée à la suite de cette affaire de piratage de données parvenue à la connaissance du public.

En effet, vers la fin du mois de novembre, le PDG de l’entreprise de VTC, Dara Khosrowshahi, a rapporté que deux pirates informatiques ont volé les données personnelles de 57 millions de clients et de chauffeurs d’Uber Technologies Inc. Le fait le plus aggravant est que cette violation de données était connue de son chef de sécurité, Joe Sullivan, et de l’un de ses adjoints, Craig Clark, depuis 2016. Pour couvrir certaines actions, ces derniers ont passé sous silence ces faits et ont effectué un paiement de 100 000 dollars aux pirates informatiques en leur demandant de supprimer les données en leur possession.

Après avoir récemment appris l’accès non autorisé aux données de l’entreprise stockées sur la plateforme cloud d’Amazon ainsi que la dissimulation de cet incident par certains responsables de la sécurité informatique de l’entreprise, le PDG d’Uber a effectué un communiqué pour rassurer les chauffeurs et utilisateurs que des actions ont été prises depuis lors pour sécuriser les données et mettre fin à l’accès non autorisé. En outre, les deux responsables de sécurité qui se sont montrés fautifs en en étouffant l’affaire du piratage ont été limogés, car selon le directeur général d’Uber, l’incident aurait dû être révélé aux régulateurs au moment de sa découverte.

Mais loin d’être satisfaits par les actions correctives de l’entreprise, de nombreux médias y compris Reuters ont mené leurs enquêtes afin de faire la lumière sur cet incident. Après avoir creusé sur cette affaire, Reuters rapporte qu’un des deux pirates informatiques impliqués dans le vol des données serait un homme âgé de 20 ans qui a reçu le montant indiqué (100 000 dollars) sous forme de récompense donnée à travers le programme de bug bounty organisé par l’entreprise. Une source de Reuters décrit le hacker comme « vivant avec sa mère dans une petite maison en essayant d’aider à payer les factures ». Reuters ajoute que les membres de l’équipe de sécurité d’Uber ne voulaient pas poursuivre une personne qui semblait ne pas constituer une menace véritable.

En s’appuyant sur deux de ses sources, Reuters rapporte qu’Uber a fait le paiement pour confirmer l’identité du hacker et lui faire signer un accord de non-divulgation pour dissuader d’autres actes répréhensibles. Uber a également effectué une analyse de la machine du pirate informatique pour s’assurer que les données avaient été purgées, selon les sources.

En principe, les programmes de bug bounty sont organisés pour motiver les experts en sécurité et autres chercheurs à dénicher de nouvelles failles qui pourraient être exploitées par des acteurs malveillants afin de mettre à mal les affaires d’une entreprise. Selon un ancien dirigeant de HackerOne, qui héberge le service de bug bounty d’Uber, les primes de récompense pour la découverte de failles se situent en général entre 5000 et 10 000 dollars. Un paiement de 100 000 dollars par un programme de primes de bogue serait extrêmement inhabituel et représenterait un « record absolu » dans le domaine des découvertes de failles. Cet avis est également partagé par Katie Moussouris, ancien cadre de HackerOne, qui estime que le versement de 100 000 $ d’Uber et le silence à ce moment-là étaient extraordinaires dans le cadre d’un tel programme. « Si cela avait été un bogue légitime, il aurait été idéal pour tous les participants de le crier sur les toits », a déclaré Moussouris. Le fait qu’Uber n’ait pas signalé la violation aux régulateurs, même si elle avait peut-être l’impression d’avoir réglé le problème, était une erreur, selon des personnes à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise qui ont échangé avec Reuters.

Le hacker qui vivrait en Floride aurait payé une deuxième personne pour les services qui impliquaient l’accès à la plateforme d’hébergement de code GitHub afin d’obtenir des informations d’accès aux données Uber stockées ailleurs, a indiqué l’une des sources de Reuters. Mais du côté de GitHub, les responsables de la plateforme ont indiqué que l’attaque n’impliquait pas une défaillance de ses systèmes de sécurité.

Une dernière chose à noter dans cet incident, c’est qu’en général le décaissement de 100 000 dollars dans une entreprise sérieuse ne peut se faire sans l’accord préalable d’un certain nombre de hauts dirigeants. Reuters rapporte que selon certaines sources non divulguées, le PDG d’alors, Travis Kalanick, aurait été informé de la violation et du paiement effectué aux pirates. Kalanick, qui a démissionné en tant que PDG d’Uber en juin, a refusé de commenter l’affaire, rapporte Reuters.

Source : Reuters

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