Piratage d'Uber : la France demande des éclaircissements
Et rappelle à l'entreprise les sanctions qu'elle encourt dès l'application du RGPD

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Uber a déclaré que 57 millions de ses comptes ont été touchés par un piratage dont elle a été la victime en 2016. Cependant, après avoir caché cet épisode pendant un an, l’entreprise n’a toujours pas donné de détails en fonction des pays touchés.

Une situation qui n’a pas été du goût de la France. Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État chargé du Numérique, a écrit à Dara Khosrowshahi, le patron d’Uber, pour demander des explications sur ce piratage.

« Face au danger que représente l’exploitation de ces données, je souhaite vous exprimer mon inquiétude quant à l'éventuelle présence en très grand nombre de clients et chauffeurs français dans cette liste.

« À ce jour et à notre connaissance, vous n’avez pas signalé cet incident auprès des autorités françaises et notamment auprès de la Commission nationale informatique et liberté ou de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’informations, ni auprès des utilisateurs concernés. Au regard du nombre de vos clients, vous avez une importance qui vous donne une responsabilité. L’entrée en vigueur du règlement général pour la protection des données est prévue pour mai 2018 et il établira des obligations de notification pour de pareils cas. Au regard du danger existant, nous souhaiterions que vous informiez volontairement les utilisateurs concernés ainsi que les autorités françaises.

« Pouvez-vous à ce jour nous indiquer si des utilisateurs français sont concernés et si oui combien, et de quels types sont les données qui ont été dérobées, quelles mesures techniques et organisationnelles sont mises en place pour informer et accompagner les utilisateurs ?

« Le signalement aux autorités et aux utilisateurs est le seul moyen de protéger les victimes et de limiter les conséquences de ces fuites. »

Selon Uber, les noms, adresses électroniques et numéros de téléphone des victimes ont été subtilisés. Le groupe américain de réservation de voitures avec chauffeur affirme qu'aucune information bancaire n'a été exfiltrée, pas plus que les dates de naissance et les historiques de trajets.

Ce qui n’arrange pas la situation c’est qu’Uber a d’abord informé une banque japonaise, Softbank, trois semaines avant de dévoiler le piratage à ses utilisateurs et aux autorités compétentes. Softbank est actuellement en discussion avec Uber pour investir dans l’entreprise. « Nous avons informé Softbank que nous enquêtions sur une fuite de données, en conformité avec notre devoir d’information envers un investisseur potentiel, même si l’information dont nous disposions à l’époque était préliminaire et incomplète », s’est justifié Uber dans un communiqué. « Nous avons également précisé qu’une enquête était en cours. Une fois que nous l’avons achevée, nous avons eu une compréhension plus complète des faits et nous avons alors informé les régulateurs et nos clients. »

La France n’est pas la seule à s’inquiéter et à demander des comptes à l’entreprise de transport. En effet, dans plusieurs pays, les autorités de protection des données personnelles ont annoncé l’ouverture d’enquêtes sur ce piratage et la façon dont Uber l’a gérée, comme au Royaume-Uni, en Australie ou encore aux Philippines. En Europe, le G29, qui rassemble les gendarmes européens de la vie privée et qui est actuellement présidé par la présidente de la CNIL française Isabelle Falque-Pierrotin, a prévu de se réunir cette semaine à ce sujet, afin d’envisager une coordination des enquêtes. Manque de transparence, obligations d’information et de sécurité non respectées, etc. Les régulateurs ont de quoi sanctionner.

Aux États unis, les procureurs de six États ont également commencé à se pencher sur la question, aux côtés de la Federal Trade Commission, l’autorité américaine chargée de la protection des consommateurs. Aux États-Unis comme dans un certain nombre d’autres pays, la loi impose aux entreprises victimes d’une fuite de données d’en informer les victimes potentielles.

Parallèlement, deux recours collectifs ont été lancés contre Uber aux États-Unis, lui reprochant de ne pas avoir révélé plus tôt le piratage, arguant que cela porte préjudice à ses clients.

Source : Le Monde, Reuters


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Avatar de earhater earhater - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 27/11/2017 à 11:11
Bon pour une fois on peut être d'accord avec notre gouvernement numérique. Cette histoire passée sous silence c'est quand même une sale histoire. Ils pourraient au moins donner les mot de passes piratés au service Have I been pwned ..
Avatar de Namica Namica - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 4:55
Citation Envoyé par earhater Voir le message
... Ils pourraient au moins donner les mot de passes piratés au service Have I been pwned ..
NON, NON et NON
On ne donne pas son mot de passe à ce site.
A la limite, si on lui fait confiance, on donne un identifiant ou une adresse email, mais PAS UN MOT DE PASSE. D'ailleurs le site ne fonctionne pas comme cela.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 9:00
Citation Envoyé par Namica Voir le message
On ne donne pas son mot de passe à ce site.
A la limite, si on lui fait confiance, on donne un identifiant ou une adresse email, mais PAS UN MOT DE PASSE. D'ailleurs le site ne fonctionne pas comme cela.
Par "donner les mots de passes piratés", je présume qu'il voulait dire "dire quels sont les comptes dont les mots de passes ont fuités".

C'est juste un abus de langage.
Avatar de Namica Namica - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 14:35
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Par "donner les mots de passes piratés", je présume qu'il voulait dire "dire quels sont les comptes dont les mots de passes ont fuités".

C'est juste un abus de langage.
Pas d'accord non plus.
C'est le client qu'il faut informer et non communiquer à un tiers identifiant ou email sans le consentement du dit client.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 14:41
Citation Envoyé par Namica Voir le message
C'est le client qu'il faut informer et non communiquer à un tiers identifiant ou email sans le consentement du dit client.
Les identifiants et e-mails étant déjà dans la nature, je ne suis pas sûr qu'il y ai un problème à ce niveau.

D'autant plus que ce service a pour but de permettre aux clients de vérifier si les comptes associés à une de leur adresse e-mail ont pu faire l'objet d'une fuite. Mais peut-être serait-il plus sage d'inclure un tel dispositif dans les CGU du service que de le faire effectivement sans "accord" du client.
Avatar de ilapasle25 ilapasle25 - Inactif https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 15:01
Je trouve honteux que les médias s'acharne sur 1 entrperise en particluier alors que les vraix coupable eux n'ont rien.
C'est pas uber qu'il faut blamer qui n'a fait que résister aux pressions de ces pirates, que dije ces chanteurs, escroc (les mots m'en tombent de colère)

Uber a bien agit dans l'ensemble, ce qu'il faut a présent c'est mener une enquete et trouver ces pirates et les sanctionner en conséquence.
Avatar de Namica Namica - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 15:21
Citation Envoyé par ilapasle25 Voir le message
Je trouve honteux que les médias s'acharne sur 1 entrperise en particluier alors que les vraix coupable eux n'ont rien.
C'est pas uber qu'il faut blamer qui n'a fait que résister aux pressions de ces pirates, que dije ces chanteurs, escroc (les mots m'en tombent de colère)

Uber a bien agit dans l'ensemble, ce qu'il faut a présent c'est mener une enquete et trouver ces pirates et les sanctionner en conséquence.
Cacher l'information pendant un tel laps de temps ?
Moi, je n’appelle pas cela "bien agir dans l'ensemble".
Et puis si tu as bien lu la news, Uber connait l'identité des agresseurs et les a payés pour qu'ils se taisent !
Avatar de ilapasle25 ilapasle25 - Inactif https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 15:33
Citation Envoyé par Namica Voir le message
Cacher l'information pendant un tel laps de temps ?
Moi, je n’appelle pas cela "bien agir dans l'ensemble".
Et puis si tu as bien lu la news, Uber connait l'identité des agresseurs et les a payés pour qu'ils se taisent !
Cela ne change rien, les malfaiteurs sont toujours en liberté.

J'ai lu la news, mais vous victimiser clairement les malfaiteur et faite passer uber (un agent économique légal/rationnel/responsable...etc) pour le diable en personne.
Mais nous ne sommes pas dupe, j’espère que Uber se sortira de cette mauvaise passe et que la justice triomphera.

quand je lis votre profils :
Privacy, EBusiness, Bases de données, Sécurité, ...
laisser moi rire, si vous faite de la sécurité vous avez été forcémeent confronté a ces problemes, auquels cas il est parfaitement normal d'essayer de masquer cela. On parle de business et de protection de valeur métier, c'est du sérieux ! y'a des agents économiques de menacé (salarié, investisseur...) et meme l'entreprise toute entiere.
Avatar de Namica Namica - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 15:44
Citation Envoyé par ilapasle25 Voir le message
... il est parfaitement normal d'essayer de masquer cela. ...
Non. Prévenir les clients d'un piratage est la moindre des choses et VA DEVENIR UNE OBLIGATION LÉGALE, sous peine de sanctions.
La transparence est toujours une meilleure stratégie que la dissimulation en cas de problèmes.
Avatar de ilapasle25 ilapasle25 - Inactif https://www.developpez.com
le 28/11/2017 à 15:50
Citation Envoyé par Namica Voir le message
Non. Prévenir les clients d'un piratage est la moindre des choses et VA DEVENIR UNE OBLIGATION LÉGALE, sous peine de sanctions.
La transparence est toujours une meilleure stratégie que la dissimulation en cas de problèmes.
Pas dans ce contexte, cacher cela à permis de mieux protéger les clients, on évite un phénomène de panique...etc.
Et faut rappeler le contexte, uber subit des campagnes de diffamation et n'avais pas besoins de sa en plus.
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