Eyeo propose un nouveau modèle économique basé sur Flattr : des micropaiements
Pour les médias que vous consultez régulièrement en ligne

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Seriez-vous disposé à utiliser ce nouveau système ?
Flattr est un système de donation par micropaiements lancé en mars 2010 par Peter Sunde (un des fondateurs de The Pirate Bay) et Linus Olsson. Son principe de fonctionnement est simple : l’utilisateur alloue chaque mois une somme à son portefeuille. Un bouton est ensuite proposé sur les différentes pages qu’il visite et qui supportent le système Flattr. Chaque fois que l’utilisateur clique, le système enregistre sa volonté de soutenir le site en question. À la fin du mois, la somme allouée est divisée en parts égales entre les différents sites que l’utilisateur a souhaité soutenir.

Si Eyeo, l’éditeur allemand d’Adblock Plus, avait amorcé un partenariat avec Flattr en mai 2016 dans un projet destiné à améliorer le système (notamment en éliminant la nécessité de cliquer pour se baser sur une approche entièrement fondée sur l’étude des habitudes de navigation de l’utilisateur qui a installé l’extension), en avril dernier, Eyeo a annoncé son rachat de Flattr.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour le voir intégrer dans ses services. Eyeo annonce que le programme sera tout d’abord testé auprès de créateurs de contenus basés en Allemagne, mais la société explique que l’initiative de Flattr est bien reçue par les éditeurs de presse, qui y voient une source de revenus complémentaires.

Dans un communiqué, Till Faida, PDG d'Eyeo, a déclaré: « Notre vision chez Eyeo était toujours de permettre aux utilisateurs de contrôler comment financer le contenu qu'ils consomment en ligne. Je suis extrêmement fier qu'avec Flattr nous puissions offrir aux éditeurs un outil leur permettant de générer des revenus supplémentaires, sans effort supplémentaire. Notre objectif est d'avoir 10 millions d'utilisateurs Flattr payants. Il semble que les utilisateurs dépensent en moyenne 5 dollars sur le contenu, ce qui signifie que Flattr créera 500 millions de dollars de revenus supplémentaires pour les éditeurs sur l'ensemble du Web, ce qui est un bon début. »


Faire en sorte que les éditeurs se joignent à l’aventure peut s’avérer être une tâche difficile pour Eyeo. En effet, en Allemagne, des médias tels qu'Axel Springer et ProSiebenSat.1 tentent depuis des années, sans succès, d'amener les tribunaux à déclarer Adblock Plus illégal.

« En Allemagne, il y a une certaine réticence à parler à Eyeo, mais nous avons été surpris de voir à quel point les maisons d'édition qui nous combattent devant les tribunaux sont ouvertes à Flattr », s’est réjoui Laura Dornheim, chef de la communication et de la stratégie chez Eyeo.

« Il y a souvent des personnes différentes qui traitent ces deux sujets au sein de grandes entreprises, nous voulons montrer que Flattr peut être considéré comme une autre option et qu’il peut ouvrir une autre source de revenus. Il n’a pas besoin d’être une alternative aux publicités ou aux paywalls, il peut être considéré comme une offre complémentaire. »

Pour l'instant, Eyeo va se concentrer sur la conquête de plus petits créateurs de contenu sur les marchés germanophones, et amener les utilisateurs Flattr existants vers le nouveau système. À l’heure actuelle, environ 200 000 personnes se sont inscrites sur le programme pour pouvoir soutenir les sites qu’ils aiment.

« Il y a encore des gens qui gagnent quelques centaines de dollars chaque mois de Flattr », a déclaré Dornheim. « C'est impressionnant, car le service n'a pas été maintenu au cours des deux dernières années. »

Vient alors la question de la protection de la vie privée puisque l'extension va observer les habitudes des utilisateurs pour déterminer comment rémunérer les sites.

« Nous savons que notre groupe d'utilisateurs est très soucieux de la vie privée, mais nous devons transférer les données, sinon nous ne pourrons pas distribuer l'argent », a expliqué Dornheim. Elle a expliqué que ce transfert de données permettra également aux utilisateurs de consulter leur historique ou de supprimer manuellement les sites auxquels ils ne souhaitent pas contribuer.

« Nous savons que c'est un gros problème », a-t-elle ajouté. « Ces données ne sont vraiment transférées qu'à Flattr. Eyeo a acheté Flattr, mais [Flattr a] toujours sa propre entité juridique en Suède, Eyeo n'a pas accès à ces données. »

Source : déclaration d'Eyeo

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ? Gagnerait-elle à être déployée à plus grande échelle ?


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de clorr clorr - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 25/10/2017 à 18:40
Il devient de plus en plus évident que le modèle du "gratuit" financé par de la pub subie est de moins en moins soutenable en terme d'exploitation des données personnelles. Donc proposer une alternative par du micro-financement est plutot positif de ce cote.

C'est d'autant plus vrai pour les médias qui se trouvent coincés entre un modèle gratuit qui matraque le lecteur et un modèle payant dans lequel les lecteurs occasionnels ne trouvent pas leur compte.

Maintenant, le modèle d'une licence fixe répartie entre les producteurs de contenu est ce qu'on retrouve dans la musique et on connait les difficultés qui ont été rencontrées.

Donc c'est intéressant sur le papier, mais pas forcément facile à mettre en oeuvre. Par contre, si cela peut faire émerger un nouveau modèle de financement, ce serait intéressant.
Avatar de Skury Skury - Membre régulier https://www.developpez.com
le 26/10/2017 à 10:32
Citation Envoyé par clorr Voir le message
Il devient de plus en plus évident que le modèle du "gratuit" financé par de la pub subie est de moins en moins soutenable en terme d'exploitation des données personnelles. Donc proposer une alternative par du micro-financement est plutot positif de ce cote.
Autant je suis pour le fait de chercher d'autres moyens de financement pour les sites, autant celui-ci est tout aussi pauvre que la publicité au niveau de l'exploitation des données personnelles (historique, préférence des sites, etc...)

Flattr indiquent eux-mêmes que c'est un problème, et promettent que les données ne quittent pas leurs serveurs, mais :
- nous n'avons que leur parole, susceptible d'évoluer dans le temps
- aucun serveur n'est à l'abri d'une attaque informatique

C'est dommage, parce qu'avec le problème des données mis à part, j'aime beaucoup la solution...
Contacter le responsable de la rubrique Accueil