Kaspersky : malgré le boycott de sa solution antivirus aux États-Unis que tente d'orchestrer le FBI
L'éditeur veut rester confiant

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Le mois dernier, le FBI a informé les entreprises du secteur privé sur des renseignements indiquant que Kaspersky Lab, la société basée à Moscou spécialisée en cybersécurité, représente une menace pour la sécurité nationale.

L'objectif du FBI est que, comme l’a fait l’administration Trump, les entreprises américaines abandonnent à leur tour au plus vite ou s’abstiennent d’utiliser les solutions livrées par le Russe.

Dans sa campagne, lancée depuis le début de l’année, la section de contre-espionnage du FBI aurait d’abord fait des entreprises du secteur de l'énergie ainsi que celles qui utilisent des systèmes de contrôle industriel (ICS) et de contrôle de supervision et d'acquisition de données (SCADA) sa priorité.

À la lumière des cyberattaques successives qui ont été lancées contre le réseau électrique en Ukraine, le FBI s'est concentré sur ce secteur disposant d’infrastructures critiques.

En outre, le FBI aurait informé les grandes entreprises de technologie des États-Unis qui ont des partenariats de travail ou des ententes commerciales avec Kaspersky sur les produits (des routeurs aux machines virtuelles) qui touchent un large éventail d'entreprises et de civils américains.

Dans les briefings, les responsables du FBI auraient donné aux entreprises un aperçu de haut niveau de l'évaluation de la menace, y compris ce que la communauté de renseignement des États-Unis estime être une preuve de la coopération entre Kaspersky et les services de renseignement russes. Les responsables du FBI ont également porté plusieurs accusations spécifiques d'actes répréhensibles de Kaspersky. Entre autres, ils ont rappelé les tentatives de déstabilisation de la concurrence de Kaspersky qui ont été évoquées en 2015 par d'anciens employés de l’entreprise. Ces derniers avaient affirmé que, pour porter un coup à la concurrence, le logiciel avait identifié des fichiers bénins comme étant malveillants. Ils ont déclaré que la campagne secrète visait Microsoft Corp (MSFT.O), AVG Technologies NV (AVG.N), Avast Software et d'autres rivaux, en trompant certains utilisateurs pour les inciter à supprimer ou désactiver des fichiers importants sur les PC de leurs clients.

Certaines entreprises ont donc décidé de suspendre leur collaboration avec l’éditeur russe. Récemment, Best Buy, le numéro américain de la vente au détail de matériel électronique, a décidé de retirer les produits de sécurité de Kaspersky de son site Web et ses boutiques. L’entreprise n’a pas précisé si elle a pris cette décision conformément aux propositions du FBI, mais elle n’a pas dit le contraire.

Une situation qui a poussé Kaspersky à réagir. Dans un billet de blog, l’entreprise a déclaré :

« Actuellement, Kaspersky Lab a trois bureaux opérationnels en Amérique du Nord. Dans le cadre de son engagement continu envers le marché, la société prévoit d'ouvrir trois nouveaux bureaux dans la région en 2018 : Chicago, Los Angeles et Toronto. Étant donné que les ventes du gouvernement américain n’ont jamais été une partie importante de l'activité de l'entreprise en Amérique du Nord, Kaspersky Lab explore des opportunités pour optimiser le bureau de Washington DC responsable des offres de renseignements sur les menaces auprès des entités gouvernementales américaines.

« L'entreprise a opéré dans la région depuis 2005 et l'Amérique du Nord reste un marché stratégique pour Kaspersky Lab. L'unité nord-américaine de l'entreprise emploie près de 300 employés, y compris des membres de la Global Research and Analysis Team. Étendre la présence de l'entreprise dans la région permettra à Kaspersky Lab de mieux fournir à ses clients les meilleures solutions et services de cybersécurité. »

Eugène Kaspersky, fondateur et patron de l’entreprise, s’est empressé de publier sur son Tweet que « Malgré les turbulences géopolitiques, nous restons dévoués à nos clients nord-américains. Trois bureaux régionaux seront ouverts courant 2018. »

Source : Kaspersky, Tweet Eugène Kaspersky

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Avatar de Olivier Famien Olivier Famien - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 22/09/2017 à 4:30
USA : le Sénat vote une loi pour interdire l’usage des produits de Kaspersky au niveau fédéral
après que le DHS a donné 90 jours pour les supprimer

Depuis les dernières élections présidentielles, les rapports entre les États-Unis et la Russie ont été fortement affectés par de nombreux incidents. Les États-Unis ont accusé la Russie de plusieurs attaques dans le but d’influencer les résultats de ces élections présidentielles. À partir de là, les États-Unis ont commencé à se défaire des services russes dans ses systèmes.

Depuis quelques mois, les ennuis pour l’entreprise de sécurité Kaspersky Lab ont débuté. Alors que le FBI avait déjà commencé à mener des investigations sur Kaspersky Lab, les choses se sont encore aggravées pour l’entreprise moscovite lorsque vers la fin du mois de juin, les sénateurs américains ont appelé à l’interdiction des produits de Kaspersky Lab utilisés par les militaires américains, dans la crainte que l’entreprise soit utilisée comme exploit par le Kremlin pour mener des attaques sur des infrastructures américaines.

Quelques semaines après cette proposition du Sénat de se séparer des produits de Kaspersky Lab, l’administration Trump a retiré le vendeur de solutions d’antivirus de deux listes de vendeurs agréés fournissant des équipements technologiques aux agences gouvernementales, arguant qu’elle nourrissait des craintes sur le fait que les solutions antivirus de l’entreprise moscovite soient utilisées par le gouvernement russe pour infiltrer les réseaux des États-Unis.

Face à la menace de voir ses gains disparaître, Eugène Kaspersky, le PDG de l’entreprise a déclaré qu’il serait prêt à comparaître devant le Sénat pour faire la lumière sur les préoccupations soulevées par l’Administration Trump. Et rassurer davantage les agences du gouvernement américain, le CEO de Kaspersky Lab a déclaré qu’il peut ouvrir le code source de ses produits afin qu’ils soient inspectés.

Comme si les décisions prises à l’encontre de Kaspersky n’étaient pas suffisantes, le FBI est parti en campagne auprès des entreprises américaines afin que celles-ci se détournent des produits de l’entreprise comme les services de l’Administration Trump l’ont déjà fait. Au début de ce mois, Best Buy, l’un des poids lourds de la vente au détail aux États-Unis a décidé de retirer les produits de Kaspersky de ses rayons des boutiques en ligne et physiques, estimant qu’il y avait « trop de questions sans réponse ».

Alors que l’on pourrait croire que les mauvais jours sont passés, il y a un peu plus d’une semaine, le département de la sécurité intérieure des États-Unis (DHS en anglais) a adressé une directive à ses agences et départements de la branche exécutive fédérale afin qu’ils identifient sur les 30 prochains jours les produits Kaspersky qui sont utilisés sur leurs systèmes et établissent un plan détaillé sur les deux mois à venir pour supprimer et ne plus utiliser ces produits dans un délai de 90 jours.

À la suite de cette décision, le DHS explique que « le Ministère est préoccupé par les liens entre certains fonctionnaires de Kaspersky, les services de renseignement russe et d’autres organismes gouvernementaux, ainsi que les exigences de la législation russe qui permettent aux agences de renseignement russes de demander ou de contraindre l’assistance de Kaspersky et d’intercepter les communications transitant par les réseaux russes. » Il ajoute que « Le risque que le gouvernement russe, qu’il agisse seul ou en collaboration avec Kaspersky, puisse capitaliser sur l’accès fourni par les produits Kaspersky pour compromettre les systèmes fédéraux d’information et d’information implique directement la sécurité nationale des États-Unis. » C’est pourquoi le ministère a demandé à ses agences et départements de supprimer et ne plus utiliser les produits Kaspersky après le délai de 90 jours fixé.

En dépit de ce bannissement officiel des agences du ministère de l’Intérieur, le DHS déclare qu’il est toujours possible à Kaspersky ou « toute autre entité qui revendique que ses intérêts commerciaux seront directement touchés » de « soumettre une réponse écrite répondant aux préoccupations du ministère ou pour atténuer ces préoccupations ».

À la suite de la directive du DHS, le Sénat vient de voter un amendement afin de révoquer l’utilisation des produits de l’entreprise Kaspersky Lad au niveau du gouvernement fédéral. Cet amendement qui a été proposé par la sénatrice Jeanne Shaheen a été intégré à la loi National Defense Authorization Act (NDAA).

Après le vote de cette loi, Shaheen n’a pas manqué d’exprimer sa joie et a ouvertement affirmé qu’elle est « très heureuse que le Sénat ait agi de façon bipartite sur mon amendement qui supprime une vulnérabilité réelle de notre sécurité nationale. » Sur le site web du Sénat, on peut également lire les propos de Shaheen dans lesquels elle ovationne l’administration Trump pour avoir écouté son appel afin de supprimer les logiciels de Kaspersky Lab de tous les ordinateurs fédéraux. Enfin, la sénatrice conclut qu’il « est important que cette interdiction fasse partie intégrante de la loi et qu’elle soit élargie à l’ensemble du gouvernement fédéral, comme mon amendement le ferait. Compte tenu du soutien bipartite, bicaméral solide pour cette proposition, je suis optimiste, cela sera bientôt signé dans la loi. »

Source : DHS, Sénat US

Et vous ?

Quel est votre avis sur ces décisions de bannir les produits Kaspersky du gouvernement américain ?

En dehors de la crainte avancée, pensez-vous que les décisions du gouvernement américain pourraient être motivées par autre chose ?
Avatar de free_01_binairy free_01_binairy - Membre régulier https://www.developpez.com
le 22/09/2017 à 12:10
Tout ceci fait partie du protectionnisme économique, on bloque Kapersky, et on pourra dans la foulée solliciter une entreprise américaine.
Dans un monde divisé par les frontières, l'homme est devenu ennemi de l'homme à cause des frontières.
Je crois à mon avis que nous sommes tous devenus paranoïaque. Les américaine se sentent pas en sécurité, craignant des portes dérobées dans des applications venant de l’étranger. C'est normal leur réaction, n'importe qui ferait la même chose quand on se sent pas en sécurité avec les autres.
Un jour les russes pourront dire: n'utilisons plus le système Windows dans nos administrations par représailles contre les americains et utilisant les mêmes arguments et voila c'est reparti. soyons bien conscients, les Guerres sont numériques de nos jours!
Mais la grande préoccupation, C'est quelles sont les conséquences de ces "préférer chez soit" sur l'avenir du numérique.
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