France : Nokia voudrait supprimer 597 emplois dans ses filiales IT Alcatel-Lucent et NSN
Mais promet de créer un pôle d'excellence en R&D

Le , par Christian Olivier, Chroniqueur Actualités
L’entreprise finlandaise d’équipements Nokia pourrait supprimer près de 600 emplois en France d’ici à la fin de l’année 2019. Cela représente à peu près 11 % des 5260 salariés qui composent actuellement ses effectifs dans l’Hexagone et qui sont répartis entre ses quatre filiales. Toutefois, cette mesure qui devrait s’étaler sur deux ans (2018-2019) ne concernerait que ses deux filiales Alcatel Lucent International et Nokia Solutions and Networks (NSN) qui, mises en commun, rassemblent actuellement environ 4200 employés.

C’est une porte-parole du groupe qui a effectué cette annonce ce mercredi en prenant la peine de préciser que cette restructuration devrait permettre à la maison mère d’économiser jusqu’à 1,2 milliard d’euros d’ici 2018. L’entreprise technologique scandinave qui est durement frappée par la contraction du marché mondial des équipements de réseaux téléphoniques et des données mobiles espère ainsi se donner un peu d’air.

Il semble que l’entreprise technologique finlandaise ait décidé de redéfinir les objectifs de ses opérations en France en consacrant une plus grande part des activités qu’elle mène au sein de l’Hexagone à l’établissement d’un pôle d’excellence en matière de recherche-développement. Ce pôle d’excellence sera focalisé sur le développement de trois technologies essentielles : la 5G, la cybersécurité et l’internet des objets. Pour rappel, la filiale Alcatel-Lucent de Nokia figure parmi les leaders mondiaux des télécoms et des réseaux à l’échelle mondiale, notamment via ses activités dans le Cloud computing, l’IP et le très haut débit (THD) mobile et fixe. Les Laboratoires Bell, l’un des plus grands centres de recherche et de développement au monde dans le domaine des télécommunications, font partie de cette entreprise.

Les 597 postes affectés par cette suppression devraient concerner la division de Centre et Support de deux filiales du groupe sur les quatre qu’il comprend. L’une est basée au campus de Paris-Saclay dans l’Essonne, tandis que l’autre se trouve à Lannion dans les Côtes-d’Armor. Il semble, malgré tout, qu’aucune décision définitive en ce qui concerne le plan de restructuration actuel de Nokia n’a encore été arrêtée à ce stade. Tout devrait se jouer le 18 septembre prochain lors d’une rencontre entre la direction et les instances représentatives du personnel des deux filiales concernées.

L’intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC) n’a pas tardé à réagir dans un communiqué peu de temps après cette annonce en qualifiant ce plan social d’inacceptable : « il y a eu des engagements pris devant les pouvoirs publics, et une entreprise qui ne tient pas ses engagements en termes d’emploi ne tient pas sa parole. » « Les engagements doivent être réaffirmés dans l’esprit de conserver et développer à long terme les sites français. Ils doivent être respectés dans leur intégralité pour maintenir une masse critique d’emplois dans les télécommunications », a-t-elle martelé.

Il faut rappeler que le Finlandais Nokia a racheté l’entreprise Alcatel Lucent entre 2015 et 2016. En réalité, l’annonce de cette acquisition avait été faite en avril 2015, puis approuvée par les actionnaires de Nokia au début du mois de décembre 2015 avant d’être finalisée en janvier 2016. Cette acquisition s’était soldée par la suppression de près de 400 postes en France. Après quoi, la société scandinave avait promis au gouvernement français de sauvegarder le reste de ses emplois en France pendant deux ans tout en contribuant à la création de 500 nouveaux postes.

L’intersyndicale n’a pas manqué de signaler que Rajeev Suri, le PDG de Nokia, avait pris l’engagement devant le ministre de l’Économie de l’époque, actuellement président de la République, de renforcer le secteur R&D de son entreprise en France afin d’augmenter le nombre d’ingénieurs et de chercheurs dans ses filiales locales d’ici 2019. Ces engagements sont « loin d’être tenus » puisque « seulement 20 % des 500 recrutements nécessaires ont été réalisés à ce jour ». Les 597 emplois qui doivent être supprimés représentent jusqu’à « 30 % des emplois hors recherche et développement ».

D’après l’organisation syndicale CGT, « ces emplois vont être délocalisés dans des pays à bas coûts, l’Europe de l’Est essentiellement ». L’organisation a également précisé aussi que la société scandinave aurait distribué près de « 4,4 milliards d’euros aux actionnaires en dividendes et rachat de ses propres actions » et « perçu beaucoup d’argent public en France, dont 67 millions d’euros l’année dernière sous forme de crédit-impôt-recherche (CIR) et CICE ».

Source : Reuters

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Avatar de pierreact pierreact - Membre du Club https://www.developpez.com
le 11/09/2017 à 14:47
Le R&D, quand une entreprise va mal, c'est la premiere chose qu'on supprime.
Avatar de steflinux steflinux - Membre actif https://www.developpez.com
le 12/09/2017 à 19:54
67 millions d’euros perçus en 2016 pour 5260 salariés ? (selon l'article)
Cela fait presque 13 000 euros par salarié !
Licencier quand les emplois sont presque gratuits (qui croit aux salaires énormes dans l'IT
à Lannion, hum-hum ?), c'est n'importe quoi.

Nokia est une société habituée à licencier : la partie ne va pas être facile pour la CGT.
Je plains les salariés.
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