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DRM dans HTML5 : Tim Berners-Lee approuve la spécification Encrypted Media Extensions
Les organisations membres du W3C peuvent encore faire appel

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Le 6 juillet 2017, Tim Berners-Lee, le patron du World Wild Web Consortium (W3C) a approuvé la controversée spécification EME (Encrypted Media Extensions). Si elle ne définit pas de système de protection de contenu ou de gestion de droits numériques (DRM), la spécification EME définit une API commune qui peut être utilisée pour découvrir, sélectionner et interagir avec de tels systèmes ainsi qu'avec des systèmes de chiffrement de contenu plus simples. Elle pourra donc avoir pour conséquence de booster la publication de contenu protégé par DRM sur le Web, raison pour laquelle elle fait l’objet de controverse. Rappelons-le, les DRM (Digital Rights Management) offrent un ensemble de mesures techniques de protection qui ont pour objectif de contrôler l'utilisation qui est faite des œuvres numériques.

La décision de Tim Berners-Lee était attendue depuis avril dernier, mais semble-t-il, a été retardée pour un examen approfondi, vu l’importance et la polémique autour de cette spécification. Plusieurs objections ont été soulevées au cours de la dernière révision de la spécification. « Le directeur [du W3C] a examiné très attentivement ces objections et a également discuté avec les experts et le grand public », rapporte Philippe Le Hégaret, Project Management Lead, au nom de Tim Berners-Lee. « Dans certains cas, le directeur a constaté que les objections avaient déjà été traitées, mais a demandé au groupe de travail de préciser la manière dont ces questions étaient traitées [...] Dans d'autres cas, les objections ont été rejetées. Sur la base de cela, et le fait que [la spécification] EME améliore l'expérience de l'utilisateur par rapport aux solutions d'aujourd'hui, le directeur a décidé de publier la spécification EME révisée en tant que Recommandation du W3C. »

Tim Berners-Lee estime en effet que « par rapport aux méthodes précédentes de visualisation de vidéo chiffrée sur le Web, EME a l'avantage que toutes les interactions se produisent au sein du navigateur Web et sont gérées par le navigateur et non les plugins. De cette manière, EME offre une meilleure expérience utilisateur, offrant une plus grande interopérabilité, confidentialité, sécurité et accessibilité à la visualisation de vidéos chiffrées sur le Web. » Bien que cette spécification ne supprime pas le fait que l'utilisateur doit interagir avec un module de déchiffrement de contenu (CDM), le patron du W3C pense qu’il s'agit d'une « amélioration par rapport à la situation pré-EME et une étape vers des améliorations futures également ».

Cette décision peut toutefois être encore renversée, et pour cela, la Free Software Foundation (FSF), avec sa campagne Defective by Design, lance un appel aux organisations membres du comité consultatif du W3C à réagir. « Les organisations membres du W3C doivent prendre leurs responsabilités pour les droits numériques des utilisateurs du Web et faire appel de la décision désastreuse de Tim Berners-Lee », a déclaré Zak Rogoff, responsable des campagnes FSF. « Les priorités de ceux qui définissent les normes doivent être la liberté, la confidentialité, la sécurité, l'interopérabilité et l'accessibilité des utilisateurs, et ne pas aider Hollywood et les entreprises de streaming à rendre leur DRM anti-utilisateur plus efficace », dit-il. Il suffirait que 5 % des 475 membres du comité du W3C rejoignent la campagne anti-EME pour déclencher un vote de l'ensemble du comité afin de prendre une décision définitive soit pour ratifier, soit pour rejeter la spécification EME.

Sources : Décision de Tim Berners-Lee, FSF

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Avatar de poma88 poma88 - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 2:36
Concrètement il va se passer quoi ?

Fini le DDL avec un soft ou plugin, des vidéos sur YT, vimeo, etc... ?
Avatar de thelvin thelvin - Modérateur https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 4:43
Citation Envoyé par poma88 Voir le message
Concrètement il va se passer quoi ?
Il ne va rien se passer. Comme la plupart du temps quand une recommandation W3C atteint l'approbation, ça s'est déjà passé depuis longtemps. C'est juste Tim qui dit, "ouais, c'est bon" à propos d'un truc qui est déjà utilisé par tous ceux qui seraient intéressés à l'utiliser.

À la rigueur, il reconnaît que ça a l'air de bien coller en l'état et qu'il va pas y avoir de changement nécessaire à la manière dont ça fonctionne. Quand ça changera ce sera une évolution avec compatibilité ascendante. Ce qui peut motiver des sites plus frileux à se lancer maintenant que ça semble annoncé stable. Mais dans ce cas-là il vaut mieux attendre que les oppositions soient encore un peu rebutées, au cas où. Mais bon dans ce cas très précis, les oppositions à la recommandation ne s'opposent pas à des points techniques, mais à l'existence même de proposer une recommandation pour cela. Du coup, leur but n'est pas d'améliorer la recommandation mais de lui retirer son aspect officiellement approuvé.

Ce qui s'est passé, quand cette recommandation a commencé à bien prendre forme il y a quelques temps, c'est que des sites web, comme YouTube et Google Play, sont devenus capables d'afficher des vidéos avec restrictions de droits numériques, et cela sans utiliser de plugin du genre Flash. Uniquement en utilisant un plugin de déchiffrement de vidéo conforme à cette recommandation. C'est à dire infiniment plus léger que Flash, et moins sujet aux bugs, attaques de sécurité et plantages. Pour la simple raison que Flash cherche à faire tout et n'importe quoi alors qu'un déchiffreur de vidéo cherche à déchiffrer des vidéos. Pas besoin de planter la machine pour ça. Du moins en principe.

Quant à ce que ça veut dire concrètement jouer les vidéos avec restriction de droits numériques, ça veut dire la même chose que quand ils le faisaient avec Flash : rien de très réel. En théorie quand on joue des vidéos sans restriction, il est "facile" de brancher quelque part un programme qui enregistre cette vidéo dans un fichier. Ce qui te permet ensuite de donner ce fichier à tes amis ou de le regarder à nouveau plus tard, dans ton propre lecteur vidéo au lieu de sur le site, sans session ouverte et sans payer d'abonnement. D'ailleurs quand on fait une simple balise <video> avec une simple URL source, le navigateur propose d'enregistrer la vidéo avec un clic droit.

En pratique si jamais cette vidéo est diffusée en streaming contrôlé par JavaScript et non pas en spécifiant une URL, le navigateur ne peut pas deviner comment l'enregistrer et donc ne le propose déjà pas. Et cela, avec ou sans restriction de droits. C'est censé être "facile" de concevoir un programme qui va le faire, ouais ben on peut raisonnablement demander à voir. L'idée de la restriction des droits, c'est de rendre l'enregistrement de la vidéo "pas facile" en chiffrant cette vidéo lors des échanges réseaux et en ne la déchiffrant qu'à l'intérieur d'un plugin qui tourne sur la machine et ne propose pas l'enregistrement. Sauf que dans la réalité, il est discutable que ce soit compliqué de faire un programme qui intercepte les vidéos déchiffrées par le plugin. Si les gens ne le font pas, c'est plutôt parce qu'on n'en a pas besoin pour l'instant.

Quant aux DDL dont tu parles, rien ne change. On pouvait les télécharger parce qu'ils n'étaient pas chiffrés avant et ils ne l'étaient pas plus après. Ils ne sont pas chiffrés parce que ça n'intéressait pas les sites en question de faire du chiffrement. S'ils avaient voulu en faire, ils pouvaient le faire avant par d'autres moyens.
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Membre expert https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 8:52
Au lieu de télécharger le flux vidéo on fera une capture vidéo de l'écran, voila voila (qu'ils sont con quand meme )
Avatar de Michel Michel - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 9:35
Citation Envoyé par Michel Rotta Voir le message
Si l'on regarde bien à l'usage, les DRM ne permettent pas de protéger un contenu contre la copie, il permet d’emmerder ceux qui payent pour voir légalement ce contenu.

Il reste encore beaucoup de lois à faire disparaitre.
Entièrement d'accord; il suffit d'enregistrer la sortie vidéo et là on en fait ce qu'on veut !
Avatar de poma88 poma88 - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 10:28
Citation Envoyé par RyzenOC Voir le message
Au lieu de télécharger le flux vidéo on fera une capture vidéo de l'écran, voila voila (qu'ils sont con quand meme )


Ce qui implique que tu devras avoir une fenetre active pour capturer la video... pas top
Avatar de AndMax AndMax - Membre du Club https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 11:04
Rappelons qu'aujourd'hui c'est la journée mondiale contre les DRM.
Avatar de Uther Uther - Expert éminent https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 11:08
Citation Envoyé par RyzenOC Voir le message
Au lieu de télécharger le flux vidéo on fera une capture vidéo de l'écran, voila voila (qu'ils sont con quand meme )
Sauf que, toute la subtilité de cette norme, c'est qu'elle est assez vague pour permettre d'aller bien au delà de ce qui est fait aujourd'hui.

Dans un premier temps oui, ça sera sans trop de douleur. Actuellement c'est juste un plugin, produit par un tiers, sandboxé, qui est préinstallé dans les navigateurs. D’ailleurs ça me fait bien rire quand Tim Berners-Lee dit que ça permet d’échapper au plugins. On a exactement le même problème qu'avec Flash : un plugin propriétaire de Adobe maintenant remplacé par celui de Google. Ça limite les plateformes supportables et ça posera des problèmes le jour le support viendra à défaillir.

Mais le deuxième effet Kisscool, c'est que comme les mécanismes de protection ne sont absolument pas définis : ils peuvent passer s'ils le souhaitent aux DRM matériels, et tu peux être sur qu'ils le feront lorsque EME sera si bien installé que passer aux solutions alternatives sera trop compliqué. Pour info, les cartes graphiques est les moniteurs actuels ont tous des protections qui ne sont pas encore activées dans la plupart des cas. Ils sont capable de traiter eux même un signal HDMI crypté sans décodage du coté de l'ordinateur.

Bref cette norme est une reconnaissance de fait des chevaux de Troie dans les navigateurs web.
Avatar de AndMax AndMax - Membre du Club https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 11:22
Citation Envoyé par Uther Voir le message
Bref cette norme est une reconnaissance de fait des chevaux de troie dans les navigateurs web.
Exactement. Chevaux de Troie dans tous les sens du terme: ajouter une monstrueuse couche de complexité par dessus un traitement qui n'est déjà pas forcément très simple, cela signifie introduire aussi un grand nombre de vulnérabilités qui seront exploitées tôt ou tard. Dans le cas d'un navigateur web, vous imaginez ce que cela signifie. Ce n'est pas pour rien qu'un DRM c'est du "Defective by Design". Pas seulement parce que ça emmerde le client qui paie ses "contenus", mais aussi parce qu'une telle technologie apporte toujours son lot de bugs et de failles.
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Membre expert https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 13:41
Citation Envoyé par Uther Voir le message
Sauf que, toute la subtilité de cette norme, c'est qu'elle est assez vague pour permettre d'aller bien au delà de ce qui est fait aujourd'hui.

Dans un premier temps oui, ça sera sans trop de douleur. Actuellement c'est juste un plugin, produit par un tiers, sandboxé, qui est préinstallé dans les navigateurs. D’ailleurs ça me fait bien rire quand Tim Berners-Lee dit que ça permet d’échapper au plugins. On a exactement le même problème qu'avec Flash : un plugin propriétaire de Adobe, ce qui limite les plateformes supportables et qui posera des problèmes le jour le support viendra à défaillir.

Mais le deuxième effet Kisscool, c'est que comme les mécanismes de protection ne sont absolument pas définis, ils peuvent passer s'ils le souhaitent aux DRM matériels, et tu peux être sur qu'ils le feront lorsque EME sera si bien installé que passer aux solutions alternatives sera trop compliqué. Pour info, les cartes graphiques est les moniteurs actuels ont tous des protections qui ne sont pas encore activées dans la plupart des cas. Ils sont capable de traiter eux même un signal HDMI crypté sans décodage du coté de l'ordinateur.

Bref cette norme est une reconnaissance de fait des chevaux de Troie dans les navigateurs web.
Dans tous les cas ils n'arriverons jamais à nous interdire de filmer l'écran avec une caméra en fasse
Dans mon précédent poste, je voulais juste dire que les DRM c'est au final une vaste blague (Denuvo est mort, plus aucun jeu n'arrive à tenir 3 mois)... les drm serons toujours contournée par les pirates et le client honnête sera toujours le dindon de la farce car il profitera d'un service moins performant et/ou avec plus de contrainte que le pirate.

Y'a qu'a voir Netflix qui impose la derriere gen de cpu intel et Windows 10 + edge pour profiter de la 4K...alors que sur mon raspberry 1 de 2012 sous libre-elec je peut regarder un film en 4K
et j'ai appris récemment que les plateforme de streaming légale ne supporte meme pas le surround 7.1...

C'est en bossant sur la qualité qu'on limite le piratage, pas en bossant sur les drm.
Avatar de Uther Uther - Expert éminent https://www.developpez.com
le 09/07/2017 à 18:39
Citation Envoyé par RyzenOC Voir le message
Dans tous les cas ils n'arriverons jamais à nous interdire de filmer l'écran avec une caméra en fasse .
Bien sur qu'il y a toujours moyen, c'est juste une question de rapport complexité/cout/qualité. Si tu filmes l'écran, tu as un perte de qualité catastrophique. Tu peux aussi détourner l’électronique et/ou le firmware embarqué dans l'écran mais ça devient un exploit qui n'est pas a la portée de tous.

Citation Envoyé par RyzenOC Voir le message
Dans mon précédent poste, je voulais juste dire que les DRM c'est au final une vaste blague (Denuvo est mort, plus aucun jeu n'arrive à tenir 3 mois)... les drm serons toujours contournée par les pirates et le client honnête sera toujours le dindon de la farce car il profitera d'un service moins performant et/ou avec plus de contrainte que le pirate.
Bien évidement et même en sachant ça depuis longtemps, les distributeurs de contenus n'ont pas arrête pour autant. C'est bien qu'ils y ont un intérêt. Le but des DRM n'est pas d’empêcher le piratage en soi, on sait très bien que ça ne marche pas, mais de retirer un peu plus au client le contrôle de ce qu'il achète.
Avatar de Battant Battant - Membre actif https://www.developpez.com
le 13/07/2017 à 22:23
Bonjour,

Je voudrais vous raconter une expérience. il y a très longtemps j'ai acheté de la musique avec DRM, après trois reformatage de PC je n'ai plus pu les lire . Depuis, j'ai banni le DRM de musique et j'évite autant que possible justement pour des raisons de droit à la copie privée Qui est permis en Suisse . Il paraît qu'en France avec ados pille c'est différent c'est un contenu protégé par le droit d'auteur on ne peut même pas le télécharger à des fins privées ce qui me paraît un peu exagéré . Il se peut en effet que la musique ne soit plus disponible sur les réseaux légaux et qu'on souhaite simplement la télécharger de manière illégal mais juste une musique est-ce que vraiment Hadoop va sévir pour ça ?
Les médias disais à l'époque les systèmes contre la copie ça n'embêtes que ceux qui achètent. Pour louer des films comme avec Netflix je vois l'intérêt d'un DRM par contre si Netflix se mettait à offrir la possibilité d'acheter des films là ils ne devriez pas avoir de DRM pour des raisons d'archivage et lecture à long terme

Donc je suis contre parce que les soucis qu'avec l'introduction de ce système de DRM les diffuseurs de contenu on abuse et nous empêche d'archiver ou de copier quelque chose qu'on aurait acheté Comme cela était le cas avec mes fichiers musicaux que j'ai dû racheter sur iTunes son DRM après coup

Et vous avez-vous vécu des expériences avec le DRM positive ou négative ?

Êtes-vous pour ou contre l'introduction des DRM dans HTML ?

Meilleures salutations
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 14/07/2017 à 11:38
L'EFF fait appel de la décision de Tim Berners-Lee qui a approuvé la spécification Encrypted Media Extensions,
la Foundation s'explique

Le 6 juillet 2017, Tim Berners-Lee, le patron du World Wild Web Consortium (W3C) a approuvé la controversée spécification EME (Encrypted Media Extensions) sur HTML. Si elle ne définit pas de système de protection de contenu ou de gestion de droits numériques (DRM), la spécification EME définit une API commune qui peut être utilisée pour découvrir, sélectionner et interagir avec de tels systèmes ainsi qu'avec des systèmes de chiffrement de contenu plus simples. Elle pourra donc avoir pour conséquence de booster la publication de contenu protégé par DRM sur le Web, raison pour laquelle elle fait l’objet de controverse.

L’EFF a entrepris de faire appel de cette décision et en explique les raisons.

1. La protection améliorée de la vie privée d'un bac à sable est seulement aussi bonne que le bac à sable lui-même, nous devons donc pouvoir auditer le bac à sable.

Les contraintes de protection de la vie privée que le sandbox impose au code ne fonctionnent que si les contraintes ne peuvent pas être contournées par des logiciels malveillants ou défectueux. Étant donné que la sécurité est un processus, pas un produit et parce qu'il n'y a pas de sécurité par obscurantisme, les avantages revendiqués du bac à sable d'EME nécessitent une vérification continue et indépendante sous la forme d'un examen par les pairs qui ne doivent en aucun cas être tenus pour responsables lorsqu'ils révèlent des failles dans les produits.

L’EFF rappelle une norme qui accompagne chaque recommandation du W3C : que les chercheurs en sécurité sont habilités à dire la vérité sur les défauts dans les implémentations des normes. Pourtant, l’EFF note qu’EME est unique parmi toutes les normes du W3C passées et présentes dans le fait que les lois DRM confèrent aux membres du W3C le pouvoir de faire taire les chercheurs en sécurité.

« EME est décrite comme respectueuse de la vie privée des utilisateurs grâce à l'intégrité de ses bacs à sable. Une alliance est absolument essentielle pour assurer cette intégrité », affirme l’EFF.

2. Les considérations d'accessibilité d'EME omettent toute considération de la génération automatisée de métadonnées d'accessibilité, et sans cela, les avantages d'accessibilité d'EME sont au détriment des personnes handicapées.

L’EFF rappelle qu’il est vrai que EME va plus loin que les autres systèmes DRM dans la mesure où elle rend de l'espace disponible pour l'ajout de métadonnées qui aident les personnes handicapées à utiliser des vidéos. « Cependant, comme EME est destiné à restreindre l'utilisation et la lecture de la vidéo à l'échelle du Web, nous devons également nous demander comment les métadonnées qui remplissent cet espace disponible seront générées. »

Par exemple, les canaux de métadonnées d'EME pourraient être utilisés pour intégrer des avertissements sur les effets stroboscopiques à venir (qui pourraient déclencher des convulsions épileptiques photosensibles). Appliquer un tel filtre par exemple sur tout le corpus de vidéos disponibles pour les abonnés de Netflix qui intègrent EME va permettre de protéger les personnes à risque.

« Il n'y a pas de moyen pratique pour un groupe de personnes à risque de pouvoir visionner toutes ces vidéos Netflix et les annoter avec des avertissements sur les effets stroboscopiques à venir, ou les générer à la volée à mesure que la vidéo est diffusée. En revanche, un tel exploit pourrait être accompli avec une quantité de code insignifiante. Pour que ce code soit déployé sur les vidéos verrouillées par EME, les restrictions d'EME devraient être contournées », explique l’EFF.

Il est légal d'effectuer ce type d'analyse d'accessibilité automatisée sur tous les autres médias et les transports que le W3C n’a jamais standardisés. Ainsi, la portée traditionnelle de la conformité à l'accessibilité dans une norme W3C est insuffisante ici. L’EFF estime que nous devons nous poser la question de savoir si le W3C a pris des mesures pour s'assurer que la génération de données d'accessibilité n'est pas compromise par sa norme.

Il existe de nombreux types de métadonnées d'accessibilité qui pourraient être appliquées aux vidéos qui disposent d’une restriction par EME à l’instar des sous-titres. L’EFF estime que la demande et l'utilité de ces données sont tellement importantes qu’il ne serait pas possible de tout traiter manuellement : « Même si nous avions travaillé pendant tous nos jours pour annoter les vidéos retreintes par EME restreint, nous risquerions de gratter la surface. Cependant, dès lors qu’une alliance sera établie, les logiciels pourront faire ce travail répétitif pour nous, sans beaucoup de frais ou d'efforts. »

3. Les avantages de l'interopérabilité ne peuvent être réalisés que si les responsables d'exécution sont protégés contre toute responsabilité pour des activités légitimes.

L’EFF explique que EME ne fonctionne que pour rendre la vidéo avec l'ajout d'un composant exclusif, propriétaire, appelé module de décryptage de contenu (CDM - Content Decryption Module). Les licences du CDM ne sont disponibles que pour ceux qui promettent de ne pas se livrer à une conduite légitime que les titulaires du marché n'aiment pas.

« Pour qu'un nouveau participant au marché soit compétitif, il doit généralement offrir un nouveau type de produit ou de service, une offre novatrice qui surmonte les inconvénients naturels qui sont déjà sur le marché. Par exemple, Apple a pu entrer dans l'industrie de la musique en s'engageant dans une activité licite que d'autres membres de l'industrie avaient verrouillée. De même, Netflix s'engage régulièrement dans une conduite (l’envoi de DVD par la poste) que DRM déplore, mais n’arrive pas à arrêter, car il s’agit d’une activité licite. L'ensemble de l'industrie du câble – y compris Comcast – doit son existence à la volonté des nouveaux entrants du marché de rompre avec les limites existantes du “comportement poli” », note l’EFF.

Pourtant, l’EFF indique que l’existence d'EME tend à valider l’affirmation selon laquelle la lecture vidéo haut de gamme est essentielle à la réussite d'un acteur du web. Il s'ensuit que les nouveaux acteurs auront besoin d'une lecture vidéo premium pour réussir. Pourtant, les nouveaux acteurs n'ont jamais réussi à entrer dans un marché en apportant un produit qui n’apporte rien de plus que les autres.

Raison pour laquelle l’EFF estime que le W3C ne devrait pas faire de normes qui permettent aux participants de briser l'interopérabilité. Ce faisant, EME viole la norme établie par toutes les autres normes W3C, passées et présentes.

Source : EFF

Et vous ?

Que pensez-vous des raisons évoquées par l'EFF ?
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 21/07/2017 à 10:22
IFLA, une association américaine de bibliothécaires, appelle à son tour le W3C
à reconsidérer l'adoption des DRM sur le Web

La Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) a demandé au World Wide Web Consortium (W3C) de reconsidérer sa décision d'intégrer les verrous numériques aux normes HTML officielles. La semaine dernière, W3C a annoncé sa décision de publier des extensions multimédias cryptées (EME) – une norme pour appliquer des verrous à la vidéo sur le Web – dans ses spécifications HTML.

L'IFLA demande instamment au W3C d'examiner l'impact que EME aura sur le travail des bibliothèques et des archives : « Tout en reconnaissant à la fois le potentiel de mesures de protection technologique pour entraver les utilisations contrefaites, ainsi que la simplicité supplémentaire offerte par cette solution, l'IFLA est préoccupée par le fait qu'il sera plus facile d'appliquer de telles mesures au contenu numérique sans pour autant faciliter aux bibliothèques et leurs utilisateurs la possibilité de supprimer les mesures qui empêchent les utilisations légitimes des travaux. »

Et de poursuivre en affirmant que « Les mesures de protection technologique [...] ne s'arrêtent pas toujours à prévenir les activités illicites et peuvent souvent empêcher les bibliothèques et leurs utilisateurs de faire des utilisations équitables des œuvres. Cela peut affecter des activités telles que la conservation ou l'approvisionnement en documents entre bibliothèques. Faciliter l'application des TPM, indépendamment de la nature des activités qu'ils empêchent, c'est risquer de déséquilibrer le droit d'auteur lui-même. »

L’EFF estime que les préoccupations de l'IFLA sont un excellent exemple des dangers des verrous numériques que sont les DRM : en vertu du Digital Millenium Copyright Act des États-Unis (DMCA) et des lois de droit d'auteur similaires dans de nombreux autres pays, il est illégal de contourner ces verrous numériques ou de fournir aux autres les moyens de le faire. Cette disposition met les bibliothécaires face à un danger légal lorsqu'ils rencontrent des DRM dans le cadre de leur travail, sans oublier les éducateurs, les historiens, les chercheurs en sécurité, les journalistes et tout autre nombre de personnes qui travaillent avec du matériel protégé par des droits d'auteur.

Bien sûr, comme l'indique la déclaration de l'IFLA, le W3C n'a pas le pouvoir de modifier la loi sur le droit d'auteur, mais il devrait tenir compte des implications du droit d'auteur dans ses décisions politiques : « Bien qu'il soit évident qu'il ne soit pas du ressort du W3C de changer les lois et règlements régissant le droit d'auteur dans le monde entier, ils doivent tenir compte des implications de leurs décisions sur les droits des utilisateurs des œuvres protégées par le droit d'auteur. »


L’EFF a fait appel de la décision de Tim Berners-Lee qui a approuvé la spécification Encrypted Media Extensions. L’EFF a fait valoir les points suivants.

1. La protection améliorée de la vie privée d'un bac à sable est seulement aussi bonne que le bac à sable lui-même, nous devons donc pouvoir auditer le bac à sable.

Les contraintes de protection de la vie privée que le sandbox impose au code ne fonctionnent que si les contraintes ne peuvent pas être contournées par des logiciels malveillants ou défectueux. Étant donné que la sécurité est un processus, pas un produit et parce qu'il n'y a pas de sécurité par obscurantisme, les avantages revendiqués du bac à sable d'EME nécessitent une vérification continue et indépendante sous la forme d'un examen par les pairs qui ne doivent en aucun cas être tenus pour responsables lorsqu'ils révèlent des failles dans les produits.

2. Les considérations d'accessibilité d'EME omettent toute considération de la génération automatisée de métadonnées d'accessibilité, et sans cela, les avantages d'accessibilité d'EME sont au détriment des personnes handicapées.

L’EFF rappelle qu’il est vrai que EME va plus loin que les autres systèmes DRM dans la mesure où elle rend de l'espace disponible pour l'ajout de métadonnées qui aident les personnes handicapées à utiliser des vidéos. « Cependant, comme EME est destiné à restreindre l'utilisation et la lecture de la vidéo à l'échelle du Web, nous devons également nous demander comment les métadonnées qui remplissent cet espace disponible seront générées. »

Par exemple, les canaux de métadonnées d'EME pourraient être utilisés pour intégrer des avertissements sur les effets stroboscopiques à venir (qui pourraient déclencher des convulsions épileptiques photosensibles). Appliquer un tel filtre par exemple sur tout le corpus de vidéos disponibles pour les abonnés de Netflix qui intègrent EME va permettre de protéger les personnes à risque.

3. Les avantages de l'interopérabilité ne peuvent être réalisés que si les responsables d'exécution sont protégés contre toute responsabilité pour des activités légitimes.

L’EFF explique que EME ne fonctionne que pour rendre la vidéo avec l'ajout d'un composant exclusif, propriétaire, appelé module de décryptage de contenu (CDM - Content Decryption Module). Les licences du CDM ne sont disponibles que pour ceux qui promettent de ne pas se livrer à une conduite légitime que les titulaires du marché n'aiment pas.

Source : EFF

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