Jean E. Sammet, une informaticienne qui a participé au développement de COBOL,
Est morte à l'âge de 89 ans

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Jean E. Sammet, une informaticienne qui a développé le langage de programmation FORMAC (FORmula MAnipulation Compiler, un langage général et un système de manipulation de l'algèbre non numérique basés sur FORTRAN qui supporte le calcul, la manipulation et l'utilisation d'expressions symboliques) en 1962, mais qui est plus connue pour avoir participé au développement de COBOL, est décédée le 20 mai au Maryland à l’âge de 89 ans.

Le langage de programmation que Sammet a aidé à développer est maintenant vieux de plus d'un demi-siècle, toutefois, des milliards de lignes de code COBOL fonctionnent toujours sur les ordinateurs de base qui sous-tendent le travail des entreprises et des organismes gouvernementaux à travers le monde.

« Je pensais à un ordinateur comme un matériel obscène dont je ne voulais rien faire », a-t-elle déclaré dans une interview en 2000. Son aversion initiale n'était pas inhabituelle chez les puristes de mathématiques de l'époque, bien avant que l'informatique n'ait émergé comme une discipline académique. Plus tard, Sammet a essayé des calculs de programmation sur des cartes perforées en carton, qui ont ensuite été introduites dans un ordinateur.

« À ma plus grande surprise, j’ai adoré », a-t-elle confié.

D’ailleurs, dans son discours d'acceptation du Computer Pioneer Award (un prix créé en 1981 par le conseil des gouverneurs de l'association IEEE Computer Society qui a pour objectif de reconnaître et d'honorer la vision des personnes dont les efforts ont permis la création et assuré la vitalité de l'industrie informatique), Jean Sammet a rappelé comment elle s'est d'abord impliquée dans l'informatique, en 1955. À cette période, elle faisait des travaux mathématiques pour le Département de la Navy. Un jour, son patron lui a demandé si elle savait que quelques ingénieurs de la société construisaient un ordinateur numérique. Jean a dit oui, même si elle ne savait pas très bien ce que cela signifiait. La conversation a continué ainsi :
Son patron : Voulez-vous être notre programmeur ?
Jean : Qu'est-ce qu'un programmeur ?

Elle a ajouté qu’à cette époque, il n'y avait personne à consulter, pas de livres, aucun document. Néanmoins, il y avait l’ACM (Association for Computing Machinery, une organisation internationale à but non lucratif fondée en 1947 dont la mission consiste à développer et soutenir la recherche scientifique et l'innovation informatique), mais elle ne le savait pas.


Il y a une autre anecdote dans la vidéo concernant un jeune collègue nommé John qui a été chargé de travailler avec elle. Après une formation, Jean a envoyé John avec quelques instructions pour résoudre un problème en lui disant de la contacter s'il avait besoin d'aide. Au bout de 30 à 40 minutes, elle n'avait rien entendu, elle était inquiète et allait voir ce qui s'était passé. Elle a trouvé John tout souriant et elle lui a demandé si le programme a fonctionné. Ce à quoi il a répondu par la négative.
Jean : Pourquoi restez-vous donc planté là et êtes si heureux ?
John : Voulez-vous me dire qu'ils me payent vraiment pour avoir tout ce plaisir ?

Elle conclut ce récit en assurant que « Cela a toujours été la meilleure description de la programmation que j'ai rencontrée ».

Pour diffuser son enthousiasme pour la programmation, elle a enseigné l'un des premiers cours de troisième cycle en programmation au département de mathématiques appliquées du Collège Adelphi de Long Island de 1956 à 1958, malgré le fait que l'établissement n'avait pas d'ordinateur et peu de manuels scolaires.

Source : New York Times


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