AppDynamics permet de suivre la performance d'une application et mesurer son impact sur l'activité de l'entreprise
Un entretien avec Pejman Tabassomi

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Avec la transformation numérique, de plus en plus d'entreprises (marchands, banques, etc.) offrent directement leurs services à leurs clients via des applications Web. Par conséquent, la performance de ces applications est un élément crucial qui peut impacter sur leurs chiffres d'affaires. Conscientes de cela, les entreprises qui offrent leurs services via des sites Web ont de plus en plus recours à des solutions qui peuvent leur permettre de suivre la performance de leurs applications et réagir rapidement en cas de problème. Les fournisseurs de solutions APM (application performance management) ne manquent d'ailleurs pas sur le marché. Et si les outils APM ciblaient premièrement les applications client/serveur, ils s'adaptent de mieux en mieux aux applications Web. Ils permettent entre autres de contrôler la performance de ces applications et de mettre en avant rapidement d'éventuels problèmes, directement liés aux logiciels, et même à leur environnement (réseau, système, base de données, etc.).

AppDynamics fait partie des leaders du marché de la supervision et de la gestion de la performance et de la disponibilité des applications. Le mois dernier, il a sorti une nouvelle version de sa plateforme avec un certain nombre de nouveautés pour les développeurs et entreprises. Pour en savoir, l'équipe de rédaction de Developpez.com est allée à la rencontre de Pejman Tabassomi, Senior Sales Consultant AppDynamics France, et expert APM.


Pejman Tabassomi, Senior Sales Consultant AppDynamics France, et expert APM

Q1- Pouvez-vous nous présenter AppDynamics et le positionnement de l'entreprise sur le marché de la technologie ?

Pejman Tabassomi : AppDynamics est une société américaine dont le siège est à San Francisco. Elle a été fondée en 2008, mais a officiellement été lancée en 2010, le temps de finaliser sa solution. AppDynamics a été fondée par Jyoti Bansal, un ancien lead software architect chez Wily Technologies, un fournisseur de technologie de gestion de performance d'application. Profitant de son expérience il a voulu proposer sur le marché une solution beaucoup plus avancée et répondant mieux aux besoins des entreprises que celles qui existaient déjà. AppDynamics est donc spécialisée dans l'Application Performance Management (APM) et l'IT Operations Analytics (ITOA). La société se concentre sur la gestion de la performance et de la disponibilité des applications dans les environnements de cloud computing. En janvier 2017, Cisco a mis 3,7 milliards $ sur la table pour le rachat d'AppDynamics, soit 14 fois le chiffre d'affaires que générait AppDynamics. Et en mars 2017, l'acquisition d'AppDynamics par Cisco a été finalisée.

Q2- Que pouvez-vous nous dire de votre plateforme App iQ ? À quoi sert-elle exactement et que propose-t-elle aux développeurs et entreprises ?

Pejman Tabassomi : Dans les grandes lignes, nous avons une plateforme qui est basée sur les mécanismes d'autoapprentissage (self-learning) qui sont censés aider les clients ou les utilisateurs à mieux comprendre ce qui se passe du point de vue des performances dans leurs applications. C'est le principe général d'App iQ et c'est cette plateforme qui a vocation à aider à avoir une meilleure et une bonne compréhension des problèmes applicatifs, tout en étant à la fois orientée sur le mode d'analyse en temps réel, mais également de façon historisée. Toutes les informations qui remontent dans la plateforme arrivent dans un référentiel qui va être en permanence scruté et analysé par le code d'AppDynamics. Derrière, cela va permettre d'extraire des informations importantes qui vont aider les gens à analyser les différentes zones d'attaque, les différents problèmes de performance qu'ils rencontrent au quotidien, qu'ils soient liés au code étudié, aux bases de données, les problèmes qu'il peut avoir au niveau système, etc. Cela passe en revue l'ensemble des différents composants de l'application.

À cela, s'ajoutent d'autres éléments qui sont un peu plus de hauts niveaux. App iQ va permettre par exemple de faire de l'analyse sur ce qui passe au niveau de l'utilisateur final. Cela est essentiel pour nos clients. Ce qui compte de plus en plus pour eux, c'est l'expérience client ou l'expérience utilisateur, lorsque par exemple vous avez un portail, que vous êtes un marchand, un site e-commerce, une banque en ligne, etc. Aujourd'hui, dans le processus de transformation digitale, chaque entreprise veut délivrer à ses clients un niveau de performance optimal en ligne. App iQ va donc collecter les données sur les utilisateurs finals et faire le lien avec les différents problèmes de performance de l'application. App iQ va pouvoir mesurer l'impact de ces différents problèmes et identifier les utilisateurs qui ont en été affectés, pour pouvoir par exemple les recontacter. À titre d'exemple, imaginons quelqu'un qui est sur un site marchand, et qui veut acheter un produit ou un service. Si lors de la navigation, la session n'arrivait pas à aboutir, on peut après recontacter le client pour lui dire qu'on s'est rendu compte qu'il a un problème qui l'empêche d'aller au bout du processus, et donc de continuer au téléphone.

Il y aussi le Business iQ, qui permet de comprendre lorsqu'une modification est appliquée à une application (par exemple, une nouvelle version), si les performances ont été améliorées, si une nouvelle fonctionnalité garantit toujours le même niveau de performance. Cela permet donc d'analyser l'impact des changements planifiés ou non sur une application et de mesurer l'impact au niveau business. Par exemple, est-ce qu'on a un meilleur chiffre d'affaires depuis que l'application a été améliorée. En effet, la nouvelle version de l'application peut être beaucoup plus rapide ou plus facile à utiliser pour les clients, et du coup, cela peut entrainer une augmentation du trafic et probablement du revenu.

C'est vraiment les fonctionnalités les plus importantes d'App iQ. Et il faut noter qu'aujourd'hui tous les gens que nous rencontrons ne se limitent plus à la partie IT, mais s'intéressent également à l'expérience de l'utilisateur final et l'impact business.

Q3- AppDynamics a récemment lancé une nouvelle version de sa solution App iQ, avec une nouvelle boîte à outils Développeur. Que propose cette nouvelle boîte à outils ?

Pejman Tabassomi : Ce qu'il faut savoir, c'est qu'AppDynamics est une solution qui a été conçue par des développeurs expérimentés spécialistes habitués à utiliser des outils comme les analyseurs de code, des profileurs, etc. Ils se sont dit que ce serait intéressant d'avoir des outils équivalents à utiliser en production. C'est ainsi que cela a été lancé, sauf qu'au fil du temps, nous nous sommes rendu compte que les développeurs devaient faire face à l'émergence de nouvelles technologies, de nouveaux frameworks d'architectures très fortement distribuées, etc. Finalement, les outils traditionnels des développeurs étaient devenus assez limités. Pour aider plus efficacement les développeurs dans un contexte d'agilité, de microservices, de technologies cloud, nous avons intégré assez tôt ces nouvelles fonctionnalités dans notre roadmap. Et depuis la version 4.3 d'AppDynamics, sortie en avril, c'est maintenant officiel. [La nouvelle boîte à outils ‘Développeur’ intègre des outils pour construire, tester, analyser et améliorer l’applicatif en permanence. On note entre autres le support de nouveaux langages (Go, par exemple) et de nouveaux outils de programmation (Xamarin, plugin Android Studio), NDLR.]

Q4- La nouvelle version d’App iQ intègre également des mises à jour pour Enterprise iQ et Business iQ. Pouvez-vous nous en dire plus en rappelant au passage ce que sont Enterprise iQ et Business iQ ?

Pejman Tabassomi : Business iQ est en fait la composante Business Analytics de la plateforme. Elle permet aux utilisateurs de collecter des données (à différents points de collecte) pour analyser certaines métriques business plutôt que de passer par des outils BI qui sont en général beaucoup plus lourd à utiliser. Bien souvent, avec ces outils BI, on n'a pas non plus la possibilité d'avoir des données disponibles en temps réel. C'est possible, mais complexe à mettre en œuvre avec ces solutions-là.

Enterprise iQ est la composante qui va permettre de gérer les pics de charges, pics d'activités, la quantité de mémoire, l'espace disque, etc. Par exemple, un système repose sur une dizaine de machines virtuelles et à un certain moment, avec les pics de charges, vous vous rendez compte que les dix machines virtuelles ne suffisent plus à délivrer la qualité de service attendue. Il va falloir donc augmenter le nombre de machines virtuelles pour absorber toute cette charge ponctuellement. Il sera également nécessaire de réduire le nombre de machines si l'activité revient à la normale. Enterprise iQ intègre des composants pour le déclenchement automatisé de ces différentes actions. Pour cela, il y a tout un gestionnaire de règles (qui font partie d'Enterprise iQ) pour la détection de problèmes et la génération d'alertes. On peut par exemple s'intéresser au temps de réponse d'une transaction et définir un seuil à partir duquel des actions seront déclenchées. On peut définir des métriques très complexes qui seront surveillées avec Enterprise iQ.

[Dans un communiqué, AppDynamics annonce que les mises à jour pour Enterprise iQ et Business iQ portent entre autres sur la gestion des licences. Pour Business iQ en particulier, on note encore des métriques plus puissantes. Les équipes en charge des applications peuvent créer des tableaux de bord sur mesure et établir des règles de santé plus rapidement que jamais, notamment pour pouvoir mesurer comment les modifications apportées dans l'application impactent les transactions métier. NDLR]

Q5- Qu'en est-il de la tarification de votre plateforme ? Est-il possible pour les entreprises et développeurs de la tester gratuitement ? Si oui, comment ?

Pejman Tabassomi : Le modèle de tarification est basé sur le nombre d'agents. Typiquement, AppDynamics est une infrastructure qui est constituée d'agents. Nous avons des agents pour les serveurs d'applications, donc quand nous sommes dans un environnement Java, .NET, PHP, NodeJS, Python, etc. En fonction des technologies, vous allez avoir un agent. Par exemple, pour Java, l'unité considérée est la JVM, donc un agent par JVM. Il y a un prix unitaire associé à l'agent et en fonction du nombre de JVM qu'il faut monitorer, on déduit le coût global. Nous avons aussi, entre autres, les agents pour les bases de données, où la comptabilisation se fait au nombre d'instances de bases de données qu'on souhaite monitorer.

Maintenant, il faut savoir qu'il existe une version free pour tester notre plateforme. Il s'agit d'une version d'évaluation de quatorze jours disponible en téléchargement sur notre site. Elle permet de voir les différentes fonctionnalités qu'offre la plateforme, mais pas toutes les fonctionnalités. Pour tester gratuitement toutes les fonctionnalités, il faut entrer en discussions commerciales avec AppDynamics. Cela concerne en général les prospects et futurs clients. Quand on entre dans ces discussions commerciales, on peut convenir de leur prêter des licences d'utilisation pendant une période donnée, tout en les accompagnant pour s'assurer que l'utilisation de la solution se fait dans de bonnes conditions. C'est la deuxième façon de tester la solution et là encore, c'est gratuit. Et après, ça devient payant quand on veut entrer en phase d'acquisition.

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