La justice américaine poursuit Fiat Chrysler qui est soupçonné d'avoir eu recours à un logiciel
Pour truquer les tests d'émissions polluantes

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Après Volkswagen, c’est au tour de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) d’être dans le collimateur de la justice américaine qui a lancé une plainte ce mardi 23 mai contre le constructeur italien devant un tribunal de Detroit (Michigan). Cette procédure est la conséquence des accusations formulées en janvier par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Dans la foulée du scandale Volkswagen, qui avait éclaté en 2015, l’EPA avait enquêté pour savoir si d’autres constructeurs avaient utilisé le même subterfuge que le constructeur allemand.

En clair, comme pour le cas Volkswagen, FCA est soupçonné de manipulation des moteurs diesel dans l’optique de fausser les résultats des contrôles des émissions polluantes de véhicules diesel.

« Entre 2013 et 2016, les défendeurs ont vendu illégalement ou causé l'illégalité de la vente d'environ 103 828 véhicules à moteur diesel, sous les noms de modèles RAM 1500 et Jeep Grand Cherokee, ("Véhicules sujets") qui ne sont pas conformes à la Loi. Les demandes de certificats de conformité ("COC") pour les véhicules en cause n'ont pas révélé moins de huit fonctionnalités basées sur le logiciel qui affecte le système de contrôle des émissions des véhicules sujets. Par conséquent, chaque véhicule sujet diffère des spécifications fournies dans les applications COC et aucun des véhicules en cause n’est certifié par le COC qui l'a prétendument couvert », peut-on lire sur la plainte.

« En outre, une ou plusieurs de ces fonctionnalités non divulguées du logiciel, seules ou en combinaison avec une ou plusieurs des autres, a permis de contourner, briser et/ou rendre inopérant le système de contrôle des émissions des véhicules en cause, ce qui provoque des niveaux d’émission de monoxyde de carbone nettement plus élevé lors d'une certaine conduite normale dans le monde réel que dans des conditions de tests fédéraux d'émission ».

Selon la plainte, le constructeur a obtenu le logiciel de Bosh, le même fournisseur allemand de pièces automobiles auquel VW a fait appel, pour « personnaliser » le logiciel du système de contrôle du moteur que FCA a utilisé dans ses véhicules.

Dans une déclaration, FCA a contesté la plainte : « La Société a l'intention de se défendre vigoureusement, en particulier contre toute réclamation selon laquelle la Société s'est engagée dans un régime délibéré pour installer des dispositifs de contournement pour tromper les tests d'émissions américains. Comme FCA US a annoncé la semaine dernière, il a développé des étalonnages de logiciels d'émissions actualisés qui, selon lui, répondent aux préoccupations de l'EPA et de la CARB [California Air Resource Board] ».

Le PDG du groupe, Sergio Marchionne, affirme que le dossier n’a rien à voir avec le scandale Volkswagen : « De notre point de vue, rien n’est illégal », avait-il répondu en janvier en réponse aux accusations de l’EPA, qu’il avait qualifiées de « démagogiques » et de tentative de « lyncher les constructeurs ».

Fiat Chrysler, et plus particulièrement sa filiale américaine FCA US, encourt des pénalités civiles allant jusqu'à 4,6 milliards de dollars. À titre de comparaison, Volkswagen a mis fin récemment aux poursuites américaines en échange du paiement d'une amende pénale de 2,8 milliards de dollars. Mais au total, l’Allemand a accepté de verser 23 milliards de dollars aux États-Unis, en particulier pour indemniser quelque 600 000 automobilistes et réparer les dégâts causés à l'environnement.

Source : déclaration FCA, plainte (en PJ)


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Avatar de AndMax AndMax - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 26/05/2017 à 23:15
Je ne vois qu'une seule solution pour éviter cela. Imposer plus de transparence aux marques. La caractéristique principale de ces algorithmes fermés, privateurs, est de tenter de briller sur certains aspects (consommation ? performances ? CO2 ? etc...) mais de dissimuler d'autres aspects beaucoup plus négligés: émissions de NOx ou autres gaz et/ou micro-particules lors de conditions réelles. Le résultat: des conséquences désastreuses pour la santé publique.

Un constructeur devrait être obligé de montrer le code source et pouvoir démontrer que c'est bien ce programme qui est déployé sur les moteurs afin de pouvoir homologuer un véhicule. La "confiance" ou laisser faire n'est pas une solution. Certaines organisations estiment qu'il y a déjà beaucoup de décès prématurés liés à cela. Où est le principe de précaution ?

Évidement, cela demandera encore une volonté politique (et donc dans les urnes), des efforts supplémentaires dans les administrations qui ont de moins en moins de ressources, et des compétences très spécifiques. C'est loin d'être gratuit pour le contribuable. Mais veut-on réellement lutter pour la qualité de l'air ou la santé publique ? Il y aura quelques amendes, quelques petites évolutions de normes qui vont dans le bon sens, mais les autorités et les gens vont continuer d'ignorer ce que font leurs moteurs et ce que crachent réellement les échappements lorsqu'ils attendent dans un embouteillage en pleine canicule ou lorsqu'il gèle.
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 27/05/2017 à 23:10
Des chercheurs ont mis la main sur le logiciel dont s'est servi Volkswagen,
pour fausser les résultats des contrôles antipollution

Une équipe internationale de chercheurs a découvert le mécanisme qui a permis à Volkswagen de contourner les tests d'émissions américains et européens pendant au moins six ans avant que l'Environmental Protection Agency ne lance des poursuites contre le constructeur pour violation de la Clean Air Act.

Dirigée par Kirill Levchenko, informaticienne de l'Université de Californie à San Diego, l’équipe a présenté les résultats de son enquête, qui aura duré un an, lors du 38e Symposium IEEE sur la sécurité et la vie privée dans la région de la baie de San Francisco qui s’est déroulé cette semaine.

« Nous avons pu trouver l'arme du crime », a déclaré Levchenko. « Nous avons trouvé le système et comment il a été utilisé. »

Les ingénieurs ont obtenu des copies du code exécuté sur les ordinateurs de bord de Volkswagen à partir du site Web de maintenance de la société et des forums gérés par les amateurs de voitures. Le code fonctionnait sur une large gamme de modèles, y compris Jetta, Golf et Passat, ainsi que les séries Audi et A.

« Nous avons trouvé des preuves de la fraude là-bas en vue publique », a-t-elle assuré.
Au cours des tests de normes d'émissions, les voitures sont placées sur un châssis équipé d'un dynamomètre qui mesure la puissance du moteur. Le véhicule suit un profil de vitesse précisément défini qui tente d'imiter la conduite réelle sur une route urbaine avec des arrêts fréquents. Les conditions du test sont normalisées et publiques. Cela permet essentiellement aux fabricants de modifier délibérément le comportement de leurs véhicules pendant le cycle d'essai. Le code trouvé dans les véhicules de Volkswagen vérifie un certain nombre de conditions associées à un test de conduite, comme la distance, la vitesse et même la position de la roue. Si les conditions sont remplies, le code dirige l'ordinateur de bord pour activer le mécanisme de freinage des émissions lorsque ces conditions ont été remplies.

L’équipe de chercheurs a une vaste expérience dans l'analyse des systèmes embarqués, tels que les ordinateurs de bord des voitures, appelés unités de contrôle du moteur, à la recherche de vulnérabilités. L'équipe a examiné 900 versions du code et a constaté que 400 d'entre elles comprenaient des informations pour contourner les tests d'émissions.

Un code spécifique a été nommé « condition acoustique ». Si ce nom évoque de prime abord une façon de contrôler le son du moteur, les chercheurs se sont rendu compte qu’il s’agissait d’un euphémisme qui désignait les conditions survenant lors d'un test d'émission. Le code permettait de lancer jusqu'à 10 profils différents pour les tests potentiels. Lorsque l'ordinateur déterminait que la voiture subissait un test, il activait les systèmes de freinage des émissions, ce qui a réduit la quantité d'oxyde d'azote émis.

« Le dispositif de contournement des tests antipollution de Volkswagen est probablement le plus complexe dans l'histoire de l'automobile », a déclaré Levchenko. Les chercheurs ont trouvé un stratagème de contournement moins sophistiqué pour le Fiat 500X. L'ordinateur de bord de cette voiture permet simplement à son système de freinage des émissions de fonctionner pendant les 26 premières minutes et 40 secondes après le démarrage du moteur - à peu près la durée de nombreux tests d'émission.

Les chercheurs notent que pour Volkswagen et Fiat, l'unité de contrôle du moteur des véhicules est fabriquée par le spécialiste des composants automobiles Robert Bosch. Les constructeurs automobiles activent alors le code en entrant des paramètres spécifiques.

Les moteurs diesel présentent des défis particuliers pour les fabricants d'automobiles, car leur procédé de combustion produit plus de particules et d'oxyde d'azote que les moteurs à essence. Pour limiter les émissions de ces moteurs, l'ordinateur de bord du véhicule doit parfois sacrifier les performances ou l'efficacité de la conformité.

L'étude attire l'attention sur les défis réglementaires de la vérification des systèmes contrôlés par logiciel qui peuvent tenter de cacher leur comportement et appelle à une nouvelle génération de techniques qui fonctionnent dans un contexte conflictuel.

« Le test du dynamomètre n'est plus suffisant », a estimé Levchenko.

Source : Phys
Avatar de abbe2017 abbe2017 - Membre régulier https://www.developpez.com
le 31/05/2017 à 16:22
sérieusement ? ils ont que ça à faire les chercheurs ?
normalement c'est pas leur taf de faire ça vue que l'intention était prémidité de tromper les résultats.
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