DRM : Cory Doctorow de l'EFF croit encore au projet pour éradiquer cette technologie
Qui « confisque les droits publics et nuit à l'innovation »

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
En janvier 2015, Cory Doctorow, un fervent défenseur des droits numériques, a rejoint les rangs de l’Electronic Frontier Foundation dans leur combat contre « l'utilisation omniprésente des technologies dangereuses de gestion des droits numériques (DRM) qui représentent une menace pour la sécurité et la vie privée des utilisateurs, faussent les marchés, confisquent les droits publics et nuisent à l'innovation ».

Deux ans après, il n’a pas perdu sa fougue : dans un entretien dont l’objet était de faire un état de lieux de sa campagne anti-DRM, il s’est montré plutôt optimiste. À la question de savoir si le calendrier de 10 ans défini pour cette campagne tient encore, malgré les changements politico-économiques qui ont été observés, il a déclaré : « Je le pense. Il y a eu quelques changements que je n’avais pas prévu et qui se sont avérés plutôt bons. L’un d’eux est que les agriculteurs et la Coalition Digital Right To Repair ont fait des étincelles et véhiculent un message extrêmement résonnant avec le droit politique et la gauche politique.

« J'ai toujours pensé que l'une des raisons pour lesquelles nous l’emporterions est l'un des arguments clés contre les DRM : le droit de propriété. Et il y a des personnes pour lesquelles cela règle toutes les questions. J'étais en réunion avec des membres du personnel et des groupes de réflexion ainsi que sur le droit politique il y a beaucoup de mouvement de ce côté-là. L'autre chose qui est vraiment intéressante c'est que l'industrie du divertissement commence à comprendre que le secteur du gadget et des systèmes embarqués vont faire de bonnes affaires ».

Et d’expliquer que «  les gens pensaient que DRM sur les DVD et les jeux vidéo était assez trivial. Mais quand il s'agit de tracteurs et de pompes à insuline et de machines à voter, l’urgence commence à se dessiner. »

« Une chose remarquable a émané d’une discussion que j’ai eue à ce propos avec un groupe de personnes. Il est devenu évident que l'automobile en particulier était vraiment diviseuse. Quelqu'un dans l'industrie du divertissement a suggéré que, plutôt que de réformer la Digital Millennium Copyright Act [DMCA], nous avions juste a incité le ministère des Transports à considérer comme un crime de mettre des DRM sur les voitures, et les personnes de l’industrie des systèmes intégrés étaient abasourdis. »

Pour Doctorow, ce genre de division ne peut devenir que plus prononcée : « L'industrie du divertissement se sent très propriétaire des lois qui protègent les DRM. Ils ont vraiment l'impression qu'ils ont fait pression et ont acheté ces lois afin de protéger le modèle commercial qu'ils envisageaient. » En effet, pour pouvoir pousser les autorités à étendre la protection autour des lois protégeant les DRM, Doctorow indique qu’ils ont mis en avant une des fissures naturelles du droit d’auteur.


Cory Doctorow

Selon Doctorow, l’une des forces du droit d’auteur est qu’en tant que mouvement, il peut créer des tendances autour des artistes et des auteurs. Mais c’est également une de ses faiblesses : cela peut être source de division étant donné que les auteurs et artistes ont des intérêts différents qui peuvent parfois jouer les uns contre les autres : « Je l'ai vu à l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle où vous seriez en droit de vous attendre à ce que tous les acteurs de l'industrie du divertissement parlent d’une seule voix, mais les représentants des interprètes ont déclaré qu'ils veulent une redevance non seulement pour le compositeur, mais aussi pour l'interprète. Et tous les radiodiffuseurs ont déclaré qu’ils ne sont “pas avec ces gens". »

La question des DRM au sein de la W3C, notamment avec Sir Tim Berners-Lee qui a publiquement déclaré qu’il est pour l’implémentation d’Encrypted Media Extensions dans HTML, a été abordée.

« Apparemment, nous venons d'avoir le vote final sur le fait que le W3C publiera Encrypted Media Extensions comme une spécification sans aucune protection pour les chercheurs en matière d'accessibilité ou de sécurité, et je pense que c'était un très bon compromis. La position du W3C était que nous voulions seulement faire des DRM à la suite de la DMCA, mais nous n'aimons pas ces lois. Nous avons donc dit OK, faisons disparaître ces lois et faisons promettre à tous les membres du W3C de les enlever de la table des négociations », a avancé Doctorow.

L'argument de l'exécutif du W3C était : « Vous êtes paranoïaque, il s'agit uniquement de faire une mesure de protection technique et non d'invoquer les lois pour des choses qui n'ont rien à voir avec le piratage ». Aussi, l’EFF a demandé que la W3C place simplement ces systèmes dans le cadre des violations du droit d'auteur, mais aucun des membres n’a emprunté cette voie.

« Nous avons pu développer une coalition très vaste et diversifiée. Le W3C est maintenant en phase de consensus qui a conduit historiquement à ne pas voter jusqu'à ce que toutes les parties s’accordent après une série de compromis », a expliqué Doctorow qui indique que la W3C a dû revoir les propositions de départ pour trouver un consensus. Quant aux résultats du vote, il rappelle qu’ils sont confidentiels, mais que, par le passé, il est déjà arrivé que l’exécutif du W3C les rende accessibles au public.

Source : entretien avec Doctorow, EFF


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Avatar de CaptainDangeax CaptainDangeax - Membre actif https://www.developpez.com
le 04/05/2017 à 10:04
Tous ces messieurs se branlent l'intellect en oubliant tout simplement que "si c'est lisible, c'est copiable". Un simple câble jack 3.5 stéréo vient à bout de toutes les DRM audio. Un simple OCR vient à bout de toutes les DRM sur du texte. Enfin, pour la vidéo, il suffit de filmer son écran. Avec des connaissances électroniques, on peut même contourner ces protections sans perte. C'est interdit par le DMCA, mais le DMCA ne s'applique qu'aux USA...
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