Semaine de la francophonie : faut-il utiliser les anglicismes en informatique sans complexe
Ou au contraire les combattre ?

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Faut-il utiliser les anglicismes en informatique ?
Comme dans toutes les langues, le français emprunte des mots à d’autres langues, notamment à l’anglais. L'anglicisme naît alors soit de l'adoption d'un mot anglais par suite d'un défaut de traduction, même si un terme équivalent existe dans la langue du locuteur, soit d'une mauvaise traduction, comme le mot-à-mot.

Dans les domaines techniques, comme en informatique par exemple, nombreux sont les mots qui sont empruntés de l’anglais. Nous pouvons citer par exemple les mots :
  • pop-up (emprunt à l’anglais) : fenêtre secondaire qui s’ouvre avec ou sans sollicitation de l’utilisateur. Il peut s'agir d'un message d'un logiciel signalant un événement (erreur, fin d'une opération, réception d'un message électronique), ou pour afficher des informations contextuelles (par exemple signification d'une icône), mais aussi fréquemment d'encarts publicitaires lors de la navigation sur un site web. La plupart des navigateurs Internet intègrent aujourd’hui un bloqueur de pop-up destiné à éliminer les pop-up non sollicitées par l’utilisateur. Fenêtre intruse, fenêtre surgissante ;
  • digitaliser : de digital, avec le suffixe -iser, qui vient de l’anglais digitalize. Numériser, mettre sous forme numérique ;
  • peer-to-peer : de l’anglais peer-to-peer (même sens) , (Internet) pair à pair. Il s’agit d’un modèle de réseau informatique proche du modèle client-serveur, mais où chaque client est aussi un serveur. Abréviation : P2P ;
  • bug : emprunt à l’anglais bug (au sens anomalie de fonctionnement). Dysfonctionnement d’un logiciel ou d’un composant informatique. L’usage de bogue a été proposé, du fait de sa proximité phonétique avec le mot anglais, tout en apportant une analogie sémantique au caractère incommodant du dysfonctionnement, une bogue désignant déjà la coque épineuse enveloppant la châtaigne ou le marron. Bogue, erreur logicielle.

Mais les anglicismes peuvent être classés en plusieurs catégories, entre autres (sans être limitées à celles-ci) :
  • les anglicismes entrés dans l’usage courant : des mots comme « football » se sont vus profondément ancrés dans l’usage courant. Difficile en effet de faire plus court, auriez-vous proposé « jeu de balle pratiqué avec les pieds » ? Notons que le passage en français a modifié l’orthographe de certains de ces mots qui peuvent par exemple prendre un trait d’union comme « week-end » ; en anglais, il n’y a pas de trait d’union. D'autres mots sont entrés dans l'usage comme zapping/zapper, one-man-show, interview, sitcom, etc.
  • les anglicismes critiqués et remplaçables : ici il s’agit des termes dont l’emploi est critiqué et pour lesquels certains dictionnaires recommandent un synonyme français. Par exemple les mots en -ing, sont dénoncés par les puristes, car ils sont considérés comme étrangers à la structure morphologique et à la prononciation du français.
  • les anglicismes adoptés dans le jargon de l’entreprise : des phrases du type « non seulement ce reporting est incomplet, mais en plus, Gilbert n’a pas respecté le process métier ! », vous sont sûrement très familières.

Face à ce volume de mots anglais qui prend de plus en plus de place en français, différentes initiatives sont nées pour endiguer ce phénomène. Parmi elles, nous pouvons citer la « Journée de la langue française dans les médias audiovisuels », un rendez-vous annuel organisé par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), dont l’objectif est de renforcer et de promouvoir l’usage et le respect du français dans les médias audiovisuels, en application de l’article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986, qui confie au Conseil la mission de veiller « à la défense et à l’illustration de la langue française ».


Mémona Hintermann, membre du CSA depuis 2013 qui est d’autant plus attachée au bon usage du français que le créole est sa langue maternelle, a déclaré durant l’édition de cette année que « la journée de la langue française, c’est comme le 14 juillet. Le 14 juillet a été proposé pour que l’on se souvienne que l’on est tous à égalité sous le drapeau de la République, quelles que soient nos couleurs, nos origines, etc. La langue française, c’est pareil ! Au moins une fois par an, on doit sonner le tocsin en disant : “Halte ! On est Français, on parle une langue ; cette langue elle doit nous servir à nous relier les uns aux autres”. Ce n’est pas plus ambitieux que ça. Vu les circonstances, si une fois par an les télés et les radios se disent “il faut être civiques et rappeler que la langue c’est le lien entre chaque personne qui compose notre pays”, alors on aura au moins servi à s’en souvenir. Pas plus ».

Jacques Toubon, ministre français de la Culture de mars 1993 à mai 1995, a fait voter une loi (héritière de la loi Bas-Lauriol) visant notamment à « assurer la primauté de l’usage de termes francophones traditionnels face aux anglicismes ».

Dans le cadre de ce dispositif, l’Académie française s’est vu attribuer un rôle éminent : elle participe aux travaux des commissions spécialisées, qui proposent, dans des domaines variés, des termes français pour désigner les notions et les réalités nouvelles. Elle est membre de droit de la Commission générale qui examine les propositions de ces commissions spécialisées. Enfin, elle donne son aval pour la publication au Journal officiel des termes, accompagnés de leurs définitions.

Dès lors, l’emploi des équivalents français devient obligatoire au sein des administrations et des services publics, en remplacement des termes étrangers. Il en va de même pour l’utilisation du français dans la publicité ; les supports publicitaires sur lesquels apparaissent des slogans ou des textes utilisant des mots en anglais doivent « impérativement » en donner la traduction (qui apparaît généralement en petits caractères et précédée d’un astérisque).

Sans surprise, les industriels ont trouvé un moyen de contourner cette loi en créant des noms de marque en anglais. Comme le groupe Bouygues Telecom qui a pu lancer, sans traduction, son service B&You ou son concurrent SFR qui a créé « DUAL CARRIER », la technologie qui marque la première étape de l’expérience « 4G Ready ».

Un autre phénomène, et pas des moindres, qui s’attaque au français est la prolifération du langage SMS




Source : loi relative à l'emploi de la langue française, RFI,

Et vous ?

Pensez-vous qu'il faut utiliser les anglicismes en informatique ou les combattre ? Pourquoi ?


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Avatar de sbeex sbeex - Membre actif https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:11
+ on utilise de mots anglais,
+ on se rapproche de l'anglais,
+ il est facile de communiquer avec le reste du monde !

Combien de fois quand je parle en anglais je suis agréablement surpris de voir qu'en prononçant un mot français avec la prononciation anglaise ça suffit !

Acceptons la réalité ça sera plus facile d'avancer

ps: je respecte ceux qui ont peur pour l'avenir de la langue française stricte je n'y suis pas particulièrement attaché mais je peux le concevoir sans problème.
Avatar de palnap palnap - Membre actif https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:17
des phrases du type « non seulement ce reporting est incomplet, mais en plus, Gilbert n’a pas respecté le process métier ! », vous sont sûrement très familières.
Jamais entendu ça, il n'y a pas de Gilbert dans ma boite
Avatar de Rokhn Rokhn - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:23
C'est beau la caricature dans le premier spot... Dans une conversation normale ça peut vite tourner à l'anglicisme mais faut pas abuser quand même.

Comme dit au dessus, l'anglais permet de s'ouvrir au reste du monde. La communication est un point important dans l'informatique et je vois mal dans quelques années des informaticiens avec un niveau d'anglais presque nul.
Et le fait de rabâcher éternellement le fait d'utiliser/trouver des traductions approximative porte à confusion. C'est en parti à cause de notre chauvinisme pour notre langue que nous avons des lacunes en anglais par rapport à nos voisins (ce que j'ai pu constater lors de nombreux voyages/missions).
Ouvrons nous au lieu de se refermer sur notre langue, on peut utiliser énormément d'anglicisme au travail sans pour autant cracher sur la langue française.
Avatar de Conan Lord Conan Lord - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:26
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Sans surprise, les industriels ont trouvé un moyen de contourner cette loi en créant des noms de marque en anglais. Comme le groupe Bouygues Telecom qui a pu lancer, sans traduction, son service B&You ou son concurrent SFR qui a créé « DUAL CARRIER », la technologie qui marque la première étape de l’expérience « 4G Ready ».
L'application My Renault m'avait fait beaucoup rire aussi
Pour ma part, je pense que l'usage de l'anglicisme facilite la communication quand il nous manque un équivalent efficace et précis (surtout dans le cas du jargon). Donc, je les utilise. Par contre, je pense qu'ils doivent être bannis des documents officiels, pour que le français puisse peu à peu intégrer les nouvelles notions technologiques et pour que les équivalents français acquièrent peu à peu le même sens que l'anglicisme. Ça nécessite qu'on trouve un moyen d'inciter les entreprises à préférer l'équivalent français dans leur traductions. Pour citer un exemple, jusqu'à il y a trois mois, je traduisais "responsive ad" par "annonce réactive" dans la doc. Finalement, le client a décrété que "annonce responsive" sonnait 'achement mieux en français (et surtout son magnifique pluriel "annonces responsives"), donc j'applique.
Le français rencontre beaucoup de difficultés avec l'expansion technologique, parce que chaque mot est associé à une sémantique précise, parce qu'on ne peut pas prendre la liberté de franciser les termes anglais (comme ils le font en allemand par exemple), et parce qu'on n'a pas de terminologues aussi réactifs que ceux du Canada. Il serait souhaitable de remédier à ce problème, parce que ça risque de poser de gros problèmes de communication à l'avenir.
Pour les termes marketeux par contre, je m'en fiche, c'est pas comme s'il y avait du sens derrière
Avatar de coolspot coolspot - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:30
Le problème de l'anglais partout (aujourd'hui ta plus de mot en anglais dans les rue que de mot Allemand du temps de l'occupation) c'est avant tout un problème de société. Les "elites" de la France promeuvent la mondialisation/l'europe et pensent que tout ce qui est "défense de la nation" et "patriotisme économique" sont des gros mots.

On ne peut pas défendre la langue française tout en crachant sur la nation Française. L'anglicisme n'est pas une fatalité c'est juste un projet politique comme l'est l'Union Européenne dont le seule but est de détruire les nations européennes.

Les campagne de CSA c'est gentil mais déjà au lieu de faire ce genre de clip à la con qu'ils commencent par interdire tout pub avec marque ou slogan en anglais avant de nous faire la leçon. (ce qui ne sera pas fait hein forcément les sous sous que donne "Carrefour Market" ou "Ford" via la publicité on va pas cracher dessus)
Avatar de alves1993 alves1993 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:44
+ Oui l’Anglais c'est cool
+ Oui l’Anglais est la langue commerciale du monde
+ Oui on doit s'ouvrir à la langue Anglaise

Mais les mecs, faut pas se leurrer nous sommes des Francophones donc nous avons des devoirs envers notre langue (le Français ).
Ce qui me fout les boules se sont les développeurs rock-start Francophone qui twitte tout en Anglais, le comble ce sont les conférences francophones
dans laquelle les spearkers Français parle en Anglais (si ont pouvais leur coller une baf et les crier par-dessus qu'ils sont Francophone et qu'ils font un talk dans un pays Francophone).

Bref mais parlé Anglais reste quand même cool

Avatar de spyserver spyserver - Membre averti https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 11:56
La langue de Molière n'est malheureusement pas adapter à l'IT (trop d'accents, mots trop complexes etc.) donc on pourra jamais utiliser cette langue à la fois ds les docs et ds le code, donc ça sert à rien de combatre.
IT = Anglais point barre
Avatar de NSKis NSKis - En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 12:27
Si on ne voulait pas d'anglicisme, il fallait simplement que la France soit "Maître du monde", la première puissance militaire, technique et économique... Pas de bol, les ricains ont soufflé la place, alors maintenant on se limite à organiser une "semaine de la francophonie", histoire de montrer que l'on est desespéré et que la fin est proche

Bon... Allez les francophones, on va se remonter le moral en regardant une bonne série TV ou un film... américains... Vous savez, ces oeuvres dont plus personne ne prend la peine de traduire le titre en français: "Prison Break", "Game of Thrones", "Friends", "Desperate Housewives", "Grey's Anatomy", "Homeland"
Avatar de Mingolito Mingolito - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 12:40
Et c'est pour ce genre de conneries que sont utilisés nos impôts, quelle honte !

Avatar de sbeex sbeex - Membre actif https://www.developpez.com
le 24/03/2017 à 13:18
Citation Envoyé par alves1993 Voir le message
+ Oui l’Anglais c'est cool
Ce qui me fout les boules se sont les développeurs rock-start Francophone qui twitte tout en Anglais, le comble ce sont les conférences francophones
dans laquelle les spearkers Français parle en Anglais (si ont pouvais leur coller une baf et les crier par-dessus qu'ils sont Francophone et qu'ils font un talk dans un pays Francophone).
Haha ben perso je rédige mes billets de blog en anglais aussi... a quoi bon aider une minorité de la planète alors que tu peux aider l'ensemble de tous les développeurs si tu le fais en anglais ? Ca ne t'agace pas quand tu tape une chaine d'erreur dans google et que le seul résultat qui en parle est écrit en mandarin ou en russe ?
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