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Comment la Russie a recruté des bataillons de hackers
Composés d'étudiants, de codeurs professionnels et de cybercriminels graciés

Le , par Michael Guilloux

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Ces dernières années, le cyberespace est devenu le champ de bataille de nombreux pays et se positionne progressivement au centre de leur stratégie de défense nationale. Alors que la Russie fait la une des médias à cause des accusations des États-Unis dans le piratage du parti des démocrates, Un rapport du New York Times fait la lumière sur les efforts entrepris par le gouvernement russe pour se tailler une élite de hackers professionnels pour sa guerre cybernétique.

La Russie aurait en effet décidé de bâtir son élite de hackers en recrutant des programmeurs, y compris des programmeurs professionnels, des étudiants ou encore des cybercriminels réputés en échange d’une remise de peine. D’après le New York Times, depuis au moins 2013, au lieu de compter uniquement sur les compétences de ses militaires, les recruteurs du gouvernement russe se sont tournés vers ces nouvelles cibles de programmeurs. La Russie a eu recours à des annonces sur les sites de médias sociaux, proposé des offres d’emplois à des étudiants ou codeurs professionnels, mais n’a pas non plus hésité à annoncer publiquement qu’elle recherchait des talents potentiels pour devenir des cybercriminels pour le compte du gouvernement.

Dès 2013, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait fait savoir aux universités russes techniques qu’il était à la recherche de codeurs « dans le bon sens du terme », dans le but de satisfaire dans les années à venir aux besoins de l’armée en matière de nouveaux programmes.

Dans une vidéo publicitaire publiée également sur le Facebook russe, Vkontakte, le ministère russe de la Défense annonce le recrutement d’étudiants talentueux en les promettant de bonnes conditions de vie. « Si tu viens de terminer avec succès l’université, si tu es un spécialiste des sciences techniques, si tu veux appliquer ton savoir, nous t’en donnons la possibilité », est-il indiqué en russe dans la vidéo. L’annonce du ministère de la Défense commence avec un soldat manipulant une arme à feu. On remarque ensuite que l'arme à feu est mise de côté et remplacée par un clavier sur lequel pianote un supposé hacker. Le message fort de cette vidéo est que la guerre traditionnelle a progressivement cédé sa place à une guerre cybernétique.


Outre les étudiants, la Russie cible également les hackers professionnels. S’adressant au New York Times, Alexandre Vyarya, un spécialiste russe en sécurité informatique, dit avoir été approché par le gouvernement russe pour rejoindre ses unités de défense cybernétique ; une proposition qu’il a refusée. Se sentant menacé, à cause des éventuelles conséquences de son refus, il a dû s’exiler en Finlande où il a déposé une demande d’asile politique.

Le ministère de la Défense russe s’intéresse encore aux « hackers qui ont des problèmes avec la loi ». Dmitri Alperovitch, le cofondateur de la société américaine CrowdStrike a d'ailleurs fait remarquer que « des pirates informatiques russes ont été arrêtés, mais cela ne s’est jamais terminé par de la prison ». Au lieu de les laisser purger leur peine, la Défense russe leur propose en effet de travailler pour le gouvernement. Le New York Times cite le vice-ministre russe de la Défense, le général Oleg Ostapenko, qui en 2013 avait déclaré que « des hackers au passé criminel » pourraient être utiles et que la question était en discussion.

C’est ainsi que d’anciens hackers russes indépendants, dont certains étaient considérés comme les meilleurs au monde, auraient été invités à travailler pour la Russie, en échange d’une remise de peine. Le New York Times relate également les propos d’un Russe du nom de Dmitry A. Artimovich qui a reçu une proposition de rejoindre la cyber armée alors qu’il en attente d’un procès dans une prison de Moscou. Il y était détenu pour avoir conçu un programme informatique qui spamme les utilisateurs de courrier électronique avec des publicités de produits.

Dans sa cellule, Artimovich a été approché par un autre détenu qui l'informa que les personnes incarcérées pour les cyber crimes pouvaient sortir avant le procès, à condition d’accepter de travailler pour le gouvernement, ajoutant qu’un autre détenu avait déjà accepté une telle proposition. Il s’agissait en fait d’une offre de coopération, a déclaré M. Artimovich. Son supposé compagnon de cellule lui a assuré que même si les salaires proposés par le gouvernement russe étaient insignifiants, il pourrait toutefois être sûr que s’il faisait quelque chose d’illégal et devait aller en prison pendant huit ou neuf ans par exemple, le service fédéral de sécurité russe (FSB) allait lui venir en aide. M. Artimovich a toutefois décidé de tenter sa chance au procès et reçu une peine d’un an.

Il n’y a pas que la Russie, mais aussi les États-Unis, la Chine, la Corée du Nord… et la France

Avec la « légitimation » croissante des cyberattaques et des activités d'espionnage, ce n’est pas un secret que la Russie n’est pas le seul pays à se doter d’unités spéciales dédiées à la guerre cybernétique. « Presque tous les pays développés dans le monde, malheureusement, créent des capacités offensives, et beaucoup ont confirmé cela », a déclaré Anton M. Shingarev, Vice-Président des affaires publiques pour Kaspersky Lab. Et les États-Unis, qui accusent la Russie aujourd’hui, ont été les pionniers.

Comme le rapporte le New York Times, les agences américaines du renseignement ont recruté pendant des décennies sur les campus universitaires, et en 2015, la NSA a offert un camp d'été gratuit à 1400 lycéens et étudiants, pour leur transmettre les bases du hacking, du cracking et de la cyber défense.

En 2015, la Chine a officiellement admis l'existence d'unités spéciales dédiées à la guerre sur les réseaux informatiques. Pékin a reconnu, dans un document officiel, qu'il aurait des unités spéciales pour mener des cyberguerres. Les unités spéciales de piratage de la Chine seraient composées à la fois de militaires et de civils et divisées en trois sections. L’une d’entre elles, appelée « forces militaires spécialisées dans la guerre des réseaux, » se concentre sur la réalisation de cyberattaques de réseau et la défense contre les attaques adverses.

La Corée du Nord semble également bien préparée pour la guerre des réseaux. En 2014, Reuters rapportait qu’un ex-hacker engagé dans l’unité spéciale de cyber espionnage de la Corée du Nord, lui aurait confié que le gouvernement nord-coréen aurait mis en place une agence gouvernementale baptisée Bureau 121 qui contiendrait plus de 1 ;800 hackers au moins aussi doués que les programmeurs de Google ou encore de la CIA.

Il y a encore les autres pays du Five Eyes (l'alliance des services de renseignement de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis) qui ont en commun certains outils d'espionnage, et bien d'autres pays. Ne voulant pas rester en marge de cette course au renforcement des capacités de défense et d’attaque cybernétiques, la France a, de son côté, récemment annoncé la création d'un cybercommandement qui devrait être soutenu par 3 200 combattants numériques et 4 400 réservistes de cyber défense d'ici 2019.

Source : ministère russe de la Défense, The New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi :

La France annonce la création d'un cybercommandement, soutenu par 3 200 combattants numériques et 4 400 réservistes de cyber défense d'ici 2019
1800 hackers nord-coréens prêts pour une cyberguerre, ils seraient aussi compétents que les meilleurs programmeurs de Google ou de la CIA
Cyberguerre : les États-Unis préparent leur arsenal pour riposter aux attaques, 6200 personnes seront recrutées pour répliquer

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Avatar de RyzenOC
Inactif https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 15:47
la France a, de son côté, récemment annoncé la création d'un cybercommandement qui devrait être soutenu par 3 200 combattants numériques et 4 400 réservistes de cyber défense d'ici 2019.

J'ai vu l'annonce et c'est très (trop) mal payé, on est payé le double à Thales dans le privée que dans le public au fin fond de la Bretagne.
edit: Pour ceux qui n'auraient pas compris, j'ai rien contre le Bretagne mais c'est la-bas que ce trouve le super centre qui vas protéger le cyber-pays.

Sinon il faudrait voter une mention à l'ONU pour envahir la russie qui cache des cyber armes de destructions massive, Obama à des preuves.
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Avatar de Pierre Louis Chevalier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 12/01/2017 à 11:34
Citation Envoyé par Traroth2 Voir le message
Le fait qu'on nous dise de nous indigner que les Russes embauchent des hackers dans leur armée, tout en trouvant normal quand la France ou les Etats-Unis font pareil, ça relève de la doublepensée, telle que décrite par George Orwell dans 1984.
Qui ça ?

Le titre de la news c'est "Comment la Russie a recruté des bataillons de hackers" , et si tu avais lu la news elle explique aussi que les autres pays en font de même.
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Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 16:52
J'y crois autant que le mort de Ben Ladden au Pakistan et le fait que son cadavre ait été balancé à la mer le jour même...
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Avatar de NSKis
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 17:41
Merci aux journalistes du New York Times de leur gros travail de fond, alliant enquêtes sur le terrain et analyse indépendante des sources...

Mais non! Je plaisante!!! On a tous bien compris que ces "journaleux" ne fond que communiquer au monde les news concoctées par la CIA, NSA et autres agences gouvernementales US!!!

On aurait aimé que les "journaleux" du New York Times soient tout aussi prompts à dénoncer les écoutes des gouvernements alliés par le gouvernement Obama ou les petites saloperies entre amis consistant à espionner les systèmes informatiques de l'Elysée mais que voulez-vous on est plus dans les années 70 où l'éthique journalistique voulait encore dire quelque chose!!!

Le scandale du Watergate qui a obligé le président Nixon a démissionner en 1974 avait pour origine une enquête de 2 journalistes du Washington Post... Avec les médias d'aujoud'hui, l'affaire ne serait jamais sortie
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Avatar de RyzenOC
Inactif https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 22:07
Citation Envoyé par athlon64 Voir le message
En effet ils ont montré une disquette 1.44 mo au conseil de sécurité de l'ONU, l’échantillon de l'arme en question
Pour la Russie avant d'attaquer tu veux pas attendre la fin de l'hiver... ?
L'erreur de Napoléon et d'Hitler c'est justement d'avoir attendue la fin de l'hiver et du coup d'avoir perdu à l'hiver suivant...
Moi je propose de commencer en plein milieu de l’hiver comme sa on termine d'envahir la Russie à l’automne.

Je chez de quoi je parle, j'ai fais une simulation dans Mission Président.
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Avatar de pierre-y
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 22:32
Poutine paie surtout pour son intervention en Syrie. En tout cas c'est frappant de voir comme les média braque tous le viseurs dans le même direction... Même pas un semblant de critique.
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Avatar de NSKis
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 10/01/2017 à 19:29
Citation Envoyé par nikau6 Voir le message
L' ennemi est un principe unificateur fort aux USA. Ce pays composé de populations hétéroclitiques ne se rassemble qu'autour de la définition d'un ennemi commun, et le pouvoir le sait. Ils inventent en permanence de nouveaux ennemis, leur unité en dépend.
Après avoir fait disparaître les peuples autochtones des USA (les "peaux-rouges" des vieux films western du Hollywood des années 50), il faut bien que ces malheureux ricains trouvent un autre ennemi à abattre...

Il faut cependant reconnaître qu'ils ont de la peine à se concentrer sur une cible: Un jour, c'est les irakiens, un autre les djhadistes, puis les chinois, puis les russes... Et si finalement leur vrai ennemi était tout simplement la mal-bouffe?
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Avatar de RyzenOC
Inactif https://www.developpez.com
Le 10/01/2017 à 20:02
Citation Envoyé par NSKis Voir le message
Après avoir fait disparaître les peuples autochtones des USA (les "peaux-rouges" des vieux films western du Hollywood des années 50), il faut bien que ces malheureux ricains trouvent un autre ennemi à abattre...

Il faut cependant reconnaître qu'ils ont de la peine à se concentrer sur une cible: Un jour, c'est les irakiens, un autre les djhadistes, puis les chinois, puis les russes... Et si finalement leur vrai ennemi était tout simplement la mal-bouffe?
C'est pire que sa, y'a aussi les gentils et les méchants américains => la guerre de Sécession l'illustre assez bien.

Mais bon faut savoir que les origines des américains c'étaient des criminels européens qu'on as voulue se débarrasser et balancer sur une île un continent essentiellement
l’arrière arrière arrière arrière arrière grand pere de Bush ou Trump c'était probablement un type qui à volé une miche de pain en France ou en Angleterre.
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Avatar de hotcryx
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 16:00
La seule source est une fois de plus américaine

Ca me fait penser au reportage où l'on voyait un type se faire engager pour je ne sais quel job et finalement devenir un soldat en ukraine.
Là aussi c'était filmé par de bons américains.
Peut-être les mêmes gros coui* qui disaient qu'ils avaient la preuve irréfutable que l'Irak avait des armes de destruction massive.

La WW3 pointe son nez et vous colportez le même genre de propagande au lieu de calmer le jeu.
Aimeriez-vous qu'il y a ait une WW3?!
Etes-vous assez fous!!
Petit rappel: ça se passera principalement en europe, pas chez les amerlocs.
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Avatar de transgohan
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 09/01/2017 à 19:03
C'est clair que recruter dans le gouvernement c'est pas simple en France...
Il y a pas photo entre un salaire du gouvernement et un salaire privé...
Alors après il y a des aspects du métier que tu ne vois pas dans le privé donc ça peut pousser certains, mais globalement quand on voit le ratio entre les deux tranches de salaire faut être sacrément motivé pour aller bosser dans les services gouvernementaux...
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