Primaire de la gauche : ce que proposent les différents candidats
Pour le numérique et le secteur de la technologie

Le , par Michael Guilloux

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Quel est le candidat qui a le meilleur plan pour le numérique et le secteur de la technologie ?
Après la primaire de la droite et du centre, ce sera aux candidats de la gauche de s’affronter. Sur les sept candidats, quatre ont déjà formulé leurs propositions pour la France. Il s’agit de Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Vincent Peillon. Mais que proposent-ils pour le numérique et le secteur de la technologie ?

Benoît Hamon

Benoît Hamon veut s’assurer que les géants américains de la technologie comme Google, Amazon, Facebook et Apple (les GAFA) n’échappent pas aux impôts en France. Pour cela, il envisage de « mettre en place un reporting public pays par pays pour toutes les entreprises afin d’identifier les activités de leur filiale et repérer les sociétés ‘boîtes aux lettres’ », c’est-à-dire, les sociétés créées dans le but de contourner les obligations conventionnelles et légales telles que les impôts, la sécurité sociale, la TVA et les salaires. Ces entreprises n’ont donc pas de réelle activité sociale ou économique. Toutes les activités sociales et économiques sont purement fictives. « Je renforcerai les moyens et les effectifs de la direction générale des finances publiques pour pouvoir identifier et poursuivre les fraudeurs », poursuit le candidat à la primaire de la gauche. « J’adapterai notre fiscalité pour que les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) n’y échappent plus alors qu’ils ont un établissement stable en France. »

Une autre proposition de Benoît Hamon concerne la protection des lanceurs d’alerte. Il envisage de renforcer « le statut des lanceurs d’alerte créé par la loi Sapin II qui va dans le bon sens, mais qui reste insuffisant » selon lui. Pour ce faire, il définit comme priorité la mise en place d’un « soutien financier réel et la prise en charge des frais de procédure des lanceurs d’alerte ». Il envisage également de « supprimer le ‘parcours par étapes’ (alerte interne auprès du déontologue ou de son supérieur obligatoire) qui peut s’avérer une course d’obstacles ». Il compte aussi se battre pour qu’une législation protectrice existe également au niveau européen.

La taxe sur les machines, c’est l’une des propositions faites par Benoît Hamon. Elle consiste à « asseoir les cotisations patronales sur la valeur ajoutée et non plus sur le travail ». Pour lui, « c’est une manière directe de faire payer les robots, les machines, les algorithmes, c’est-à-dire tout ce qui contribue à la création de richesse. » Benoît Hamon rappelle en effet que les cotisations patronales payées par les entreprises sont basées sur le nombre de salariés. Avec l’avènement des robots, les entreprises peuvent donc maintenir leur valeur ajoutée et réduire leurs cotisations, en remplaçant les salariés par des machines.

Pour financer ce manque à gagner pour les cotisations sociales, il pense donc qu’on pourrait « créer des registres de robots dans les entreprises à partir desquels on pourra fixer un salaire fictif sur lequel on pourrait prélever une cotisation bien réelle ». L’idée est que « chaque fois qu'une machine crée des richesses à la place des hommes, cette richesse créée doit être mise à contribution au service des hommes », dit-il.

Benoît Hamon veut également s’attaquer à l’utilisation des données personnelles détenues par les géants de l’internet. Il estime en effet que « la vente de nos données personnelles constitue un danger potentiel, voire majeur pour la démocratie ».

Arnaud Montebourg

Résumant ses propositions pour le numérique, Arnaud Montebourg affirme vouloir « libérer les Français de la domination numérique que 4 entreprises californiennes exercent sur le pays et le continent ». D’après lui, cela fait de la France « une colonie numérique des États-Unis d’Amérique ». Il est facile de voir que Montebourg fait allusion aux GAFA. Il poursuit en affirmant que « les abus d’optimisation fiscale réalisés par ces opérateurs transnationaux doivent être combattus par une politique européenne concertée. »

Déclinant ses principales propositions pour le numérique, Montebourg envisage de rendre les données financières publiques, mais aussi de relocaliser les datacenters en Europe. « La capture de l’or numérique part à l’étranger et y est exploité », dit-il, estimant donc qu’il faut « relocaliser les data centers en France. » Il compte également développer le numérique à l’école, mais aussi le réseau fibre optique sur l’ensemble du territoire français.

Vincent Peillon

Dans ses propositions, Vincent Peillon attire l’attention sur des problèmes découlant du numérique et des nouvelles technologies. Vincent rappelle qu’avec les nouvelles technologies, de « nouvelles formes d’emploi se développent à grande vitesse ». Il fait par exemple allusion au travail sur les plateformes numériques. Pour lui, ces nouvelles formes d’emploi nécessitent de bâtir un cadre protecteur adapté. À titre d’exemple, il explique qu’« en ce qui concerne les travailleurs qui, comme les chauffeurs de VTC, exercent leur profession par l’intermédiaire de plateformes numériques, les contrôles des conditions de travail seront étendus et le juge pourra requalifier la relation en salariat lorsque le lien de subordination est manifeste. » Il compte également approfondir le droit à la déconnexion sans toutefois donner de détails sur son plan.

Vincent Peillon envisage aussi de « poursuivre le passage à l’école numérique ». Pour cela, il prévoit, entre autres, de mettre en place un plan « Universités numériques » qui devrait permettre « la numérisation de tous les campus, la création de ‘learning centers’ et un renforcement de l’aide aux MOOCS. »

S’il ne cite pas les géants américains de la technologie, le candidat à la primaire de la gauche veut lui aussi lutter contre l’évasion fiscale, et favoriser les PME qui « continuent de souffrir d’une concurrence déloyale de la part des grands groupes en matière d’impôt sur les sociétés », dit-il. « Par les mécanismes d’optimisation fiscale agressive, les grandes entreprises payent un taux effectif de 10 %, tandis que les PME acquittent un taux de 33 % », explique-t-il. Peillon veut en outre protéger les lanceurs d’alerte.

Manuel Valls

Manuel Valls ne décline pas de plan explicite pour le numérique, mais il en aborde certains points dans ses propositions. Comme les autres candidats, Valls propose un plan pour lutter contre l’évasion fiscale. « Au plan fiscal, je propose une mesure spécifique pour taxer l’activité des multinationales du numérique, là où leur chiffre d’affaires est réalisé », dit-il. L’ex-Premier ministre français veut également soutenir des projets numériques d’envergure européenne comme la création d’un moteur de recherche européen.

Sources : Benoît Hamon (Vidéo), Benoît Hamon (propositions par thématique), Arnaud Montebourg, Vincent Peillon (pdf), Manuel Valls (pdf)

Et vous ?

Que pensez-vous des propositions des différents candidats ?
Quel est selon vous le candidat qui a le meilleur plan pour le numérique et le secteur de la technologie ?
Que pensez-vous de ces propositions par rapport à celles des candidats de la droite et du centre ?

Voir aussi :

Primaire de la droite et du centre : ce que proposent Alain Juppé et François Fillon pour le numérique, l'informatique et la cybersécurité

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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 9:02
C'est très bisounounours, ça change de la vision prédatrice des gens de droite. Mais ça n'est pas plus réaliste.
Avatar de jopopmk
Membre expert https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 9:22
Résumons :
- se démener pour faire payer les évadés fiscaux (ils y arrivent déjà pas avec les boîtes françaises, alors les GAFAM ...),
- protection des lanceurs d'alerte, on sait que c'est une posture d'apparat, on a trop peur des fuites chez nous,
- protection des données perso, quand on veut les sniffer soi-même, c'est moyennement crédible,
- relocaliser les data centers en France, même chose qu'au-dessus : ceux déjà en place se tatent à se barrer plutôt que mettre les "boîtes noires" que le gouvernement actuel (du même bord) veut imposer,
- encadrer les "nouvelles formes d’emploi" : ça c'est un truc qu'on sait bien faire en France (en plus ils arriveront certainement à coller quelques taxes par-ci par-là, tout bénef). A mon sens la plus réaliste des propositions, mais pas super intéressante pour autant (à mon niveau en tout cas).
Avatar de athlon64
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 12:15
Ces gens parlent des choses qu'ils ne connaissent pas.

Benoît Hamon veut s’assurer que les géants américains de la technologie comme Google, Amazon, Facebook et Apple (les GAFA) n’échappent pas aux impôts en France.
je me suis arrêté à cette première ligne, le mec il sait que les réseaux sociaux et le web sont d'une importance cruciale pour gagner les élections et tout ce qu'il trouve à placer en avant c'est qu'il va les emmerder sur les impôts, le gros sujet qui fâche .

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edit : Ces groupes on ne les attaque pas frontalement au risque de pas faire long feu. Il faut être beaucoup plus malin.
Avatar de atb
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 16:22
Tous, aucune intelligence , aucune initiative. Ils ne connaissent que le mot IMPOTs, Taxes.

Ils nous vendent taxer les géants... Ils basent le plan d'économie dessus puis on se rend compte que c'était du bluff et paf augmentation des impôts pour la classe moyenne. Quoi les moins de 2000€ /mois n'en peuvent plus, trop pauvre OK alors on réduit. Ah merde l'état gagne moins bon bah on augmente pour les plus de 2000. Si tu n'es pas content tu n'as qu'à gagner moins et toucher plein d'alloc. Tu fais comme tout le monde OK. Quoi tu veux en plus rien à foutre de tes journées et être payer double bon bah tu intègre un syndic. Tu bosseras max 3 jours par semaine et le reste tu glandera avec les tes collègues du syndic.

Avatar de atb
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 16:24
Et si ça va mal c'est de la faute des immigrés de me#de
Avatar de blbird
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 17:18
L’idée est que « chaque fois qu'une machine crée des richesses à la place des hommes, cette richesse créée doit être mise à contribution au service des hommes », dit-il.
Très bonne idée, on sera obligé de passer par là. Il va falloir comprendre que le plein-emploi c'est fini, et que ca fait déjà un siècle que les progrès technologiques permettent de produire plus avec moins d'humains : ca ne va qu'en s’accélérant.

Il faut à un moment ou un autre dire stop à la finance qui a accaparé la plus grande partie de ces gains de productivité, en accumulant les richesses sur une toute petite partie de la population.
Avatar de Mat.M
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 17:28
J’adapterai notre fiscalité pour que les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) n’y échappent plus alors qu’ils ont un établissement stable en France. »
mesure qui apparait comme illusoire et bidon...
pour ce qui est d'Amazon et Apple on si j'achète des produits sur le marché français je paie déjà la TVA, en commandant chez Amazon ou en achetant un IPad,donc ils ne seront pas forcément plus taxés.
Ensuite pour Google et FB ils ne font pas que du business seulement en France reste à voir combien rapporte un membre connecté à FB
Sans oublier que pour construire des entrepôts pour la logistique , Amazon doit certainement toucher des subventions des régions car ça permet de créer de l'emploi
Avatar de TallyHo
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 19:30
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message

Benoît Hamon veut également s’attaquer à l’utilisation des données personnelles détenues par les géants de l’internet. Il estime en effet que « la vente de nos données personnelles constitue un danger potentiel, voire majeur pour la démocratie ».
De toute façon, le danger potentiel nous concerne pas étant donné qu'il parle de démocratie...

Pour être sérieux, pas d'avis. C'est même désespérant de voir où nos politiciens en sont dans la réflexion. Personnellement, la primaire de la gauche va peu m'intéresser comme celle de la droite d'ailleurs. Déjà je trouve ce mode de fonctionnement profondément anti-démocratique car ce n'est pas à un parti de présélectionner le candidat. Même si c'est optionnel, on sait très bien que le candidat qui ne se prêterait pas au jeu ne pourra pas espérer de soutien. Moi Président, j'interdirais les primaires. Mais c'est un autre débat
Avatar de athlon64
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 04/01/2017 à 22:50
Le système politique et de gouvernance actuel a atteint ses limites, il faut le reformer. On peut faire le parallèle avec la sécurité en informatique. C'est pas nouveau sous le soleil, un système se met en place, au bout de quelques temps des individus trouvent des failles pour profiter du système, il faut soit corriger le système ou si les failles sont trop lourdes le changer. Ce qui revient, c'est qu'un système a une durée limitée au bout duquel son efficacité devient désuète.

Le système actuel est devenu si bizarre au point que ce sont les meilleurs menteurs qui ont le plus de chance d'être élus.
Les candidats demandent qu'on vote pour eux, pour qu'ils fassent passer une telle ou autre loi, mais rien ne garantit qu'ils le feront. Avec l'initiative populaire les citoyens peuvent eux mêmes directement voter l'application d'une loi, cela existe déjà dans certains pays.

Les citoyens ne doivent plus accepter de se faire traiter comme des gamins. Prenons Valls qui après avoir usé du 49-3 propose quelques mois après "s'il est élu" de le supprimer, vous ne trouvez pas que c'est une insulte à notre intelligence ?
Avatar de Saverok
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 05/01/2017 à 9:59
Citation Envoyé par TallyHo Voir le message
Personnellement, la primaire de la gauche va peu m'intéresser comme celle de la droite d'ailleurs. Déjà je trouve ce mode de fonctionnement profondément anti-démocratique car ce n'est pas à un parti de présélectionner le candidat.
Là, j'ai dû mal à comprendre
Une campagne présidentielle non seulement coûte chère (même si en France, les frais de campagne sont encadrés et que l'on est loin des dérives américaines) mais c'est aussi une logistique très lourde qui à besoin de s'appuyer une base large de militants dévoués.
Sans cela, le candidat n'est pas visible et il n'est pas audible.
Il reste parfaitement possible de se présenter hors parti et nombre de candidats le font à chaque élection avec les résultats que l'on connaît (rien que pour cette élection, on peut déjà citer Macron, Guaino, Aillot Marie, etc.).
Si pour toi, la démocratie est la libre candidature, cela reste en place et rien n'est fait pour l'entraver.

Par contre, pour les candidats des partis, je trouve la primaire très démocratique au contraire.
Là, pour une fois, on demande aux militants et aux sympathisants leurs avis.
Alors qu'avant, le candidat était désigné en catimini dans les couloirs des instances du partis avec jeux de pouvoir, copinage, retour d’ascenseurs et autres arrangements et autres joyeuseté biens occultes et opaques.

Bref, j'ai dû mal à comprendre que l'on réclame à plus s'exprimer en promouvant des trucs comme "l'initiative populaire" mais en même temps, dire que voter pour désigner le candidat d'un parti n'est pas démocratique

Sinon, va falloir qu'on m'explique en quoi une démarche à la Mélenchon qui dit "je vous emmerde et je me présente" est plus démocratique que des candidats qui se présentent à une primaire de leur parti...

Pour en revenir au numérique, il est clair que tous les candidats tant à gauche qu'à droite sont totalement à la ramasse.
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